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Evangile commenté du jeudi 3 janvier 2019 - de la férie

Hebdomada II post Nativitatem IIème semaine après la Nativité
Feria V Jeudi
Evangelium Evangile
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Io (1,29-34)
In illo tempore: Videt Ioannes Iésum veniéntem ad se et ait: “Ecce agnus Dei, qui tollit peccátum mundi. Hic est, de quo dixi: Post me venit vir, qui ante me factus est, quia prior me erat. Et ego nesciébam eum, sed ut manifestétur Israel, proptérea veni ego in aqua baptízans.” Et testimónium perhíbuit Ioánnes dicens: “Vidi Spíritum descendéntem quasi colúmbam de caelo, et mansit super eum; et ego nesciébam eum, sed, qui misit me baptizáre in aqua, ille mihi dixit: ‘Super quem víderis Spíritum descendéntem et manéntem super eum, hic est qui baptízat in Spíritu Sancto.’ Et ego vidi et testimónium perhíbui quia hic est Fílius Dei.” En ce temps là : Jean vit Jésus qui venait à lui, et il dit: Voici l'Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde. C'est Celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui a été placé au-dessus de moi, parce qu'Il était avant moi. Et moi, je ne Le connaissais pas; mais c'est pour qu'Il soit manifesté en Israël que je suis venu baptiser dans l'eau. Et Jean rendit témoignage, en disant: J'ai vu l'Esprit descendre du Ciel comme une colombe, et Se reposer sur Lui. Et moi, je ne Le connaissais pas; mais Celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et Se reposer, c'est Celui qui baptise dans l'Esprit-Saint. Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'Il est le Fils de Dieu.
Verbum Domini. R/. Laus tibi, Christe.Parole du Seigneur. R/. Louange à Toi, ô Christ.

Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.
Trois fois, jusqu'à la fin du chapitre, le texte grec se servira d'une expression qui signifie habituellement « le lendemain » : et c'est ainsi que la Vulgate a traduit au verset 43. Dans les deux premiers cas, elle a employé une formule plus vague : « un autre jour ». Nous ne croyons pas qu'il y ait lieu de supposer une continuité chronologique immédiate, ni que les évènements racontés se soient accomplis coup sur coup, chacun des trois jours. Cela est possible, mais il ne paraît pas nécessaire de l'entendre ainsi.
A la suite du témoignage général donné aux foules (verset 15), à la suite du témoignage sollicité par la Synagogue, voici le témoignage spontané rendu au Seigneur présent, après son baptême et après la tentation. Un jour, Jésus vint à passer sous le regard de saint Jean-Baptiste : « Le voici, dit Jean, celui qui est l'Agneau de Dieu, celui qui ôte le péché du monde. » Avait-on parlé de l'agneau pascal, de qui le sang sauvait les Juifs du glaive exterminateur ? Ou bien, le Précurseur pensait-il au sacrifice du matin et au sacrifice du soir, sacrifices quotidiennement répétés, et ce, à raison de leur impuissance, comme l'explique saint Paul aux Hébreux ? Le dessein, d'ailleurs, de ces sacrifices était moins l'expiation que l'adoration, tandis que l'Agneau de Dieu, la victime prédestinée, efface le péché du monde. Sans exclure ces allusions liturgiques qui devaient, pour des Juifs, commenter les paroles du Précurseur, nous pensons que sa réflexion vise plutôt le sacrifice annoncé prophétiquement au chapitre LVI d'Isaïe : « Semblable à l'agneau qu'on emmène pour être tué et à la brebis muette devant ceux qui la tondent, il n'ouvrira pas la bouche. » De toute façon, remarquons que l'intelligence du Précurseur n'ignore ni la Rédemption, ni le procédé de la Rédemption, ni l'insuffisance des sacrifices antiques, ni l'efficacité de l'immolation de l'Agneau divin. Son sang expiera non pas seulement le faisceau des péchés actuels commis par les hommes, mais ce péché d'origine qui pèse sur l’humanité et constitue, à lui seul, la racine et le principe de tout péché dans le monde (Cf. S. Th., III Pars, q. i, a. iv).
Une fois encore, saint Jean-Baptiste marque d'un trait ferme sa situation en face du Messie : « C'est lui dont j'ai dit : Après moi vient un homme qui m'a dépassé, car il était avant moi. Et je ne le connaissais pas ; mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau. » Saint Jean-Baptiste n'ignorait ni la personne, ni la sainteté du Seigneur, ni même son caractère de Messie : ce qu'il dit de lui aux foules, selon les synoptiques, et les paroles qu'il lui adresse au premier abord, avant le baptême, en font foi. Comment donc concilier cette connaissance qui ne manquait pas à Jean avec l'affirmation, répétée deux fois : Je ne le connaissais pas ? Les admirables commentaires de saint Augustin sur ce passage n'ont pas vieilli. Selon l'évêque d'Hippone, le Précurseur apprit, au jour du baptême du Seigneur, que le Messie est à ce point la source unique de toute sanctification que la sainteté communiquée par un sacrement vient de lui seul, quel que soit d'ailleurs le ministre, et en dépit même de son indignité. Peut-être la controverse avec les Donatistes a-t-elle ici pesé sur l'exégèse de saint Augustin. Cherchons donc une autre solution. Jean-Baptiste connaissait le Messie, mais d'une science humaine et privée ; il ne le connaissait pas encore avec cette garantie absolue empruntée à la manifestation divine du baptême. C'eût été trop peu de sa conviction personnelle pour manifester authentiquement et officiellement le Messie à Israël et au monde. En tant que Précurseur, il avait besoin d'une désignation surnaturelle, venant directement de Dieu et consacrant tout pressentiment, toute connaissance antérieure et privée. D'avance, Dieu lui avait révélé ce signe : il lui serait fourni au cours de son ministère sur le Jourdain. Et Jean, poursuit l'évangéliste, rendit témoignage en disant : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et se reposer sur lui. Et je ne le connaissais pas ; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : Celui sur qui vous verrez l'Esprit descendre et reposer, c'est lui qui baptise dans TEsprit-Saint. Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage que c'est lui qui est le Fils de Dieu. »