Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 7: De humilitate (d) 7 - L’HUMILITÉ (d)
Cavendum ergo ideo malum desiderium, quia mors secus introitum dilectationis posita est. Unde Scriptura præcepit dicens: Post concupiscentias tuas non eas. Ergo si oculi Domini speculantur bonos et malos et Dominus de cælo semper respicit super filios hominum, ut videat si est intellegens aut requirens Deum, et si ab angelis nobis deputatis cotidie die noctuque Domino factorum nostrorum opera nuntiantur, cavendum est ergo omni hora, fratres, sicut dicit in psalmo Propheta, ne nos declinantes in malo et inutiles factos aliqua hora aspiciat Deus et, parcendo nobis in hoc tempore, quia pius est et expectat nos converti in melius, ne dicat nobis in futuro: Hæc fecisti et tacui. Il faut donc se garder du désir mauvais, car la mort est postée au seuil du plaisir ; de là ce précepte de l’Écriture : « Ne suis pas tes convoitises. » Si donc les yeux du Seigneur observent les bons et les méchants, si du ciel le Seigneur regarde toujours les fils des hommes pour voir s’il en est un d’intelligent qui cherche Dieu ; si enfin les anges qui nous sont assignés rapportent quotidiennement au Seigneur ce que nous faisons de jour et de nuit, alors il faut à toute heure, frères, être sur nos gardes, de peur que, comme dit le Prophète dans le psaume, Dieu ne nous voie à un moment quelconque tomber dans le mal et devenir bons à rien. Tout en nous épargnant en cette vie, parce qu’il est bon et qu’il attend que nous revenions à mieux, il pourrait nous dire plus tard : « Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. »
A ce motif élevé et procédant de la charité, N. B. Père en ajoute un autre, plus intéressé, mais efficace et accessible à toutes les âmes,. Nous devons redouter les mauvais désirs parce que, malgré leur douceur apparente et la satisfaction que nous trouvons en eux, ils sont un poison et parfois un poison mortel. La mort s’est installée, pour ainsi dire, tout près de l’accès du mauvais plaisir : à la suite du plaisir, c’est trop souvent la mort qui pénètre. Et voici pourquoi l’Écriture nous ordonne, de ne point nous mettre follement à la remorque de nos convoitises, de ne point nous laisser entraîner à leur suite (ECCLI., XVlll, 30) : elles peuvent nous conduire jusqu’à la perdition. C’est en dévoilant une telle perspective que N. B. Père va résumer et conclure tout l’enseignement du premier degré d’humilité. A ce motif élevé et procédant de la charité, N. B. Père en ajoute un autre, plus intéressé, mais efficace et accessible à toutes les âmes,. Nous devons redouter les mauvais désirs parce que, malgré leur douceur apparente et la satisfaction que nous trouvons en eux, ils sont un poison et parfois un poison mortel. La mort s’est installée, pour ainsi dire, tout près de l’accès du mauvais plaisir : à la suite du plaisir, c’est trop souvent la mort qui pénètre. Et voici pourquoi l’Écriture nous ordonne, de ne point nous mettre follement à la remorque de nos convoitises, de ne point nous laisser entraîner à leur suite (ECCLI., XVlll, 30) : elles peuvent nous conduire jusqu’à la perdition. C’est en dévoilant une telle perspective que N. B. Père va résumer et conclure tout l’enseignement du premier degré d’humilité.

Si donc les yeux du Seigneur observent les bons et les méchants, si du ciel le Seigneur regarde toujours les fils des hommes pour voir s’il en est un d’intelligent qui cherche Dieu ; si enfin les anges qui nous sont assignés rapportent quotidiennement au Seigneur ce que nous faisons de jour et de nuit, alors il faut à toute heure, frères, être sur nos gardes, de peur que, comme dit le Prophète dans le psaume, Dieu ne nous voie à un moment quelconque tomber dans le mal et devenir bons à rien. Tout en nous épargnant en cette vie, parce qu’il est bon et qu’il attend que nous revenions à mieux, il pourrait nous dire plus tard : “ Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. ”

Saint Benoît se borne à reprendre, sous forme d’exhortation adressée à chacun et sur le ton du Prologue, les points qui ont été développés précédemment. Les yeux du Seigneur sont fixés sur les bons et sur les méchants ; le Seigneur regarde sans cesse du haut du ciel vers les fils des hommes, afin de s’assurer s’il y a parmi eux un serviteur intelligent et qui le cherche (Ps. Xlll, 2) ; les anges commis à notre garde rendent compte de nos œuvres, chaque jour, et de nuit comme de jour, au Seigneur qui nous a créés . Il y a donc lieu de craindre à toute heure, mes frères, selon l’avertissement du Prophète dans le psaume Lll, que, s’il nous arrive de glisser dans le mal et de nous rendre inutiles, Dieu ne nous regarde à ce même moment. Il pourrait nous punir sur-le-champ. Peut-être nous épargnera-t-il en cette vie, car il est bon et il attend que nous revenions à des dispositions meilleures : craignons du moins qu’il ne nous dise dans l’autre vie : “ Voilà ce que vous avez fait, et je me suis tu ” ; je vais parler maintenant (Ps. XLIX, 21). Cette remarque anéantit l’objection tacite que le pécheur élève parfois contre la justice divine
Peccavi, et quid accidit mihi triste ? Si Dieu ne châtie pas sur l’heure, c’est afin, de ménager à l’âme le loisir du retour ; sans doute aussi pour conserver à la vertu son caractère libéral et filial : la vertu deviendrait facilement un commerce, et la fidélité un calcul d’habileté vulgaire, si le châtiment suivait immédiatement la faute, ou si la récompense couronnait sans retard l’œuvre bonne.
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