Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 7: De humilitate (m) 7 - L’HUMILITÉ (m)
Undecimus humilitatis gradus est, si cum loquitur monachus, leniter et sine risu, humiliter cum gravitate vel pauca verba et rationabilia loquatur, et non sit clamosus in voce, sicut scriptum est: Sapiens verbis innotescit paucis. Le onzième échelon de l’humilité est que le moine, quand il parle, le fasse doucement et sans rire, humblement et sérieusement, en peu de mots, raisonnablement et sans éclats de voix, selon ce qui est écrit : « Le sage se reconnaît à ce qu’il parle peu. »
Saint Benoît n’a pas prescrit le mutisme absolu ; mais il n’est personne qui n’admire de combien de garanties il a entouré le silence. Au neuvième degré, il nous invitait à n’être pas trop prompt à parler ; au dixième, à n’être pas trop prompt à rire : il décrit maintenant l’attitude du moine humble et bien élevé lorsqu’il doit prendre la parole. Qu’il le fasse doucement, sans rire ni railler, humblement et avec gravité, en peu de mots et qui soient raisonnables, sans éclata de voix ni formes tonitruantes , à l’exemple du Seigneur, de qui saint Matthieu (Xll,19) a dit après Isaïe :
Non contendet, neque clamabit, neque audiet aliquis in plateis vocem ejus.
Au lieu de ce texte, N. B. Père en cite un autre où il est marqué que “le sage se révèle à la sobriété de son langage ”. Encore que saint Benoît dise scriptum est, et qu’on trouve une pensée équivalente en plusieurs passages des Livres saints, notamment au chapitre X de l’Ecclésiaste (V.14), ce n’est point à la sainte Écriture qu’il emprunte textuellement cette maxime. Comme l’observait déjà D. Hugues Ménard, elle est la cent trente-quatrième des sentences de Sixtus. Rufin avait traduit ce recueil du grec en latin et l’avait offert à la sœur de son ami Apronianus comme “ un anneau ” précieux, digne d’être toujours porté au doigt ; on dit, remarquait-il, qu’il a pour auteur Sixte, évêque de Rome et martyr. Saint Augustin accepta d’abord, lui aussi, cette attribution, puis, mieux informé, se ravisa. Quant à saint Jérôme, il dénonça plusieurs fois avec indignation l’audace de ce Ru fin, qui osait invoquer la paternité de saint Sixte pour une œuvre toute païenne et contenant des erreurs doctrinales. Le Décret de Gélase la condamna. Il y a eu en effet, semble-t-il, confusion entre saint Sixte Il et un philosophe pythagoricien ou stoïcien de même nom . Pourtant, naguère encore, un critique anglais, Conybeare, a essayé de prouver que a l’anneau du pape Sixte est l’ouvrage d’un philosophe, remanié par un chrétien vivant antérieurement à l’an, 150 et qui pourrait être le pape Sixte Ier.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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