Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Prologus VII Prologue VII
Constituenda est ergo a nobis dominici schola servitii ; in qua institutione nihil asperum nihilque nos constituturos speramus. Sed et si quid paululum restrictius, dictante aequitatis ratione propter emendationem vitiorum vel conservationem caritatis processerit illico pavore perterritus refugias viam salutis, quae non est nisi angusto initio incipienda. Processuvero conversationis et fidei, dilatato inenarrabili dilectionis dulcedine curritur via mandatorum Dei. ... ut ab ipsius numquam magisterio discedentes, in ejus doctrina usque ad mortem in monasterio perseverantes, passionibus Christi per patientiam participemus, ut regni ejus mereamur esse consortes. Amen. Voilà pourquoi nous allons fonder une école du service du Seigneur. En l’organisant nous espérons n’y rien établir de rigoureux, ni rien de pesant. Pourtant s’il s’y présentait un peu de contrainte, dictée par un juste motif, pour corriger les vices et sauvegarder la charité, n’allons pas, épouvantés, fuir aussitôt le chemin du salut dont l’entrée est forcément étroite ; car avec le progrès de la conduite et de la foi, le coeur se dilate et c’est dans une ineffable douceur d’amour que l’on court sur le chemin des commandements de Dieu. Ainsi, ne nous écartant jamais de son autorité et persévérant dans son enseignement au monastère jusqu’à la mort, nous participerons par la patience aux souffrances du Christ pour obtenir d’être associés aussi à son règne. Amen.
Voilà pourquoi nous allons fonder une école du service du Seigneur. En grave l’organisant nous espérons n’y rien. établir de rigoureux, ni rien de pesant.

Tandis qu’il réconforte et aiguillonne les âmes, saint Benoît est amené à définir enfin la forme spéciale de vie religieuse qu’il vient leur offrir au nom du Seigneur : il s’était borné jusqu’ici à leur demander si elles voulaient la vie chrétienne dans toute son étendue. Une transition est ainsi ménagée pour passer à l’énoncé des règles monastiques.
Voici ce dont il s’agira chez nous, ce que nous avons le dessein d’établir avec le concours de votre générosité : Dominici schola servitii. Retenons à jamais cette définition de notre vie. Le monastère n’est pas un établissement de rapport, ni une maison de retraite, ni une succursale de l’Académie. Il est, sans doute, un lieu de loisir, de liberté, de repos (et tel est le sens primitif du mot schola, azoa) ; mais ce loisir a pour fin l’étude des choses de Dieu et l’entraînement, l’éducation de ses soldats, de sa garde d’honneur. Les anciens ont donné le nom de schola, dit D. Calmet, aux lieux où l’on apprend les belles-lettres, les sciences, les arts libéraux, les exercices militaires ; de même aux compagnies employées à la garde du palais et de la personne des princes, et aux appartements où elles logeaient et où elles s’exerçaient. Il n’est pas impossible non plus que N. B. Père ait songé à la schola ou lieu des réunions des collèges ou associations romaines .
La vie monastique est donc "l’école du service du Seigneur" , l’école où l’on apprend à le servir, où l’on s’y exerce sans cesse, dans un noviciat qui durera la vie entière. Au fond, N. B. Père ne poursuit pas d’autre dessein que celui de Dieu même : Nam et Pater tales quaerit, qui in spiritu et veritate adorent eum. Servir Dieu, c’est adorer Dieu. Le service de Dieu se compose de deux éléments : le culte, l’exercice de la vertu de religion ; Et, puisque tant vaut l’adorateur tant vaut l’adoration, la sanctification personnelle par la fidélité à la loi de Dieu, par l’union de notre volonté à la sienne. C’est une adoration in spiritu, venant de l’homme intérieur ; in veritate, sans qu’une seule faculté de l’homme soit exceptée, sans qu’une œuvre de charité ou une étude y échappe, sains aucun démenti dans les actes ou dans les dispositions. Et cette adoration enfin est collective, sociale, publique.
Nous espérons bien, dit saint Benoît, qu’un tel programme n’aura rien de terrible. N’ayez pas peur : la Règle est sage, elle n’a rien de pesant, rien de dur ni de désagréable. Elle est notablement plus douce, dans ses exigences préalables comme aussi dans ses prescriptions, que les codes monastiques d’Orient ; et N. B. Père, dans sa discrétion parfaite et son amour des âmes, a consenti à paraître un peu relâché. La vie bénédictine ne consiste pas essentiellement dans une mort, une mortification sans merci ; elle ne saurait être définie adéquatement : une vie de pénitence ou d’ascétisme violent. Mais enfin, pourra-t-on se demander, saint Benoît ne voile-t-il pas ici autre mesure l’austérité de sa Règle ? Il veut n’effrayer personne : c’est un bon sentiment, mais ne se mettra-t-il pas en désaccord avec lui-même, lorsqu’il dira au chapitre LVIII : Praedicentur ei dura et aspera per quae itur ad Deum ? La contradiction n’est qu’apparente ; et toutes choses vont être mises au point, avec un tact parfait, dans les paroles qui suivent.

Pourtant s’il s’y présentait un peu de, contrainte, dictée par un juste motif, - pour corriger les vices et sauvegarder, non la charité, n’allons pas, épouvantés, fuir aussitôt le chemin du salut dont - l’entrée est forcément étroite ; car avec le progrès de la conduite, et de la foi, le cœur se dilate et c’est dans une ineffable douceur d’amour que l’on court sur le chemin des commandements de Dieu...

Nous sommes d’abord avertis affectueusement et en termes mesurés de ne pas trop nous étonner si nous rencontrons un peu de mortification et de douleur sur le chemin qui mène à Dieu. Après tout, il y en a aussi sur la route qui conduit à l’enfer ; il faut même moins de souffrance pour se sauver que pour se perdre ; et si nous étions demeurés dans le monde, nous aurions expérimenté, cruellement peut-être, qu’il est la terre classique du chagrin, de la contrainte, des servitudes et de l’ennui. Et la souffrance du monde est le plus souvent de mauvaise qualité, basse, impure, déprimante ; mais elle peut être aussi saine et féconde, par exemple celle que réclame l’apprentissage d’un métier et toute espèce de formation intellectuelle ou pratique. Pourquoi voudrions-nous avoir moins à souffrir pour devenir religieux que pour devenir artisan, soldat, explorateur ? Rien de grand ne s’obtient sans sacrifice : Omnis qui in agone contendit, ab omnibus se abstinet ; et illi quidem ut corruptibilem coronam accipiant, nos autem incorruptam (I COR., lX, 25).
Il est, dans l’ordre moral, des gens qui ne souffrent plus : ceux qui appartiennent au bien sans réserve et dont la vie est devenue un paradis anticipé ; N. B. Père décrira plus loin ce bienheureux état des âmes parfaites. Ceux qui appartiennent au mal, également sans réserve, et dont la conscience est endormie, cautérisée, ne souffrent pas non plus mais qui leur enviera jamais ce calme effrayant ? Dans l’innombrable catégorie de ceux qui souffrent, il y a ceux qui font le mal sans pouvoir échapper ait remords et goûtent déjà ainsi quelque chose de l’enfer ; il y a ceux qui font le bien habituellement, mais qui sont encore sollicités par le mal, et les degrés de cette classe sont aussi variés que les âmes.
Nous avons dit, c’est vrai, un adieu loyal au monde et brûlé nos vaisseaux, mais nous n’avons pas encore fait connaissance avec Dieu ; nous vivons comme suspendus entre ciel et terre, nous ressentons le vide, dont la nature a horreur. Il faut mourir, de cette mort volontaire et précieuse devant Dieu ; il faut entreprendre une nouvelle édition, une refonte complète de nous-mêmes. Rien ne se bâtira sans cette destruction préalable ; et c’est pourquoi N. B. Père pose en principe que la voie du salut non est nisi angusto initio incipienda. Quam angusta porta et arcta via est quae ducit ad vitam ! avait dit le Seigneur (MATTH., VIl, 14). La porte est étroite, et nous sommes énormes ; nous sommes atteints d’obésité morale, pour avoir entassé en nous des affections, des habitudes, des systèmes, pour nous être répandus extérieurement sur toutes choses et avoir entraîné à notre suite mille impedimenta. ; l’heure est venue d’y renoncer. ; nous ne passerons qu’à la condition de nous dégrossir : rappelons-nous la fable de la belette ! Et cette diminution ne se fait pas sans douleur.
La cause de notre souffrance est donc unique, l’égoïsme, mais ses occasions et ses instruments sont multiples. Il y a d’abord les souffrances de la Règle ; c’est à elles que N. B. Père fait spécialement allusion ici, encore que son texte puisse très bien s’entendre de toute douleur monastique. Remarquons les termes dont il se sert pour caractériser ces rigueurs. Il y en aura le moins possible, paululum. Ce ne sont pas des limitations et des vexations arbitraires, laissées à l’initiative du religieux, pas même, dirait-on, au choix du législateur ou du supérieur ; elles se présenteront d’elles-mêmes, processerit, elles n’existeront que parce que la situation le réclame. elles seront déterminées par la nature des choses, elles naîtront des conditions mêmes de la société monastique, où, comme dans toute société. la paix ne règne qu’à raison des abandons partiels librement consentis par chacun. Parfois aussi, la mortification aura pour dessein la sauvegarde de notre charité envers Dieu ou la correction de nos mœurs. Dictante aequitatis ratione : tout est soumis à la loi d’une sage discipline.
D’autres souffrances viennent de nous-mêmes, de notre imagination maladive. Il en est que nous nous créons les uns aux autres. Les plus redoutables viennent de Dieu. Dieu aime les âmes, perles précieuses achetées au prix du sang de son Fils : Domine, qui amas animas ! Mais il n’aime pas leur gangue, leur boue. Il veut être dans notre âme comme un être spirituel dans un être spirituel, comme une force dans une force qui se prête et qui accueille, et il veut que le mobile et le moteur soient proportionnés l’un à l’autre. Et Dieu, qui intervient personnellement, d’une façon immédiate et directe, à chacune des étapes de notre vie surnaturelle, se charge lui-même de nous purifier.. C’est lui seul qui peut pénétrer dans les profondeurs de notre être, et jusqu’aux fibres les plus délicates. Il s’y emploie vraiment bien, par un procédé silencieux, intérieur et caché, adapté à notre situation de contemplatifs. Nous voici face à face avec Dieu ; toutes les distractions se sont évanouies ; nous sommes perdus dans la solitude, abandonnés dans un désert. Nous prenons une conscience aiguë de l’infinie pureté de Dieu et aussi de notre indignité personnelle ; la lumière inexorable tombe d’aplomb sur toutes nos souillures, sur toutes les plaies de notre cœur, et nous nous sentons sans défense devant la représailles divine. Ego vir videns paupertatem meam in virga inlignationis ejus (THREN., III, 1). C’est le purgatoire. C’est le supplice de saint. Barthélemy. Comme Prométhée, nous sommes liés à notre rocher : le vautour divin viendra nous ouvrir la poitrine et y ronger tranquillement et sains trêve tout ce dont Dieu ne veut pas. On a mal partout ; toute l’âme est endolorie. Volontiers on s’en prendrait à tout et à tous.
Ah ! la bonne souffrance ! Ce sont les travaux d’approche de Dieu, et comme l’autre purgatoire, celui-ci conduit droit au ciel. Non illico pavore perterritus refugias viam salutis. Il ne faut pas s’effarer, perdre la tête, capituler et s’enfuir. Ceux qui acceptent sans faiblir ces exigences divines ; ceux qui, au lieu d’écarter la main du médecin et de mendier un peu partout des consolations, conservent assez de vigueur et de sang froid pour ajouter une part de mortification intérieure et sarcler leur jardin, comme dit sainte Thérèse, ceux-là ont de l’avenir. Ceux qui, sous le pressoir, disent des tendresses à la justice infinie et, à travers leurs larmes, la bénissent de tout ; qui déclarent avec Job : quand bien même il me tuerait, j’espérerais en lui ; qui acceptent pour des siècles ces sévérités ardentes, pourvu que Dieu se donne enfin : ceux-là sont les candidats de la sainteté, Dieu leur sera aimable dans le temps et dans l’éternité. Ceux qui ne font rien de tout cela, je crois qu’il faut les plaindre ; ils ignoreront à jamais la joie la plus profonde qu’il y ait au cœur d’une créature, la joie qui fut au Calvaire, la joie d’être à Dieu sans réserve, comme une chose dont il fait ce qu’il veut, comme un trophée qu’il emporte où il lui plaît.
Que la souffrance vienne d’une façon disséminée ou sous une forme massive ,.qu’elle vienne de Dieu ou des hommes, elle est toujours supportable, si nous continuons de prier et d’être très fidèles à nos devoirs d’état. Le temps, cette merveilleuse invention de la miséricorde divine, n’émiette-t-il pas d’ailleurs, en quelque sorte, et n’atténue-t-il pas toutes nos douleurs : momentaneum et leve tribulationis nostrae ? (II COR., IV, 17) Même ici-bas, la souffrance ne durera pas toujours. Combien de temps ? aussi longtemps que Dieu voudra ; aussi longtemps qu’il restera en nous quelque chose à brûler. C’est donc en partie notre générosité personnelle qui fixe la durée de la souffrance. A la longue, nous consentons à la solitude, nous y prenons goût ; des choses qui, autrefois, nous semblaient si nécessaires, ne nous intéressent même plus ; nous accomplissons sans effort ce qui nous avait d’abord paru impossible. Les passions tiraillent bien encore quelquefois notre vêtement de chair, mais leur voix se fait, de jour en jour, plus lointaine. Retinebant nugae nugarum et vanitates vanitatum, antiquae amicae meae, et succutiebant vestem meam carneam, et submurmurabant : Dimittisne nos ?... Et audiebam cas jan longe minus quam dimidius, non tanquam libere contradicentes eundo in obviam, sed veluti a dorso mussitantes, et discedentem quasi furtim vellicantes, ut respicerem .
Processu vero conversationis et fidei ... L’habitude des observances monastiques, l’habitude de l’attachement à Dieu, l’habitude intellectuelle de voir notre vie dans sa relation à Dieu, tout cela nous désencombre et nous vide. Le cœur se dilate, s’élargit à la taille de Dieu : Dieu est au large chez nous, il y est libre et souverain. Et notre âme aussi est à l’aise chez elle : Viam mandatorum tuorum cucurri, cura dilatasti cor meum... Latum mandatum tuum nimis. Tous les conflits sont apaisés ; il n’y a plus que docilité joyeuse, une sainte et douce confiscation de notre volonté par la volonté du Seigneur, une appartenance plénière à toutes ses conduites. Une source de tendresse a jailli des profondeurs de notre désert, et ses eaux, d’une douceur sans nom, pénètrent comme. un parfum liquide jusqu’aux confins des régions dévastées. C’est le toucher délicat de Dieu et son baiser substantiel. Et l’âme s’en va, elle court, elle chante
Dilatato corde, inenarrabili dilectionis dulcedine curritur via mandatorum Dei .

... Ainsi, ne nous écartant jamais de son autorité et persévérant dans son enseignement au monastère jusqu’à la mort, nous participerons par la patience aux souffrances du Christ pour obtenir d’être associés aussi à son règne.


Des éditeurs ont cru que cette dernière phrase se rattachait logiquement et grammaticalement à speramus ; ils ont traité comme une parenthèse le passage intermédiaire. -lais rien n’oblige à lire ainsi, et cette longue parenthèse semble peu conforme à la manière d’écrire de saint Benoît.
Le monastère est une école où l’on apprend à adorer Dieu ; cette école a un maître et n’en a qu’un : N. B. Père a prononcé son nom quand il a parlé de “ la voie des commandements de Dieu ”. Le maître, c’est Notre Seigneur Jésus-Christ, puisque c’est par son Verbe que Dieu nous dit toutes choses. Saint Augustin a relevé maintes fois la nécessité du maître intérieur dans l’ordre des deux connaissances, naturelle et surnaturelle. L’enseignement extérieur ne fournit jamais la lumière ni l’impression intellectuelles ; toute sa fonction se borne à donne l’éveil et l’exemple, à analyser, à évoquer le lien inaperçu qui existe entre les principes et les conclusions ; en dehors de Dieu, il n’y a vraiment que des moniteurs. Quand l’Écriture, ou les Pères, ou l’Église nous parlent, c’est toujours l’enseignement de Dieu : doctrina ejus.
Il n’y a point de silence pour le Verbe, et la vie monastique nous est décrite comme une attention et une docilité constantes à cette voix qui jamais ne se tait. C’est surtout dans les monastères que Dieu se plaît à communiquer de sa pensée, de ses desseins, de sa beauté. Maria sedens secus pedes Domini audiebat verbuna illius. Chaque matin, avant de communier à lla chair et au sang du Seigneur, nous lui disons : Fac me tuis semper inhaerere mandatis et a te numquam separari permittas. Cette persévérance dans la doctrine durera jusqu’à la mort : Dieu n’est pas de ceux qu’on abandonne, lorsqu’on a fait connaissance avec lui ; elle ira même au delà, s’il est vrai que la forme la plus achevée du magistère de Dieu se trouve dans la vision intuitive.
La stabilité, élément essentiel de la Règle bénédictine, est introduite dès maintenant, d’une façon négative : numquam discedentes, et d’une façon positive : in ejus doctrina usque ad morteni in monasterio perseverantes . Aussi aimablement présentée, elle ne salirait effrayer les âmes et leur paraître rus fardeau ou une chaîne ; elle n’est que la fidélité à ce séjour béni, où nous sommes assurés de trouver la plénitude de la vie Le premier principe. le fondement, le facteur et le terme de cette vie surnaturelle, c’est l’union à Notre Seigneur Jésus-Christ : l’union à sa doctrine, l’union à sa souffrance, l’union à sa béatitude. N. B. Père revient ainsi, en terminant, à. l’idée de la souffrance monastique comme prélude et rançon de notre entrée dans le royaume de Dieu : Hoeredes quidem Dei, cohaeredes autem Christi ; si tamen compatimur, ut et conglorificemur (Rom., VIII, 17). De même que la stabilité, la souffrance est transfigurée elle n’est plus qu’une collaboration glorieuse aux souffrances du Christ (I PETR., IV, 13), et le moine “ patient ” peut dire avec l’Apôtre : Nunc gaudeo in passionibus pro vobis, et adimpleo ea quae desunt passionu Christi in carne mea, pro corpore.ejus, quod est Ecclesia (COL., I, 24).
Alors même que la Liturgie ne nous dirait pas de N. B. Père qu’il était tout enveloppé de clarté divine et comme déjà béatifié : Tantaque circa eum claritas excreverat ut ira terris positus in caelestibus habitaret, nous reconnaîtrions à la fréquence de ces allusions au salut, au ciel, à Dieu, l’orientation habituelle de sa pensée : Sanctus vir nullo modo potuit aliter docere quam vixit . Son âme tout entière était tendue vers l’éternité. Cette préoccupation a déterminé la conception organique de la vie religieuse qu’il a instaurée dans l’Église : dans le cadre le plus naturel, la famille ; la recherche la plus haute, l’union à Dieu ; le terme le plus surnaturel, l’éternité. La vie présente n’est qu’un apprentissage, un essai, un noviciat d’éternité : c’est en vue de l’éternité qu’il y a pour nous des choses à abandonner, des choses à apprendre, des choses à conquérir.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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