Vigiles (OSB) du vendredi 5 janvier 2018 -

Hebdomada II post Nativitatem IIème semaine après la Nativité
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Cántico canticórum Du Cantique des cantiques
Lectio I Lecture I
Ego dilécto meo et ad me appetítus eius. Veni, dilécte mi, egrediámur in agrum, commorémur in villis; mane properábimus ad víneas, vidébimus si flóruit vínea, si flores aperiúntur, si floruérunt mala púnica; ibi dabo tibi amóres meos. Mandrágoræ dedérunt odórem; in portis nostris ómnia poma óptima, nova et vétera, dilécte mi, servávi tibi. Je suis à mon bien-aimé, et vers moi se porte son désir. Viens, mon bien-aimé, allons aux champs! Nous passerons la nuit dans les villages, dès le matin nous irons aux vignobles. Nous verrons si la vigne bourgeonne, si ses pampres fleurissent, si les grenadiers sont en fleur. Alors je te ferai le don de mes amours. Les mandragores exhalent leur parfum, à nos portes sont tous les meilleurs fruits. Les nouveaux comme les anciens, je les ai réservés pour toi, mon bien-aimé.
R/. Beáta víscera Maríæ Vírginis, quæ portavérunt ætérni Patris Fílium, et beáta úbera quæ lactavérunt Christum Dóminum: * Quia hódie pro salúte mundi de Vírgine nasci dignátus est. V/. Dies sanctificátus illúxit nobis: veníte, Gentes, et adoráte Dóminum. * Quia. R/. Bienheureuse la Vierge Marie, qui a porté dans ses entrailles le Fils du Père éternel, et a nourri de son lait le Seigneur Christ! * Il a daigné, aujourd'hui, naître d'une Vierge pour le salut du monde. V/. Un jour sanctifié nous illumine: venez, nations, adorer le Seigneur. * Il.
Lectio II Lecture II
Quæ est ista quæ ascéndit de desérto, inníxa super diléctum suum? Sub arbóre malo suscitávi te; ibi parturívit te mater tua, ibi parturívit te génetrix tua. Qui est celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé? Sous le pommier je t'ai réveillée, là même où ta mère te conçut, là où conçut celle qui t'a enfantée.
R/. Verbum caro factum est, et habitávit in nobis. * Et vídimus glóriam eius, glóriam quasi Unigéniti a Patre, plenum grátiæ et veritátis. V/. In princípio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum et Deus erat Verbum. * Et. R/. Le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous. * Et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. V/. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. * Et.
Lectio III Lecture III
Pone me ut signáculum super cor tuum, ut signáculum super bráchium tuum, quia fortis est ut mors diléctio, dura sicut inférnus æmulátio; lámpades eius lámpades ignis atque flammæ divínæ. Aquæ multæ non potuérunt exstínguere caritátem, nec flúmina óbruent illam; si déderit homo omnem substántiam domus suæ pro dilectióne, quasi nihil despícient eum. Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras. Car l'amour est fort comme la mort, la passion inflexible comme le Shéol. Ses traits sont des traits de feu, une flamme de Yahvé. Les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour, ni les fleuves le submerger. Qui offrirait toutes les richesses de sa maison pour acheter l'amour, ne recueillerait que mépris.
R/. Beáta et venerábilis, Virgo, quæ sine tactu pudóris invénta est Mater Salvatóris. * Iacébat in præsépio et fulgébat in cælo. V/. Dómine, audívi audítum tuum et tímui, considerávi ópera tua et expávi; in médio duórum animálium. * Iacébat. V/. Glória Patri. * Iacébat. R/. Tu es bienheureuse et vénérable, ô sainte Vierge Marie, car sans offense à ta pudeur, tu es devenue la Mère du Sauveur. * Il reposait dans une mangeoire, celui qui resplendissait aux cieux. V/. Seigneur, j'ai entendu parler de toi, et je suis saisi de crainte; j'ai réfléchi à tes œuvres, et je frémis: te voir entre deux animaux! * Il. V/. Gloire au Père. * Il.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus Petri Blesénsis presbýteri (Sermo 6: PL 207, 579-580) Sermon de Pierre de Blois
Lectio I Lecture I
A diébus æternitátis latúerat et abscónditum fúerat verbum Patris, sicut scriptum est: Pósuit ténebras latíbulum suum. Et álius prophéta dicit: Vere Deus abscónditus tu es, Rex Israel salvátor. Et illud altérius prophétæ: Bráchium Dómini cui revelátum est? Venit enim de monte condénso et umbróso. Nam sacraméntum hoc, sicut Apóstolus dicit, non est ágnitum áliis generatiónibus. Ideo antíquis pátribus videbátur quia nimis esset Christus elongátus ab eis. Unde cum Isaías de Verbi Incarnatióne loquerétur: Verbum, inquit, véniet de longínquo. Et hoc est quod in Númeris légitur: Audítor sermónum meórum, vidébo eum, sed non modo; intuébor eum, sed non prope. Conclúserat Dóminus ómnia sub peccáto, ut ómnium misererétur. Omnes peccáverant et egébant grátia Dei. Ideóque erat Dóminus elongátus ab eis quia longe a peccatóribus salus. Depuis les jours de l'éternité, le Verbe du Père était demeuré caché et inconnu, comme il est écrit: Il a choisi les ténèbres pour s'y cacher. Et un autre prophète dit: Tu es vraiment un Dieu caché, roi d'Israël, notre Sauveur. Vois encore cette parole d'un troisième: À qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé? En effet, il vient d'une montagne obscure et ombragée. Car, ainsi que le dit l'Apôtre, ce mystère n'a pas été manifesté aux autres générations. C'est pourquoi il semblait aux anciens pères que le Christ était extrêmement éloigné d'eux. Aussi Isaïe annonce-t-il, parlant de l'Incarnation du Verbe: La parole viendra de loin. Et c'est ce qu'on lit dans le livre des Nombres: Celui qui entend mes paroles, je le verrai, mais non pas tout de suite; je le regarderai, mais non de près. Le Seigneur avait tout enfermé sous le péché, afin de faire à tous miséricorde. Tous avaient péché et étaient privés de la gloire de Dieu. Et c'est pourquoi le Seigneur s'était éloigné d'eux, car le salut est loin des pécheurs.
R/. Congratulámini mihi, omnes qui dilígitis Dóminum: quia cum essem párvula plácui Altíssimo, * Et de meis viscéribus génui Deum et hóminem. V/. Beátam me dicent omnes generatiónes, quia ancíllam húmilem respéxit Deus. * Et. R/. Réjouissez-vous avec moi, vous tous qui aimez le Seigneur. Comme j'étais toute petite, j'ai plu au Très-Haut, * Et de mon sein, j'ai mis au monde le Dieu fait homme. V/. Tous les âges me diront bienheureuse, car Dieu s'est penché sur son humble servante. * Et.
Lectio II Lecture II
Sed egréssus est verus Isaac noster, ut meditarétur in agro, sicut ipse dicit: Exívi a Patre et veni in mundum, ex útero Patris ante lucíferum génitus venit in úterum Vírginis Matris. A summo équidem cælo egréssio eius. Et testimónio Michææ prophétæ: Egréssio eius ab inítio a diébus æternitátis. De illíus egréssu et regréssu evangelísta testimónium ferens: A Deo, inquit, venit et ad Deum vadit. Egréditur Isaac in agrum ut meditétur. Mais notre véritable Isaac est sorti, afin de méditer dans un champ, comme il le dit lui-même: Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; né du sein du Père avant l'aurore, il est venu dans le sein de la Vierge Mère. Sa sortie a pour origine le plus haut des cieux. Et Michée d'attester: Sa sortie remonte au commencement, aux jours de l'éternité. Quant à l'évangéliste Jean, il rend témoignage de sa sortie et de sa rentrée: Il est venu de Dieu et il va à Dieu. Isaac sort donc dans un champ pour y méditer.
R/. Beáta es, Virgo María, quæ ómnium portásti Creatórem sæculórum. * Genuísti qui te fecit, et in ætérnum pérmanes virgo. V/. Ave, María, grátia plena, Dóminus tecum. * Genuísti. R/. Bienheureuse es-tu, Vierge Marie, tu as porté le Créateur de l'univers, * Tu as enfanté celui qui t'a créée, et tu demeures vierge à jamais. V/. Réjouis-toi, Marie, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. * Tu.
Lectio III Lecture III
Quis est iste ager, nisi úterus Vírginis qui prodúcit germen Dómini in magnificéntia et glória? Hic est ager cui benedíxit Dóminus et de quo scriptum est: Pulchritúdo agri mecum est. Et quid cógitat Dóminus? Cogitávi, inquit, cogitatiónes pacis: hic est verus Ioseph qui míttitur a patre ut vídeat fratres suos et pécora. Nonne missus est qui dicit: Spíritus Dómini super me, eo quod únxerit me; ad evangelizándum paupéribus misit me? Ipse est qui dicit: Dóminus misit me et Spíritus eius. Missus est Ioseph ad fratres suos. Fratres Christi omnes sunt qui Christi fidem recípiunt. Quel est ce champ, sinon le sein de la Vierge qui produit le germe du Seigneur dans la magnificence et la gloire? C'est lui, le champ qu'a béni le Seigneur et dont il est écrit: La beauté des champs est avec moi. Et quelles sont les pensées du Seigneur? Mes pensées sont des pensées de paix. C'est lui, le vrai Joseph, envoyé par le Père pour rendre visite à ses frères et à leurs troupeaux. N'a-t-il pas été envoyé, celui qui affirme: L'Esprit du Seigneur est sur moi, car il m'a consacré par l'onction; il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres? C'est lui-même qui dit: Le Seigneur et son Esprit m'ont envoyé. Joseph a été envoyé à ses frères. Les frères du Christ, ce sont tous ceux qui accueillent la foi au Christ.
R/. Confirmátum est cor Vírginis, in quo divína mystéria Angelo narránte, concépit. Te, formam præ fíliis hóminum, castis suscépit viscéribus, * Et benedícta in ætérnum, Deum nobis prótulit et hóminem. V/. Domus pudíci péctoris templum repénte fit Dei: intácta nésciens virum, verbo concépit Fílium. * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. Elle est affermie en Dieu, la Vierge, qui, dès l'annonce par l'ange des mystères divins conçut dans son cœur. Toi, le plus beau des enfants des hommes, elle te reçut dans ses chastes entrailles : * Et bénie éternellement, elle mit au monde, pour nous, le Dieu fait homme. V/. Le cœur, demeure de pureté, devint soudain temple de Dieu; l'Immaculée, sans connaître d'homme, d'une parole conçut le Fils. * Et. V/. Gloire au Père. * Et.