Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 4: Quæ sunt instrumenta bonorum operum (c) 4 - LES INSTRUMENTS À METTRE EN OEUVRE POUR LE BIEN (c)
Diem iudicii timere. Gehennam expavescere. Vitam æternam omni concupiscentia spiritali desiderare. Mortem cotidie ante oculos suspectam habere. Actus vitæ suæ omni hora custodire. In omni loco Deum se respicere pro certo scire. Cogitationes malas cordi suo advenientes mox ad Christum adlidere et seniori spiritali patefacere.Os suum a malo vel pravo eloquio custodire. Multum loqui non amare. Verba vana aut risui apta non loqui. Risum multum aut excussum non amare. Lectiones sanctas libenter audire. Orationi frequenter incumbere. Mala sua præterita cum lacrimis vel gemitu cotidie in oratione Deo confiteri. De ipsis malis de cetero emendare. Desideria carnis non efficere. Voluntatem propriam odire. Præceptis abbatis in omnibus oboedire, etiam si ipse aliter - quod absit - agat, memores illud dominicum præceptum: Quæ dicunt facite, quæ autem faciunt facere nolite. Non velle dici sanctum antequam sit, sed prius esse quod verius dicatur. Craindre le jour du jugement. Redouter l’enfer. Désirer la vie éternelle en toute avidité spirituelle. Avoir chaque jour la mort sous les yeux. Veiller à toute heure sur les actes de sa vie. En tout lieu se savoir avec certitude sous le regard de Dieu. Briser aussitôt contre le Christ les pensées mauvaises qui surgissent dans le coeur, et les dévoiler à un père spirituel. Garder sa bouche de tout propos mauvais ou inconvenant. Ne pas aimer beaucoup parler. Ne pas dire de paroles vaines ou qui portent à rire. Ne pas aimer rire beaucoup ni aux éclats. Écouter volontiers les lectures saintes. S’adonner fréquemment à la prière. Confesser chaque jour à Dieu dans la prière ses fautes passées avec larmes et gémissements, et s’en corriger à l’avenir. Ne pas céder aux désirs de la chair. Haïr la volonté propre. Obéir en tout aux ordres de l’abbé, même si, par malheur, il agissait autrement, se souvenant du précepte du Seigneur : « Ce qu’ils disent, faites-le, mais ne faites pas ce qu’ils font ». Ne pas vouloir être dit saint avant de l’être, mais commencer par l’être pour qu’on le dise avec vérité.
44. Diem judicii timere. Craindre le jour du jugement.
45. Gehennam expavescere. Redouter l’enfer.
46. Vitam oeternam omni concupiscentia spirituali desiderare. Désirer la vie éternelle en toute avidité spirituelle.
47. Mortem quotidie ante oculos suspectam habere. Avoir chaque jour la mort sous les yeux.

S’il est prudent de distinguer la source d’où découlent nos actes, il est indispensable aussi de reconnaître où ils nous mènent. Dans ces quatre sentences, N. B. Père nous avertit de songer à nos fins dernières : la mort, le jugement, le ciel ou l’enfer. C’est la vie lotit entière qui prendra une physionomie différente, selon que nous la considérerons comme lune promenade ou comme un voyage. Dans le premier cas, nous sommes libres de notre allure et de nos mouvements. Si c’est un voyage, si nous avons un but déterminé, et si les conditions mêmes de ce voyage sont telles qu’il doit finir bientôt, peut-être de façon inattendue, et qu’il serait simplement effroyable de n’arriver pas, ne serait-ce pas folie que de cheminer au hasard ? Nous n’avons pas le droit d’oublier le jugement de Dieu qui nous attend. Nous n’avons pas le droit de nous soustraire à l’épouvante de l’enfer, comme si l’enfer ne nous regardait pas ! Il n’y a pas deux christianismes ; et depuis qu’une créature a pu tomber des marches du trône divin -au plus profond de l’abîme, il n’est pour nous de sécurité que dans un souci perpétuel de nos destinées. Nous y marchons. Le Seigneur lui-même s’appelle Celui qui vient. Et ceux qui ont l’âme tournée vers lui par la foi, par l’espérance et par la charité s’approprient la parole de l’Esprit et de l’Épouse : Veni, Domine Jesu !
Car il y a quelque chose de bien meilleur encore que la crainte des jugements de Dieu : c’est le désir de l’éternité, la soif ardente de voir le Seigneur et d’être avec lui pour toujours. Saint Benoît indique d’un mot le vrai caractère de ce désir : .il doit être surnaturel. Chez les jeunes gens parfois, dès le moment de leur conversion et dans le bouillonnement de la première ferveur, la hâte de l’éternité n’est .qu’avidité sensible, curiosité légitime en soi, et cependant mêlée d’imperfection. Chez quelques-uns, ce désir naît de la délicatesse de conscience leur montrant les chances quotidiennes de contrister Dieu. Pour d’autres âmes, c’est fatigue, lâcheté, préoccupation d’en avoir fini avec les labeurs de la vie spirituelle. Mais le désir du ciel est de meilleur aloi quand il s’éveille vers la fin de nos jours : jamais, en effet, nous ne nous laissons attacher davantage au charme de la vie présente qu’à l’heure où elle décline ; et ils sont rares, ceux qui demandent à Dieu, lorsque la toile de leur vie est usée, de la déchirer enfin tout à fait.
Il faut songer à la mort. Elle n’a rien d’effrayant pour un moine. C’est le paganisme, c’est notre imagination et notre sensibilité, qui nous ont habitués à envelopper d’épouvante ce dernier instant. L’idée ou plutôt l’image de la mort implique toujours pour nous des scènes d’adieux et de larmes, des chants lugubres, l’horreur des cadavres et des tombeaux ; nos yeux d’enfant se la représentaient déjà sous la forme d’un squelette tenant une grande faux à la main, ou bien d’une tête décharnée avec des radius en sautoir. Il est incontestable que la mort est l’indice du péché et son châtiment. Mais il est vrai aussi que le Seigneur lui-même a goûté de ce breuvage amer et nous a affranchis de la terreur que la mort inspirait aux anciens. Quia ergo puerl communicaverunt carni et sanguini, et ipse similiter participavit eisdem, ut per mortem destrueret eum qui habebat mords imperium, id est diabolum, et liberaret eos qui timoré mords per totam vitam obnoxii erant servituti (HEBR. Il 14-15)., Et si nous envisageons la mort comme la rencontre définitive avec Celui que nous avons cherché et aimé si longtemps dans la foi, il n’est plus possible d’éprouver à son approche je ne sais quelle crainte superstitieuse. C’est la vraie communion, la profession solennelle, le vrai commencement de toutes choses. “ Oui, mais n’y a-t-il pas les faiblesses de ma vie ? ” Travaillez à les supprimer et à les expier. Il convient de tout aimer de Dieu, même sa justice et son purgatoire ; d’accepter dès maintenant les représailles qu’il devra exercer contre nous, et de s’abandonner, les yeux fermés, à la miséricorde infinie. N’allons-nous pas vers elle avec une âme toute baignée du sang du Seigneur et toute pénétrée de sa beauté ? N’est-ce pas seulement son propre Fils que Dieu consentira à reconnaître en nous ?
Nous méditons encore assez facilement sur la mort en général ou sur la mort d’autrui ; et ces réflexions ne sont. pas dépourvues d’utilité. Mais c’est notre propre mort, la mort de cet être individuel et concret que nous sommes, qu’il nous est bon surtout de considérer, sinon afin d’en pressentir la forme, du moins pour en accueillir d’avance toutes les amertumes, toutes les conditions, toutes les circonstances particulières : Mortem ante oculos suspectam habere. Il y a un acte de charité parfaite dans cette “ répétition ” de la mort. Et l’expérience le montre bien, la mort ne s’improvise pas ; quand elle n’est pas préparée, exercée, c’est une pièce mal faite. Non qu’il faille se grimer d’avance, prévoir des poses, préparer de grandes paroles et des adieux pathétiques : la mort doit être naturelle ; mais précisément pour qu’elle soit naturelle, et puisque cela ne se fait qu’une fois, statutum est hominibus semel mori, établissons-nous dans les dispositions qui la rendent “ précieuse devant Dieu Saint Benoît voudrait que cette pensée et cet effort fussent quotidiens : afin que nous puissions nous y accoutumer davantage, afin de prévenir toute surprise, peut-être aussi afin de réprimer en nous une certaine joie de vivre un peu excessive.

48. Actus vitx sua ; omni hora custodire Veiller à toute heure sur les actes de sa vie.
49. In omni loco Deum se respicere, pro certo scire En tout lieu se savoir avec certitude sous le regard de Dieu.

Nous connaissons le terme : Saint Benoît nous indique maintenant quelques-unes des industries qui nous aident à y parvenir. Le souvenir assidu de la mort nous porte à. bien user de la vie. Il y a un rapport étroit et nécessaire entre ce que nous sommes et ce que nous serons ; c’est avec les œuvres de la vie présente que nous composons notre éternité. Garder à toute heure les actes de sa vie, c’est ne pas vivre à l’étourdie ; c’est être une personne et non une épave, un être qui se gouverne et non un animal dépourvu de raison ; c’est mesurer ses actes et les conformer à la loi ; c’est ne laisser vide et sans fruit aucun de ces jours que le Seigneur nous a donnés pour lui : Non defrauderis a die bono ; et particula boni doni non te praetereat (ECCLI.. XlV,14. - Se rappeler les oraisons de Prime : Domine Deus... et Dirigere...). C’est s’appliquer à faire soi-même son éducation surnaturelle, par un consentement voulu à tout ce que Dieu réclame de nous. Les deux éducations premières, celle de la famille et celle des maîtres, eussent-elles été sans lacunes, se fussent-elles appuyées toujours et jamais contredites, ne suffiraient pas néanmoins à former l’homme tout entier. Il est tenu non seulement de ratifier, mais de poursuivre sans trêve ce travail. La grâce est principe d’action et elle ne nous est donnée abondamment que dans le dessein d’élever de jour en jour notre activité et de la soustraire à tous les retours offensifs de l’égoïsme.
“ Être convaincu qu’en tous lieux Dieu nous regarde. ” Il faut bien que cette recommandation soit grave pour que saint Benoît la répète si assidûment : au Prologue, au premier et au denier degré d’humilité, au chapitre De disciplina psallendi. Nous la retrouvons dans la Liturgie de l’Église :

Speculator adstat desuper,
Qui nos, diebus omnibus,
Actusque nostros prospicit
A luce prima in vesperum ).

L’avertissement est si naturel qu’on le peut adresser à tous : au chrétien et au moine, à l’enfant comme à l’homme mûr : Dieu vous regarde ! Il ne semble pas que ces géants de la sainteté que furent les Patriarches aient marché vers la perfection avec une autre préoccupation que celle-là. L’Écriture croit avoir tout dit de leur grandeur lorsqu’elle l’a décrite en ces quelques mots : Ambulavit cum Deo, ambulavit coram Deo ; et le Seigneur ne donne pas à Abraham d’autre programme :
Ambula eoram me et esto perfectus.
Le précepte est d’une efficacité souveraine. L’impératif de la loi morale n’est vraiment catégorique que lorsque nous voyons en elle autre chose qu’une règle d’esthétique, lorsque nous savons que, de cette loi, Dieu est non seulement l’auteur, mais le garant et le gardien. Notre vie morale a besoin d’un témoin, et c’est le rôle que des païens, des directeurs de conscience laïques, attribuaient à l’amitié. Faisant sienne une maxime d’Épicure et de Platon, Sénèque écrivait dans sa Lettre XI à Lucilius :
Aliquis vir bonus nobis eligendus est ac semper ante oculos habendus, ut sic tanquam illo spectante vivamus et omnia tanquam illo vidente faciamus... Magna pars pecatorum tollitur si peccatori testis assisti !. Pour nous, ce n’est pas une fiction, c’est la réalité vivante ; il ne s’agit pas d’un simple témoin, mais d’un être qui est à la fois spectateur et acteur ; il ne s’agit plus d’un homme, mais de Dieu. Et nous disons, nous autres chrétiens : Nemo peccat videns Deum.. L’impeccabilité des élus vient de ce qu’ils sont fixés à jamais dans le bien par la contemplation ininterrompue de la beauté ; or, notre foi peut participer à ce privilège de la vision, et l’exercice de la présence de Dieu peut devenir quelque chose d’assidu et de constant, tout comme la conscience que nous avons de nous-mêmes.

50. Cogitationes malas cordi suoadvenientes inox ad Christum allidere Briser aussitôt contre le Christ les pensées mauvaises qui surgissent dans le cœur, et les dévoiler à un père spirituel.
51. Et seniori spirituali pate facere.
52. Os suum a malo vel -pravo eloquio custodire Garder sa bouche de tout propos mauvais ou inconvenant.
53. Multum loqui non amare. Ne pas aimer beaucoup parler.
54. Verba vana aut risui apta non loqui Ne pas dire de paroles vaines ou qui portent à rire.
55. Risum multum aut excussum non amare Ne pas aimer rire beaucoup ni aux éclats.

Les sentences quarante-huitième et quarante-neuvième étaient de caractère général : elles nous invitaient à veiller sur nos actes et nous donnaient le motif de cette vigilance, qui est la propre vigilance de Dieu. La sainte Règle entre désormais dans le détail. Nos actes sont d’abord des actes intérieurs, des pensées, des tendances. Nous observions déjà dans le Prologue, à propos d’un texte semblable à l’instrument cinquantième, que nous devions exercer un contrôle rigoureux sur les émotions et les pensées qui se présentent chez nous. Lorsqu’elles sont reconnues mauvaises ou dangereuses, il faut leur écraser aussitôt la tête contre cette Pierre qui est le Christ. C’est une garantie assurée que de saisir dès son origine tout mouvement désordonné, alors qu’il n’a pas encore toute sa forte et que la nôtre demeure entière ; il est plus facile d’éteindre une étincelle qu’un incendie. Et l’auteur de l’Imitation (l, XIll) rappelle à ce propos les vers d’Ovide :

Principius obsta ; sero media paratur,
Cum mafia per longas invaluere moras.

Une autre condition de sécurité, absolue elle aussi, c’est de tirer Cacus de sa caverne, d’aller naïvement ouvrir son âme non seulement à son confesseur, mais à son Abbé, à son Maître des novices, au supérieur contre lequel on est tenté. N. B. Père fera de cette démarche un degré spécial d’humilité  : réservons donc notre glose pour le chapitre septième.
Nos actes ne sont pas simplement des pensées et des dispositions secrètes, mais encore les paroles et les attitudes extérieures qui les traduisent. Saint Benoît nous conseille de les garder également et de veiller sur elles. La conversation doit être monastique, il en faut bannir tout ce qui serait déplacé ou douteux. Et comme il y a péril, lorsqu’on parle beaucoup, de dire bien des choses qu’il vaudrait mieux taire, et péril toujours de dissipation, convenons d’éviter le verbiage. N. B. Père ajoute : “ Ne point dire de paroles vaines ou qui portent à rire ”. Il ne songe point à proscrire la joie surnaturelle ni cet enjouement qui est parfois indice et instrument de perfection , mais seulement la gaieté grossière, la verve lâchée et bruyante, le rire épais et secoué. Saint Benoît formulera plus au long dans la suite les mêmes réserves.

56. Lectiones sanctas libenter audire Écouter volontiers les lectures saintes.,
57. Orationi frequenter incumbere S’adonner fréquemment à la prière.
58. Mala sua praeterita cum la crimis vel gemitu quotidie in oratione Deo confiteri et de ipsis malis de cetero emendare Confesser chaque jour à Dieu dans la prière ses fautes passées avec larmes et gémissements, et s’en corriger à l’avenir.
59. Desideria carnis non perficere Voluntatem propriam odire. (quod absit) agat, memor illius dominici Ne pas céder aux désirs de la chair. Haïr la volonté propre.
60. Praeceptis abbatis in omnibus obedire, etiam si ipse aliter praecepti : Quae dicunt facite autem faciunt, facere nolite Obéir en tout aux ordres de l’abbé, même si, par malheur, il agissait autrement, se souvenant du précepte ,du Seigneur : Ce qu’ils disent, faites le, mais ne faites pas ce qu’ils font
61. Non velle dici sanctum ante quam sit, sed prius esse, quo verius dicatur
Ne pas vouloir être dit saint avant de l’être, mais commencer par l’être pour qu’on le dise avec vérité.

Les deux premières sentences signalent les moyens pratiques qui répriment le plus efficacement toute mauvaise habitude et assurent à la vie monastique son caractère de gravité. Au lieu de se laisser entraîner à la dissipation et au bavardage, un moine s’applique à l’étude des choses surnaturelles et à la prière. Il lui est recommandé d’aimer les saintes lectures, d’avoir le goût de la parole divine : Beati qui audiunt verbum Dei et custodiunt illud. C’est par l’ouie que nous vient la foi :
fides ex auditu ; et peut-être est-ce à dessein que la Règle parle d’audition et non de lecture. Aussi bien, est-ce seulement grâce au terme au dire que le cinquante-sixième instrument est mis à la portée de tous, y compris des moines quine savaient pas lire. La prière est aisée aux âmes qui vivent en communion constante avec la doctrine de l’Écriture et des saints. On peut croire que N. B. Père s’est souvenu de ce que Sulpice Sévère écrivait de saint Martin : Numquam hora alla momentumque praeteriit, quo non sut orationi incumberet sut vinsisteret lectioni ; quamquam etiam inter legerulum, sut si quid aliud forte agebat, numquam animum ab oratione laxabat .
A la méditation et à la prière, le moine unira l’esprit de pénitence. Son intimité avec Dieu ne le dispense pas de se rappeler sans cesse qu’il est pécheur. Il remplacera donc la jovialité mondaine par les larmes et le gémissement du cœur ; et, dans la mesure même où cette componction est sincère, il veillera à ne plus commettre les fautes d’autrefois et entreprendra une sérieuse réforme de ses mœurs .
Notre vigilance doit porter sur les deux sources du mal qui sont en nous : l’esprit et la chair, car c’est l’homme tout entier qui est blessé. Et il s’en faut que les passions de la chair soient les plus redoutables : celles de l’esprit propre sont, plus perfides et méritent bien la haine que réclame saint Benoît. Post concupiscentias tuas non cas, et a voluntate tua avertere, disait l’Ecclésiastique.
C’est pour nous aider à triompher de toutes les modalités de l’égoïsme que le Seigneur a substitué à notre volonté propre sa volonté divine elle se manifeste par l’intermédiaire d’une autorité créée. N. B. Père nous trace donc tout un programme de perfection et de sécurité, lorsqu’il écrit :“ Obéir en toutes choses aux enseignements de l’Abbé, alors même, ce qu’à Dieu ne plaise ! que l’Abbé se démentirait dans ses œuvres, nous rappelant cet enseignement du Seigneur : Ce qu’ils disent, faites-le, mais ce qu’ils font, gardez-vous de le faire ”
Saint Benoît nous prémunit ensuite avec esprit contre une tentation assez subtile qui peut naître dans des âmes religieuses. Il ne convient pas de se croire trop tôt parvenu à l’union transfo mante. Aussi longtemps qu’un moine s’admire et vise à se faire canoniser par ses frères, c’est l’indice non douteux qu’il est encore loin de la sainteté. L’auteur de la Lettre ad Celantiam matronam. qui figure parmi les Lettres de saint Jérôme, donnait le même avertissement à sa correspondante : Cave ne si jejunare sut abstinere coeperis te putes jam esse sanctam . Commençons par devenir saints, si nous voulons qu’on nous appelle ainsi avec plus de fondement ;
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