Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
12 - LA MANIÈRE DE CÉLÉBRER LES LAUDES SOLENNELLES LE DIMANCHE, à laudes, on commencera par le psaume 66 sans antienne, d’un trait ; puis le psaume 50 avec Alleluia, ensuite le psaume 117 et le psaume 62. Suivront le cantique Benedicite et les psaumes 148-150, un passage de l’Apocalypse récité par coeur avec le répons, l’hymne, le verset, le cantique de l’Évangile, la prière litanique et la conclusion.
Il s’agit, dans ce chapitre, de l’office matutinal, le dimanche ; dans le suivant, du même office les jours de férie ; et le titre du chapitre XII n’est exact que si l’on réunit en un les deux chapitres, comme semble nous y inviter le début du XIIIe : Diebus autem. Nous savons déjà que ce qui s’appelle chez les anciens Matines, s’appelle Laudes chez nous. L’institution de cet office est antérieure de plusieurs siècles à saint Benoît ; c’est l’heure glorieuse où la lumière triomphe des ténèbres, l’heure de la résurrection du Seigneur. Les Laudes sont le complément normal de la Vigile ; peut-être en sont-elles un dédoublement ; il semble du moins qu’à l’origine elles n’en étaient pas séparées. Chez saint Benoît lui même, sauf aux féries d’hiver et en dépit du parvum intervallum des autres jours, la soudure des deux offices est réelle : et data benedictione incipiant Matutinos. Et, en tout temps, la préparation à l’office des Laudes est fort courte : peut-être ne comprend-elle pas même le Deus in adjutorium, et consiste-t-elle simplement dans l’exécution un peu lente du psaume LXVI, sans antienne, in directum, ut omnes occurrent ad quinquagesimum, dira saint Benoît au chapitre suivant.
Le Miserere, le psaume de la confession des péchés, joue un peu ici le rôle de l’invitatoire ; avant de chanter l’apparition de la pure lumière et d’offrir au Seigneur une louange détaillée pour tous ses bienfaits l’âme a. besoin de se purifier et de reconnaître que Dieu tout seul peut la faire sortir de sa nuit. Nous savons par saint Basile que ce psaume se récitait déjà de son temps à la même heure : Die jam illucescente, omnes simul velut ex uno ore et uno corde psalmum confessionis Domino concinunt, propria sibi unusquisque verbe poenitpntiae facientes .
Saint Benoît veut qu’on le dise avec Alléluia comme antienne, et peut être disait-on aussi l’Alléluia au cours des psaumes suivants. Vient ensuite le grand psaume de la résurrection, le CXVII : Confitemini Domino quoniam bonus, indiqué aussi pour Laudes dans la Règle de saint Césaire ad monachos. Puis le psaume LXII : Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo, tout désigné pour l’office matutinal, et dont saint Benoît n’a eu qu’à emprunter l’usage aux liturgies monastiques et autres. Même remarque pour le cantique Benedicite, les bénédictions , comme disent saint Benoît et saint Césaire, et pour les laudes (psaumes CXLVIlI, CXLlX, CL) .
On récite par cœur une seule leçon, tirée de l’Apocalypse. Ensuite un répons, sans doute un répons bref, l’hymne ambrosienne, le verset, et le cantique de l’Évangile, c’est-à-dire le Benedictus, choisi surtout à cause des derniers versets : Visitavit nos Oriens ex alto, illuminare his qui in tenebris et in umbra mords sedent. Enfin les litanies , c’est-à-dire le Kyrie eleison et l’ensemble des formules de conclusion ; et c’est tout, c’est le renvoi.