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Vigiles (OSB) du jeudi 14 décembre 2017 - St Jean de la Croix, prêtre et docteur de l'Église

Hebdomada II Adventus IIème semaine de l'Avent
Feria V Jeudi
S. Ioannis a Cruce, presbyteri et Ecclesiae doctoris St Jean de la Croix, prêtre et docteur de l'Église
Memoria Mémoire
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Isaíæ prophétæ Du livre d'Isaïe
Lectio I Lecture I
Semita iusti recta est; rectum callem iusti complánas. Et in sémita iudiciórum tuórum, Dómine, sperávimus in te; ad nomen tuum et ad memoriále tuum desidérium ánimæ. Anima mea desíderat te in nocte, sed et spíritu meo in præcórdiis meis te quæro. Cum resplendúerint iudícia tua in terra, iustítiam discent habitatóres orbis. Fit misericórdia ímpio, non discet iustítiam; in terra probitátis iníque gerit et non videt maiestátem Dómini. Le sentier du juste, c'est la droiture, tu aplanis la droite trace du juste. Oui, dans le sentier de tes jugements, nous t'attendions, Seigneur, à ton nom et à ta mémoire va le désir de l'âme. Mon âme t'a désiré pendant la nuit, oui, au plus profond de moi, mon esprit te cherche, car lorsque tu rends tes jugements pour la terre, les habitants du monde apprennent la justice. Si l'on fait grâce au méchant sans qu'il apprenne la justice, au pays de la droiture il fait le mal, sans voir la majesté du Seigneur.
R/. Ierúsalem, cito véniet salus tua: quare mæróre consúmeris? Numquid consiliárius non est tibi, quia innovávit te dolor? * Salvábo te et liberábo te, noli timére. V/. Israel, si me audíeris, non erit in te deus recens, neque adorábis deum aliénum: ego enim Dóminus. * Salvábo te. R/. Jérusalem, voici qu'arrive ton salut: pourquoi te consumer de chagrin? N'as-tu donc aucun bon conseiller, que ta douleur se renouvelle? * Ne crains pas! je suis ton Sauveur, ton libérateur! V/. Écoute, je t'adjure Israël, tu n'auras pas chez toi d'autres dieux; tu ne serviras aucun dieu étranger; c'est moi le Seigneur! * Ne crains pas.
Lectio II Lecture II
Domine, exaltáta est manus tua, et non vident; vídeant confúsi zelum tuum in pópulum, et ignis hóstium tuórum devorábit eos. Dómine, dabis pacem nobis; ómnia enim ópera nostra operátus es nobis. Dómine Deus noster, possedérunt nos dómini absque te; tantum in te recordémur nóminis tui. Mórtui non revivíscent, defúncti non resúrgent; proptérea visitásti et contrivísti eos et perdidísti omnem memóriam eórum. Auxísti gentem, Dómine, auxísti gentem, glorificátus es; elongásti omnes términos terræ. Dómine, in angústia quæsiérunt te, fudérunt incantatiónem, castigátio tua in eis. Seigneur, ta main est levée et ils ne voient pas! Ils verront, pleins de confusion, ton amour jaloux pour ce peuple, oui, le feu préparé pour tes ennemis les dévorera. Seigneur, tu nous assures la paix, et même toutes nos œuvres, tu les accomplis pour nous. Seigneur notre Dieu, d'autres maîtres que toi ont dominé sur nous, mais, attachés à toi seul, nous invoquons ton nom. Les morts ne revivront pas, les ombres ne se relèveront pas, car tu les as visités, exterminés, tu as détruit jusqu'à leur souvenir. Tu as fait de nous une nation, Seigneur, tu as fait de nous une nation et tu as été glorifié. Tu as fait reculer les limites du pays. Seigneur, dans la détresse ils t'ont cherché, ils se répandirent en prière car ton châtiment était sur eux.
R/. Ierúsalem, surge, et sta in excélso, et vide * Iucunditátem quæ véniet tibi a Deo tuo. V/. Leva in circúitu óculos tuos, et vide et contempláre, * Iucunditátem quæ. R/. Debout, Jérusalem! Tiens-toi sur la hauteur et considère * La joie qui te vient de ton Dieu! V/. Lève les yeux tout alentour, et contemple * La joie.
Lectio III Lecture III
Sicut quæ cóncipit, cum appropinquáverit ad partum dolens clamat in dolóribus suis, sic facti sumus a fácie tua, Dómine. Concépimus et parturívimus, quasi pepérimus ventum. Salútes non fécimus in terra, ídeo non nati sunt habitatóres terræ. Revivíscent mórtui tui, interfécti mei resúrgent. Expergiscímini et laudáte, qui habitátis in púlvere, quia ros lucis ros tuus, et terra defúnctos suos edet in lucem. Vade, pópulus meus, intra in cubícula tua, claude óstia tua super te, abscóndere módicum ad moméntum, donec pertránseat indignátio. Ecce enim Dóminus egrediétur de loco suo, ut vísitet iniquitátem habitatóris terræ contra eum; et revelábit terra sánguinem suum et non opériet ultra interféctos suos. Comme la femme enceinte à l'heure de l'enfantement souffre et crie dans ses douleurs, ainsi étions-nous devant ta face, Seigneur. Nous avons conçu, nous avons souffert, mais c'était pour enfanter du vent: nous n'avons pas donné le salut à la terre, il ne naît pas d'habitants au monde. Tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront. Réveillez-vous et chantez, vous qui habitez la poussière, car ta rosée est une rosée lumineuse, et le pays va enfanter des ombres. Va, mon peuple, entre dans tes chambres, ferme tes portes sur toi; cache-toi un tout petit instant, jusqu'à ce qu'ait passé la fureur. Car voici le Seigneur qui sort de sa demeure pour châtier la faute des habitants de la terre; et la terre dévoilera son sang, elle cessera de recouvrir ses cadavres.
R/. Ecce Dóminus véniet et omnes sancti eius cum eo, et erit in die illa lux magna; et exíbunt de Ierúsalem sicut aqua munda: * Et regnábit Dóminus in ætérnum super omnes gentes. V/. A solis ortu et occásu, ab aquilóne et mari. * Et regnábit. V/. Glória Patri. * Et regnábit. R/. Voici venir le Seigneur avec tous les saints de son cortège; en ce jour-là resplendira une grande lumière, et il sortira de Jérusalem comme une eau pure: * Le Seigneur régnera pour l'éternité sur toutes les nations. V/. Du nord et du midi, du levant et du couchant, * Le Seigneur. V/. Gloire au Père. * Le Seigneur.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Tractátu sancti Ioánnis a Cruce presbýteri Flamma amóris viva (Versus 2: ed. Coloniæ Agrippinæ, 1639, 288-289) Extrait du traité de saint Jean de la Croix, La vive flamme d'amour
Lectio I Lecture I
Vulneri ípsemet, qui illud infert medétur, dumque illud inflígit sanat, quæ res símilis est áliqua ratióne ferro naturáli igne succénso; quod cum vúlneri superpónitur majus illud éfficit, facítque, ut id quod prius erat vulnus ferro vel áliquo álio modo inflíctum, iam vulnus ignis evádat; quod si plúries idem ferrum vúlneri superponerétur, majus ignis vulnus fíeret, donec destituerétur subjéctum. Ad eúmdem modum, illud amóris divíni cautérium vulnus illud amóris, quod ánimæ intúlerat sanat; et quotiescúmque iteráto cautérium istud ápplicat, majus éfficit vulnus. Amóris quippe medicína est, rem sauciátam dénuo sauciáre, donec tota ánima in vulnus amóris convertátur. Hocque modo, tota iam unum amóris vulnus effécta, tota est sana in amórem transformáta et in amóre vulneráta. In hoc quippe evéntu ille qui magis plagátus est, magis est sanus; qui vero totus est plagátus, totus est omníno sanus. Cette plaie est produite par le cautère même qui la guérit, et c'est en la produisant qu'il la guérit. Il en est à peu près de même du cautère de feu matériel. Lorsqu'on le pose sur une plaie, il l'agrandit, et s'il s'imprime sur une plaie causée par le fer ou autrement, cette plaie devient une plaie de feu, et plus le cautère s'y imprime fortement, plus la plaie s'enflamme, au point que le sujet succombe. Ce divin cautère d'amour guérit lui-même la plaie d'amour qu'il produit dans l'âme, et en même temps, chaque fois qu'il s'y imprime, autant de fois il l'agrandit. En effet, pour l'amour, guérir, c'est faire plaie sur plaie et blessure sur blessure, jusqu'à ce que l'âme en vienne à n'être plus qu'une plaie d'amour. Et c'est lorsqu'elle n'est plus qu'une plaie d'amour, qu'elle se trouve entièrement sainte, toute transformée en amour, toute blessée d'amour. Ici, c'est celui qui est le plus blessé qui se trouve le plus sain, et celui qui n'est plus qu'une plaie est totalement sain.
R/. Nos autem gloriári opórtet in cruce Dómini nostri Iesu Christi: in quo est salus, vita, et resurréctio nostra; * Per quem salváti et liberáti sumus. V/. Absit mihi gloriári, nisi in cruce Dómini mei Iesu Christi. * Per quem. R/. Pour nous, il nous faut tirer gloire de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ! En lui réside notre salut, notre vie, notre résurrection; * Par lui, nous sommes sauvés, libérés! V/. Pour moi, non, jamais d'autre titre de gloire que la croix de mon Seigneur Jésus-Christ! * Par lui.
Lectio II Lecture II
Nec quia hæc ánima tota iam sit sauciáta, et tota sana, proptérea cautérium munus suum, quod est amóre sauciáre, non exércet, sed tunc iam, pótius delínit et obléctat sanátum vulnus, modo nuper explicáto: et proptérea ait: " O delicátam plagam quæ tanto suávior deliciosiórque est, quanto a sublimióri et eminentióri amóris igne effécta est! " Cum enim vulnus istud Spíritus Sanctus ad ánimam oblectándam inflíxerit; desideriúmque ac volúntas ipsíus eam oblectándi sit ingens; necésse étiam est vulnus esse permágnum, ut ánima cui inflígitur maximópere delíciis deliniátur. Et l'âme a beau être entièrement blessée et entièrement saine, le cautère ne laisse pas de faire son office, qui est de blesser d'amour. Mais alors son office est de rendre délicieuse cette plaie qui est sa parfaite santé. C'est ce que nous avons dit déjà. Aussi s'écrie-t-elle: « Ô plaie délicieuse, d'autant plus délicieuse que le feu d'amour qui la cause est plus sublime et plus exquis! » Comme l'Esprit Saint n'a fait cette plaie à l'âme que pour la combler de délices, et que son désir, sa volonté de l'en combler est immense, immense sera la plaie, immense sera la jouissance dont cette plaie est la source.
R/. In médio Ecclésiæ apéruit os eius, * Et implévit eum Dóminus spíritu sapiéntiæ et intelléctus. V/. Iucunditátem et exsultatiónem thesaurizávit super eum. * Et implévit. R/. Le Seigneur lui ouvre la bouche au milieu de l'assemblée, * Il le remplit d'un esprit de sagesse et d'intelligence. V/. En sa personne, il amasse un trésor de joie et d'allégresse. * Il le remplit.
Lectio III Lecture III
O felix nimiúmque felix plaga! Quandóquidem non ob áliud fuísti inflícta, nisi ut suavitáte deliciísque permulcéres ánimam. Ingens vulnus est, quia imménsus est qui illud inflíxit: ingéntes quoque ipsíus delíciæ, quóniam infinítus est amóris ignis. O ergo delicátam plagam! et eo sublímius delicátam quo intímius ánimæ centrum, cautérium amóris attíngit, quidquid inflammári pótuit inflammándo, ut quidquid oblectári pótuit oblectáret. Ô heureuse et bienheureuse plaie, qui n'as été faite que pour caresser! Le mal que tu causes est un combleé de délices pour l'âme ainsi blessée. Tu es immense, ô plaie de suavité! parce que celui qui t'a faite est immense. Immenses sont les délices que tu causes, parce que c'est le feu d'amour, feu infini. Oui, encore une fois, plaie toute de suavité et d'autant plus sublime en suavité que le cautère s'est imprimé plus profondément au centre intime de la substance même de l'âme, consumant tout ce qui se peut consumer, afin de verser la suavité autant qu'elle se peut verser.
R/. Dómine, prævenísti eum in benedictiónibus dulcédinis, * Posuísti in cápite eius corónam de lápide pretióso. V/. Vitam pétiit a te, et tribuísti ei longitúdinem diérum in sæculum sæculi. * Posuísti. V/. Glória Patri. * Posuísti. R/. Seigneur, tu l'as devancé par la douceur de tes bénédictions: * Tu mets sur sa tête une couronne sertie de pierres précieuses. V/. La vie qu'il t'a demandée, tu la lui donnes: de longs jours, des années sans fin. * Tu mets. V/. Gloire au Père. * Tu mets.