Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 17 : QUOT PSALMI PER EASDEM HORAS CANENDI SUNT 17 - LE NOMBRE DE PSAUMES À CHANTER À CES HEURES DU JOUR
Iam de nocturnis vel matutinis digessimus ordinem psalmodiae; nunc de sequentibus horis videamus. Prima hora dicantur psalmi tres singillatim et non sub una gloria, 3 hymnum eiusdem horae post versum Deus in adiutorium antequam psalmi incipiantur. Post expletionem vero trium psalmorum recitetur lectio una, versu et Kyrie eleison et missas. Tertia vero, sexta et nona, item eo ordine celebretur oratio, id est versu, hymnos earundem horarum, ternos psalmos, lectionem et versu, Kyrie eleison et missas. Si maior congregatio fuerit, cum antiphonas, si vero minor, in directum psallantur. Vespertina autem synaxis quattuor psalmis cum antiphonis terminetur. Post quibus psalmis, lectio recitanda est; inde responsorium, ambrosianum, versu, canticum de Evangelia, litania, et oratione dominica fiant missae. Completorios autem trium psalmorum dictione terminentur. Qui psalmi directanei sine antiphona dicendi sunt. 10 Post quos hymnum eiusdem horae, lectionem unam, versu, Kyrie eleison, et benedictione missae fiant. PRÉCÉDEMMENT nous avons décrit l’ordonnance de la psalmodie pour les vigiles et les laudes. Voyons maintenant les heures suivantes. L’heure de prime aura trois psaumes avec le Gloria à la fin de chacun ; mais avant de commencer la psalmodie, on chantera l’hymne de cette heure à la suite du verset « Dieu, viens à mon aide. » Une fois les trois psaumes achevés, on récitera une lecture brève, un verset, le kyrie eleison et la conclusion. À tierce, à sexte et à none la prière se célèbrera selon le même ordre : le verset, l’hymne de chaque heure, trois psaumes, une lecture brève et un verset, le kyrie eleison et la conclusion. Si la communauté est nombreuse, la psalmodie sera avec antiennes, sinon on psalmodiera d’un trait. L’office des vêpres comportera quatre psaumes avec antiennes. Après ces psaumes, on récitera une lecture brève, puis le répons, l’hymne, le verset, le cantique de l’Évangile, la prière litanique et, comme conclusion, la prière du Seigneur. Pour les complies, on se limitera à trois psaumes qui seront chantés d’un trait sans antienne, puis l’hymne de cette heure, une lecture brève et un verset, le kyrie eleison et, pour finir, la bénédiction.
Précédemment nous avons décrit ; l’ordonnance de la psalmodie pour les vigiles et les laudes. Voyons maintenant les heures suivantes. L’heure de prime aura trois psaumes avec le Gloria à la fin de chacun ; mais avant de commencer la psalmodie, on chantera l’hymne de cette heure à la suite du verset “ Dieu, viens à mon aide. Une fois les trois psaumes achevés, on . récitera une lecture brève, un verset, le Kyrie eleison et la conclusion.

Nous avons déjà à réglé, dit saint Benoît, l’ordre de la psalmodie pour les Nocturnes et les Matines ; voyons maintenant ce qui concerne les Heures suivantes. Son dessein est d’indiquer le schéma la forme des offices de jour, en suivant l’ordre selon lequel ils se présentent : la matière de la psalmodie nocturne et diurne fera l’objet du chapitre suivant.
Voici d’abord la composition de Prime : le verset Deus in adjutorium, puis le Gloria, comme il est dit au début du chapitre XVIII, ensuite l’hymne propre à cette Heure. C’est ainsi que débuteront les trois Heures suivantes. De même, la psalmodie de Prime et de ces trois Heures comprendra trois psaumes. Dans les monastères de Palestine, de Mésopotamie et de toute cette région orientale, remarquait Cassien, Tierce, Sexte et None comprennent chaque jour trois psaumes ; ceux qui ont adopté Prime récitent à cette Heure-là les psaumes L, LXII et LXXXIX. Le dimanche, ajoute saint Benoît au chapitre suivant, on dira à Prime, par exception, non pas trois psaumes, mais les quatre premières portions du psaume CXVIII. Ces psaumes doivent être dits séparément, chacun avec son Gloria, et non pas réunis sous un seul Gloria, comme, par exemple les trois derniers psaumes de Laudes. Après la psalmodie on récite une leçon ; puis viennent le verset, le Kyrie eleison et les missae. Nous avons indiqué plus haut brièvement ce que pouvaient être ces prières finales et les sens divers du mot missa. Toute la portion de Prime que nous disons au chapitre (Martyrologe, prières du travail manuel, lecture de la Règle) date des huitième neuvième siècles et vient des usages monastiques.


A tierce, à sexte et à none la prière se célèbrera selon le même ordre : le verset, l’hymne de chaque heure, trois, psaumes, une lecture brève et un verset, le Kyrie eleison et la conclusion. Si la communauté est nombreuse, la psalmodie sera avec antiennes, sinon on psalmodiera d’un trait.

La meilleure leçon du début de ce texte est probablement celle que nous venons de transcrire, en plaçant de plus id est avant versus : la prière, la portion de L’ŒUVRE de Dieu qui se célèbre à Tierce, celles de Sexte et de None, auront la même forme que Prime, c’est-à-dire comprendront le verset Deus, une hymne propre, trois psaumes, etc. Si la communauté est nombreuse, les psaumes seront dits, aux quatre petites Heures avec antiennes intercalées ; sinon, on les dira in directum. Ces Heures du jour sont brèves, comme il convient pour des hommes qui travaillent ; elles sont simples, de manière à pouvoir être récitées de mémoire, sur lieu même du travail (chap. L).

L’office des vêpres comportera, quatre psaumes avec antiennes. Après ces psaumes, on récitera une lecture brève, puis le répons, l’hymne, le verset, le cantique de l’Évangile, la, et prière litanique et, comme conclusion, la prière du Seigneur.

La psalmodie des Vêpres est moins longue que celle du Lucernaire des anciens, des moines d’Égypte et de saint Césaire par exemple ; elle ne comprend que quatre psaumes. De même, au lieu de plusieurs longues leçons, saint Benoît n’en demande qu’une seule, assez courte probablement et pouvant être récitée de mémoire, comme celle des petites Heures ; on se dédommagera, d’ailleurs, par la lecture qui précède Complies. Les psaumes sont dits avec antiennes. Ensuite, un répons, l’ambrosien, c’est-à-dire l’hymne, le verset, le cantique de l’Évangile ou Magnificat, les litanies, l’Oraison dominicale, et fiant missae.

Pour les complies, on se limitera à, qui trois psaumes qui seront chantés d’un trait sans antienne, puis l’hymne de cette heure, une lecture brève et un verset, le Kyrie eleison et, pour finir, la bénédiction.

Saint Benoît se réserve de parler ailleurs de la lecture qui précède Complies (chap. XLlI) ; la leçon brève : Fratres, sobrii estote..., en est un vestige et fait double emploi avec elle, dans notre liturgie actuelle. Complies comprendra d’abord la récitation de trois psaumes non antiphonés, selon le mode direct. Puis l’hymne propre à cette dernière Heure du jour : Laudes, Vêpres et Complies ont leur hymne après la psalmodie. Enfin une leçon brève, un verset, le Kyrie eleison, la bénédiction et les prières de conclusion ou le renvoi. Rappelons-nous le peu qui a été dit de la bénédiction, au chapitre XI, où saint Benoît signalait la bénédiction qui termine les Vigiles : Et data benedictione incipiant Matutinos ; l’office de nuit et les Heures de jour s’achèvent ainsi de la même manière. Souvenons-nous aussi que, dans la synaxe antique, le renvoi des catéchumènes ou des fidèles n’était prononcé qu’après une série de prières où le diacre et l’évêque énuméraient les intentions de tous, formulaient les vœux et les sentiments de la communauté ; après quoi l’évêque donnait sa bénédiction. Il est vraisemblable qu’à la fin des Vigiles et de Complies, l’Abbé enveloppait lui aussi tous les siens dans une bénédiction et accompagnait son geste d’une formule, arbitraire ou fixée. Les coutumes monastiques ont gardé la bénédiction de Complies et y attachent une réelle importance. Nul ne doit être absent à ce moment-là ; c’est un acte de communion avec sa famille et avec son Abbé ; et la bénédiction doit être portée à ceux du monastère qui ne peuvent venir la recevoir
Les commentateurs se demandent pourquoi N. B. Père n’a rien dit de la Messe, qui est pourtant le point culminant de toute la liturgie. Saint Benoît, répétons-le, n’a pas eu le dessein de tout dire : il passe sous silence les points de discipline ecclésiastique commune ; et, parmi les observances proprement monastiques, il n’indique que les principales, celles qu’il adopte chez lui, celles qui avaient besoin .d’être déterminées par des règles précises. Il parle ailleurs per transeum de la Messe et de la communion, qui avaient lieu le dimanche et les jours solennels (chap. XXXV, XXXVIII, LXIII) ; il permet à l’Abbé de faire ordonner des prêtres et des diacres pour le service religieux du monastère et l’officium altaris (chap. LXII) ; l’Abbé peut inviter les prêtres qui embrassent la vie monastique à donner les bénédictions ou à célébrer la Messe : aut Missam tenere (chap. LX). Deux siècles avant saint Benoît, les moines, comme les chrétiens fervents du monde communiaient très souvent, et même tous les jours ; et il n’était pas indispensable de le faire à une Messe, puisque chacun pouvait emporter la sainte Eucharistie chez soi. Rufin nous a conservé cette recommandation de l’Abbé Apollonius : Sed et hoc monebat ut, si fieri posset, quotidie monachi communicarent mysteriis Christi, ne forte qui se longe facit ab his, longe facit a Deo. L’usage de la Messe conventuelle quotidienne est fort ancien, et D. Martène en relève un exemple dès le début du cinquième siècle dans la vie de saint Euthyme ; c’était la coutume à Cluny.
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