Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 26 - DE HIS QUI SINE IUSSIONE IUNGUNT SE EXCOMMUNICATIS 26 - LES FRÈRES QUI, SANS MANDAT, ENTRENT EN RAPPORT AVEC LES FRÈRES EXCLUS
Si quis frater præsumpserit sine iussione abbatis fratri excommunicato quolibet modo se iungere aut loqui cum eo vel mandatum ei dirigere, similem sortiatur excommunicationis vindictam. SI UN FRÈRE se permet, sans mandat de l’ab- bé, d’entrer en rapport avec un frère exclu, de parler avec lui ou de lui envoyer un message, il subira la même peine de l’exclusion.
Il va de soi que l’efficacité de l’excommunication était compromise, que le remède perdait toute sa vigueur, si la réalité même de l’excommunication n’existait plus : il fallait la solitude. Or voici comment, parfois, les choses se passaient. Un frère était excommunié : les mauvaises têtes étaient tentées de prendre parti pour lui, de l’appuyer dans sa révolte, de faire un peu de révolution. D’autres religieux, unis par un lien de parenté ou d’amitié avec le coupable, essayaient de se persuader que rien ne saurait prévaloir contre les mouvements et les attachements de la nature, et violaient la loi de quarantaine. D’autres, enfin, se laissaient prendre dé pitié à la vue de ce pauvre Holopherne, si méchamment écarté par l’Abbé, et leur tendresse, étourdie et meurtrière, déconcertait un traitement qu’elle ne comprenait pas. Sane si quis pro admisso quolibet delicto fuerit ab oratione suspensus, écrivait Cassien , nullus cicm eo prorsus orandi habet lieentiam... ; et quisquis orationi ejus, antequam recipiatur a seniore, inconsidera.ta pietate permotus communicare praesumpserit, conplicem se damnationis ejus efficiat, tradens scilicet semetipsum voluntarie Satanae, eui fille pro sui malus emendatione fuerat deputatus : in eo vel maxime gravies crimen incurrens, quod cura illo se vel confabulationis vel orationis communione miscendo majorem illi generet iitsolentiae fomitem, et contumaciam delinquentis in pejus enutriat.
En dehors d’une obédience donnée par l’Abbé, et dont il sera parlé plus au long dans le chapitre suivant, tout frère qui osera prendre contact avec l’excommunié et entrer en relation avec lui de quelque manière que ce soit, par des colloques ; par des messages, en se constituant son intermédiaire, celui-là entrera en partage de son excommunication, et se trouvera enveloppé dans la même sentence. Une telle mesure a paru sévère à certains commentateurs ; d’autant que, d’après le Droit ecclésiastique, les relations avec un coupable atteint d’excommunication majeure n’entraînaient que l’excommunication mineure. Mais il semble bien que primitivement, chez les clercs comme chez les moines, une infraction notable à la loi de l’excommunication entraînait pleine participation à la peine de l’excommunié ; on ne distinguait pas.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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