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Vigiles (OSB) du jeudi 18 janvier 2018 -

Hebdomada II per annum IIème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
Factus est sermo Dómini ad Abram per visiónem dicens: " Noli timére, Abram! Ego protéctor tuus sum, et merces tua magna erit nimis. " Dixítque Abram: " Dómine Deus, quid dabis mihi? Ego vadam absque líberis, et heres domus meæ erit Damascénus Elíezer. " Addidítque Abram: " En mihi non dedísti semen, et ecce vernáculus meus heres meus erit. " Sed ecce sermo Dómini factus est ad eum: " Non erit hic heres tuus, sed qui egrediétur de viscéribus tuis, ipsum habébis herédem. " Eduxítque eum foras et ait illi: " Súspice cælum et númera stellas, si potes. " Et dixit ei: " Sic erit semen tuum. " Crédidit Dómino, et reputátum est ei ad iustítiam. La parole du Seigneur fut adressée à Abram, dans une vision: " Ne crains pas, Abram! Je suis ton bouclier, ta récompense sera très grande. " Abram répondit: " Mon Seigneur Dieu, que me donnerais-tu? Je m'en vais sans enfant... " Abram dit: " Voici que tu ne m'as pas donné de descendance et qu'un des gens de ma maison héritera de moi. " Alors cette parole du Seigneur lui fut adressée: " Celui-là ne sera pas ton héritier, mais bien quelqu'un issu de ton sang. " Il le conduisit dehors et dit: " Lève les yeux au ciel et dénombre les étoiles si tu peux les dénombrer " et il lui dit: " Telle sera ta postérité. " Abram eut foi dans le Seigneur, qui le lui compta comme justice.
R/. Locútus est Dóminus ad Abraham, dicens: Egrédere de terra et de cognatióne tua, et veni in terram quam monstrávero tibi; * Et fáciam te créscere in gentem magnam. V/. Benedícens benedícam tibi et multiplicábo te. * Et fáciam. R/. Le Seigneur adressa la parole à Abraham: Sors de ton pays, laisse ta parenté, va dans le pays que je te montrerai; * Je ferai naître de toi une grande nation. V/. Je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance. * Je ferai naître.
Lectio II Lecture II
Dixítque ad eum: " Ego Dóminus, qui edúxi te de Ur Chaldæórum, ut darem tibi terram istam, et possidéres eam. " Et ille ait: " Dómine Deus, unde scire possum quod possessúrus sim eam? " Respóndens Dóminus: " Sume, inquit, mihi vítulam triénnem et capram trimam et aríetem annórum trium, túrturem quoque et colúmbam. " Qui tollens univérsa hæc divísit ea per médium et utrásque partes contra se altrínsecus pósuit; aves autem non divísit. Descenderúntque vólucres super cadávera, et abigébat eas Abram. Il lui dit: " Je suis le Seigneur qui t'ai fait sortir d'Ur des Chaldéens, pour te donner ce pays en possession. " Abram répondit: " Mon Seigneur Dieu, à quoi saurai-je que je le posséderai? " Il lui dit: " Va me chercher une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et un pigeonneau. " Il lui amena tous ces animaux, les partagea par le milieu et plaça chaque moitié vis-à-vis de l'autre; cependant il ne partagea pas les oiseaux. Les rapaces s'abattirent sur les cadavres, mais Abram les chassa.
R/. Movens ígitur Abram tabernáculum suum, venit et habitávit iuxta convállem Mambre, * Ædificavítque ibi altáre Dómino. V/. Dixit autem Dóminus ad eum: Leva in circúitu óculos tuos et vide: omnem terram, quam cónspicis, tibi dabo et sémini tuo in sempitérnum. * Ædificavítque. R/. Abram déplaça son campement et alla s'installer près de la vallée de Mambré; * Et là, il dressa un autel au Seigneur. V/. Le Seigneur lui dit: Lève les yeux tout alentour et regarde: tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta postérité, pour toujours. * Et là.
Lectio III Lecture III
Cumque sol occúmberet, sopor írruit super Abram, et ecce horror magnus et tenebrósus invásit eum. Dictúmque est ad eum: " Scito prænóscens quod peregrínum futúrum sit semen tuum in terra non sua, et subícient eos servitúti et afflígent quadringéntis annis. Verúmtamen et gentem, cui servitúri sunt, ego iudicábo, et post hæc egrediéntur cum magna substántia. Tu autem ibis ad patres tuos in pace, sepúltus in senectúte bona. Generatióne autem quarta reverténtur huc; necdum enim complétæ sunt iniquitátes Amorræórum usque ad præsens tempus. " Cum ergo occubuísset sol, facta est calígo tenebrósa, et appáruit clíbanus fumans et lampas ignis tránsiens inter divisiónes illas. In illo die pépigit Dóminus cum Abram fœdus dicens: " Sémini tuo dabo terram hanc a flúvio Ægýpti usque ad magnum flúvium Euphráten. " Comme le soleil allait se coucher, une torpeur tomba sur Abram et voici qu'un grand effroi le saisit. Le Seigneur dit à Abram: " Sache bien que tes descendants seront des étrangers dans un pays qui ne sera pas le leur. Ils y seront esclaves, on les opprimera pendant quatre cents ans. Mais je jugerai aussi la nation à laquelle ils auront été asservis et ils sortiront ensuite avec de grands biens. Pour toi, tu t'en iras en paix avec tes pères, tu seras enseveli dans une vieillesse heureuse. C'est à la quatrième génération qu'ils reviendront ici, car jusque-là l'iniquité des Amorites n'aura pas atteint son comble. " Quand le soleil fut couché et que les ténèbres s'étendirent, voici qu'un four fumant et un brandon de feu passèrent entre les animaux partagés. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes: " A ta postérité je donne ce pays, du Fleuve d'Égypte jusqu'au Grand Fleuve, le fleuve d'Euphrate. "
R/. Crédidit Abraham Deo, et reputátum est ei ad iustítiam; * Et ídeo amícus Dei appellátus est. V/. Fuit autem iustus coram Dómino, et ambulávit in viis eius; * Et ídeo. V/. Glória Patri. * Et ídeo. R/. Abraham eut foi en Dieu, et de ce fait Dieu estima qu'il était juste; * C'est pourquoi il reçut le nom d'ami de Dieu. V/. Abraham fut un homme juste aux yeux du Seigneur, il marcha selon ses voies; * C'est pourquoi. V/. Gloire au Père. * C'est pourquoi.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Tractátu sancti Ambrósii epíscopi De Abraham (Nn. 17-21: CSEL 32, 514-517) Traité de saint Ambroise sur Abraham
Lectio I Lecture I
Quantum illud quod de præda victóriæ nihil vóluit Abraham contíngere nec oblátum súmere! Mínuit enim fructum triúmphi mercédis suscéptio et benefícii ádimit grátiam. Ideóque quóniam sibi mercédem ab hómine non quæsívit, a Deo accépit, sicut légimus scriptum quia post hæc verba factum est Dómini verbum ad Abraham in visu dicens: " Noli timére Abraham, ego prótegam te. Merces tua multa erit valde. " Ab ipso quoque Dómino mercédem quam póstulet considerémus. Non divítias ut avárus expóscit, non longævitátem istíus vitæ ut meticulósus mortis, non poténtiam, sed dignum quærit sui herédem labóris. Combien n'est-il pas frappant que, du butin provenant de la victoire, Abraham ne voulut toucher ni prendre rien de ce qu'on lui offrait? Le fruit du triomphe diminue, en effet, dès qu'on reçoit la récompense et la grâce du bienfait. C'est pourquoi, n'ayant pas demandé à l'homme sa récompense, c'est de Dieu qu'Abraham la reçut, ainsi que nous le lisons: Après ces paroles, Dieu fit entendre en vision sa parole à Abraham en disant: " Ne crains pas, Abraham, je te protégerai; très grande sera ta récompense. " Considérons aussi quelle récompense Abraham sollicite du Seigneur: ce ne sont pas les richesses qu'il réclame, comme un avare; ce n'est pas la longévité, comme s'il craignait la mort; ce n'est pas la puissance, mais un digne héritier de son labeur.
R/. Factus est sermo Dómini ad Abraham, dicens: Noli timére, Abraham, * Ego protéctor tuus sum, et merces tua magna nimis. V/. Ego enim sum Dóminus Deus tuus, qui edúxi te de Ur Chaldæórum. * Ego protéctor tuus. R/. Le Seigneur adressa la parole à Abraham en ces termes: Ne crains pas, Abraham, * Je suis moi-même, pour toi, un bouclier, un surabondant et merveilleux salaire! V/. C'est moi le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée. * Je suis.
Lectio II Lecture II
NonN erit, inquit, heres tuus hic, sed alter qui exíerit de te, ille erit heres tuus. Per Isaac legítimum fílium illum verum legítimum póssumus intellégere Dóminum Iesum, quem in princípio evangélii secúndum Matthæum Abrahæ fílium légimus, qui verum se Abrahæ gessit herédem, auctóris illúminans successiónem, per quem Abraham respéxit in cælum et splendórem suæ posteritátis agnóvit non minus illústrem quam stellárum cæléstium fulget cláritas. Ce ne sera pas, est-il dit, un esclave qui sera ton héritier, mais celui qui sortira de tes entrailles, voilà quel il sera. Par Isaac, fils légitime, nous pouvons entendre ce vrai fils légitime qu'est le Seigneur Jésus qui, lisons-nous au début de l'évangile selon saint Matthieu, est appelé fils d'Abraham, qui se donne comme son héritier légitime, illustrant la succession de son auteur, par qui Abraham put regarder le ciel et avoir connaissance d'une splendide postérité non moins éclatante que la clarté des étoiles.
R/. Vocávit ángelus Dómini Abraham de cælo, dicens: Benedícam tibi * Et multiplicábo te sicut stellas cæli. V/. Et benedicéntur in te omnes tribus terræ, quia obœdísti voci meæ. * Et multiplicábo. R/. L'Ange du Seigneur appela Abraham du haut du ciel et dit: Je te comblerai de bénédictions, * Je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du firmament. V/. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par ton nom. * Je.
Lectio III Lecture III
Quómodo autem Abrahæ propágo diffúsa est nisi per fídei hereditátem, per quam cælo comparámur, conférimur ángelis, æquámur stellis? Ideo ait: Sic erit semen tuum. Et crédidit, inquit, Abraham Deo. Quid crédidit? Christum sibi per susceptiónem córporis herédem futúrum. Ut scias quia hoc crédidit, Dóminus ait: Abraham diem meum vidit et gavísus est. Ideo reputátum est illi ad iustítiam, quia ratiónem non quæsívit, sed promptíssima fide crédidit. Bonum est ut ratiónem prævéniat fides, ne tamquam ab hómine ita a Dómino Deo nostro ratiónem videámur exígere. Etenim quam indígnum ut humánis testimóniis de álio credámus, Dei oráculis de se non credámus! Imitémur ergo Abraham, ut herédes simus terræ per iustítiam fídei, per quam ille mundi heres factus est. Comment la race d'Abraham se répandit-elle, sinon par l'héritage de la foi, grâce à laquelle nous sommes établis dans le ciel, rendus semblables aux anges, égaux aux étoiles? Aussi est-il écrit: Ainsi sera ta race. Et Abraham eut confiance en Dieu, ajoute le texte. Que crut-il? Que le Christ, en prenant un corps, se ferait son héritier. Pour que nous sachions que c'est bien cela que crut Abraham, le Seigneur nous dit: Abraham a vu mon jour et s'en est réjoui. Aussi cela lui a-t-il été imputé à justice, en ce sens qu'il ne chercha pas à raisonner, mais crut en toute promptitude. Il est bon que la foi prévienne la raison afin que nous n'ayons pas l'air d'exiger nos preuves comme venant de l'homme, mais du Seigneur notre Dieu. Combien n'est-il pas indigne, en effet, de se fier à des témoignages humains concernant autrui et de ne pas croire aux oracles de Dieu le concernant? Imitons donc Abraham afin que, par la justice de la foi qui l'a rendu, lui, héritier du monde, nous devenions, nous, héritiers de la terre.
R/. Dum staret Abraham ad ílicem Mambre, vidit tres púeros: * Tres vidit et unum adorávit. V/. Dómine, si invéni grátiam in óculis tuis, transíte et requiéscite in loco isto. * Tres vidit. V/. Glória Patri. * Tres vidit. R/. Comme Abraham se tenait près du chêne de Mambré, il vit trois jeunes gens: * Il en vit trois et se prosterna devant l'Unique. V/. Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, reposez-vous ici, en passant. * Il en vit trois. V/. Gloire au Père. * Il en vit trois.