Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 45 - DE HIS QUI FALLUNTUR IN ORATORIO 45 - LES FAUTES COMMISES À L’ORATOIRE
Si quis dum pronuntiat psalmum, responsorium, antefanam vel lectionem fallitus fuerit, nisi satisfactione ibi coram omnibus humiliatus fuerit, maiori vindictæ subiaceat, quippe qui noluit humilitate corrigere quod neglegentia deliquit. Infantes autem pro tali culpa vapulent. SI QUELQU’UN se trompe en prononçant un psaume, un répons, une antienne ou une lecture, et ne répare pas sa faute sur place en s’humiliant devant tous, il sera astreint à une peine plus sévère pour n’avoir pas voulu corriger par l’humilité sa négligence coupable; les enfants, pour de telles fautes, seront fouettés.
Ce n’est plus de graves irrégularités qu’il s’agira désormais, mais d’erreurs purement matérielles, tout au plus de délits auxquels notre volonté est intéressée seulement par une part de négligence ou d’inadvertance. Les anciens nous ont appris à ne pas prendre trop facilement notre parti même de ces détails . A l’oratoire, en particulier, où tout est saint, où l’œuvre accomplie est d’une importance souveraine, où la routine, la lâcheté, la somnolence sont toujours à craindre, chaque manquement réclame une expiation immédiate et proportionnée à sa gravité. Quiconque, dit la Règle, se trompe en donnant un psaume, un répons, une antienne ou une leçon, doit satisfaction. Cette erreur peut être une faute de prononciation qui fait dire un mot pour un autre ou défigurer un mot, ou bien une faute de chant, ou bien l’intonation d’une formule liturgique qui n’est pas celle que réclament les rubriques : saint Benoît ne spécifie pas et emploie l’expression générale : dum pronuntiat. Il ne dit pas davantage en quoi consiste la satisfaction exigée. Mais nous pouvons supposer avec vraisemblance que dans sa pensée il s’agit de l’humiliation que s’impose à lui-même le délinquant, en s’agenouillant ou en se prosternant à sa place, sous les yeux de tous. Avec quelques différences de détail, telles sont encore et telles ont toujours été, dans les diverses branches de l’Ordre, les satisfactions ordinaires du chœur.
Il n’est pas nécessaire, pour que la satisfaction soit due, que notre faute ait provoqué un désordre appréciable ou bien un peu de cacophonie, ni même que le voisin s’en soit aperçu. Ce n’est pas une question d’esthétique générale, mais bien d’équité religieuse. C’est le fait de l’imperfection se glissant là où la perfection doit être achevée et continue ; c’est l’acquittement d’une dette réelle contractée envers la majesté divine. Toute la physionomie de notre religion dépend de l’idée que nous avons de Dieu et de l’attitude que cette idée nous fait prendre en face de lui. Dieu, dans la loi nouvelle, ne nous a pas écrasés sous un fardeau de prescriptions rituelles multiples, parce qu’il a cru que la charité suffirait à régler notre attitude devant sa Beauté. Il est des délicatesses qu’on ne s’attend pas à rencontrer chez des esclaves, mais qu’on peut s’étonner de ne pas trouver chez des fils. Nos satisfactions doivent se faire spontanément, avec une âme libérale, dans un empressement de foi et de charité. Elles doivent être accomplies sur-le-champ, sans contestation avec soi-même, sans plaidoirie secrète. Rien de meilleur pour affiner la conscience que ces réparations généreuses pour des fautes menues et de fragilité. N. B. Père prononce que celui qui n’aura pas voulu s’infliger à lui-même le châtiment et corriger sa négligence par un acte d’humilité, encourra une peine plus sévère . Puisqu’il déchoit volontairement de sa qualité de fils pour retourner à des dispositions serviles, on le traitera comme l’esclave qu’il veut être, et il n’y gagnera rien.
Infantes vero pro tali culpa vapulent. Nous savons qu’il y avait des enfants au monastère, qu’ils étaient de vrais religieux, qu’ils assistaient à tous les offices. La Règle vient au secours d’une conscience qui n’est point encore pleinement développée, et stipule .que leurs fautes de chant ou de psalmodie recevront le châtiment des verges . Les anciennes Coutumes, celles d’Udalric en particulier , décrivent par le menu le procédé de la correction des enfants.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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