Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 7: De humilitate (h) 7 - L’HUMILITÉ (h)
Sextus humilitatis gradus est, si omni vilitate vel extremitate contentus sit monachus, et ad omnia quæ sibi iniunguntur velut operarium malum se iudicet et indignum, dicens sibi cum Propheta: Ad nihilum redactus sum et nescivi; ut iumentum factus sum apud te et ego semper tecum. Le sixième échelon de l’humilité est que le moine soit content en tout abaissement et dénuement, et qu’en tout ce qui lui est enjoint, il se juge comme un mauvais et indigne ouvrier, se disant avec le Prophète : « J’ai été réduit à rien et je ne sais rien ; je suis devenu comme une bête devant toi, mais je suis toujours avec toi. »
Le sixième degré d’humilité consiste à prendre intérieurement son parti de toutes les conditions du régime monastique et à ne jamais élever d’exigences . Le moine acceptera de bonne grâce tout ce qu’impliquent de pauvreté le logement, l’habit, la nourriture qu’on lui offre : omni vilitate. Il ne se laissera pas étonner ou rebuter par la bassesse et le caractère servile des travaux qui lui seront confiés ; il ne rougira point du rang qu’on lui assigne et ne séchera point de dépit parce qu’on l’oublie dans la distribution des dignités ou des faveurs : vel extremitate. Parfois, des obédiences considérables viendront le surprendre : il ne s’en fera point accroire. Au lieu de se gonfler de son importance et d’envisager la charge reçue comme une reconnaissance tardive de ses aptitudes, il se traitera sincèrement comme un ouvrier incapable, mal formé, prédisposé de lui même à toutes les maladresses. (Ps. LXXII, 22-23).
Être satisfait de tout, cela ne veut pas dire qu’il faille se mettre peu en peine de la malpropreté, de la négligence, de la rusticité des manières, de tout un ensemble d’habitudes au moyen desquelles nous serions facilement une vexation pour autrui. Il n’y a point d’humiliations par fiction : il ne convient pas davantage qu’il y ait des aspérités surajoutées à celles qui sont de droit. N. B. Père n’entend pas prescrire non plus, dans ces lignes, une misère et une grossièreté conventuelles, ni même condamner par avance ce que l’on a appelé naguère “ le luxe pour Dieu ” ; cependant D. Martène, impressionné par les principes des premiers Cisterciens et des Trappistes, éprouve ici le besoin de déplorer la somptuosité des habitations monastiques.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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