Evangile commenté du samedi 1 juin 2019

Hebdomada VI Paschae VIème semaine de Pâques
Sabbato Sabbato
S. Iustini, martyris St Justin, martyr
Memoria Mémoire
 Evangelium  Evangile
Matthaeus (5,13-19) Matthieu (5,13-19)
In illo tempore: Dixit Iesus discipulis suis: Vos estis sal terrae; quod si sal evanúerit, in quo saliétur? Ad níhilum valet ultra, nisi ut mittátur foras et conculcétur ab homínibus. Vos estis lux mundi. Non potest cívitas abscóndi supra montem pósita; neque accéndunt lucérnam et ponunt eam sub módio, sed super candelábrum, ut lúceat ómnibus, qui in domo sunt. Sic lúceat lux vestra coram homínibus, ut vídeant vestra bona ópera et gloríficent Patrem vestrum, qui in caelis est. Nolíte putáre quóniam veni sólvere Legem aut Prophétas; non veni sólvere, sed adimplére. Amen quippe dico vobis: Donec tránseat caelum et terra, ióta unum aut unus apex non praeteríbit a Lege, donec ómnia fiant. Qui ergo sólverit unum de mandátis istis mínimis et docúerit sic hómines, mínimus vocábitur in regno caelórum; qui autem fécerit et docúerit, hic magnus vocábitur in regno caelórum. En ce temps là : Jésus dit à Ses disciples : Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on? Il n'est plus bon qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le candélabre, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les Cieux. Ne pensez pas que Je sois venu abolir la loi ou les prophètes; Je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir. Car en vérité, Je vous le dis, jusqu'à ce que passent le ciel et la terre, un seul iota ou un seul trait ne disparaîtra pas de la loi, que tout ne soit accompli. Celui donc qui violera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera les hommes à le faire, sera appelé le plus petit dans le royaume des Cieux; mais celui qui fera et enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des Cieux.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.
Au moyen de deux comparaisons, le Seigneur détermine la fonction des apôtres et des disciples, et, en eux, de toute l'Église dont ils sont le noyau. Cette fonction est toujours considérée comme universelle dans son exercice : sal terrae, lumen mundi ; le règne de Dieu doit grouper l'humanité entière. Ce qui a déterminé saint Matthieu à placer ici des éléments de doctrine que saint Luc (viii, 16 ; xi, 33 ; xiv, 34-35) que saint Marc (iv, 21 ; ix, 49) ont rapportés dans des conditions historiques différentes, c'est peut-être le rapport qui existe entre les persécutions qui viennent d'être prophétisées et l'affadissement qu'elles produisent trop souvent chez les persécutés. La persécution est déprimante ; seules, les trempes courageuses et surnaturellement soutenues de Dieu sont capables de dire « quand même ! » à tout danger et à toute menace. La tentation, alors, c'est le libéralisme, la disposition d'esprit qui nous fait composer avec la persécution, la faiblesse secrète qui nous fait réduire la vérité à cette proportion chétive où elle cessera d'être un scandale pour le monde et un péril pour nous. Or, la doctrine et la fonction des apôtres ne sont pas des biens personnels, sur lesquels ils aient qualité pour consentir des concessions. On laisse conclure au monde qu'une doctrine n'est point divine lorsqu'il semble loisible aux hommes de la réduire, de l'humilier à leur gré. Apôtres et chrétiens, vous êtes le sel de la terre ; gardez-vous de vous affadir ! Dès lors que vous n'agirez plus sur le monde pour en limiter la corruption, ce sera le monde qui agira sur vous. Le sel s'affadit dans l'eau ; il se souille dans la poussière.
Et la conséquence est double ; elle atteint Dieu, elle atteint l'apôtre lui-même ou le chrétien. Elle atteint Dieu, qui avait eu confiance, qui comptait sur son ministre pour transformer le monde. In quo salietur? Nous ne traduisons pas : « Avec quoi salera-t-on ? » au sens impersonnel ; mais bien : « Qui lui rendra sa saveur ? » Comment guérir, s'il est volontairement malade, celui-là même, celui-là seul à qui l'on avait confié l'office de guérir ? Le plan divin est comme déconcerté. Et il y a déchéance pour celui qui se dérobe à Dieu. Le Seigneur lui avait donné action sur le monde : en désertant son œuvre, il perd sa raison d'être ; il n'a plus de titre à exister. On ne sait pIus qu'en faire. Ce n'est plus qu'un être de rebut, inutile, encombrant. Il est nuisible même ; gardez-vous de le répandre sur une terre féconde ; il la rendrait stérile. Les anciens semaient du sel sur les villes maudites, afin de signifier qu'elles ne se relèveraient jamais. Celui qui s'est dérobé à Dieu n'est bon qu'à être jeté sur les chemins, comme un sel affadi, pour être foulé aux pieds des hommes et des bêtes.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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