Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 18 : QUO ORDINE IPSI PSALMI DICENDI SUNT (a) 18 - L’ORDONNANCE DES PSAUMES (a)
In primis dicatur versu Deus in adiutorium meum intende, Domine ad adiuvandum me festina, gloria, inde hymnum uniuscuiusque horae. Deinde, prima hora dominica, dicenda quattuor capitula psalmi centesimi octavi decimi; reliquis vero horis, id est tertia, sexta vel nona, terna capitula suprascripti psalmi centesimi octavi decimi dicantur. Ad primam autem secundae feriae, dicantur tres psalmi, id est primus, secundus et sextus; et ita per singulos dies ad primam usque dominica dicantur per ordinem terni psalmi usque nonum decimum psalmum, ita sane ut nonus psalmus et septimus decimus partiantur in binos. Et sic fit ut ad vigilias dominica semper a vicesimo incipiatur. ON COMMENCERA par le verset : « Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, hâte-toi de me secourir » avec le Gloria suivi de l’hymne de chaque heure. Ensuite à prime, le dimanche, on chantera quatre sections du psaume 118, et aux autres heures, tierce, sexte et none, trois sections de ce même psaume. À prime du lundi, on chantera trois psaumes, les psaumes 1, 2 et 6, et ainsi chaque jour à prime jusqu’au dimanche, trois psaumes, dans l’ordre, jusqu’au psaume 19, mais en partageant en deux les psaumes 9 et 17. De cette façon on commencera toujours par le psaume 20 aux vigiles du dimanche.
SELON QUEL ORDRE IL FAUT DIRE LES PSAUMES

Nous savons le nombre des Heures et le dessin de chacune d’elles ; saint Benoît consacre enfin ce long chapitre à distribuer le Psautier entre toutes ces Heures de jour et de nuit. Laissant de côté les Laudes, dont la psalmodie a déjà été réglée au chapitre XlII, il détermine successivement la psalmodie de Prime, des trois Heures suivantes, des Vêpres, des Complies ; ces offices réclamant pour la plupart un choix spécial de psaumes, il est bon de commencer par eux ; les Vigiles se partageront les psaumes qui restent. Pour établir la psalmodie de chacune des Heures, saint Benoît en suit naturellement le développement tout le long de la semaine et, comme il est normal aussi, à partir du dimanche. Le principe qui préside à cette distribution du Psautier est de l’épuiser en une semaine ; il en va de même dans la liturgie romaine ; l’ambrosienne y consacre deux semaines. Pour réaliser son dessein, N. B. Père doit adopter diverses combinaisons qui donnent à son système psalmodies un caractère un peu compliqué et tourmenté. Il lui faut tenir compte, en effet, et de l’attribution traditionnelle de certains psaumes à telle ou telle Heure, et des attributions qu’il se propose lui-même de faire, par exemple pour les petites Heures.
Nous pouvons, pour nous fixer quelques points de repère, reconnaître que la sainte Règle divise en trois parts la masse des cent cinquante psaumes. Une première portion, qui va du Ier au XIXe inclusivement, est affectée, sauf trois exceptions, à Prime, sur semaine. Une seconde, qui va du XXe au CVIIIe, fournit, sauf également trois exceptions, la psalmodie des Vigiles et des Laudes. A la dernière, qui va du CIXe jusqu’au CXLVIIe, N B. Père emprunte la psalmodie des Vêpres, celle des petites Heures du dimanche, celle de Tierce, Sexte et None, aux autres jours de la semaine.

On commencera par le verset Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, hâte-toi de me secourir avec le Gloria suivi de l’hymne de chaque heure.

Ces quelques lignes reviennent brièvement sur l’introduction ordinaire à la psalmodie, aux Heures de jour, c’est-à-dire à Prime et aux trois Heures suivantes. Les meilleurs manuscrits n’ont pas les mots : semper diurnis Horis ; néanmoins il ne saurait être question ici de toutes les Heures de jour et de nuit indistinctement, parce que la présence du verset Deus à l’office de nuit et à celui du matin n’est pas prouvée ; et surtout parce que a l’hymne propre à chaque Heure précède la psalmodie aux Vigiles et aux petites Heures seulement.

Ensuite à prime, le dimanche, on chantera quatre sections du psaume 118, et aux autres heures, tierce, sexte et none, trois sections de ce même psaume.

Saint Benoît donne tout d’abord une situation de privilège au psaume CXVIII. On voit bien par les commentaires des Pères, Origène, saint Hilaire, saint Ambroise, saint Augustin, que le plus long des psaumes était considéré aussi comme le plus riche en doctrine et le plus profond : ils y voyaient un incomparable programme de vie chrétienne. Nous savons qu’il est alphabétique : huit versets ou distiques de suite commencent par la même lettre de l’alphabet hébreu ; et comme il y a dans cet alphabet vingt-deux lettres, le psaume est composé de vingt-deux strophes ou octonaires, que N. B. Père appelle capitula. Son intention est de les répartir entre toutes les petites Heures du dimanche et les trois dernières du lundi, soit entre sept Heures ; vingt et un octonaires y sont consacrés, puisque la psalmodie de ces Heures comprend normalement trois psaumes ou fragments de psaumes. Et plutôt que de laisser en détresse, le lundi, l’unique octonaire qui restait, saint Benoît a préféré donner quatre capitula à Prime du dimanche.

A prime du lundi, on chantera trois, psaumes, les psaumes 1, 2 et 6, et ainsi chaque jour à prime jusqu’au dimanche, trois psaumes, dans l’ordre, jusqu’au psaume 19, mais en partageant en deux les psaumes 9 et 17. De cette façon on commencera toujours par le psaume 20 aux vigiles du dimanche.

Nous sommes toujours à Prime, mais le lundi. Plutôt qu’à Prime, Tierce et Sexte, c’est à Tierce, Sexte et None de ce même jour que saint Benoît demande de se partager les neuf derniers octonaires du psaume CXVIII : car, s’il fallait commencer à None la fixation de la psalmodie des trois dernières petites Heures sur semaine, cela créerait, dans l’exposé du moins et le texte législatif, quelque complication. Il s’agit donc, dès maintenant, de pourvoir à la psalmodie de Prime pendant la semaine ; saint Benoît l’emprunte tout simplement au début du Psautier. Prime du lundi aura les Ier, IIe et VIe psaumes, le IIIe étant réservé pour le commencement de l’office de nuit, le IVe étant le premier de Complies, et le Ve ayant été consacré par l’usage aux Laudes du lundi. Chacun des autres jours, jusqu’au dimanche, on prend trois psaumes la suite. Mais comme le IXe et le XVIIe sont plus étendus et qu’on n’a pas le loisir, à cette heure matinale, d’une longue psalmodie, on les partage en deux, et on fait suivre chaque portion du Gloria. De la sorte, on sera en mesure de commencer régulièrement les Vigiles du dimanche au psaume XX. Cet usage de sectionner les psaumes existait chez les anciens, par exemple, selon Cassien, chez les moines d’Égypte.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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