Evangile commenté du mercredi 5 septembre 2018 -

Hebdomada XXII per annum XXIIème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
Evangelium Evangile
Luc (4,38-44)
In illo tempore: Surgens Iesus de synagóga introívit in domum Simónis. Socrus autem Simónis tenebátur magna febri; et rogavérunt illum pro ea. Et stans super illam imperávit febri, et dimísit illam; et contínuo surgens ministrábat illis. Cum sol autem occidísset, omnes, qui habébant infírmos váriis languóribus, ducébant illos ad eum; at ille síngulis manus impónens curábat eos. Exíbant autem daemónia a multis clamántia et dicéntia: “Tu es Fílius Dei.” Et íncrepans non sinébat ea loqui, quia sciébant ipsum esse Christum. Facta autem die, egréssus ibat in desértum locum; et turbae requirébant eum et venérunt usque ad ipsum et detinébant illum, ne discéderet ab eis. Quibus ille ait: “Et áliis civitátibus opórtet me evangelizáre regnum Dei, quia ídeo missus sum.” Et erat prǽdicans in synagógis Iudǽae.
Verbum Domini. R/. Laus tibi, Christe.Parole du Seigneur. R/. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.
Commentaire par Dom Paul Delatte (1848-1937), osb, abbé de saint Pierre de Solesmes
Les textes de saint Marc et de saint Luc sont formels ; c'est au sortir de la synagogue, et aussitôt après le miracle qui vient d'être raconté, que le Seigneur et ses apôtres se rendent chez saint Pierre, pour prendre leur repas. Le premier évangéliste a donc été fidèle à son procédé de composition, qui consiste à grouper les éléments par analogie. Il passe sous silence la guérison du démoniaque, peut-être parce qu'elle eût déconcerté l'ordre qu'il voulait maintenir dans son exposé ; il en fournira d'ailleurs ensuite des équivalents. Chez saint Marc, il y a une grande précision dans la désignation des personnages qui accompagnent le Seigneur : Simon et André, Jacques et Jean ; l'évangéliste a recueilli les souvenirs personnels de saint Pierre. Simon et André habitaient ensemble à Capharnaüm : in domum Simonis et Andreae. Nous savons par saint Jean (i, 44) qu'ils étaient de Bethsaïde. Mais les deux affirmations se peuvent aisément concilier : soit parce que Bethsaïde était la cité d'origine, Capharnaüm le lieu où ils s'étaient installés ; soit que Bethsaïde n'ait été qu'un entrepôt où se concentrait tout le produit de la pêche, et comme un faubourg maritime de Capharnaüm. Les deux frères étaient-ils venus habiter dans la maison de leur commune belle-mère, Jonas, leur père, s'étant remarié ? Saint Pierre avait-il pris femme à Capharnaüm, et la demeure de sa belle-mère était-elle considérée comme la sienne propre ? Il est difficile de se décider pour l'une ou l'autre hypothèse. On ne saurait établir, à l'aide de la seule expression socrus Simonis que saint Pierre était vraiment marié. Les protestants mettent pourtant un acharnement réel à le démontrer. Le mariage n'est pas une honte ; et le Seigneur a pu prendre ses apôtres dans la condition où ils se trouvaient, sans que le mariage devînt dès lors obligatoire pour le prêtre. Mais enfin pourquoi cette belle-mère de Simon ne serait-elle pas la seconde femme de son père ? Le texte de la lettre aux Corinthiens (ix, 5), invoqué souvent comme décisif, mentionne simplement la chrétienne que les apôtres juifs avaient près d'eux, surtout pour les aider dans leur ministère auprès des femmes. Quant à la fille de saint Pierre, Pétronille, elle n'est vraisemblablement que sa fille spirituelle.
La belle-mère de saint Pierre était tourmentée d'une forte fièvre, et même aphtée. On avertit aussitôt le Seigneur que la maîtresse de maison est souffrante et on lui demande de s'intéresser à elle. Il vient, la voit, s'incline vers elle, ordonne à la fièvre ; et, prenant la malade par la main, la soulève doucement de dessus sa couche : la fièvre la quitte à l'instant. Un accès de fièvre laisse d'ordinaire après lui des traces de malaise et de langueur. Mais ici, le Seigneur restitue même les forces que la fièvre avait épuisées : la miraculée était debout ; on eût dit qu'elle n'avait rien éprouvé ; elle servit à ses hôtes le repas du sabbat, préparé la veille, selon l'usage.