Vigiles (OSB) du lundi 29 janvier 2018 -

Hebdomada IV per annum IVème semaine dans l'année
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
Vix Isaac benedictiónem Iacob finíerat et Iacob egréssus erat a patre suo Isaac, venit Esau frater eius coctósque de venatióne cibos íntulit patri dicens: " Surge, pater mi, et cómede de venatióne fílii tui, ut benedícat mihi ánima tua. " Dixítque illi Isaac pater eius: " Quis enim es tu? " Qui respóndit: " Ego sum fílius tuus primogénitus Esau. " Expávit Isaac stupóre veheménti ultra modum et ait: " Quis ígitur ille est qui dudum captam venatiónem áttulit mihi, et comédi ex ómnibus, priúsquam tu veníres? Benedixíque ei et erit benedíctus! " Audítis Esau sermónibus patris, irrúgiit clamóre magno et amáro ultra modum et ait patri suo: " Bénedic étiam mihi, pater mi! " Qui ait: " Venit germánus tuus fraudulénter et accépit benedictiónem tuam. " Isaac avait achevé de bénir Jacob et Jacob sortait tout juste de chez son père Isaac lorsque son frère Ésaü rentra de la chasse. Lui aussi apprêta un régal et l'apporta à son père. Il lui dit: " Que mon père se lève et mange de la chasse de son fils, afin que ton âme me bénisse! " Son père Isaac lui demanda: " Qui es-tu? " - " Je suis, répondit-il, ton fils premier-né, Ésaü. " Alors Isaac fut secoué d'un très grand frisson et dit: " Quel est donc celui-là qui a chassé du gibier et me l'a apporté? De confiance j'ai mangé avant que tu ne viennes et je l'ai béni, et il restera béni! " Lorsque Ésaü entendit les paroles de son père, il cria avec beaucoup de force et d'amertume et dit à son père: " Bénis-moi aussi, mon père! " Mais celui-ci répondit: " Ton frère est venu par ruse et a pris ta bénédiction. "
R/. Tolle arma tua, pháretram et arcum, et affer de venatióne tua ut cómedam, * Et benedícat tibi ánima mea. V/. Cumque venátu áliquid attúleris, fac mihi inde pulméntum ut cómedam, * Et. R/. Prends tes armes, ton carquois et ton arc, et apporte-moi de ton gibier pour que je mange, * Et que je te bénisse. V/. Lorsque tu auras pris du gibier, apprête-moi un mets savoureux pour que je mange, * Et.
Lectio II Lecture II
At ille subiúnxit: " Iuste vocátum est nomen eius Iacob; supplantávit enim me en áltera vice: primogénita mea ante tulit et nunc secúndo surrípuit benedictiónem meam. " Rursúmque ait: " Numquid non reservásti mihi benedictiónem? " Respóndit Isaac: " Ecce, dóminum tuum illum constítui et omnes fratres eius servitúti illíus subiugávi; fruménto et vino stabilívi eum. Et tibi post hæc, fili mi, ultra quid fáciam? " Dixítque Esau ad patrem suum: " Num unam tantum benedictiónem habes, pater mi? Mihi quoque óbsecro, ut benedícas! " Cumque eiulátu magno fleret, motus Isaac dixit ad eum: " Ecce, procul a pinguédine terræ erit habitátio tua et procul a rore cæli désuper. De gládio tuo vives et fratri tuo sérvies. Tempúsque véniet, cum excútias et solvas iugum eius de cervícibus tuis. " Ésaü reprit: " Est-ce parce qu'il s'appelle Jacob qu'il m'a supplanté ces deux fois? Il avait pris mon droit d'aînesse et voilà maintenant qu'il a pris ma bénédiction! Mais, ajouta-t-il, ne m'as-tu pas réservé une bénédiction? " Isaac, prenant la parole, répondit à Ésaü: " Je l'ai établi ton maître, je lui ai donné tous ses frères comme serviteurs, je l'ai pourvu de froment et de vin. Que pourrais-je faire pour toi, mon fils? " Ésaü dit à son père: " Est-ce donc ta seule bénédiction, mon père? Bénis-moi aussi, mon père! " Isaac resta silencieux et Ésaü se mit à pleurer. Alors son père Isaac prit la parole et dit: " Loin des gras terroirs sera ta demeure, loin de la rosée qui tombe du ciel. Tu vivras de ton épée, tu serviras ton frère. Mais, quand tu t'affranchiras, tu secoueras son joug de dessus ton cou. "
R/. Surge, pater, cómede de venatióne fílii tui. Quómodo tam cito inveníre potuísti, fili mi? * Volúntas Dei fuit, pater, ut tam cito mihi occúrreret quod volébam. V/. Ego sum Esau, primogénitus tuus; feci sicut præcepísti mihi. * Volúntas Dei. R/. Lève-toi, mon père! Viens manger du gibier chassé par ton fils. Comment as-tu réussi à en trouver aussi vite, mon fils? * Le Seigneur a voulu, mon père, que vienne aussitôt à ma rencontre ce que je désirais. V/. Je suis Ésaü, ton premier-né; j'ai fait ce que tu m'as demandé. * Le Seigneur.
Lectio III Lecture III
Oderat ergo Esau Iacob pro benedictióne qua benedíxerat ei pater, dixítque in corde suo: " Appropinquábunt dies luctus patris mei, et occídam Iacob fratrem meum. " Nuntiáta sunt Rebéccæ verba Esau fílii eius maióris, quæ mittens et vocans Iacob fílium suum minórem dixit ad eum: " Ecce, Esau frater tuus minátur ut occídat te. Nunc ergo, fili mi, audi vocem meam et consúrgens fuge ad Laban fratrem meum in Charran; habitabísque cum eo dies paucos, donec requiéscat furor fratris tui, et cesset indignátio eius, obliviscatúrque eórum quæ fecísti in eum. Póstea mittam et addúcam te inde huc. Cur utróque orbábor fílio in uno die? " Ésaü prit Jacob en haine à cause de la bénédiction que son père avait donnée à celui-ci et il se dit en lui-même: " Proche est le temps où l'on fera le deuil de mon père. Alors je tuerai mon frère Jacob. " Lorsqu'on rapporta à Rébecca les paroles d'Ésaü, son fils aîné, elle fit appeler Jacob, son fils cadet, et lui dit: " Ton frère Ésaü veut se venger de toi en te tuant. Maintenant, mon fils, écoute-moi: pars, enfuis-toi chez mon frère Laban à Harân. Tu habiteras avec lui quelque temps, jusqu'à ce que se détourne la fureur de ton frère, jusqu'à ce que la colère de ton frère se détourne de toi et qu'il oublie ce que tu lui as fait; alors je t'enverrai chercher là-bas. Pourquoi vous perdrais-je tous les deux en un seul jour? "
R/. Ecce odor fílii mei sicut odor agri pleni quem benedíxit Dóminus. Créscere te fáciat Deus meus sicut aréna maris, * Et donet tibi de rore cæli benedictiónem. V/. Qui maledíxerit tibi, sit ille maledíctus; et qui benedíxerit tibi, benedictiónibus repleátur! * Et donet. V/. Glória Patri. * Et donet. R/. Voici que l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ fertile que le Seigneur a béni. Que mon Dieu rende ta descendance aussi nombreuse que le sable au bord de la mer, * Qu'il te bénisse: qu'il t'accorde la rosée du ciel! V/. Maudit soit qui te maudira, béni soit en abondance qui te bénira! * Qu'il te bénisse. V/. Gloire au Père. * Qu'il te bénisse.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Tractátu sancti Hilárii epíscopi De mystériis (Nn. 25-26: SC 19, 118-120) Traité de saint Hilaire sur les mystères
Lectio I Lecture I
Sollícitus in Esau Isaac docétur afféctus. Quo póstea reverténte ex agro atque venátu et se patri tamquam primogénitum, ut benedícat sibi, ingerénte et præreptióne benedictiónis compérta Isaac non commovétur; quin pótius in benedictiónis ipsíus confirmatióne persístit dicens: Si dóminum illum feci tuum et omnes fratres eius feci illi servos, fruménto et vino confirmávi eum, tibi autem quid fáciam, fili? Quin pótius fletu et lácrimis, ut se benedíceret, deprecánti ita ait: Ecce ab ubertáte terræ erit habitátio tua et a rore cæli desúrsum et in gládio tuo vives et fratri tuo sérvies. Erit autem, cum deposúeris iugum ipsíus a collo tuo. Le cœur d'Isaac allait à Ésaü. Lorsque plus tard Ésaü revient des champs et de la chasse et qu'il se présente à son père en qualité d'aîné pour recevoir sa bénédiction, Isaac ne manifeste aucune émotion, même en découvrant que sa bénédiction avait été prévenue; il confirme au contraire la bénédiction qu'il a donnée à Jacob en disant: Si j'en ai fait ton maître et que j'aie fait de ses frères ses esclaves, si je lui ai promis l'abondance du blé et du vin, que faire pour toi, mon fils? Bien plus, comme Ésaü, avec des gémissements et des larmes, le suppliait de le bénir, il lui dit: Voici, tu ne jouiras pas de la fécondité de la terre et de la rosée du ciel, tu vivras des fruits de ton épée et tu seras l'esclave de ton frère. Mais un temps viendra où tu enlèveras son joug de ton cou.
R/. Det tibi Deus de rore cæli et de pinguédine terræ abundántiam. Sérviant tibi tribus, pópuli; * Esto dóminus fratrum tuórum. V/. Et incurvéntur ante te fílii matris tuæ, * Esto. R/. Que Dieu te donne en abondance la rosée du ciel et la fertilité de la terre! Que les tribus et les peuples te servent; * Sois un chef pour tes frères! V/. Que les fils de ta mère se prosternent devant toi, * Sois un chef.
Lectio II Lecture II
Unde ígitur hæc convérsio voluntátis est? Et cur disséntit a se hóminis afféctus, nisi quod sermo Scriptúræ et ad rerum efficiéntiam et ad spei exspectatiónem temperátur? Sollicitúdinem interrogántis de afféctu pátrio hábuit, demutatiónem benedictiónis de spiritáli sciéntia abnegávit. Illic rem natúræ egit, hic præformatiónis órdinem ténuit; illic pater in primogéniti sanctificatióne sollícitus est, hic in benedictióne pópuli iunióris prophétæ spíritu persevérat, et rem gestam história lóquitur et spem præfigurátam suus ordo non déserit. Sed ne in eo quidem prophética rátio cessávit; quin peccátor et prior pópulus benedictiónem pópuli iunióris posset speráre, si créderet. D'où vient donc cette conversion de sa volonté? Et pourquoi l'affection de cet homme se dément-elle, sinon parce que le langage de l'Écriture est accordé à la fois à l'accomplissement des événements présents et à l'attente de l'espérance? La méfiance envers celui qui lui demandait sa bénédiction tenait à l'affection du père, le refus de changer la bénédiction à la connaissance de l'esprit. Là il accomplit une œuvre naturelle, ici il observa l'ordonnance de la préfigure; là le père est préoccupé de la sanctification de son fils aîné; ici, poussé par l'esprit prophétique, il confirme la bénédiction du peuple cadet: l'histoire raconte l'événement présent et son ordonnance laisse place à l'espérance préfigurée. Mais la démarche prophétique ne s'en tint pas là chez lui; le peuple pécheur et aîné pouvait espérer sa part de la bénédiction du peuple cadet, s'il accédait à la foi.
R/. In pinguédine terræ et in rore cæli désuper erit benedíctio tua; * Vivens gládio, et fratri tuo minóri sérviens. V/. Tempúsque véniat ut excútias iugum eius de cervícibus tuis. * Vivens gládio. R/. Pour toi, ta bénédiction sera dans la fertilité du sol et dans la rosée qui vient du ciel; * Tu vivras de ton épée, mais tu serviras ton frère plus jeune. V/. Un temps viendra, cependant, où tu pourras secouer son joug et te dégager le cou. * Tu vivras.
Lectio III Lecture III
Omnibus enim patet áditus ad salútem et iter vitæ non moléstiis suis, quæ útique nullæ sunt, sed arbítrii nostri iure diffícile est. Ad consequéndam enim Dei misericórdiam humánæ voluntátis est mora, quod ex hoc ipso, qui de Esau est, sermóne fit cógnitum. Benedíci enim se popóscerat, sed pater spiritáli motu instínctus eum et sæculo relíquit et gládio permísit et servitúti fratris addíxit. Sed ne hæc in perpétuum et sine réditu pæniténtiæ decréta existimaréntur, benedictiónem, quam postulábat, in id dístulit, cum iugum eius dominatúri fratris deposuísset a collo suo. Sui ergo relínquitur iuris iugum depónere, quia unicuíque ad fidem ius própriæ voluntátis est líberum benedictióne tum digno, cum se in fídei libertátem ex irreligiositátis servitúte transtúlerit. La porte du salut est ouverte à tous, et ce ne sont pas ses propres difficultés, qui assurément n'existent pas, qui rendent pénible le chemin de la vie, mais l'usage de notre volonté. Car le retard à obtenir les effets de la miséricorde divine tient à la volonté humaine, ce que nous font comprendre les paroles adressées ici à Ésaü. Celui-ci, en effet, avait demandé à être béni. Mais son père, poussé par l'esprit, l'abandonna au monde, lui concéda le droit d'user de l'épée et l'attacha au service de son frère. Toutefois, pour que l'effet de ces décisions ne fût pas éternel et n'exclût pas tout repentir, il reporta l'effet de la bénédiction qu'il demandait au temps où il aurait enlevé de son cou le joug de son frère qui devait dominer sur lui. Il est laissé maître de déposer ce joug, car chacun dispose librement de sa propre volonté dans l'accès à la foi: il sera digne de la bénédiction lorsqu'il aura passé de la servitude de l'impiété à la liberté de la foi.
R/. Quis ígitur ille est qui dudum captam venatiónem áttulit mihi, et comédi ex ómnibus priúsquam tu veníres? * Benedixíque ei, et erit benedíctus. V/. Dóminum tuum illum constítui, et omnes fratres eius servitúti illíus subiugávi; fruménto et vino stabilívi ei. * Benedixíque. V/. Glória Patri. * Benedixíque. R/. Quel est donc celui qui, déjà, de sa chasse, m'a rapporté du gibier? J'ai mangé de tout avant ton arrivée! * Je l'ai béni, il restera béni. V/. J'ai fait de lui ton maître; je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs; je l'ai pourvu de froment et de vin nouveau. * Je l'ai béni. V/. Gloire au Père. * Je l'ai béni.