Evangile commenté du jeudi 18 janvier 2018

Hebdomada I per annum Ière semaine dans l'année
Feria V Jeudi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Marcum (1,40-45)
In illo tempore: Venit ad Iésum leprósus déprecans eum et genu flectens et dicens ei: “Si vis, potes me mundáre.” Et misértus exténdens manum suam tétigit eum et ait illi: “Volo, mundáre!”; et statim discéssit ab eo lepra, et mundátus est. Et infrémuit in eum statímque eiécit illum et dicit ei: “Vide, némini quidquam díxeris; sed vade, osténde te sacerdóti et offer pro emundatióne tua, quae praecépit Móyses, in testimónium illis.” At ille egréssus coepit praedicáre multum et diffamáre sermónem, ita ut iam non posset manifésto in civitátem introíre, sed foris in desértis locis erat; et conveniébant ad eum úndique. En ce temps là : un lépreux vint à Jésus, Le suppliant ; et fléchissant le genou, il lui dit : Si Tu le veux, tu peux me guérir. Jésus, ayant pitié de lui, étendit la main, le toucha, et lui dit : Je le veux, sois guéri. Et lorsqu’Il eut dit cette parole, la lèpre le quitta aussitôt, et il fut guéri. Jésus le menaça et le renvoya aussitôt, en lui disant : Garde-toi de rien dire à personne ; mais va, montre-toi au prince des prêtres, et offre pour ta guérison ce que Moïse a ordonné, afin que cela leur serve de témoignage. Mais cet homme, étant parti, se mit à raconter et à publier la chose, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville ; mais Il se tenait dehors, dans des lieux déserts, et l’on venait à Lui de toutes parts.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.
Les trois chapitres v, vi et vii de saint Matthieu nous ont résumé la doctrine fondamentale, le code qui régit le Royaume nouveau. Le même évangéliste groupe maintenant, dans les chapitres viii et ix, un certain nombre de miracles éclatants et typiques, ceux qui soulignent le mieux le domaine souverain de Dieu et de son Christ sur la création tout entière. C'est l'attestation et comme la signature de Dieu, confirmant, accréditant la doctrine du Seigneur, si extraordinaire déjà par elle-même. Nous connaissons le cadre où se déroulent ces événements : c'est toute la région galiléenne. Les trois synoptiques nous racontent d'abord la guérison d'un lépreux.
L'indication de lieu fournie par saint Luc est des pIus vagues : Tandis que le Seigneur se trouvait « dans l'une des villes ». Un homme en pleine éruption de lèpre, dit l'évangéliste médecin, pour décrire d'un mot le degré de la maladie ; un lépreux aperçut Jésus. La lèpre était réputée incurable, sauf par une action directe de la main de Dieu, la guérison était presque une résurrection (IV Reg., V, 7). La lèpre était considérée comme très contagieuse ; souvent aussi comme la punition d'une faute : « Et nous l'avons considéré comme un lépreux, comme un homme frappé de Dieu », disait Isaïe du Messie souffrant. Pour ces motifs, et à cause de l'horreur naturelle qu'inspirait cette mort anticipée, Une sorte d'excommunication était prononcée contre le lépreux : il ne pouvait entrer dans les villes, et était relégué dans la solitude. Le toucher simplement constituait une impureté légale (Lev., xiii, xiv). Il devait avertir par un cri ou jouer le son d'un instrument quelconque ceux qui passaient dans son voisinage. Pourtant, ici, le lépreux s'approche. Peut-être la réputation du Seigneur était-elle parvenue jusqu'à lui ; à coup sûr, il était intérieurement sollicité par la grâce ; et sa confiance parle plus haut que la loi cérémonielle. On peut croire aussi, à raison du contexte, que le Seigneur se détache de la foule et marche de lui-même vers le malade, qui se prosterne la face contre terre et supplie : « Seigneur, si vous le voulez, vous pouvez me rendre pur ! » C'est un acte de foi et la confession du pouvoir messianique. Le Seigneur eut pitié. Il étendit la main, non pas pour faire un geste de commandement, mais pour toucher le lépreux ; les prohibitions purement légales cédaient, pour lui, devant la loi de la charité et les exigences d'une justice plus haute. Il agit à la manière d'un sacrement, opérant sans doute du même coup la guérison de l'âme et celle du corps. Il touche : c'est l'application de la matière La forme vient, brève, et telle qu'elle avait été suggérée par le lépreux : « Je le veux, soyez purifié » : c'est l'intention, avec la formule impérative, réalisant ce qu'elle exprime. A peine les paroles divines étaient-elles prononcées que cette lèpre déclarée incurable disparut aussitôt, et que la chair redevint nette et pure. Le miracle était constant et complet.
Il semble que le lépreux guéri eût souhaité accompagner le Seigneur et proclamer devant la foule entière, qui était à distance, la réalité de sa guérison. Mais le Seigneur s'y refuse : il congédie immédiatement le miraculé, et, avec des paroles très fortes, lui interdit de raconter à personne ce qui s'est passé. Serait-ce pour nous donner une leçon de discrétion dans la charité? et le Seigneur voudrait-il s'appliquer à lui-même la recommandation du discours sur la montagne : « Que votre main gauche ignore ce qu'a fait la droite? » Non, semble-t-il ; son dessein est différent. Il y avait péril à exciter dans l'âme des foules un enthousiasme qui pouvait les porter à la sédition. Tout en faisant le bien, le Seigneur s'efforce de le faire à petit bruit, de manière à n'aviver pas des espérances politiques qu'il n'avait nullement l'intention de satisfaire.
Mais il ajoute : « Cependant, allez vous présenter au prêtre et offrez, pour votre purification, le présent qu'a déterminé Moïse (Lev., xiv) : ce leur sera un témoignage. » Un tel souci des prescriptions mosaïques montrait bien que le Seigneur n'était pas un rebelle, ni un contempteur de la Loi ; et que, s'il avait dû contrevenir à un détail de cette Loi, en touchant la chair du lépreux, c'était pour des motifs supérieurs. Nous remarquerons aussi la déférence du Seigneur pour la Synagogue. Il semble bien que la défense adressée au lépreux de parler du miracle ne visait que les foules et non la Synagogue ; à celle-ci le Seigneur fournit une nouvelle preuve de sa mission, tandis que le lépreux guéri fait constater authentiquement aux prêtres la réalité du prodige : in testimonium illis.
Cependant, le premier soin du miraculé, au sortir de l'entretien, fut de proclamer partout sa guérison. Son intention était bonne ; il n'avait pas compris le motif de la discrétion dont le Seigneur voulait envelopper son bienfait. Mais le résultat de cette divulgation inopportune, et sans doute de bien d'autres, fut que le Seigneur ne pouvait plus, ostensiblement, se présenter dans les villes, sous peine de provoquer des réunions bruyantes et qui eussent facilement tourné au désordre, sinon à l’émeute. Il se tenait hors des cités, dans des lieux déserts. De toutes parts, de grandes foules accouraient pour l'entendre et pour être délivrées de leurs infirmités. Il savait d'ailleurs, dit saint Luc, se dérober à leurs empressements et trouver un endroit reculé, où il se consacrait à la prière.
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