Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 18 : QUO ORDINE IPSI PSALMI DICENDI SUNT (c) 18 - L’ORDONNANCE DES PSAUMES (c)
Vespera autem cotidie quattuor psalmorum modulatione canatur. Qui psalmi incipiantur a centesimo nono usque centesimo quadragesimo septimo, exceptis his qui in diversis horis ex eis sequestrantur, id est a centesimo septimo decimo usque centesimo vicesimo septimo et centesimo tricesimo tertio et centesimo quadragesimo secundo; reliqui omnes in vespera dicendi sunt. Et quia minus veniunt tres psalmi, ideo dividendi sunt qui ex numero suprascripto fortiores inveniuntur, id est centesimum tricesimum octavum et centesimum quadragesimum tertium et centesimum quadragesimum quartum; centesimus vero sextus decimus, quia parvus est, cum centesimo quinto decimo coniungatur. Digesto ergo ordine psalmorum vespertinorum, reliqua, id est lectionem, responsum, hymnum, versum vel canticum, sicut supra taxavimus impleatur. Ad completorios vero cotidie idem psalmi repetantur, id est quartum, nonagesimum et centesimum tricesimum tertium. À Vêpres on chantera chaque jour quatre psaumes, 13du psaume 109 au psaume 147 ; mis à part ceux qui sont réservés pour d’autres heures, à savoir du psaume 117 au psaume 127, plus les psaumes 133 et 142, tous les autres psaumes seront pour les vêpres. Et comme il manque trois psaumes, on divisera ceux qui, dans ce nombre se trouvent plus longs, c’est-àdire les psaumes 138, 143 et 144. Quant au psaume 116, qui est court, on le joindra au psaume 115. L’ordre des psaumes des vêpres étant ainsi réglé, le reste, c’est-à-dire lecture, répons, hymne, verset et cantique, s’exécutera comme nous l’avons déterminé plus haut. À complies, on répètera chaque jour les mêmes psaumes, 4, 90 et 133.
Nous passons aux Vêpres. Pendant sept jours, à raison de quatre psaumes chaque jour, les Vêpres réclament vingt-huit psaumes. La liturgie bénédictine, comme la romaine et l’ambrosienne, fait commencer a série des psaumes vespéraux au CIXe. C’est dans cette dernière portion du Psautier que se trouve le psaume traditionnel du Lucernaire, le CXLe, choisi à cause de son verset : Dirigatur oratio mea... A partir du dimanche, on prendra, dit saint Benoît, depuis le psaume ClX jusqu’au CXLVIIe inclusivement, les trois derniers numéros du Psautier formant les laudes de chaque jour. Trente-neuf psaumes, ce serait beaucoup plus qu’il ne nous faut si quelques-uns ne se trouvaient pas réservés pour d’autres Heures : le CXVIIe appartient aux Laudes du dimanche ; le CXVIIIe et les neuf premiers psaumes graduels ont l’attribution que nous savons ; le CXXXIIIe est le dernier de Complies ; le CXLIIe est le deuxième psaume des Laudes du samedi. Le CXLIVe, à cause de sa brièveté, est réuni au CXVe. Mais voici que maintenant nous avons trois psaumes de moins qu’il ne faudrait : on devra donc partager en deux les psaumes les plus longs de la série vespérale : le CXXXVIIIe, le CXLIIIe et le CXLIVe.
Digesto ergo... Encore une petite phrase qui n’aurait pas dû échapper à la sagacité des commentateurs. Il semble que cette remarque soit parallèle à celle qui terminait le paragraphe précédent ; et, pourtant, il est permis d’hésiter à lui donner une interprétation identique à celle que nous proposions alors. Si le parallélisme est complet et dans le sens que nous disions, nous traduirons ainsi : voilà donc combiné l’ordre des psaumes de Vêpres ; ils sont nouveaux chaque jour ; néanmoins tout le reste, leçon, répons, hymne, verset, cantique, est exécuté comme nous l’avons réglé plus haut, au paragraphe précédent, c’est-à-dire demeure inchangé toute la semaine. Mais, alors, l’hymne des Vêpres, pour ne rien dire des autres pièces liturgiques, était toujours la même : Historiquement, cela n’a rien d’impossible. Saint Benoît parle des hymnes propres à chacune des petites Heures ; mais il ne dit nulle part que l’ambrosien des Vêpres varie chaque jour, pas plus d’ailleurs que les hymnes des Vigiles, des Laudes et de Complies. Aussi bien, il ne détermine dans sa Règle que l’office dominical et férial : le peu qu’il a dit des fêtes ne nous permet même pas de conjecturer qu’elles jouissaient d’hymnes propres. Mais peut-être, après tout, la remarque que fait ici N. B. Père n’a-t-elle que le dessein de rappeler en passant et à propos de l’ordonnance psalmodique des Vêpres, la composition du reste de l’office : on dira la leçon, le répons, l’hymne, le verset, le cantique, comme nous l’avons réglé plus haut, c’est-à-dire au chapitre XVII.

A complies, on répètera chaque jours les mêmes psaumes, 4, 90 et 133.

A Complies, chaque jour ramène les mêmes psaumes : le IVe : Cum invocarem, le XCe : Qui habitat, et le CXXXIIIe : Ecce nunc benedicite Dominum.
Nous remarquons qu’ici saint Benoît ne parle plus des formules qui suivent la psalmodie ; on ne saurait d’ailleurs rien conclure de ce silence pour la solution de nos petits problèmes.
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