Vigiles (OSB) du jeudi 1 février 2018 -

Hebdomada IV per annum IVème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
éditer éditer
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
Cum nocte surrexísset, tulit Iacob duas uxóres suas et tótidem fámulas cum úndecim fíliis et transívit vadum Iaboc; sumptis ergo traductísque illis et ómnibus quæ ad se pertinébant, per torréntem, mansit solus. Et ecce vir luctabátur cum eo usque mane. De nuit, Jacob se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants et passa le gué du Yabboq. Il les prit et leur fit passer le torrent, et il fit passer aussi tout ce qu'il possédait. Et Jacob resta seul. Et quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore.
R/. Orávit Iacob et dixit: Dómine, qui dixísti mihi: Revértere in terram nativitátis tuæ, * Erue me de manu fratris mei, quia valde eum tímeo. V/. Deus, in cuius conspéctu ambulavérunt patres mei; Dómine, qui pascis me a iuventúte mea, * Erue me. R/. Jacob se mit à prier en ces termes: Seigneur, toi qui me disais: Retourne en ton pays natal, * Délivre-moi de la main de mon frère, car j'en ai grande frayeur. V/. Dieu, mes pères n'ont-ils pas marché en ta présence? Seigneur, n'es-tu pas mon berger depuis mon jeune âge? * Délivre-moi.
Lectio II Lecture II
Qui cum vidéret quod eum superáre non posset, tétigit acetábulum fémoris eius, et statim luxátum est acetábulum fémoris Iacob, cum luctarétur cum illo. Dixítque: " Dimítte me, iam enim ascéndit auróra. " Respóndit: " Non dimíttam te, nisi benedíxeris mihi. " Ait ad eum: " Quod nomen est tibi? " Respóndit: " Iacob. " At ille: " Nequáquam, inquit, Iacob ámplius appellábitur nomen tuum, sed Israel: quóniam certásti cum Deo et cum homínibus et prævaluísti! " Interrogávit eum Iacob: " Dic mihi, quo appelláris nómine? " Respóndit: " Cur quæris nomen meum? " Et benedíxit ei in eódem loco. Voyant qu'il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l'emboîture de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui. Il dit: " Lâche-moi, car l'aurore est levée ", mais Jacob répondit: " Je ne te lâcherai pas, que tu ne m'aies béni. " Il lui demanda: " Quel est ton nom? " - " Jacob ", répondit-il. Il reprit: " On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et contre les hommes et tu l'as emporté. " Jacob fit cette demande: " Révèle-moi ton nom, je te prie ", mais il répondit: " Et pourquoi me demandes-tu mon nom? " Et, là même, il le bénit.
R/. Dixit ángelus ad Iacob: Dimítte me, auróra est. Respóndit ei: Non dimíttam te, nisi benedíxeris mihi. * Et benedíxit eum in eódem loco. V/. Benedícens benedícam tibi et multiplicábo te. * Et. R/. L'ange dit à Jacob: Lâche-moi, car l'aurore s'est levée. Jacob répondit: Je ne te lâcherai que si tu me bénis! * Et à cet endroit il le bénit. V/. Je te comblerai de bénédictions, je multiplierai ta descendance. * Et à cet endroit.
Lectio III Lecture III
Vocavítque Iacob nomen loci illíus Phánuel dicens: " Vidi Deum fácie ad fáciem, et salva facta est ánima mea. " Ortúsque est ei sol, cum transgrederétur Phánuel; ipse vero claudicábat propter femur. Quam ob causam non cómedunt fílii Israel nervum, qui est in fémore, usque in præséntem diem, eo quod tetígerit nervum fémoris Iacob. Jacob donna à cet endroit le nom de Penuel, " car, dit-il, j'ai vu Dieu face à face et j'ai eu la vie sauve. " Au lever du soleil, il avait passé Penuel et il boitait de la hanche. C'est pourquoi les Israélites ne mangent pas, jusqu'à ce jour, le nerf sciatique qui est à l'emboîture de la hanche, parce qu'il avait frappé Jacob à l'emboîture de la hanche, au nerf sciatique.
R/. Vidi Dóminum fácie ad fáciem, * Et salva facta est ánima mea. V/. Et dixit: Nequáquam vocáberis Iacob, sed Israel erit nomen tuum. * Et salva. V/. Glória Patri. * Et salva. R/. J'ai vu Dieu face à face, * Et j'ai eu la vie sauve. V/. Et il m'a dit: On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, ce qui veut dire: Fort-contre-Dieu. * Et. V/. Gloire au Père. * Et.
éditer éditer
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Augustíni epíscopi (Sermo 5, 6-7: PL 38, 57) Sermon de saint Augustin
Lectio I Lecture I
Iacob, in quo figurátur pópulus christiánus, audístis quemádmodum luctátus sit cum Dómino. Dóminus enim illi appáruit, id est ángelus gestans persónam Dei; luctátus est cum illo, et volébat illum tenére et comprehéndere. Luctabátur ille; præváluit, et ténuit; cum tenéret, non dimísit nisi benedíctus. Dóminus det, fratres, explicáre tantum mystérium. Luctátur, prævalet; et vult benedíci ab eo cui præváluit. Quid est ergo quod luctátur, et vult tenére? Ait Dóminus in evangélio: Regnum cælórum vim pátitur, et qui vim fáciunt, dirípiunt illud. Hoc est quod dicebámus iamdúdum: Luctáre ut téneas Christum, ut díligas inimícum. Tenes enim Christum hic, si inimícum diléxeris. Et quid dicit ipse Dóminus, id est ángelus in persóna Dómini, cum prævaléret, et tenéret eum? Vous venez d'entendre comment lutta contre le Seigneur Jacob qui figure le peuple chrétien. Il vit le Seigneur, c'est-à-dire l'ange qui représentait le Seigneur; il lutta contre lui, voulut le saisir et le retenir. L'ange lutta de son côté; Jacob triompha, il saisit l'ange et ne le laissa partir qu'après avoir reçu sa bénédiction. Daigne le Seigneur m'accorder de vous expliquer, mes frères, un mystère aussi profond. Jacob lutte, il triomphe et veut être béni par celui dont il est le vainqueur. Pourquoi donc lutte-t-il contre lui et veut-il le retenir? Le Seigneur dit dans l'Évangile: Le royaume des cieux souffre violence et ce sont les violents qui l'emportent. N'est-ce pas ce que nous venons d'exprimer dans ces mots: Lutte pour tenir le Christ, pour aimer ton ennemi? Car c'est tenir le Christ que d'aimer son ennemi. Et que dit le Seigneur lui-même, l'ange qui le représentait, lorsque Jacob triomphait et le retenait?
R/. Vidi Dóminum fácie ad fáciem, * Et salva facta est ánima mea. V/. Et dixit: Nequáquam vocáberis Iacob, sed Israel erit nomen tuum. * Et salva. R/. J'ai vu Dieu face à face, * Et j'ai eu la vie sauve. V/. Et il m'a dit: On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, ce qui veut dire: Fort-contre-Dieu. * Et.
Lectio II Lecture II
Tetigit latitúdinem fémoris eius et exáruit, et ídeo claudicábat Iacob. Dicit ei: Dimítte me, iam enim mane est. Et ille: Non te dimítto, nisi benedíxeris me. Et benedíxit illum, quómodo? Mutándo illi nomen: Non vocáberis Iacob, sed Israel; quóniam prævaluísti cum Deo, prævalébis et cum homínibus. Ista benedíctio est. Vidéte unum hóminem: ex parte tángitur et aréscit; et ex parte benedícitur. Ipse unus homo ex parte áruit, et cláudicat; et ex parte benedícitur, et viget. Il le toucha à la cuisse, elle se dessécha et Jacob boitait. L'ange ajoute: Laisse-moi, car voici le jour. Jacob reprend: Je ne te laisserai pas que tu ne m'aies béni. Et il le bénit. Comment? En changeant son nom: Tu ne t'appelleras plus Jacob, mais Israël; car si tu as triomphé de Dieu, tu triompheras aussi des hommes. Voilà la bénédiction. Voyez l'homme unique: d'un côté, il est touché et desséché, et de l'autre, béni. Le même homme est, d'une part, desséché et boiteux, et d'autre part, béni et plein de force.
R/. Minor sum cunctis miseratiónibus tuis, Dómine Abraham; in báculo meo transívi Iordánem istum, et nunc cum duábus turmis regrédior. * Líbera me, Dómine, de mánibus Esau, quia valde contrémit cor meum, illum timens. V/. Deus, in cuius conspéctu ambulavérunt patres mei; Dómine, qui pascis me a iuventúte mea; * Líbera me. R/. Je suis trop peu de chose pour recevoir tant de marques de ton amour, Seigneur, Dieu d'Abraham; j'ai passé ce Jourdain muni seulement d'un bâton, et maintenant je m'en retourne avec deux caravanes. * Délivre-moi, Seigneur, des mains de mon frère Ésaü, car mon cœur palpite d'effroi, tant je le redoute! V/. Dieu, mes pères n'ont-ils pas marché en ta présence? Seigneur, n'es-tu pas mon berger depuis mon jeune âge? * Délivre-moi.
Lectio III Lecture III
Quid est: Ecce mane iam venit, dimítte me? Hoc est quod Dóminus dicit post passiónem mulíeri quæ volébat illi tenére pedes: Noli me tángere: nondum enim ascéndi ad Patrem. Quid est hoc? Nam et cum legerétur ipsa léctio, tractávi inde aliquándo, quómodo dicerétur: Noli me tángere, nondum ascéndi ad Patrem. Quare? Nemo illum tétigit corporáliter, nisi cum ascéndit ad Patrem? Adhuc hic erat, palpávit cicatríces discípulus qui non credébat. Quómodo ergo nolébat se tangi, nisi quia hoc figuráte dictum est? Illa múlier Ecclésia erat: et hoc est: Noli me tángere, noli me carnáliter tángere; sed qualis sum, æquális Patri. Mais que signifie: Voici venir le jour, laisse-moi? Après sa passion, le Seigneur dit à la femme qui voulait lui tenir les pieds: Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Quel est le sens de ces paroles? Lorsqu'on faisait cette lecture, j'ai expliqué comment le Seigneur pouvait dire: Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pourquoi? Est-ce que nul ne l'a touché corporellement avant qu'il soit monté vers le Père? Mais il était encore ici-bas, quand le disciple incrédule toucha ses cicatrices. Comment refusait-il de se laisser toucher par la femme? N'y avait-il pas un sens caché? Cette femme, c'était l'Église. Ne me touche pas signifie: Ne me touche pas charnellement, mais tel que je suis, égal au Père.
R/. Appáruit Deus Iacob et benedíxit eum et dixit: * Ego sum Deus Bethel, ubi unxísti lápidem et votum vovísti mihi. Créscere te fáciam et multiplicábo te. V/. Appáruit íterum Deus Iacob, postquam revérsus est de Mesopotámia Sýriæ, dixítque ad eum: * Ego sum. V/. Glória Patri. * Ego sum. R/. Le Seigneur Dieu apparut à Jacob, il le bénit et lui dit: * Je suis le Dieu de Béthel, où tu m'as consacré une pierre, et où tu m'as fait un vœu. Je te rendrai fécond et je multiplierai ta descendance. V/. Le Seigneur Dieu apparut de nouveau à Jacob après son retour de la Mésopotamie de Syrie, et lui déclara: * Je. V/. Glória Patri. * Je.