Vigiles (OSB) du dimanche 21 janvier 2018 - IIIème dimanche dans l'année

Hebdomada III per annum IIIème semaine dans l'année
Dominica Dimanche
Dominica III per annum IIIème dimanche dans l'année
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
Appáruit Abrahæ Dóminus iuxta Quercus Mambre sedénti in óstio tabernáculi sui in ipso fervóre diéi. Cumque elevásset óculos, apparuérunt ei tres viri stantes prope eum. Quos cum vidísset, cucúrrit in occúrsum eórum de óstio tabernáculi et adorávit in terram et dixit: " Dómine mi, si invéni grátiam in óculis tuis, ne tránseas servum tuum; afferátur pauxíllum aquæ, et laváte pedes vestros et requiéscite sub árbore. Ponámque bucéllam panis, et confortáte cor vestrum, póstea transíbitis; idcírco enim declinástis ad servum vestrum. " Qui dixérunt: " Fac ut locútus es. " Le Seigneur apparut à Abraham au Chêne de Mambré, tandis qu'il était assis à l'entrée de la tente, au plus chaud du jour. Ayant levé les yeux, voilà qu'il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui; dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la tente à leur rencontre et se prosterna à terre. Il dit: " Monseigneur, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter. Qu'on apporte un peu d'eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l'arbre. Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d'aller plus loin; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur! " Ils répondirent: " Fais donc comme tu as dit. "
R/. Locútus est Dóminus ad Abraham, dicens: Egrédere de terra et de cognatióne tua, et veni in terram quam monstrávero tibi; * Et fáciam te créscere in gentem magnam. V/. Benedícens benedícam tibi et multiplicábo te. * Et fáciam. R/. Le Seigneur adressa la parole à Abraham: Sors de ton pays, laisse ta parenté, va dans le pays que je te montrerai; * Je ferai naître de toi une grande nation. V/. Je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance. * Je ferai naître.
Lectio II Lecture II
Festinávit Abraham in tabernáculum ad, Saram dixítque: " Accélera, tria sata símilæ commísce et fac subcinerícios panes. " Ipse vero ad arméntum cucúrrit et tulit inde vítulum tenérrimum et óptimum dedítque púero; qui festinávit et coxit illum. Tulit quoque butýrum et lac et vítulum, quem cóxerat, et pósuit coram eis. Ipse vero stabat iuxta eos sub árbore; et comedérunt. Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit: " Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes. " Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer. Il prit du caillé, du lait, le veau qu'il avait apprêté et plaça le tout devant eux; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, et ils mangèrent.
R/. Movens ígitur Abram tabernáculum suum, venit et habitávit iuxta convállem Mambre, * Ædificavítque ibi altáre Dómino. V/. Dixit autem Dóminus ad eum: Leva in circúitu óculos tuos et vide: omnem terram, quam conspícis, tibi dabo et sémini tuo in sempitérnum. * Ædificavítque. R/. Abram déplaça son campement et alla s'installer près de la vallée de Mambré; * Et là, il dressa un autel au Seigneur. V/. Le Seigneur lui dit: Lève les yeux tout alentour et regarde : tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta postérité, pour toujours. * Et là.
Lectio III Lecture III
Dixerúntque ad eum: " Ubi est Sara uxor tua? " Ille respóndit: " Ecce in tabernáculo est. " Cui dixit: " Revértens véniam ad te témpore isto, et habébit fílium Sara uxor tua. " Quo audíto, Sara risit ad óstium tabernáculi, quod erat post eum. Erant autem ambo senes provectæque ætátis, et desíerant Saræ fíeri muliébria. Ils lui demandèrent: " Où est Sara, ta femme? " Il répondit: " Elle est dans la tente. " L'hôte dit: " Je reviendrai vers toi l'an prochain; alors, ta femme Sara aura un fils. " Sara écoutait, à l'entrée de la tente, qui se trouvait derrière lui. Or Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d'avoir ce qu'ont les femmes.
R/. Crédidit Abraham Deo, et reputátum est ei ad iustítiam; * Et ídeo amícus Dei appellátus est. V/. Fuit autem iustus coram Dómino, et ambulávit in viis eius; * Et ídeo. R/. Abraham eut foi en Dieu, et de ce fait Dieu estima qu'il était juste; * C'est pourquoi il reçut le nom d'ami de Dieu. V/. Abraham fut un homme juste aux yeux du Seigneur, il marcha selon ses voies; * C'est pourquoi.
Lectio IV Lecture IV
Quæ risit occúlte dicens: " Postquam consénui, et dóminus meus vétulus est, volúptas mihi erit? " Dixit autem Dóminus ad Abraham: " Quare risit Sara dicens: "Num vere paritúra sum anus?" Numquid Dómino est quidquam diffícile? Revértar ad te hoc eódem témpore, et habébit Sara fílium. " Negávit Sara dicens: " Non risi ", timóre pertérrita. Ille autem dixit: " Non; sed risísti. " Donc, Sara rit en elle-même, se disant: " Maintenant que je suis usée, je connaîtrais le plaisir! Et mon mari qui est un vieillard! " Mais le Seigneur dit à Abraham: " Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant: "Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille?" Y a-t-il rien de trop merveilleux pour le Seigneur? A la même saison l'an prochain, je reviendrai chez toi et Sara aura un fils. " Sara démentit: " Je n'ai pas ri ", dit-elle, car elle avait peur, mais il répliqua: " Si, tu as ri. "
R/. Factus est sermo Dómini ad Abraham, dicens: Noli timére, Abraham, * Ego protéctor tuus sum, et merces tua magna nimis. V/. Ego enim sum Dóminus Deus tuus, qui edúxi te de Ur Chaldæórum. * Ego protéctor tuus. V/. Glória Patri. * Ego protéctor tuus. R/. Le Seigneur adressa la parole à Abraham en ces termes: Ne crains pas, Abraham, * Je suis moi-même, pour toi, un bouclier, un surabondant et merveilleux salaire! V/. C'est moi le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée. * Je suis. V/. Gloire au Père. * Je suis.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Tractátu sancti Hilárii epíscopi De Trinitáte (Lib. 4, 25.27: CCL 62, 128.130-132) Traité de saint Hilaire sur la Trinité
Lectio I Lecture I
Assístunt viri tres. Abraham conspéctis tribus unum adórat et Dóminum confitétur. Scriptúra astitísse viros tres édidit, sed patriárcha non ignórat qui et adorándus sit et confiténdus. Indiscréta assisténtium spécies est, sed ille Dóminum suum fídei óculis et visu mentis agnóvit. Dehinc séquitur: Et dixit ei: " Revértens véniam ad te ad hoc tempus in futúrum, et habébit fílium Sara uxor tua. " Trois hommes s'arrêtent devant Abraham. Il en voit trois, mais il n'en adore qu'un, et il l'appelle Seigneur. L'Écriture nous le précise; trois hommes sont là debout devant lui; mais le patriarche n'ignore pas qui il doit adorer et confesser. L'aspect des trois hommes ici présents était le même, mais il reconnaît son Seigneur par les yeux de la foi et le regard de l'âme. Et le texte continue: Et il lui dit: " Je reviendrai chez toi à pareille époque, et Sara, ta femme, aura un fils. "
R/. Dum staret Abraham ad ílicem Mambre, vidit tres púeros: * Tres vidit et unum adorávit. V/. Dómine, si invéni grátiam in óculis tuis, transíte et requiéscite in loco isto. * Tres vidit. R/. Comme Abraham se tenait près du chêne de Mambré, il vit trois jeunes gens: * Il en vit trois et se prosterna devant l'Unique. V/. Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, reposez-vous ici, en passant. * Il en vit trois.
Lectio II Lecture II
Procédit plenióre doctrínæ proféctu sermo divínus. Deus istic ad Abraham lóquitur. Paritúram Saram pollicétur. Post hæc viri tres sedénti assístunt. Unum adórat et Dóminum confitétur. Idémque et adorátus et conféssus ab illo, témpore eódem in futúrum reditúrum se promíttit, et Saræ fílium futúrum Deus ad Abraham locútus est. Idem póstea de rebus ipsis eúmdem vir ab eo visus allóquitur. Demutátio tanta fit nóminum, nihil tamen de confessióne decéssit. Virum enim licet conspéctum, Abraham tamen Dóminum adorávit. La parole de Dieu progresse vers un développement harmonieux de son enseignement. Ici, Dieu parle à Abraham et lui promet que Sara enfantera un fils. Puis trois hommes s'arrêtent devant le patriarche, assis à l'entrée de sa tente; il en adore un et le reconnaît comme le Seigneur. Celui qu'il adore et reconnaît lui promet de revenir à la même époque et lui annonce que Sara aura un fils, ce fils que Dieu avait fait espérer à Abraham. Ainsi, cette même promesse, donnée jadis par Dieu, sort maintenant de la bouche de cet homme que voit Abraham. Seul, le nom donné au personnage change, mais la foi du patriarche ne varie pas. Abraham voit un homme, et pourtant il adore le Seigneur.
R/. Apparuérunt tres viri Abrahæ ad ílicem Mambre, et dixit ad eum: Dómine, si invéni grátiam in óculis tuis, transíte * Et requiéscite in loco isto. V/. Auferam pusíllum aquæ, et lavéntur pedes vestri, * Et requiéscite. R/. Trois hommes apparurent aux regards d'Abraham, près du chêne de Mambré; alors, il dit: Seigneur, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, * Reposez-vous ici, en passant. V/. Permettez que j'apporte un peu d'eau pour vous laver les pieds; * Reposez-vous.
Lectio III Lecture III
Sed vir ventúrum se locútus est. Virum crede tantum, nisi qui venit et Dóminus et Deus est. Causam cómpara. Vir certe ob id véniet, ut Sara et concípiat et páriat. Fidem disce. Dóminus et Deus ob hoc venit, ut Sara et concíperet et páreret. In potestáte Dei vir locútus est, in efféctu Dei Deus præstitit. Ita se Deum et loquéndo et faciéndo signíficat. Mais c'est un homme qui s'était entretenu avec le patriarche et lui avait promis de revenir! Eh bien, crois qu'il ne s'agissait que d'un homme, si par sa venue il ne prouvait pas qu'il est aussi Dieu et Seigneur. Mets en parallèle ces deux promesses: c'est un homme; aussi reviendra-t-il, à supposer que Sara conçoive et enfante. Fais intervenir ta foi: c'est le Seigneur et c'est Dieu: aussi vient-il pour que Sara puisse concevoir et enfanter. Un homme promet, de par la puissance de Dieu; l'accomplissement de cette promesse prouve qu'il est Dieu de Dieu. Ainsi donc, Dieu se révèle à la fois par sa parole et par son action.
R/. Obsecro, Dómine, ne irascáris servo tuo, quia semel cœpi, loquar ad te; ne perdas iustum cum ímpiis, * Déprecor te, Dómine, ne fácias consummatiónem. V/. Quid si invénti fúerint decem viri iusti in civitáte, non delébo propter decem. * Déprecor te. R/. Seigneur, je t'en conjure, ne te mets pas en colère contre ton serviteur: puisque j'ai déjà commencé, je te parlerai de nouveau; vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur? * Je t'en prie, Seigneur, ne réalise pas cet anéantissement! V/. S'il se trouve seulement dix hommes justes dans la ville; à cause de ces dix je ne détruirai pas. * Je t'en prie.
Lectio IV Lecture IV
Viri deínde de conspéctis tribus duo ábeunt, sed qui résidet Dóminus et Deus est. Neque solum Dóminus et Deus est, sed et iudex est. Stans enim ante Dóminum Abraham dixit: Nullo modo tu fácies hoc verbum, occídere iustum cum ímpio, et erit iustus sicut ímpius. Nequáquam qui iúdicas omnem terram fácies hoc iudícium. Toto ígitur sermóne suo Abraham fidem ob quam iustificátus est docet, Dóminum suum ex tribus ágnitum et solum adorátum et Dóminum conféssus et iúdicem. Puis, sur les trois hommes apparus à Abraham, deux s'en vont; en fait, celui qui demeure, c'est le Seigneur, c'est Dieu. Or, il est non seulement Seigneur et Dieu, mais il est aussi juge. Car Abraham se tint face au Seigneur et dit: Mais non, tu n'accompliras pas un tel dessein, tu ne feras pas mourir le juste avec l'impie, il n'en sera pas du juste comme du coupable! Toi qui juges toute la terre, tu n'exécuteras pas cette sentence! En tout ce récit, Abraham nous apprend quelle est la foi qui le justifie: parmi les trois hommes qui lui apparaissent, il reconnaît le Seigneur, il n'adore que lui seul et le proclame Seigneur et juge.
R/. Tentávit Deus Abraham et dixit ad eum: Tolle fílium tuum quem díligis, Isaac, et ófferes illum ibi in holocáustum * Super unum móntium quem díxero tibi. V/. Immola Deo sacrifícium laudis et redde Altíssimo vota tua; * Super. V/. Glória Patri. * Super. R/. Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit: Prends ton fils, celui que tu aimes, Isaac; tu l'offriras en sacrifice * Sur la montagne que je t'indiquerai. V/. Offre à Dieu le sacrifice d'action de grâce, accomplis tes vœux envers le Très-Haut; * Sur la montagne. V/. Gloire au Père. * Sur la montagne.
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In tertio nocturno, anno B Troisième nocturne, année B
Léctio sancti Evangélii secúndum Marcum Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc
Postquam tráditus est Ioánnes, venit Iesus in Galilæam prædicans evangélium Dei. Et réliqua. Après l'arrestation de Jean-Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu. Et la suite.
Ex Commentário sancti Hilárii epíscopi in Matthæum (in Mt. 16, 11 - 17, 1: SC 258, 58-62) Commentaire de saint Hilaire sur l'Évangile de Matthieu
Lectio I Lecture I
O beátum damnum et iactúra felix! Ditéscere nos Dóminus detriménto ánimæ et córporis vóluit, et esse sui símiles hortátur; quia ipse in figúra Dei constitútus, usque ad mortem húmilis et obœdiens factus, principátum potestátis tótius quæ in Deo est, accépit. Sequéndus ígitur est cruce assúmpta: et passiónis suæ si non sorte, áttamen voluntáte comitándus est. Heureuse perte et bienheureux sacrifice! Notre richesse, le Seigneur l'a voulue au prix de sa vie et de son corps, et il nous exhorte à lui devenir semblables. Lui-même était à l'image de Dieu et, en se faisant humble et obéissant jusqu'à la mort, il a reçu la suprématie de toute-puissance qui se trouve en Dieu. Il faut donc le suivre en prenant la croix et l'accompagner, sinon par la communion à sa souffrance, du moins en la désirant.
R/. Custódi me, Dómine, ut pupíllam óculi; * Sub umbra alárum tuárum prótege me. V/. Mirífica misericórdias tuas, qui salvos facis sperántes in te. * Sub umbra. R/. Garde-moi, Seigneur, comme la prunelle de l'œil; * À l'ombre de tes ailes, protège-moi. V/. Déploie les merveilles de ta grâce, toi qui sauves ceux qui espèrent en toi. * À l'ombre.
Lectio II Lecture II
Quid enim prodest occupásse mundum et toto terrénæ potestátis dominátu ópibus sæculi incubáre, si perdénda ánima est et suscipiéndum vitæ detriméntum est? Quæ autem commutátio pro ánima, cum fúerit amíssa, quærétur? Cum ángelis enim Christus áderit reddens síngulis ut merebúntur. Quid afferémus ad vitam? Præparátos, credo, terrenárum opum futúris commérciis thesáuros, ambitiósos dignitátum famæque títulos, aut véteres delicátæ nobilitátis imágines? Negánda sunt hæc ómnia, ut melióribus abundémus: et contémptu universórum Christus sequéndus est, et ætérnitas spiritálium terrenórum damno est comparánda. Quel profit, en effet, à s'emparer du monde et puis à mettre son repos dans les richesses du siècle, par le total empire sur la puissance terrestre, s'il faut perdre son âme et subir la ruine de sa vie? Contre quoi cherchera-t-on à échanger l'âme, lorsqu'elle sera perdue? Le Christ siégera, en effet, avec les anges, rendant à chacun individuellement ce qu'il méritera. Quel gage apporterons-nous à la vie? Ma foi vise-t-elle des trésors préparés en vue d'échanges portant sur des biens terrestres, de magnifiques titres à l'honneur et à la réputation, les images anciennes d'une haute lignée? Tout cela, il nous faut le refuser, pour avoir en abondance des biens meilleurs; c'est en méprisant toutes choses qu'il nous faut suivre le Christ; c'est l'éternité des biens spirituels qu'il nous faut acheter aux dépens des biens de la terre.
R/. Inténde deprecatiónem meam, Dómine, et inclína aurem tuam ad precem meam. * Custódi me ut pupíllam óculi, sub umbra alárum tuárum prótege me. V/. Pérfice gressus meos in sémitis tuis, ut non moveántur vestígia mea. * Custódi me. R/. Seigneur, accueille ma supplication, prête l'oreille à ma prière. * Garde-moi comme la prunelle de l'œil; à l'ombre de tes ailes, protège-moi. V/. Conduis mes pas sur tes traces: que mon pied ne trébuche pas! * Garde-moi.
Lectio III Lecture III
Docet Dóminus et rebus et verbis: et fidem spei nostræ æquáliter sermo atque opus ínstruunt. Grave enim onus infirmitáti humánæ imposúerat, ut, cum sensum vitæ hómines ex vivéndi afféctu habére cœpíssent, fructum eius qui præsens corpóribus blandiebátur amítterent negaréntque se sibi, id est quod esse cœpíssent, esse se nollent, cum sensus huius exórdium ex afféctu voluntátis habuíssent; deínde opiniónem spei ambíguæ incertque sequeréntur, cum in his quæ præséntia haberéntur illécebræ gáudii blandiéntis exsísterent. Le Seigneur enseigne en actes, il enseigne en paroles, et ce qui fonde notre espérance s'apprend par les mots et par les œuvres également. C'est un lourd fardeau qu'il avait mis sur la faiblesse humaine; les hommes avaient commencé à découvrir la vie en se sentant vivre; il leur demandait de sacrifier la jouissance de ce dont la présence flattait leur corps et de se renoncer, c'est-à-dire de ne vouloir plus être ce qu'ils avaient commencé d'être, quand ils avaient ébauché cette connaissance par inclination voulue. Ensuite il les invitait à parier pour une espérance douteuse et incertaine, alors que dans leurs possessions actuelles se trouvaient les attraits d'une joie qui les flattait.
R/. Díligam te, Dómine, virtus mea. * Dóminus firmaméntum meum et refúgium meum. V/. Laudans invocábo Dóminum, et ab inimícis meis salvus ero. * Dóminus. R/. Je t'aime, Seigneur, ma force! * Le Seigneur est mon rocher, ma forteresse. V/. J'invoque le Seigneur par des louanges, et je suis délivré de mes ennemis. * Le Seigneur.
Lectio IV Lecture IV
Opus ergo erat veri ac manifésti exémpli auctoritáte, ut contra vim sensúmque iudícii optábile fíeret præséntium damnum, lucro deínceps non ambíguo futurórum. Il y avait donc besoin d'un exemple vrai et éclatant; ainsi, en opposition à la puissance et au langage du jugement, la perte des biens présents deviendrait objet de désir pour gagner des biens à venir, qui dès lors ne seraient plus mis en doute.
R/. Firmaméntum meum et refúgium meum et liberátor meus; * Deus meus adiútor meus. V/. Protéctor meus et cornu salútis meæ et suscéptor meus. * Deus meus. V/. Glória Patri. * Deus meus. R/. Seigneur, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur; * Dieu, mon secours! V/. Mon bouclier, la force qui me sauve, mon abri! * Dieu. V/. Gloire au Père. * Dieu.