Evangile commenté du samedi 15 septembre 2018 - Bienheureuse Marie Vierge des Douleurs

Hebdomada XXIII per annum XXIIIème semaine dans l'année
Sabbato Samedi
B. Mariae Virginis Perdolentis Bienheureuse Marie Vierge des Douleurs
Memoria Mémoire
Evangelium Evangile
Io (19,25-27) Jn (19,25-27)
Stabant iúxta crucem Iésu mater eíus et soror matris eíus, María Cléopae, et María Magdaléne. Cum vidísset ergo Iésus matrem et discípulum stantem, quem diligébat, dicit matri: “Múlier, ecce fílius tuus.” Deínde dicit discípulo: “Ecce mater tua.” Et ex illa hora accépit eam discípulus in sua. Près de la croix de Jésus se tenaient Sa Mère, et la soeur de Sa Mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Ayant donc vu Sa Mère, et, auprès d'elle, le disciple qu'Il aimait, Jésus dit à Sa Mère: Femme, voilà Votre fils. Puis Il dit au disciple: Voilà ta Mère. Et, à partir de cette heure, le disciple la prit chez lui.
Verbum Domini. R/. Laus tibi, Christe.Parole du Seigneur. R/. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.
Commentaire par Dom Paul Delatte (1848-1937), osb, abbé de saint Pierre de Solesmes
Quelques femmes courageuses, qui avaient suivi le Seigneur depuis la Galilée, et qui pourvoyaient à ses besoins et à ceux du collège apostolique, se tenaient debout, près de la croix. On traduit ordinairement comme si elles eussent été trois ; et on lit : « Marie de Cléophas, la sœur de sa Mère. » Peut-être le texte implique-t-il qu'elles étaient réellement quatre : Mater ejus, et soror matris ejus ; Maria Cleophae, et Maria Magdalene. La sœur, ou plutôt la belle-sœur de Notre-Dame serait Salomé, mère de Jean et de Jacques le Majeur, épouse de Zébédée (cf. Mc,xv, 40; Mt., XXVII, 56). Zébédée pourrait être un frère, ou Salomé une sœur de saint Joseph. Marie de Cléophas est la mère de Jacques le Mineur, l'épouse de Cléophas ou Alphée (c'est le même nom), que l'historien Hégésippe (dans Eusèbe) présente comme, frère de saint Joseph. Marie-Madeleine nous est connue (Lc,viii, 2).
Enfin, la Sainte Vierge. Au sens naturel et humain, il y avait une personne au monde à qui l'on devait, semble-t-il, épargner le spectacle du Calvaire. Une femme, une vierge, une sainte, une mère : tous ces titres ne devaient-ils pas se réunir pour la tenir éloignée ? Dieu veilla pourtant à ce qu'elle fût au pied de la croix. Il avait obtenu son consentement pour la préparation de la Victime ; il voulut obtenir son acquiescement pour la consommation du Sacrifice. Sa présence ménageait au Seigneur l'occasion d'un dépouillement suprême et lui permettait d'entrer dans la solitude absolue. Délaissé de son Père à cause de l'humanité pécheresse, il allait donner sa Mère à cette humanité régénérée dans son sang et l'instituer Mère de son Église.