Evangile commenté du samedi 1 décembre 2018 -

Hebdomada XXXIV per annum XXXIVème semaine dans l'année
Sabbato Samedi
Evangelium Evangile
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Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (21,34-36)
In illo tempore: Dixit Iesus discipulis suis: Atténdite autem vobis, ne forte gravéntur corda vestra in crápula et ebrietáte et curis huíus vitae, et supervéniat in vos repentína dies illa; tamquam láqueus enim supervéniet in omnes, qui sedent super fáciem omnis terrae. Vigiláte ítaque omni témpore orántes, ut possítis fúgere ista ómnia, quae futúra sunt, et stare ante Fílium hóminis.” En ce temps là : Jésus dit à Ses disciples :Prenez donc garde à vous, de peur que vos coeurs ne s'appesantissent par l'excès du manger et du boire, et par les soucis de cette vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. Veillez donc, priant en tout temps, afin que vous soyez trouvés dignes d'échapper à tous ces maux qui arriveront, et de paraître devant le Fils de l'homme.
Verbum Domini. R/. Laus tibi, Christe.Parole du Seigneur. R/. Louange à Toi, ô Christ.

Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.
Les versets 37 à 41 de saint Matthieu ont leur équivalent au chapitre xvii de saint Luc. — Dieu est toujours l'inattendu. Et le siècle sera surpris. 11 ne croira pas aux signes avant-coureurs. Il ne séchera de douleur et d'anxiété que lorsqu'il sera trop tard, et que les terreurs fondront sur des âmes encore embarrassées dans les liens du monde. Tout se passera comme aux jours de Noé. Le déluge avait été annoncé cent ans à l'avance ; mais c'était si invraisemblable ! Noé bâtissait l'arche ; mais Noé, disait-on, était un personnage à part, un peu bizarre ; il y avait de l'illuminisme dans son cas... Le monde avait tant de choses à faire, et urgentes, celles-là : il faut boire et manger d'abord, se marier, marier ses enfants. Ce train coutumier de la vie dura jusqu'au jour même où Noé entra dans l'arche. Les malheureux ne crurent au déluge que lorsque vint le déluge, qui les engloutit tous. Il en sera de même lors de l'avènement du Fils de l'homme.
La condition de cet avènement suprême est spéciale. Les premiers chrétiens risquaient d'être enveloppés dans la destruction de Jérusalem ; aussi l'évangile leur a-t-il prescrit de s'enfuir à temps. Le discernement devait se faire, alors, par les hommes eux-mêmes et par leurs propres moyens. Ici, le discernement est opéré par Dieu, et sur des, motifs intérieurs. Nous avons beau être occupés aux mêmes œuvres, être associés à un même travail et former ensemble un même groupe : la perspicacité divine mettra à part ce qui est à elle et négligera ce qui n'a pas voulu lui appartenir. De deux hommes qui labourent un champ, l'un sera accueilli par Dieu, l'autre délaissé. De deux femmes occupées à la meule, l'une sera sauvée, l'autre perdue. Combien il importe, selon la parole de saint Benoît, de « veiller à toute heure sur les actes de notre vie », puisque chacun d'eux est en relation avec cet instant suprême, puisque la trame tout entière de la vie demeure en rapport constant avec le jugement final ! Il va de soi, en effet, que l'avertissement du Seigneur ne concerne pas seulement la génération inconnue qui verra briller le dernier jour, mais qu'il s'adresse à chacun de nous : avant le jugement dernier se place le jugement particulier, dont l'heure est aussi indéterminée, dont les conséquences sont aussi graves.
Veillez sur vous, lisons-nous dans saint Luc, de crainte que vos cœurs ne s'appesantissent dans l'amour des viandes et du vin, dans les vaines sollicitudes de la vie. Que ce jour du jugement ne vous surprenne pas dans le désordre, fondant sur vous à l'improviste, comme le filet de l'oiseleur ; car il doit envelopper dans ses mailles tous les hommes répandus sur la face entière de la terre (Is., xxiv, 17 ; Eccl., ix, 12). Veillez donc et priez à toute heure, afin d'être assez forts pour échapper à toutes ces épreuves futures, et paraître avec assurance devant le Fils de l'homme.
Veillez, reprend saint Marc, car vous ne savez pas l'heure où se présentera votre maître. Les choses se passeront comme dans la parabole suivante. Un homme, qui partait pour un long voyage, ne quitta sa maison qu'après en avoir confié l'administration à ses serviteurs : à chacun il détermina sa tâche, et au portier il donna l'ordre de faire bonne garde... Veillez donc, vous aussi ; car vous ignorez à quelle heure viendra le maître de la maison : sera-ce le soir, au milieu de la nuit, au chant du coq, ou seulement le matin ? Vous n'en savez rien. Prenez bien garde que, survenant tout à coup, il ne vous trouve plongés dans le sommeil (Lc,XII, 35 sq.). Ce que je vous dis, à vous mes disciples, je le dis à tous : soyez vigilants.