Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 32 -DE FERRAMENTIS VEL REBUS MONASTERII 32 - LES OUTILS ET OBJETS DU MONASTÈRE
Substantia monasterii in ferramentis vel vestibus seu quibuslibet rebus prævideat abbas fratres de quorum vita et moribus securus sit, et eis singula, ut utile iudicaverit, consignet custodienda atque recolligenda. Ex quibus abbas brevem teneat, ut dum sibi in ipsa adsignata fratres vicissim succedunt, sciat quid dat aut quid recipit. Si quis autem sordide aut neglegenter res monasterii tractaverit, corripiatur; si non emendaverit, disciplinæ regulari subiaceat. POUR LES OUTILS, vêtements et tous les autres objets que possède le monastère, l’abbé choisira des frères dont la vie et les moeurs lui inspirent confiance et, selon qu’il l’aura jugé bon, il leur en assignera la garde et le rangement. De ces objets, l’abbé tiendra un inventaire pour savoir ce qu’il donne et ce qu’il reçoit, quand les frères se relaient dans les emplois. Si quelqu’un traite avec malpropreté ou négligence les choses du monastère, il sera réprimandé et, s’il ne se corrige pas, il subira les sanctions de règle.
Il est facile de voir comment ce chapitre se rattache au précédent. De part et d’autre il s’agit des biens du monastère ; et le chapitre XXXll nous présente quelques-uns des aides que le chapitre XXXI promettait au cellérier.
Ce que possède le monastère en fait d’outils, de vêtements, de meubles quelconques, l’Abbé le confiera à des frères dont il connaît la bonne vie et les mœurs graves, et sur lesquels il puisse se reposer en toute sécurité. A chacun d’eux il assignera, selon qu’il le jugera à propos, un département spécial, avec charge de veiller à la conservation et à l’entretien des objets afférents à chaque service ; pour qu’ils ne s’égarent pas, ils les feront remettre, après usage, à la place accoutumée : consignet custodieda atque recolligenda. Ce n’est donc pas le cellérier qui se choisit des collaborateurs, c’est l’Abbé qui les lui donne. L’un sera chargé des instruments de travail, l’autre du vestiaire, un troisième de la bibliothèque, etc. Le cellérier conservait la direction immédiate des choses de l’office et de la cuisine,
Rien ne prouve que chez saint Benoît les instruments aient été distribués pour une semaine seulement, et que toutes les chargea dont il est ici question aient changé périodiquement de titulaires, comme pour le service de la cuisine (chap. XXXV), conformément à cette prescription de saint Pacôme : Omnia ferramenta hebdomade completa reportabuntur in unam domum ; et rursus qui succedunt hebdomade singulis domibus noverint quid distribuant . Cependant, saint Benoît prévoit que les frères se succéderont dans la garde des choses qui leur ont été confiées ; et comme ils pouvaient être tentés de se renvoyer l’un à l’autre le reproche de négligence, il tient à établir les responsabilités. De tous les objets distribués, l’Abbé, qui n’abdique pas, gardera par dévers lui un état, un inventaire, brève, afin de savoir exactement ce qu’il donne et ce qu’on lui rend. C’est une précaution de bonne et sûre comptabilité. D. Calmet relève avec à propos les analogies qui existent entre les dispositions de N. B. Père et celles des agronomes latins, Columelle et Varron.
Dans la troisième et dernière phrase de ce chapitre, N. B. Père prononce qu’un châtiment sera infligé à ceux qui traitent avec négligence ou malpropreté les meubles du monastère : la réprimande et, si la réprimande n’a pas de succès, l’application des différentes pénalités qui constituent la discipline régulière. Si quis de fratribus aliquid negligenter traclaverit, dit la Ire Règle des SS. Pères, partem se habere noverit cum illo rege, qui in vasis domus Dei sanctificatis cum suis bibebat concubinis, et qualem meruit vindictam . Dans le monde, c’est le bien-être de l’individu, le bien-être et l’honneur des siens, c’est le sentiment de la propriété personnelle qui portent au soin de la personne et des biens, aux économies, à l’ordre. Aussi les enfants, parce qu’ils ne prévoient pas, sont-ils rarement soigneux ; aussi les communistes et les socialistes, qui attribuent la propriété soit à la collectivité, soit à l’État, résoudront-ils difficilement le problème du travail et de l’épargne. Seule, la vie monastique a trouvé le moyen de supprimer la propriété personnelle et de fournir en même temps au travail, à l’économie et au soin, non pas un motif ou un excitant quelconque, mais le plus puissant de tous : la conviction que nous travaillons pour Dieu et que c’est aux biens de Dieu que va notre respect. Encore est-il indispensable que ces considérations ne demeurent pas dans les hauteurs abstraites, mais se réalisent pratiquement dans la conduite de chacun. Alors ce n’est pas seulement le bon ordre extérieur et l’hygiène qui bénéficient du soin scrupuleux des vêtements, de la personne, de la cellule, des livres, des outils, de toutes choses ; c’est encore l’âme, c’est la délicatesse de la conscience, c’est notre famille surnaturelle, c’est Dieu même.
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