Textes des leçons et des répons des Vigiles monastiques, mise à jour

Comme promis, les textes des leçons et des répons des Vigiles monastiques sont mis en ligne entre la 12ème semaine per annum et la 23ème, temporal et sanctoral. Pour le sanctoral, il manque cependant les textes des communs. Petite question technique restant encore à régler.

Exemple ici pour l’exaltatio Sanctae Crucis :

http://www.societaslaudis.org/forma-ordinaria/vigiles-20180914/

(les textes des leçons et répons sont familiers de tous nos amis avec qui nous avons chanté cet office plusieurs années de suite au Puy).

Marie Mère de l’Église : concrètement….

Comme vous le savez, un décret de la Congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements du 11 février 2018 élève le lundi de Pentecôte au rang de mémoire obligatoire de « B. Mariae Virginis Ecclesiae Matris », c’est-à-dire « la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église ».

Pour rappel, il y a 13 niveaux de priorité pour les célébrations dans la forme ordinaire du rite romain.

Le plus bas c’est la férie, ensuite il existe la mémoire facultative, puis la mémoire obligatoire. Ici nous avons par décret l’instauration d’une mémoire obligatoire universelle, c’est-à-dire qu’elle prime sur des mémoires inscrites au sanctoral des diocèses ou mêmes des mémoires du sanctoral universel. Mais elle n’a pas d’office complet ; en effet il existe certaines mémoires obligatoires qui ont un office complet c’est à dire avec tout un jeu d’antiennes et de psaumes propres, ce qui n’est pas le cas ici.

Comme nous le verrons, les hymnes sont tirées du commun, il y a des antiennes propres pour les cantiques évangéliques (Benedictus et Magnificat) et le reste est pris au commun, mais pas la psalmodie qui est celle du jour.

Par contre au commun on retrouvera la lectio brevis des deux grandes heures (seules : c’est à dire pas aux petites heures qui se célèbrent comme une férie). L’office de lectures sa première leçon prise au commun de la bienheureuse Vierge Marie et sa seconde lecture propre avec son répons. La Messe est titrée pour le propre d’un formulaire préexistant dans le Missale romanum.

L’ensemble des textes avec leur traduction officielle est présentée ci-dessous.

Feria II post Pentecosten

BEATÆ MARIÆ VIRGINIS, ECCLESIÆ MATRIS

Memoria

Beatæ Mariæ Virgini tributus est titulus Matris Ecclesiæ, cum ipsa genuisset Christum, Ecclesiæ Caput, et redemptorum facta esset Mater antequam Filius in cruce emisisset spiritum. Beatus Paulus papa VI eandem appellationem sollemniter confirmavit in allocutione ad Patres Concilii Vaticani II, die 21 novembris 1964 habita atque statuit ut «suavissimo hoc nomine iam nunc universus christianus populus magis adhuc honorem Deiparæ» tribueret.

De Communi b. Mariæ Virginis: Liturgia Horarum III, præter sequentia

Lundi de Pentecôte

Sainte Vierge Marie, Mère de l’Église – Mémoire obligatoire

 

 

Ad martyrologium

Feria II post Dominicam Pentecosten :

Memória beátæ Maríæ Vírginis, Ecclésiæ Matris, a Christo discípulis suis commendátæ ut perseverántes in oratióne Spirítui Sancto coóperent in Evangélium proclamándum.

Au Martyrologe Romain

Lundi de Pentecôte

Mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église, que le Christ a confiée à ses disciples afin que dans l’Esprit Saint, ils persévèrent dans la prière et travaillent ensemble à l’annonce de l’Évangile

LECTIO ALTERA

Ex Allocutióne beáti Pauli Sexti, papæ, tértia Sacrosáncti Concílii Vaticáni II período

exácta

(21 novembris 1964: AAS 56 [1964], 1015-1016)

Maria Mater Ecclesiæ

Arctas ratiónes considerántes, quibus María et Ecclésia inter se coniungúntur, ad Beátæ Vírginis glóriam ad nostrúmque solácium, Maríam Sanctíssimam declarámus Matrem Ecclésiæ, hoc est totíus pópuli christiáni, tam fidélium quam Pastórum, qui eam Matrem amantíssimam appéllant; ac statúimus ut suavíssimo hoc nómine iam nunc univérsus christiánus pópulus magis adhuc honórem Deíparæ tríbuat eíque supplicatiónes adhíbeat.

De appellatióne ágitur, Venerábiles Fratres, christianórum pietáti haud insuéta; quin immo hoc potíssimum Matris nómine christifidéles et Ecclésia univérsa Maríam invocáre præóptant. Hoc revéra nomen ad germánam Maríæ pietátis ratiónem pértinet, cum in dignitáte ipsa, qua María útpote Mater Verbi Dei Incarnáti prǽdita est, fírmiter innitátur. Sicut enim divína Matérnitas causa est, cur María singuláres prorsus cum Christo ratiónes hábeat eadémque præsens adsit in humánæ salútis ópere a Christo Iesu perácto, ita páriter e divína Maternitáte præsértim eæ prófluunt ratiónes, quæ inter Maríam et Ecclésiam intercédunt; quandóquidem María Mater Christi est, qui statim ac in ipsíus virgináli útero humánam natúram assúmpsit, sibi ut Cápiti adiúnxit Corpus suum mysticum, quod est Ecclésia. María ígitur, útpote Mater Christi, Mater étiam fidélium ac Pastórum ómnium, scílicet Ecclésiæ, habénda est.

Hinc causa est, cur nos, licet indígnos, licet débiles, nihilóminus fidénti ánimo filiorúmque amóre flagrántes ad Eam óculos attollámus. Quæ olim Iesum, supérnæ grátiæ fontem, nobis donávit, ipsa matérnam suam opem Ecclésiæ non afférre non potest, hoc præsértim témpore, quo Christi Sponsa alacrióre stúdio salutíferum suum munus explére conténdit.

Ad hanc autem fidúciam magis usque aléndam confirmandámque, Nobis suádent arctíssima ea víncula, quæ inter hanc nostram cæléstem Matrem et humánum genus intercédunt. Etsi amplíssimis admirandísque donis a Deo cumuláta est, ut digna Mater Incarnáti Verbi efficerétur, nihilóminus María próxima nobis est. Sicut nos, et ipsa est Adæ fília, ac proptérea étiam nostra soror ob commúnem humánam natúram; quæ immúnis quidem fuit ab originária labe ob futúra Christi mérita, sed divínitus accéptis donis ipsa suæ ipsíus perféctæ fídei exémplum áddidit, ita ut evangélicum promeréret præcónium: «Beáta, quæ credidísti».

In hac mortáli vita perféctam Christi discípuli formam expréssit, spéculum fuit ómnium virtútum, atque plene in suos réttulit mores beatitúdines illas, quæ a Christo Iesu prædicátæ fuérunt. Quo fit, ut Ecclésia univérsa, dum multifórmem suam vitam actuosámque suam navitátem éxplicat, a Deípara Vírgine absolutíssimum exémplum sumat, quo perfécte Christum imitári opórteat.

2ème lecture

Allocution du Bienheureux Pape Paul VI – Concile Vatican II – Conclusion de la Troisième Session –

21 novembre 1964

Marie, Mère de l’Eglise

Considérant les réflexions sur ces rapports étroits entre Marie et l’Eglise, c’est donc pour sa gloire et pour notre réconfort que Nous proclamons la Très Sainte Vierge Marie Mère de l’Eglise, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs, que nous l’appelons Mère très aimante; et Nous voulons que, dorénavant, avec ce titre si doux, la Vierge soit encore davantage honorée et invoquée par tout le peuple chrétien.

Il s’agit d’un titre, Vénérables Frères, qui n’est pas nouveau pour la piété des chrétiens; c’est même de préférence sous ce nom de Mère que les chrétiens et toute l’Eglise aiment invoquer Marie. Ce titre, en vérité, appartient à l’authentique substance de la dévotion à Marie, trouvant sa justification dans la dignité même de la Mère du Verbe incarné. De même que la maternité divine est le fondement de la relation spéciale de Marie avec le Christ et de sa présence dans l’économie du salut opéré par le Christ Jésus, de même elle constitue le fondement principal des rapports entre Marie et l’Eglise, car elle est Mère de Celui qui, depuis le premier instant de l’Incarnation dans son sein virginal, s’est uni, en tant que chef, son Corps mystique qui est l’Eglise. Marie, donc, en tant que Mère du Christ, est Mère aussi de tous les pasteurs et fidèles, c’est-à-dire de l’Eglise.

C’est donc l’âme pleine de confiance et d’amour filial que nous levons les yeux vers elle, malgré notre indignité et notre faiblesse. Elle, qui nous a donné avec Jésus la source de la grâce, ne manquera pas de secourir l’Eglise alors que, dans l’abondance des dons du Saint-Esprit, elle s’adonne  avec un nouvel élan à sa mission de salut. Et notre confiance est encore ravivée et renforcée lorsque nous considérons les liens très étroits qui lient notre Mère du ciel au genre humain. Dans toute la richesse des prérogatives admirables dont Dieu l’a dotée pour la rendre digne d’être la Mère du Verbe incarné, elle n’en est pas moins toute proche de nous. Fille d’Adam comme nous, et donc notre soeur par le lien de la nature, elle est cependant la créature préservée du péché originel à cause des mérites du Sauveur, et qui, aux privilèges qu’elle a obtenus, joint la vertu personnelle d’une foi totale et exemplaire, méritant l’éloge évangélique : “Bienheureuse, toi qui as cru”. Durant sa vie terrestre, elle a réalisé la figure parfaite du disciple du Christ, miroir de toutes les vertus, et elle a incarné les béatitudes évangéliques proclamées par le Christ. C’est pourquoi en elle toute l’Eglise, dans son incomparable variété de vie et d’œuvres, atteint la plus authentique forme de l’imitation parfaite du Christ.

(Traduction : Documentation catholique, 1544-1545)

RESPONSORIUM Cf. Lc 1, 35

R/. Spíritus Sanctus supervénit in Maríam: * Virtus Altíssimi obumbrávit eam.

V/. Iterum eam passiónis Fílii sui sóciam, ut redemptórum Matrem replévit: *

Virtus Altíssimi.

R/ Cf. Lc 1, 35

R/ L’Esprit Saint est venu sur Marie.

* La puissance du Très-Haut la prit sous son ombre.

V/ Et de nouveau l’associa à la Passion du Fils du Très Haut de sorte qu’elle accomplit son rôle de Mère des rachetés (sauvés). * La puissance du Très-Haut la prit sous son ombre

HYMNUS

Quæ caritátis fúlgidum
es astrum, Virgo, súperis,
spei nobis mortálibus
fons vivax es et prófluus.

Sic vales, celsa Dómina,
in Nati cor piíssimi,
ut qui fidénter póstulat,
per te secúrus ímpetret.

Opem tua benígnitas
non solum fert poscéntibus,
sed et libénter sǽpius
precántum vota prǽvenit.

In te misericórdia,
in te magnificéntia;
tu bonitátis cúmulas
quicquid creáta póssident.

Patri sit et Paráclito
tuóque Nato glória,
cuius vocáris múnere
mater beáta Ecclésiæ.

Hymne

Tu es pour les habitants des cieux un astre resplendissant de charité, Vierge,
et pour nous, mortels, une source vive et débordante d’espérance.

Tu es si puissante, très haute Dame,
sur le cœur aimant de ton Fils,
que celui qui demande avec confiance est sûr par toi d’être exaucé.

Ta bonté ne vient pas seulement au secours de ceux qui t’implorent,
mais souvent elle se plaît à devancer les vœux de ceux qui prient.

En toi est la miséricorde,
en toi la magnificence ;
toute la bonté du monde
en toi se trouve rassemblée.

Gloire au Père, au Consolateur et à ton Fils,
qui t’ont enveloppée du vêtement admirable de la grâce.

Ad Benedictus, ant. Erant discípuli perseverántes unanímiter in oratióne, cum María matre

Iesu.

A Benedictus : D’un seul cœur, les Apôtres participaient fidèlement à la prière avec Marie, la mère de Jésus.
Oratio

Deus, misericordiárum Pater, cuius Unigénitus, cruci affíxus, beátam Maríam

Vírginem, Genetrícem suam, Matrem quoque nostram constítuit, concéde, quǽsumus, ut,

eius cooperánte caritáte, Ecclésia tua, in dies fecúndior, prolis sanctitáte exsúltet et in

grémium suum cunctas áttrahat famílias populórum. Per Dóminum.

Oraison :

Dieu de miséricorde, notre Père, ton Fils unique, en mourant sur la Croix, a voulu que la Vierge Marie, sa mère, soit aussi notre mère. Accorde à ton Église, soutenue par son amour, la joie de donner naissance à des enfants toujours plus nombreux, de les voir grandir en sainteté et d’attirer à elle toutes les familles des peuples. Par Jésus Christ.

Ad Vesperas
HYMNUS

Virgo, mater Ecclésiæ,
ætérna porta glóriæ,
esto nobis refúgium
apud Patrem et Fílium.

Gloriósa Dei mater,
cuius Natus est ac pater,
ora pro nobis ómnibus,
qui memóriam ágimus.

Stella maris, lux refúlgens,
stirps regális, sancta parens,
roga Patrem et Fílium
ut det nobis Paráclitum.

Virgo clemens, virgo pia,
virgo dulcis, o María,
exáudi preces ómnium
ad te pie clamántium.

Funde preces tuo Nato,
crucifíxo, vulneráto,
pro nobis et flagelláto,
spinis puncto, felle potáto.

Alma mater summi regis,
lux et porta celsi cæli,
inclína te misérrimis
geméntibus cum lácrimis.

Patri sit et Paráclito
tuóque Nato glória,
cuius vocáris múnere
mater beáta Ecclésiæ.

Vel: Ave, maris stella.
Ad Magnificat, ant. Dixit Dóminus matri suæ: Múlier, ecce fílius tuus. Ad discípulum autem: Ecce mater tua. A Magnificat : Le Seigneur dit à sa mère : ‘Femme, voici ton fils’. Puis, au disciple : ‘Voici ta mère’.
A la Messe
Collecta

Deus, misericordiárum Pater, cuius Unigénitus, cruci affíxus, beátam Maríam Vírginem, Genetrícem suam, Matrem quoque nostram constítuit, concéde, quǽsumus, ut, eius cooperánte caritáte, Ecclésia tua, in dies fecúndior, prolis sanctitáte exsúltet et in grémium suum cunctas áttrahat famílias populórum. Per Dóminum.

Collecte

Dieu de miséricorde, notre Père, ton Fils unique, en mourant sur la croix, a voulu que la Vierge Marie, sa mère, soit aussi notre mère. Accorde à ton Église, soutenue par son amour, la joie de donner naissance à des enfants toujours plus nombreux, de les voir grandir en sainteté et d’attirer à elle toutes les familles des peuples. Par Jésus-Christ.

Super oblata

Súscipe, Dómine, oblatiónes nostras et in mystérium salútis convérte, cuius virtúte et caritáte Vírginis Maríæ, Ecclésiæ Matris, inflammémur et óperi redemptiónis cum ea árctius sociári mereámur. Per Christum.

Prière sur les offrandes

Accueille, Seigneur, nos offrandes pour en faire le mystère de notre salut : que sa puissance brûle nos cœurs du même amour que la Vierge Marie, Mère de l’Église, afin que nous puissions plus intimement participer avec elle à l’œuvre de la rédemption. Par Jésus.

Præfatio: De Maria, forma et Matre Ecclesiæ.

Dóminus vobíscum.

¤ Et cum spíritu tuo.

Sursum corda. ¤

Habémus ad Dóminum.

Grátias agámus Dómino Deo nostro.

¤ Dignum et iustum est.

Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre,
nos tibi semper et ubíque grátias ágere:
Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus:
Et te in celebratióne beátæ Maríæ Vírginis
débitis magnificáre præcóniis.

Quæ Verbum tuum immaculáto corde suscípiens
virgíneo méruit sinu concípere
atque, páriens Conditórem, Ecclésiæ fovit exórdia.

Quæ iuxta crucem testaméntum divínæ caritátis accípiens,
univérsos hómines in fílios assúmpsit,
Christi morte ad supérnam vitam generátos.

Quæ, cum Apóstoli Promíssum exspectárent tuum,
supplicatiónem suam discipulórum précibus iungens,
exémplar éxstitit orántis Ecclésiæ.

Ad glóriam autem evécta cælórum,
Ecclésiam peregrinántem matérno proséquitur amóre
eiúsque gressus ad pátriam tuétur benígna,
donec dies Dómini gloriósus advéniat.

Et ídeo cum Sanctis et Angelis univérsis
te collaudámus, sine fine dicéntes:
Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus Deus Sábaoth…

Le Seigneur soit avec vous. ¤ Et avec votre esprit.

Élevons notre cœur. ¤ Nous le tournons vers le Seigneur.

Rendons grâce au Seigneur notre Dieu. ¤ Cela est juste et bon.

Vraiment, il est juste et bon de rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, père très saint, Dieu éternel et tout puissant.

Pour célébrer la Vierge Marie, c’est à toi que s’adressent nos louanges.

En accueillant ta Parole dans un cœur immaculé, elle a mérité de la concevoir dans son sein virginal.

En donnant naissance à son Créateur, elle a préparé les commencements de l’Église.

En recevant au pied de la croix le testament d’amour de son Fils, elle a reçu pour fils tous les hommes que la mort du Christ a fait naître à la vie divine.

Quand les Apôtres attendaient l’Esprit qui leur était promis, elle a joint sa supplication à celle des disciples, devenant ainsi le modèle de l’Église en prière.

Élevée dans la gloire du ciel, elle accompagne et protège l’Église de son amour maternel dans sa marche vers la patrie jusqu’au jour de la venue glorieuse du Seigneur.

C’est pourquoi avec tous les anges et tous les saints, nous chantons l’hymne de ta gloire et sans fin nous proclamons : Saint!..

Post communionem

Sumpto, Dómine, pígnore redemptiónis et vitæ, súpplices adprecámur, ut Ecclésia tua, matérna Vírginis ope, et Evangélii præcónio univérsas gentes erúdiat et Spíritus effusióne orbem terrárum adímpleat. Per Christum.

Prière après la communion

Nous avons reçu le gage de la rédemption et de la vie, et nous te supplions encore, Seigneur : qu’avec l’aide maternelle de la Vierge Marie, ton Église proclame à tous les peuples le message de l’Évangile et qu’elle remplisse le monde entier de l’effusion de ton Esprit. Par Jésus.

Lectures :

Gn 3, 9-15.20 ou bien Act 1, 12-14

Ev. Jn 19, 25-34

 
 
A la messe chantée : commun de la BVM au temps per annum. (Graduale romanum 1974 / Graduale triplex 1979)

Kyrie, Sanctus, Agnus X

IN. Salve sancta parens, p. 403

GR. Benedícta es tu, p. 629

ALL. Felix es, p. 414

OFF. Recordáre,  p. 422

CO. Gloriósa,  p. 631

 
Modifications aux messes lues :

Ps 86, 1-2. 3. 5. 6-7 ; ¤ Gloriósa dicta sunt de te, cívitas Dei !

Alleluia : V/. O felix Virgo, quæ Dóminum genuísti ; o beáta Mater Ecclésiæ, quæ in nobis foves Spíritum Fílii tui Iesu Christi.

 Ant. Des choses glorieuses sont dites de toi, cité de Dieu !

Alléluia. V/. ö heureuse vierge, qui a donné naissance au Seigneur ; ô bienheureuse Mère de l’Eglise, qui nous emplis de l’Esprit de ton Fils Jésus-Christ.

Ant. ad introitumCf. Ac 1, 14

Erant discípuli perseverántes unanímiter in oratióne cum María, matre Iesu.

Antienne d’ouverture. cf. Ac 1, 14

D’un seul cœur, les Apôtres participaient fidèlement à la prière avec Marie, la mère de Jésus.

Ant. ad communionemCf. Jn 2, 1.11

Núptiæ factæ sunt in Cana Galilǽæ, et erat mater Iesu ibi; tunc fecit inítium signórum Iesus et manifestávit glóriam suam, et credidérunt in eum discípuli eius.

Vel: Cf. Jn 19, 26-27

Ex cruce pendens dixit Iesus discípulo, quem diligébat: Ecce mater tua.

Antienne de la communion cf. Jn 2, 1-11

Il y eut des noces à Cana en Galilée,
et la mère de Jésus était là. C’est alors que Jésus fit le premier de ses signes : il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

Ou bien cf. Jn 19, 26-27

Suspendu à la croix, Jésus dit au disciple qu’il aimait : « Voici ta mère ».

L’antienne du Benedictus (source : Antiphonale synopticum) :

L’antienne du Magnificat (source : Antiphonale synopticum) :

Herméneutique de la réforme : les textes du missel romain

R.P. Louis Bouyer (France Catholique 28 janvier 1972).

Un article qui présente le missel de Jounel par le P. Bouyer. Ce texte est certes ancien, mais demeure ô combien d’actualité : il importe donc de ressaisir sa teneur, dans notre XXIème siècle post 7/7/2007 et alors que la richesse des propres de la messe actuelle n’est toujours pas perçue par les fidèles ordinaires des paroisses….

Au début du mouvement liturgique, on avait fait campagne pour que les fidèles se munissent d’un missel où il leur serait possible de suivre toutes les prières et les lectures de la messe. Puis nous avons eu le renouvellement officiel de la liturgie de la messe qui a suivi le Concile. Les fidèles là-dessus ont perdu pied, ne trouvant plus dans les missels auxquels ils étaient habitués les textes de la « nouvelle messe ».

On leur a dit alors qu’ils n’avaient qu’à écouter : on leur donnait maintenant une liturgie où tout était dans leur langue ; ils n’avaient plus que faire d’un livre, devenu inutile, qui ne pouvait que fractionner et disperser leur attention, tandis que la célébration commune devait les rassembler tous.

Hélas ! ceci pouvait être fort beau en théorie, mais il y a encore très loin, trop souvent, de la théorie à la pratique.

Le missel de Saint Pie V

Quant aux jeunes prêtres, ou aux lecteurs improvisés, on ne paraît pas encore avoir toujours découvert que, pour qu’ils s’expriment d’une façon audible, il faut qu’ils s’y exercent à l’avance et, d’abord, qu’ils se persuadent que ce qu’ils lisent n’est pas lu simplement pour être lu, mais pour être entendu. Dieu sait si nous en sommes loin ! L’usage universel du micro (adapté trop souvent, d’ailleurs, à des appareils mal réglés, ou pas réglés du tout) donne à ceux qui en usent, de surcroît, la douce illusion qu’ils n’ont aucun effort à faire pour être compris, quelle que soit la bouillie qu’ils mâchonnent !

Comme si cela ne suffisait pas, nombre de prêtres en prennent à leur aise avec les textes et, sous couleur d’explication ou d’adaptation, font de ce qu’ils lisent un magma informe ! Enfin, il faut le dire, nombre de traductions officielles, dans notre pays, sont à la fois tellement délavées dans leur contenu, sous le même fallacieux prétexte, et cependant, usent d’un langage à ce point tarabiscoté et si parfaitement ésotérique que, même seraient-elles lues par des lecteurs idéaux, elles ne passeraient pas…


Il était donc urgent que les fidèles eussent en main de nouveau les textes qu’on est censé leur lire, ne serait-ce que pour qu’ils puissent connaître au moins ce qu’est la nouvelle liturgie, telle que l’Eglise nous la donne, et non les tripatouillages insensés que nombre de prêtres persistent à y substituer. Ceci, au moins, devrait avoir comme premier résultat de dissiper l’incroyable supposition, entretenue de concert par les intégristes et les progressistes, d’après laquelle « la messe de saint Pie V » aurait disparu sans laisser de trace du nouveau Missel. Elle a disparu, certes, de beaucoup d’églises et de célébrations farfelues. Mais on pourra s’en assurer, grâce aux missels des fidèles conformes aux textes officiels qui commencent à paraître, elle est toujours là, toujours la même, dans la liturgie rénovée.

L’excellent Missel procuré par l’abbé Jounel et que la Maison Desclée et Cie vient de publier, pour les dimanches et les fêtes d’obligation, ne permettra plus à personne d’en douter sérieusement. On y trouve même le texte grec ou latin du Kyrie, du Gloria, du Credo, de la Préface et du Sanctus, du Pater et de l’Agnus Dei, qu’il est toujours et partout loisible de dire ou de chanter, n’en déplaise aux fanatiques de l’un ou l’autre bord.

Mais on y découvrira aussi le prodigieux enrichissement dont cette messe, la messe la plus traditionnelle, a été pourvue, soit par un retour à d’innombrables prières anciennes dont les missels imprimés depuis le XVIe siècle n’avaient retenu qu’une petite partie, soit par des compositions nouvelles, mais inspirées directement des sources les plus authentiques, comme les trois prières eucharistiques qui peuvent désormais alterner avec le canon romain.

On y découvrira, par-dessus tout, l’ampleur des nouvelles lectures bibliques qui, s’ajoutant aux anciennes, toujours là, devraient permettre à tous les fidèles de s’initier progressivement à l’essentiel de la Parole de Dieu, à l’école de l’Eglise catholique et de cette « loi de la foi » qu’a toujours constituée sa « loi de prière ». Mais, évidemment, pour que tant de richesses soient assimilées, il faut y aider. C’est à quoi les prêtres, dans leurs homélies avant tout, devraient s’employer. Malheureusement, combien y en a-t-il qui s’en soucient seulement ? Combien ne voient, dans leur soi-disant homélie, qu’une occasion offerte d’imposer aux fidèles leur idéologie politique – le jargon incompréhensible d’une certaine « action catholique » dont il est vrai aussi, quoique dans un tout autre sens que celui de l’Epître aux Hébreux, que, « même défunte, elle parle (ou plutôt, elle « cause ») encore », – enfin toutes les variétés possibles de l’hexagonal ecclésial !…

Il est bien vrai que ces prêtres eux-mêmes n’ont jamais été préparés à assimiler pour leur propre compte ces richesses spirituelles et doctrinales de la Parole divine. Moins encore ont-ils appris à prier la prière de l’Eglise. Comment donc transmettraient-ils ce qu’ils n’ont reçu, dans le passé, que matériellement, dans la plupart des cas, et, dans le présent, ne reçoivent plus du tout ?

L’office divin : la prière qui a construit la civilisation occidentale

Sur le site « The Remnant », un excellent article de Hillary White sur l’Office divin. J’en propose aujourd’hui une traduction de l’Anglais, [avec quelques commentaires et précisions], ainsi que des mises en gras. Je proposerai aussi la version originale en Français des citations de Madame Cécile Bruyère première abbesse de Solesmes et de Dom Paul Delatte, 3ème abbé de Solesmes qui sont cités en Anglais dans l’article original.


Il y a peu de temps, je parlais à une amie, une catholique traditionnelle, qui m’a posé cette question, et j’ai été un peu surpris. Ce n’est pas qu’elle n’en avait jamais entendu parler, mais qu’elle avait surtout entendu le nom et les références, sans avoir jamais eu une explication. Et, bien sûr, étant à peu près de mon âge, elle n’avait jamais rencontré un usage réel de « l’autre » pratique liturgique de l’Église dans le cours normal de sa vie paroissiale. J’ai réalisé qu’une personne qui n’avait jamais eu beaucoup de contacts avec les religieux qui l’utilisaient (rare en ces temps sombres) pouvait passer toute une vie sans contact avec l’office divin et pouvait être troublée par la profusion de termes utilisés pour décrire ce dernier.

Il y a une réponse courte mais probablement trompeuse dans sa simplicité. Le Divinum Officium, l’Office divin, l’Opus Dei, les Heures canoniales, la Liturgie des Heures … tous les termes décrivant plus ou moins le même objet, sont simplement la récitation ordonnée et régulière [1] et quotidienne des Psaumes, accompagnée d’hymnes et de passages choisis la Bible, tous liés à l’année liturgique et entrecoupées de prières d’intercession plus courtes. L’Office divin pourrait être décrit comme « l’autre moitié » de la liturgie universelle de l’Église, dont le Saint Sacrifice de la Messe est le premier et auquel il est intimement lié. Les deux moitiés expriment la plénitude d’une sorte de conversation collective grandiose et multimillénaire – et de moyens de communion – entre Dieu et ses saints, reprise et continuée génération après génération.

La réponse plus longue ouvre tout un monde de mystère. Comment cette chose apparemment simple – la récitation quotidienne ou le chant des Psaumes à intervalles réguliers tout au long de la journée, organisée de telle sorte que vous parcourez le psautier chaque semaine [2] – a fini par créer une sorte de nouvelle fondation pour une civilisation entière, celle dans laquelle vous êtes probablement en ce moment? Car c’est vrai ; l’Office divin a aidé l’Église à « réamorcer » la civilisation de l’Antiquité en tant que société chrétienne pour de nombreuses nations, unies par une foi et une pratique liturgique. L’Office divin est l’autre moitié de la vie de prière publique de l’Église [3] et depuis qu’il y a des chrétiens, nous chantons une certaine forme d’office divin.

Oui, mais qu’est-ce que c’est exactement?

En bref, c’est ce que font les moines [4] en réponse à l’exhortation de saint Paul à « prier sans cesse » et c’est à quoi le chant grégorien est principalement destiné. Ne vous méprenez pas, l’Office divin est au cœur de la vie monastique et notre civilisation a été en grande partie construite par des moines. Presque toutes les institutions que nous tenons pour acquises; droit, médecine, sciences naturelles, agriculture, ingénierie, architecture, universités, hôpitaux, prise en charge systématique des pauvres, des malades, des personnes âgées, de l’éducation des enfants et même des choses intangibles comme l’ordonnancement de nos sociétés selon un classement des petites villes à les gouvernements locaux, les États-nations … tout a été construit sur cette fondation monastique. Sans les moines, il n’y aurait pas eu de civilisation européenne. Et sans l’office divin, il n’y aurait pas eu de moines.

L’Encyclopédie Catholique nous dit que le terme « Office Divin » date au moins du Concile d’Aix la Chapelle en 800, mais que la récitation quotidienne des Psaumes d’une manière ordonnée tout au long des heures de la journée date de « l’Église de Jérusalem », celle des premiers disciples du Christ. Suivant la coutume juive, les premiers chrétiens ont organisé leurs vies autour de leurs temps de prière quotidiens et ont dû vivre des vies très imprégnées de la connaissance de ces louanges, de ces pétitions et de ces lamentations. Les Psaumes eux-mêmes contiennent des indices sur la façon dont ils étaient utilisés par les Juifs:

  • In matutínis meditábar in te. / Dès le matin je méditerai sur Toi (Ps. 67,2)
  • Média nocte surgébam ad confiténdum tibi / Au milieu de la nuit je me levais pour Te louer (Ps 118,62)
  • Véspere, et mane, et merídie, narrábo, et annuntiábo ;et exáudiet vocem meam. / Le soir, le matin et à midi, je raconterai et j’annoncerai, et Il exaucera ma voix. Ps 54,18
  • Sépties in die laudem dixi tibi  / Sept fois le jour je T’ai adressé une louange. (Ps. 118,164)

La partie principale, décrite par un moine bénédictin comme la « viande du sandwich », [je n’aime pas beaucoup cette image un peu trop vulgaire; On voit bien de quoi on parle c’est à dire le fait d’entourer le fond de la prière, c’est  dire le texte psalmique de deux antiennes (Cf. plus loin). Cependant, l’office divin ne devrait pas être considéré comme un repas pris sur le pouce… D’autant plus que S. Benoît – voir plus loin également – reprend avec la même énergie ceux qui arrivent en retard à l’office… et à table !] est le contenu du Livre des Psaumes, qui, selon la manière traditionnelle de récitation énoncée par la Règle de saint Benoît, est chantée chaque semaine dans son intégralité. L’ordo des psaumes à un moment donné de la journée et pour une saison liturgique donnée a une signification très profonde, en lien avec la ‘sanctification du temps’, et ils ne sont choisis ni par le moine ni par le monastère. Saint Benoît a été l’un des premiers grands maîtres spirituels à organiser la journée autour du Psautier et la méthode de sa Règle est encore largement observée dans toute l’Eglise [5].

La division des jours par l’Église en « Heures canoniales » vient de la méthode romaine de mesurer le temps. Quand les apôtres vivaient encore à Jérusalem, ils avaient déjà l’habitude de prier ensemble à minuit, et de là vient l’office de Matines [En fait saint Benoît parle d’un office de Vigiles, où l’on veille, du verbe veiller, vigilare. Cet office ayant été peu à peu dans l’usage décalé de plus en plus tard et jusqu’au petit matin, il a fini par être appelé surtout dans l’usage séculier, c’est-à-dire hors des monastères, office des Matines. Mais ce n’est pas, vous l’avez compris, exactement traditionnel. En effet, quand la règle de saint Benoît parle de « Matines » c’est davantage pour désigner les laudes « du Matin ». Cela peut donc prêter à confusion et provoquer des erreurs d’interprétation du texte latin.]. Laudes est juste avant l’aube, suivi de de Prime, ainsi nommée parce qu’elle marque la première heure de travail du moine. Tierce est généralement autour de neuf heures du matin, la « troisième heure » du jour ouvrable romain [6]. Suit ensuite les « petites heures » de Sexte, la sixième heure à midi, et None, la neuvième heure à nos trois heures de l’après-midi [l’appellation des « petites heures » concerne en fait toutes les heures à l’exception des « grandes » qui sont les Vigiles / Matines, les laudes (du matin) et les Vêpres]. Les Vêpres, nom latin du soir, sont chantées entre 16h30 et 18h selon la période de l’année. [Notons au passage : on utilise le singulier pour Prime, Tierce, Sexte, None mais le pluriel pour Matines ou Vigiles, Laudes, Vêpres et Complies ; en réalité l’appellation plurielles pour Laudes et Vêpres est assez simple à comprendre : c’est un abrégé des « louanges du matin » ou « louanges vespérales ». Alors que pour les petites heures, c’est seulement la marque de l’horloge – solaire – première heure, troisième heure, sixième heure, neuvième heure….] Le dernier office de la journée, Complies, se fait généralement vers 20h après quoi les monastères observent traditionnellement le silence jusqu’aux Matines. Ce cycle de temps de prière régulier constitue le rythme du jour monastique et est appelé dans la Règle « l’Opus Dei », l’œuvre de Dieu, et le moine doit « ne rien lui préférer », ne pas travailler, ne pas dormir ou prendre de nourriture ou toute autre chose. Quand le moine entend la cloche pour l’office, il doit immédiatement déposer sa plume ou ses outils et se hâter vers la chapelle pour son rendez-vous avec Christ [7]. Un monastère qui observe l’office divin complet comme décrit sera « au chœur » en chantant la prière de l’Eglise pendant environ cinq heures par jour [8]. L’office le plus long est Matines et prend entre une heure et 90 minutes, selon que c’est un festin solennel ou une « feria« , un jour de semaine régulier. [Dans le cursus monastique, l’office nocturne a au minimum 12 psaumes, et 3 cantiques de plus ainsi que jusqu’à 12 lectures lors des célébrations de 1er ordre ; cf. http://www.societaslaudis.org/importantes-mises-a-jour-du-week-end-lecons-des-vigiles-osb-oraisons-des-messes-du-temps-per-annum-export-au-format-doc/ C’est la raison pour laquelle cela peut être particulièrement long. Avec la schola saint Maur nous avons chanté intégralement cet office de façon solennelle à plusieurs reprises, Cf. https://www.scholasaintmaur.net/veillons-plaidoyer-pour-une-liturgie-longue-et-nocturne/ et https://www.scholasaintmaur.net/office-nocturne-de-la-nativite-de-s-jean-baptiste-2013/ et cela a pu prendre 2 heures 45 …] Le plus court est Complies qui prend environ 15 minutes et est toujours le même tous les jours. [En fait dans le cursus monastique pour les complies, on a en effet toujours la même psalmodie, « in directum », sans antienne. Elle est connue par cœur parce que l’office est chanté dans la pénombre ; mais la lecture et les oraisons peuvent changer, ainsi que les tons de l’hymne, et l’antienne finale à la Bienheureuse Vierge Marie.] (Les moines se lèvent souvent avant 4 heures du matin, donc à 20h30, il est préférable d’avoir une prière courte et simple de « bonne nuit » facile à mémoriser.)

La récitation de l’office dans le chœur d’une grande église monastique est une expérience incomparable et peut changer votre vie. Si vous allez à l’une des grandes maisons bénédictines contemporaines, comme Fontgombault ou Le Barroux en France, où l’on observe l’office monastique complet, [L’auteur aurait pu citer Solesmes, tout de même puisqu’elle ne se prive pas de citer ensuite abondamment Dom Delatte et Madame Bruyère…] vous verrez l’arrangement « classique » des moines dans le choeur qui est aussi devenu la norme depuis Saint Benoît [en fait ce n’est pas exact : c’est un usage un peu plus tardif, qui date de Cluny] et a formé une grande partie de l’architecture culturelle de notre civilisation. Au bout de la nef de l’église, dans la section séparée de l’espace public pour les laïcs et devant le sanctuaire, des stalles de chœur en bois seront disposées en rangées se faisant face de l’autre côté de l’allée centrale. C’est le « choeur ». Un moine profès est généralement affecté à une stalle dans lequel il conserve ses livres de l’office [dans le milieu monastique on dirait probablement plus « les livres de l’office à son usage »] et ses dévotions personnelles et à laquelle il peut se retirer pour des moments de prière privée tout au long de la journée. [En réalité, il semble que ce soit le plus souvent la cellule, c’est à dire la « chambre » du moine qui soit l’endrot privilégié de la lectio divina.] Au début de chaque office du jour, les cloches sonnent et les moines se rendent dans l’église par deux, en faisant une génuflexion ensemble au Saint-Sacrement puis en se tournant et se saluant avant d’entrer dans leurs stalles de chaque côté. Quand tous sont rassemblés, le chant commence (sauf pour Matines) avec la même prière; un chantre entonne, « Deus in adiutorium meum intende« , le chœur entier répond, « Domine, ad adiuvandum me, festina. » [9] [en fait il ne s’agit pas du chantre mais du célébrant en cas de fête, c’est à dire le plus souvent le Père-abbé, ou bien hors des fêtes « l’hebdomadier », qui prend son « tour de semaine » pour les tâches liturgiques qui lui sont dédiées, notamment l’intonation du Deus in adiutorium, l’introduction des preces, l’oraison conclusive ou « collecte ».] Alors tous font une inclination profonde à la doxologie : « Gloria Patri et Filio, et Spiritui Sancto. Sicut erat in principio et nunc et semper, et in secula seculorum, amen. [10] « Après ceci, une antienne, habituellement un petit extrait du Psaume à chanter [11], est d’abord entonnée puis chanté par le chœur complet. Puis le psaume lui-même est chanté de façon « antiphonée », ce qui signifie que chaque verset, divisé en deux parties avec une pause pour respirer entre les deux, est chanté en alternance entre les deux côtés du chœur. Chaque psaume est conclu avec la doxologie et la réponse: « Gloria patri … Sicut erat … » après quoi l’antienne est répétée. Les offices auront entre trois et cinq psaumes [12], chacun avec leurs antiennes. Après les Psaumes, tout l’office se termine par un bref « chapitre » [le « capitule » que Liturgia horarum – l’office divin depuis Vatican II – a renommé en lectio brevis. Il est exact cependant que la lecture brève de Liturgia horarum est le plus souvent plus longue – et plus variée – que le capitule de la liturgie précédent Vatican II] des Écritures, un petit verset responsorial, une hymne, le Kyrie Eleison et le Pater Noster et la collecte (oraison de la messe du jour), une courte prière pour les mort et pour les frères absents.

Cette pratique monastique de la prière formelle est l’usage principal, en dehors de la messe, du chant grégorien. L’antiquité et l’intemporalité de cette forme de musique, et son adéquation absolue aux fins de louange et de supplication du Dieu Très-Haut sont probablement la raison de l’énorme popularité du chant grégorien parmi les laïcs. Il est, en un mot, transportant, et une fois que cet avant-goût sublime de la réalité céleste a été goûté, il est presque impossible de continuer à ignorer ou rejeter la culture qui lui est attachée. Ceux qui y participent régulièrement, même modestement, ne peuvent plus se satisfaire du postulat que la construction de l’épine dorsale de la civilisation européenne médiévale est uniquement dûe au dur travail certes méritoire des communautés monastiques de l’antiquité tardive. Bref, ce n’était pas l’huile de coude mais bien la prière et la réponse de Dieu à cette prière. Les Chapitres VIII à XIX de la Règle donnent les détails de la façon de dire l’Office et quels Psaumes doivent être prononcés les jours. Au chapitre XIX, « Comment on doit célébrer l’office divin», [en fait c’est « De disciplina psallendi » que l’on peut traduire par « de la manière de psalmodier »] le saint père Benoît dit:

« Nous croyons que la divine présence est partout et que “ les yeux du : Seigneur regardent en tout lieu les bons et les méchants ”. Cependant croyons-le surtout sans le moindre. doute quand. nous nous tenons à l’office divin. »

Dom Paul Delatte, deuxième abbé du monastère Saint-Pierre de Solesmes [non, ici Hillary White fait une petite erreur : il s’agit du 3ème abbé : le premier successeur de Dom Guéranger était Dom Couturier, dont les écrits et la pensée sont, il est vrai , moins connus. Sur Dom Couturier on pourra consulter le livre suivant : http://www.abbayedesolesmes.fr/affichagelivres/dom-charles-couturier-deuxieme-abbe-de-solesmes-1817-1890 ]– source de la grande renaissance monastique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle – propose dans son commentaire sur la règle une explication sur la distinction entre prière privée et personnelle et l’Office Divin.

Vivre toujours dans le « regard » du Seigneur, qui « illumine toute l’activité humaine » … Nous savons qu’en tout lieu et à toute heure nous avons la facilité et la douce obédience de vivre devant lui et de lui rendre hommage. Néanmoins cet hommage est privé, officieux, il vient de l’affection personnelle ; il est libre dans son expression ; et, à condition de demeurer toujours infiniment respectueux il est affranchi de tout cérémonial et de toute étiquette. Mais la liturgie sainte rend à Dieu un culte officiel ; et si Dieu n’est pas plus présent à l’heure de l’office divin qu’à celle de la prière privée, il y a cependant pour nous un devoir spécial de réveiller et d’appliquer notre foi lorsque nous prenons part à cette entrevue officielle où tous les détails sont prévus, toutes les attitudes réglées par l’étiquette divine. L’audience du Seigneur est toujours ouverte : mais l’audience de l’office divin est solennelle.

De ceci nous pouvons certainement voir pourquoi cette sorte de prière hautement formalisée est tombée en disgrâce à l’âge des guitares et de la tenue de main, le » renouveau charismatique  » et la mise en valeur de la « relation personnelle avec Jésus ». Nous ne sommes pas à une époque où les rituels solennels et courtois de l’ancienne culture monarchique doivent être rétablis. Mais en même temps, et certainement pour une génération de personnes délibérément privée de tout sens de l’enracinement historique, il y a un désir pour ce type de lien avec le passé, avec les réalités supérieures et avec l’identité culturelle qu’elle nous accorde. Beaucoup d’entre nous ont été victimes de la tentative orwellienne de notre époque d’effacer notre identité et de la remplacer par quelque chose de petit, bon marché, faux et fabriqué.

Il n’est donc peut-être pas si surprenant que l’Office divin, rite le plus formel de notre héritage catholique – un survivants des hauts et des bas de 2000 ans de notre histoire – commence à être reconsidéré par les jeunes catholiques qui se sentent lésés par leurs prédécesseurs immédiats. Les révolutions sociales du siècle dernier ont enlevé tout ce qui nous permettait de comprendre qui nous sommes. Tant de choses ont été effacées de cet ancien héritage catholique que même un bon évêque comme Alexander Sample – lui-même en âge de survivre à cette révolution – pense que c’est une bonne idée que les jeunes se tournent vers les protestants pour recouvrer ce dernier [héritage chrétien]. Mais qu’est-ce que Mgr Sample cherche ? Quelque chose qui ramènera les jeunes catholiques dans un lien quotidien intime avec le Christ dans la vraie foi? Dom Delatte parle de quelque chose que les dernières générations ont méprisé ; pourtant, les jeunes se tournent de plus en plus vers l’office divin, « l’audience solennelle» de la cour royale du ciel:

« Dieu y est entouré d’une majesté plus redoutable ; nous paraissons devant lui au nom de l’Église entière ; nous nous identifions à l’unique et éternel Pontife, Notre Seigneur Jésus Christ ; nous accomplissons L’ŒUVRE par excellence. »

Saint Benoît écrit :

« Considérons donc comment il faut être sous le regard de la divinité et de ses anges, et tenons. nous pour psalmodier de telle sorte que notre esprit soit à l’unisson de notre voix. »

Dom Delatte commente que nous Il ne faut pas voir l’Office tel que le monde le voit, mais avec une compréhension surnaturelle:

Nous sommes en face de la Divinité. Et toute la création est réunie. Et les anges entourent l’autel. Nous allons psalmodier avec eux (Ps. CXXXVll, 1) et chanter le triple Sanctus qu’ils nous ont appris ; ne convient-il pas qu’avec eux nous rivalisions de respect et de tendresse ? Ils se voilent la face de leurs ailes : vous aussi’ dit le prophète David, “ servez le Seigneur avec crainte ” (Ps. Il, 11). Et encore : “ Psalmodiez avec sagesse ” (Ps. XLVl, 8), c’est-à-dire, ayez conscience non pas seulement des mots prononcés, non pas seulement de ce qu’ils contiennent de doctrine, mais aussi, mais surtout de celui à qui vous parlez.

Madame Cécile Bruyère , la première abbesse de l’abbaye Sainte-Cécile de Solesmes, et une protégée du rebelle fondateur de Solesmes, Dom Prosper Gueranger [13], a également écrit sur la primauté de la prière formelle et ritualisée sous la forme de l’office divin, en disant:

«  L’hommage officiel et social rendu par l’Église militante au Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, cet ensemble de formules parlées, de chants et de cérémonies qui est comme l’accompagnement nécessaire du Sacrifice éternel, constitue certainement la partie la plus noble du culte divin, qui est le tribut essentiel d’adoration, d’action de grâces, de louange et d’impétration. »

(La Vie spirituelle et l’oraison selon la Sainte Ecriture et la tradition monastique)

C’est, en somme, la participation à l’action de la cour céleste. A l’office divin et lors du sacrifice de la messe, nous participons pour ainsi dire à la vie quotidienne des saints et des anges dans les cieux.

[Sans vouloir polémiquer sur la pertinence ou non des « louanges » charismatiques, il faut quand même souligner ce que justement un moine m’avançait à ce sujet : il est frappant de constater que la mode de la prière de type charismatique de « louange » est apparue dans l’Eglise catholique au moment précis où l’Eglise n’avait justement pas encore promulgué à la suite de la réforme liturgique, un office divin. alors que le concile s’ouvre en 1962 et entreprend de commencer ses travaux précisément sur la liturgie, il faut attendre 1970 pour la lettre apostolique de Paul VI, Laudis canticum, qui rétablit l’office divin en conformité avec la volonté des Pères conciliaires. C’est justement dans cet intervalle où apparaissent les premiers « groupes de prère charismatiques » ]

[1] Dans son sens latin, « régulier » signifie organisé selon une règle. Le « Clergé régulier » ce sont donc les prêtres rattachés aux ordres ordres religieux comme les dominicains ou les bénédictins.

[2] Il y a d’autres ordo qui prennent plus ou moins de temps pour parcourir les 150 psaumes, mais je connais très bien l’arrangement bénédictin traditionnel, alors je me concentrerai sur cela comme point de référence.

[3] La partie privée de la prière est, pour les Bénédictins, la « Lectio Divina » (lecture divine) dans laquelle les Ecritures et les écrits des saints sont digérés lentement et pensivement. De là le moine vise à un état spirituel élevé à travers les étapes de la Lectio (lecture); Meditatio (méditation); Oratio (prière verbale) et Contemplatio (« contemplation » ou « prière infuse ») qui mène à l’union avec Dieu. C’est le chemin de la sainteté dont parlent tous les auteurs spirituels. De Cassien et Benoît à Thérèse et Jean, nous savons que ces deux moitiés de prière, avec la vie sacramentelle, sont le fondement du processus que nous appelons dans l’Église latine « sanctification » et en Orient, la « divinisation ». C’est le projet d’une vie, mais en entrant pleinement dans, on se transforme en un nouveau type de personne, un saint.

[4] Non seulement les moines mais tout le clergé catholique sont obligés à la récitation quotidienne de l’office divin, bien qu’il existe une forme plus courte pour le clergé séculier produit après le Concile de Trente qui est plus approprié pour leur vie non-monastique. [En réalité, il s’agit d’un racourcissement de l’office nocturne, mais comme il faut réciter les 150 psaumes en 1 semaine, il y a plus de psaumes aux offices diurnes] Ce «bréviaire romain», promulgué par le pape Pie V, [en fait le cursus séculier de l’office est bien plus ancien que Pie V] a été utilisé jusqu’à ce qu’Annibale Bugnini crée les «révisions» de la liturgie de l’Église qui nous a donné la nouvelle «Liturgie des Heures» que la plupart des membres du clergé utilisent aujourd’hui . D’autres, plus experts que moi, ont traité de ces changements dans les moindres détails. Il y a quelques autres formes de l’office dans le rite latin (les églises orientales sont un autre sujet), y compris le dominicain, l’ambrosien – celui de l’ancien siège de Milan – et les rites mozarabes, mais ils font tous plus ou moins la même chose : Psaumes, plus hymnes, plus de courtes lectures et prières. Il y a un office monastique révisé utilisé par les religieux adhérant à la nouvelle liturgie post-Vatican II, mais cela ne m’intéresse pas tellement que j’ai presque oublié de le mettre dans cette note. [en effet il y a des répartitions de psaumes proposant une autre répartition ; saint benoît le permet d’aillerus explicitemement, justement dans la partie consacrée à l’ordo psallendi :

Hoc praecipue commonentes, ut si cui forte haec distributio psalmorum displicuerit, ordinet, si melius aliter judicaverit, / Nous faisons surtout la recommandation suivante : si jamais cette distribution des psaumes déplaît à quelqu’un, qu’il en adopte une autre jugée par lui meilleure

Saint Benoît ajoute cependant :

ut omni hebdomada psaterium ex integro numero centum quinquaginta psalmorum psallatur et dominico die semper a capite repetatur ad vigilias quia nimis iners devotionis suae servitium ostendunt monachi, qui minus psalterio cum canticis consuetudinariis, per septimanae ; circulum psallunt ; cum legamus sanctos Patres nostros uno die hoc strenue implevisse, quod nos tepidi utinam septimana integra persolvamus ; / pourvu qu’il veille, en tout cas, à ce qu’on chante chaque, semaine intégralement le psautier de cent cinquante psaumes et que, le : dimanche aux vigiles, on le reprenne toujours au commencement. Car ils, montrent vraiment par trop de lâcheté dans le service qu’ils ont voué, les moines qui, au cours d’une semaine, psalmodient moins d’un psautier avec les cantiques habituels. Nous lisons que nos saints Pères accomplissaient. vaillamment en un jour cette tâche ; nous, dans notre tiédeur, puissions nous nous en acquitter en une semaine entière !

Liturgia horarum c’est-à-dire le cursus séculier réformé après le Concile Vatican II répartit les 150 psaumes sur 4 semaines. Il est vrai que ce cursus ne concerne pas les moines ; mais beaucoup de monastères ont conservé la répartition des psaumes telle que la mentionne S. Benoît, ou de façon très proche, avec les 150 psaumes sur une seule semaine, même après la réforme liturgique.]

[5] A l’époque de Benoît et à travers les Ages de la foi, la première tâche d’un moine novice était de mémoriser par cœur le livre entier de 150 Psaumes – peut-être pas aussi dur que cela si vous le récitiez tous les huit fois par jour tous les jours. Plus tard, son enseignement en langue latine – si nécessaire – était basé sur cela. L’éducation entière d’un moine était organisée autour de l’Office et des Écritures qui lui étaient propres.

[6] Nous nous souvenons de cela à partir des premiers passages des Actes des Apôtres à la Pentecôte. Après que le Saint-Esprit ait infusé la connaissance des langues dans les apôtres, ils ont été accusés d’être ivres de vin nouveau. Mais Pierre, parlant pour le groupe, réfuta cette phrase: « Ces hommes ne sont pas ivres comme vous le supposez. Ce n’est que la troisième heure du jour! » C’est-à-dire vers neuf heures du matin.

[7]   Ad horam divini officii, mox ut auditum fuerit signum, relictis omnibus qua ;libet fuerint in manibus summa cum festinatione curratur cum gravitate tamen, ut non scurrilitas inveniat fomitem Ergo nihil operi Dei praeponatur /  « A l’heure de l’office divin, dès qu’on aura entendu le signal, on laissera tout ce qu’on avait en mains et on accourra ; en toute hâte, avec sérieux cependant pour ne pas donner aliment à la dissipation. Ainsi rien ne sera préféré à l’Œuvre de Dieu.

« Règle de Saint Benoît Ch. 43

[8] Une description détaillée de chacune des Heures canoniques de l’Office divin peut être trouvée ici. Mais à mon avis, aucune description de ces détails ne peut jamais être claire jusqu’à ce qu’une personne ait expérimenté l’Office personnellement. [Oui la forme ordinaire de l’office divin est chantée (tout comme la Messe d’ailleurs). ne faire que réciter son office, ce n’est certainement qu’un pis aller. Ceci est évidemment valable pour l’office diurne comme l’office nocturne. On ne peut sur notre site qu’encourager les usagers à expérimenter de façon concrète l’office divin à un endroit – monastique ou non – où on le célèbre avec sérieux. Ce qui je l’admets, n’est  pas facile ni courant. Dans beaucoup trop d’endroits et dans les paroisses qui le font parfois, l’office est perçu comme une simple dévotion en commun, comme s’il s’agissait de réciter ensemble le chapelet; a aucun moment cela ne correspond à la lettre ou à l’esprit de cette réalité, si l’on comprend bien la citation de Dom Delatte, plus haut… Car l’office doit être chanté, et bien chanté : et en pls de cela il doit correspondre à un cérémonial, juste et précis, qui embellit les paroles proférées.]

[9] « O Dieu, viens à mon aide ; O Seigneur, hâte-Toi de me secourir », la prière la plus recommandée par les maîtres spirituels pré-bénédictins comme saint Jean Cassien. Tellement importante que Benoît l’a adoptée comme l’ouverture de tous les offices de l’époque. [Sur ce pont précis on se reportera aux fameuses « collations » de Jean Cassien : 10ème « collation » avec l’abbé Isaac sur la prière : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/peres/cassien/cassien01.htm#_Toc103504168 .Jean Cassien, moine formé en Egypte est l’importateur du monachisme cénobitique en Occident, et fondateur d’un monastère à Marseille. Cassien est très probablement un inspirateur de S. Benoît et de sa Règle, elle même reprenant plusieurs parties et notions déjà présentes dans un autre écrit (de Cassien ?) appelé « la règle du maître ».]

[10] « Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit; comme il était au commencement est maintenant et toujours, dans les siècles des siècles, Amen.

[11] Ou une brève prière liée au jour de la fête.

[12] Dom Prosper Guéranger, le re-fondateur de Saint-Pierre de Solesmes, a presque sauvé à lui seul le monachisme bénédictin et le chant grégorien du quasi oubli auquel il a été confronté après un siècle de suppressions laïcistes. Son histoire permet de faire comprendre aux catholiques à la fois ce que nous faisons face à un monde qui déteste le Seigneur et ce que nous devrions faire malgré ce dernier. [Sur Dom Guéranger, ne rater sous aucun prétexte le site web qui lui est dédié ici : https://www.domgueranger.net/ ]

[14] « La Vie Spirituelle et l’oraison selon la sainte écriture et la tradition monastique » Cécile Bruyère. [On trouve ce livre excellent sur internet ou à Solesmes : http://www.abbayedesolesmes.fr/affichagelivres/la-vie-spirituelle-et-loraison
Sur madame Bruyère, première abbesse de Solesmes, on peut consulter le site web du monastère qu’elle a fondé à Solesmes ou certains de ses écrits sur le site web de Dom Guéranger : https://www.domgueranger.net/in-spiritu-et-veritate-1/ ]

Mise à jour : Audio / podcast des laudes, vêpres et complies

L’audio des laudes, vêpres, complies est désormais disponible au travers du stream mp3 podcasté depuis Radio Vatican. Vous entendrez des enregistrements des offices chantés par des choeurs monastiques. Il vous suffit d’utiliser le petit lecteur MP3 intégré en tête du texte des offices. Vous ne pouvez pas écouter les offices futurs, puisqu’ils sont enregistrés au fur et à mesure qu’ils sont chantés, en direct.

Evidemment,  les textes que vous lirez ne sont pas toujours ce que vous entendrez notamment pour les antiennes, parce que pour rappel, vous avez sur notre site la liturgie des heures lue et non pas chantée. Mais c’est promis, ça viendra un jour !

Complies … et autres réflexions sur les usages liturgiques

Grâce à l’email d’un fidèle utilisateur, le problème technique que nous avions sur le site concernant les complies est désormais corrigé (un bête problème de synchronisation de fichiers). Merci à lui : les complies sont à nouveau disponibles.

Au passage : vous savez que Liturgia horarum ne donne aucune indication sur le choix des antiennes mariales à la fin des Complies. Voici le texte que donnent les livres officiels :


Antiphone finales ad B. Mariam Virginem

Extra tempus paschale:
Alma Redemptóris Mater
Ave, Regína cælórum
Salve, Regína
Sub tuum præsídium

Tempore paschali:
Regína cæli

Extra tempus paschale:
Alma Redemptóris Mater, quæ pérvia cæli porta manes, et stella maris, succúrre cadénti,
súrgere qui curat, pópulo; tu, quæ genuísti, natúra miránte, tuum sanctum Genitórem,
Virgo prius ac postérius, Gabriélis ab ore sumens illud Ave, peccatórum miserére.

Vel alia:
Ave, Regína cælórum,
ave, Dómina angelórum,
salve, radix, salve, porta,
ex qua mundo lux est orta.
Gaude, Virgo gloriósa,
super omnes speciósa
vale, o valde decóra,
et pro nobis Christum exóra.

Vel alia:
Salve, Regína, mater misericórdiæ;
vita, dulcédo et spes nostra, salve.
Ad te clamámus, éxsules fílii Evæ.
Ad te suspirámus, geméntes et flentes
in hac lacrimárum valle.
Eia ergo, advocáta nostra,
illos tuos misericórdes óculos ad nos convérte.
Et Iesum, benedíctum fructum ventris tui,
nobis post hoc exsílium osténde.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo María.

Vel alia:
Sub tuum præsídium confúgimus,
sancta Dei Génetrix;
nostras deprecatiónes ne despícias in neccesitátibus;
sed a perículis cunctis líbera nos semper,
Virgo gloriósa et benedícta.

Tempore paschali:
Regína cæli, lætáre, allelúia,
quia quem meruisti portáre, allelúia,
resurréxit sicut dixit, allelúia ;
ora pro nobis Deum, allelúia.

Vel etiam aliæ antiphonæ a Conferentia Episcopali ad hoc approbatæ.


Donc nous n’avons aucune directive contraignante, semble t-il, pour le choix des antiennes mariales après Complies. Pourtant, sur le site, en quelque sorte nous vous imposons la répartition suivante :

  • Regina caeli au temps pascal, bien sûr comme c’est imposé par Liturgia Horarum. (C’est aussi Regina caeli qu’on récite ou chante en lieu et place de l’Angelus au temps pascal).
  • Salve regina au temps « per annum post Pentecosten« , au temps dans l’année après la Pentecôte.
  • Ave Regina caelorum au carême;
  • Alma Redemptoris Mater au temps de l’Avent et de la Nativité, et jusqu’à la Chandeleur.
  • Sub tuum les veilles de solennité hors temps pascal.
  • et encore Ave Regina caelorum lour l’Assomption de la BVM.

Cette répartition n’est pas due à un choix arbitraire. Elle correspond à l’usage du rite romain de la plupart des maisons sérieuses et a été officialisé comme tel pour la liturgie séculière par le congrégation du culte divin pour la Liturgie des heures chantée (Cf. les heures grégoriennes).

Cette remarque pour souligner encore une fois que dans l’esprit de l’instauratio liturgique qui a suivi le Concile Vatican II, la rubrique doit demeurer minimaliste. Elle ne prétend pas avoir une valeur universelle, et n’impose pas l’usage. Ce dernier doit interpréter la rubrique pour la faire se conformer aux usages diocésains ou des maisons religieuses, sous l’autorité de l’ordinaire (c’est à dire de l’évêque ou du supérieur religieux, selon les cas). L’usage doit donc être formalisé et s’imposer de façon contraignante.

Pace que nous ne sommes plus à l’époque où la rubrique universelle s’imposait de façon directe aux clergé et aux fidèles, comme au début du XXème siècle avec la réforme liturgique de S. Pie X ; depuis Vatican II et la réforme liturgique qui a suivi, nous sommes dans un autre paradigme, qui ne devrait pas autoriser une quelconque fantaisie, mais qui est conçu pour favoriser la mise en oeuvre des usages liturgiques régionaux légitimes qui ne blessent pas l’unité du rite.

Il serait ainsi particulièrement mal venu de chanter Sub tuum tous les soirs entre le temps de la Nativité et le Carême sous prétexte que nous ne sommes soit-disant plus dans la saison de l’Alma tout en n’étant pas encore dans la saison de l’Ave Regina Caelorum. Ou encore de reprendre dans cette même période le Salve regina sous prétexte que nous sommes de façon transitoire dans une saison « verte » (« per annum« ). Ce n’est pas parce que les livres liturgiques ne semblent pas contraignants sur ce point qu’il faut se croire autorisé à une telle chose. Cette absence de directive n’est en fait qu’apparente, et j’admets que c’est complexe, probablement beaucoup plus que par le passé où il suffisait de « dire le Noir et faire le Rouge » sans se poser de question.

Pour approfondir la question particulière des rapports mutuels entre les rubriques des éditions typiques des livres liturgiques et les usages légitimes, on pourra consulter avec profit les pages suivantes :

Cérémonial liturgique du diocèse de Parakou au Bénin

Retour sur la lettre pastorale de Mgr Ranjith.

On pourra aussi, en cas de besoin, lire cette réflexion récente également sur notre dite ‘frère’, Schola Saint Maur, sur la manière kantienne ou aristotélicienne d’appliquer les normes liturgiques :

Deux attitudes face aux rubriques de la forme ordinaire : l’obligation kantienne ou l’epikeia aristotélicienne

 

 

Importantes mises à jour du week-end : leçons des Vigiles OSB, oraisons des messes du temps per annum, export au format .doc

A – Textes des leçons et des répons des Vigiles au rite monastique pour le temps de l’Avent, de la Nativité, du Carême et de la semaine sainte et du temps « per annum » jusqu’à la XIème semaine.

La suite (temps « per annum » de 12 à 34 et temps pascal) devrait suivre prochainement, mais aussi les hymnes, la psalmodie, les bénédictions et oraisons de l’office nocturne bénédictin.

Les textes proposés sont susceptibles d’entretenir de façon forte la piété liturgique de nos usagers, si bien que j’ai préféré les mettre de façon isolée sans le reste de l’office, afin que chacun puisse d’ores et déjà en profiter.

Ceux qui ne connaissent pas l’ordo de l’office monastique pourront être étonnés de la façon dont il est présenté, car c’est assez différent de ce que vous pouvez connaître dans l’office de lecture de vos 4 volumes de « liturgie des heures » ou de liturgia horarum. Pour rappel, à l’office de nuit, l’ordre de Saint Benoît a toujours au minimum 12 psaumes. Lors des célébrations de premier ordre (celles qui ont des 1ères Vêpres) on a aussi 3 cantiques sous une seule antienne, 12 leçons et 12 répons, répartis en 3 nocturnes. En dehors de ces jours, lors des célébrations aux temps privilégiés ou aux mémoires, c’est 6 leçons et 6 répons. On peut ‘ad libitum’ avoir une lectio brevis (leçon brève) à la place des 3 leçons du 2ème nocturne.

Bref c’est un ensemble de textes beaucoup plus variés que ceux de Liturgia horarum, que vous pouvez désormais consulter afin de nourrir votre prière et qu’ils complètement harmonieusement en les enrichissant. De plus vous avez le texte des répons qui est lui-même très traditionnel. Consultez par exemple le premier répons des Vigiles du 1er dimanche de l’Avent : « Asipciens a longe », dont le texte est très connu et dont la mélodie est sublime (un jour c’est promis vous aurez les partitions sur le site de la Societas Laudis, mais soyez patients !)

Au plan pratique vous noterez cependant que les textes sont adaptés à l’ordo bénédictin ; or, les monastères par exemples célèbrent les fêtes fixes à leur véritable date (et non pas une « solennité extérieure » au dimanche le plus proche ou au dimanche suivant lorsque le jour n’est pas férié). Par exemple, pour la récente célébration de l’Epiphanie, on a dans l’ordo monastique de façon systématique une célébration le 6 janvier. La célébration n’est jamais reportée comme cette année au dimanche le plus proche c’est à dire le 7. On a conformément à l’ordo universel l’Epiphanie le 6 et le Baptême du Seigneur le dimanche suivant, soit cette année en 2018 le 7 janvier. Ces remarques sont valables aussi pour la fête Dieu, qui est célèbrée en France lors d’une solennité extérieure le dimanche suivant, mais pas dans les monastères. En Amérique du Nord, la question se pose aussi pour l’Ascension (qui est un jeudi mais qu’on célèbre aussi dans certains endroits le dimanche suivant comme solennité extérieure). Au passage, notez que le « Noveritis » (annonce solennelle des fêtes mobiles) mis sur nos pages prend en compte, donc, la célébration de l’Epiphanie et de la Fête Dieu en tant que solennité extérieure, mais pas l’Ascension, à la différence de ce qui peut se faire en Amérique du nord ou cette dernière célébration peut également être reportée au dimanche suivant. Tous les textes du Noveritis en latin ou en Français que vous pouvez trouver sur internet ne sont donc pas utilisables partout….

Evidemment, nous avons placé les leçons de l’office de nuit à la date où ce dernier est célébré dans les diocèses, à savoir – par exemple pour cette année – l’Epiphanie le 7 janvier. Si bien que pour le 6 janvier, vous n’aurez rien : l’office monastique ne connaissant pas les reports (féries du temps de la Nativité avant l’Epiphanie) comme dans Liturgia Horarum. Ce n’est pas un bug c’est tout à fait normal.

Ces constatations me font dire qu’il faut au plus vite rétablir la possibilité d’afficher plusieurs ordo différents. L’ordo romain universel, un ordo de type français (par exemple celui de Paris), un ordo pour l’Afrique du Nord, et bien sûr un ou plusieurs ordo de type monastique.

B – Textes des messes : collectes, super oblata (appelées dans la forme extraordinaire : « secrètes »), post communions et autres modifications aux messes lues (antienne pour l’introït et antiennes pour la communion) au temps « per annum ».

C’est une modification et un apport important. L’idée est de progressivement mettre les textes latins exhaustifs du propre de toutes les messes, y compris les préfaces et les communicantes propres, ainsi que les rites spécifiques à certains jours (ex. la procession de la Chandeleur le 2 février). Ce sera fait progressivement, ainsi que les traductions.

C – Export au format Word.

Pour toutes les célébrations, vous avez désormais la possibilité d’exporter au format MS Word le texte affiché. Ce n’est pas encore tout à fait optimal mais déjà bien utile. J’ai tout simplement « embarqué » le code HTML généré dans un document Word au format « .doc » que vous pouvez télécharger en appuyant du un bouton en bas de page. De ce fait, MS Word affichant du HTML, vous avez un affichage au format « Web ». En changeant l’affichage pour le mettre en « mode Page » dans MS Word, vous avez donc un document ordinaire que vous pouvez modifier à votre convenance pour l’exploiter par exemple pour une célébration paroissiale dont vous avez besoin de fournir une feuille pour l’assemblée avec traduction, et donc l’adapter, l’imprimer, l’exporter en format PDF, ajouter votre logo, d’éventuelles modifications etc… Quelque chose de bien pratique pour diffuser dans vos paroisses ou vos communautés la liturgie latine en forme ordinaire.