Evangile commenté du lundi 6 janvier 2020

Hebdomada III post Nativitatem IIIème semaine après la Nativité
Feria II Lundi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Mattháeum (4,12-17.23-25)
In illo tempore : Cum audísset Iesus quod Ioánnes tráditus esset, secéssit in Galilǽam. Et relícta Názareth, venit et habitávit in Caphárnaum marítimam in fínibus Zábulon et Nephtháli, ut implerétur, quod dictum est per Isaíam prophétam dicéntem: “Térra Zábulon et terra Nephtháli, ad viam maris, trans Iordánem, Galilǽa géntium; pópulus, qui sedébat in ténebris, lucem vidit magnam, et sedéntibus in regióne et umbra mortis lux orta est eis.” Exínde coepit Iésus praedicáre et dícere: “Paeniténtiam ágite; appropinquávit enim regnum caelórum.” Et circumíbat Iésus totam Galilǽam, docens in synagógis eórum et prǽdicans evangélium regni et sanans omnem languórem et omnem infirmitátem in pópulo. Et ábiit opínio eíus in totam Sýriam; et obtulérunt ei omnes male habéntes, váriis languóribus et torméntis comprehénsos, et qui daemónia habébant, et lunáticos et paralýticos, et curávit eos. Et secútae sunt eum turbae multae de Galilǽa et Decápoli et Hierosólymis et Iudǽa et de trans Iordánem. En ce temps là : quand Jésus eut appris que Jean avait été mis en prison, Il Se retira en Galilée ; et ayant quitté la ville de Nazareth, Il vint habiter à Capharnaüm, ville maritime, sur les confins de Zabulon et de Nephtali, afin que s’accomplît ce qui avait été dit par le prophète Isaïe : Le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, la voie de la mer, le pays qui est au delà du Jourdain, la Galilée des nations : ce peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort la lumière s’est levée. Dès lors Jésus commença à prêcher, et à dire : Faites pénitence, car le royaume des Cieux est proche. Et Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l’Evangile du royaume, et guérissant toute langueur et toute infirmité parmi le peuple. Et Sa renommée se répandit dans toute la Syrie ; et on Lui présenta tous ceux qui étaient malades, atteints de langueurs et de diverses souffrances, et les possédés du démon, et les lunatiques, et les paralytiques ; et Il les guérit. Et des foules nombreuses Le suivirent de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d’au delà du Jourdain.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.
Repoussé de Nazareth, Jésus dit adieu à la patrie de son enfance et vient se fixer définitivement à Capharnaum, sur la rive occidentale et presque au nord de la mer de Tibériade, aux confins de Zabulon et de Nephthali. Saint Matthieu, selon sa coutume, n'omet pas de signaler que cette détermination du Seigneur réalise une fois de plus la prophétie et accomplit les paroles d'Isaïe (ix, 1-2). A l'époque de Phacée, roi d'Israël (734), la portion septentrionale avait été fort maltraitée par l'invasion babylonienne : le prophète lui promet une revanche et une consolation : « Terre de Zabulon et terre de Nephthali, région de la mer au delà du Jourdain, Galilée des gentils : le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur ceux qui étaient assis dans la région et à l'ombre de la mort une lumière s'est levée. » C'était un incomparable privilège qu'obtenait la GaHlée, province perdue, éloignée du centre, séparée de la Judée par la Samarie, d'entendre la voix du Sauveur et de recueillir une part si large de son ministère. Par cette région septentrionale passait la route de Babylonie et de Syrie vers Tyr, Sidon et la Méditerranée, les caravanes marchandes, tout le trafic de l'Asie avec l'Europe. Aussi, la population galiléenne était-elle très mêlée, comprenant beaucoup de gentils : Galilaea gentium. De toutes les villes de Galilée, Capharnaum, à raison de sa situation même, était celle qui offrait au Seigneur le plus de facilités pour atteindre à la fois Juifs et gentils et répandre la grande lumière aperçue par le prophète. La Providence tire ainsi parti du peu d'accueil de la Judée et de Nazareth, Plus tard, ce sera une disposition de même nature qui portera vers les gentils la prédication apostolique.
De Capharnaum, comme d'un quartier général, le Seigneur répand son enseignement dans toute la Galilée. Nous remarquerons la ressemblance qui règne entre la prédication du Précurseur et celle du Messie. C'est, de part et d'autre, la même recommandation : la pénitence, et le même motif de pénitence : l'approche du Royaume de Dieu. Cette fois, c'est Dieu en personne qui apporte et proclame la bonne nouvelle, message et messager tout ensemble. Le temps est accompli, dit le Seigneur ; c'est-à-dire la préparation est terminée, l'éducation historique du monde achevée. Le Royaume de Dieu, le règne de Dieu est proche. Nous avons dit plus haut en quoi il consiste : c'est l'Église ou l'humanité nouvelle. Ce règne est d'abord intérieur, constitué par l'établissement de Dieu, non plus dans le Saint des Saints, mais dans le sanctuaire intime de l'âme et dans la vie de chacun. Il n'est besoin que de se convertir, de renoncer aux dispositions d'autrefois, et de croire à l'évangile, c'est-à-dire de l'accepter comme une parole et une assurance divines. Et le Seigneur songe aussitôt aux pacifiques conquérants de ce royaume.

Pierre et André, Philippe et Nathanaël, Jean et peut-être Jacques avaient déjà fait connaissance avec le Seigneur et répondu à un premier appel. Ils accompagnaient assez habituellement leur Maître. Mais dès qu'ils se trouvaient en Galilée, à proximité du lac poissonneux, ces disciples galiléens s'en retournaient à leurs occupations familières, qui leur procuraient de quoi vivre. Et le Seigneur, sachant trop bien que l'éducation surnaturelle est œuvre de continuité, veut les garder maintenant auprès de lui de façon plus suivie. Il est sorti de la petite demeure où habite sa Mère ; il se promène sur les bords du lac de Génésareth, ou mer de Galilée, ou mer de Tibériade, — une cuve immense, de sept cents pieds au-dessus du niveau de la mer, traversée et alimentée, du nord au sud, par les eaux du Jourdain. Jésus aperçoit des visages bien connus : c'est Simon, — celui qui est appelé Pierre, — c'est André, le frère de Simon. Ils jetaient leurs filets dans la mer. Le terme grec de saint Marc (______) fait image : on voit le grand filet sur les épaules de Pierre, puis le mouvement d'éventail qui le déploie dans la mer pour emprisonner les poissons. Lui et son frère, ils étaient pêcheurs de profession, comme le remarquent les évangélistes. Ils continueront : le Seigneur leur en donne l'assurance : « Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » C'était toute une parabole en peu de mots. Les cœurs étaient bien disposés, les vocations préparées déjà. On s'explique que les deux frères n'hésitent pas à abandonner leurs filets dans les barques et se mettent aussitôt à la suite du Sauveur. Quelques pas plus loin, Jésus rencontre deux autres frères, Jacques et Jean. Avec leur père Zébédée et des ouvriers à gages, ils étaient dans une barque occupés à réparer leurs filets, à en renouer les mailles brisées. Le Seigneur répète aussitôt son invitation. Jacques et Jean laissent là sans retard leurs filets, leur barque, leur père avec les ouvriers, et s'attachent plus étroitement au Seigneur.
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