Vigiles (OSB) du vendredi 16 février 2018 -

Dies post Cineres Jours après les Cendres
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Exodi Du livre de l'Exode
Lectio I Lecture I
In diébus illis: Egréssus est vir de domo Levi et accépit uxórem stirpis suæ; quæ concépit et péperit fílium et videns eum elegántem abscóndit tribus ménsibus. Cumque iam celáre non posset, sumpsit fiscéllam scírpeam et linívit eam bitúmine ac pice; posuítque intus infántulum et expósuit eum in carécto ripæ flúminis, stante procul soróre eius et consideránte evéntum rei. En ce temps-là, un homme de la maison de Lévi s'en alla prendre pour femme une fille de Lévi. Celle-ci conçut et enfanta un fils. Voyant combien il était beau, elle le dissimula pendant trois mois. Ne pouvant le dissimuler plus longtemps, elle prit pour lui une corbeille de papyrus qu'elle enduisit de bitume et de poix, y plaça l'enfant et la déposa dans les roseaux sur la rive du Fleuve. La sœur de l'enfant se posta à distance pour voir ce qui lui adviendrait.
R/. Cantémus Dómino, glorióse enim honorificátus est: equum et ascensórem proiécit in mare. * Adiútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem. V/. Currus pharaónis et exercítum eius proiécit in mare. * Adiútor. R/. Chantons pour le Seigneur: Superbe est sa victoire! Cheval et cavalier, il les jette à la mer! * Ma force et mon recours, c'est le Seigneur, il est pour moi le salut! V/. Les chars du pharaon et ses armées, il les lance dans la mer! * Ma force.
Lectio II Lecture II
Ecce autem descendébat fília pharaónis ut lavarétur in flúmine, et puéllæ eius gradiebántur per crepídinem álvei. Quæ cum vidísset fiscéllam in papyrióne, misit unam e famulábus suis; et allátam apériens cernénsque in ea párvulum vagiéntem, misérta eius ait: " De infántibus Hebræórum est hic. " Cui soror púeri: " Vis, inquit, ut vadam et vocem tibi mulíerem Hebræam quæ nutríre possit tibi infántulum? " Respóndit: " Vade. " Perréxit puélla et vocávit matrem infántis. Ad quam locúta fília pharaónis: " Accipe, ait, púerum istum et nutri mihi; ego dabo tibi mercédem tuam. " Suscépit múlier et nutrívit púerum adultúmque trádidit fíliæ pharaónis. Quem illa adoptávit in locum fílii vocavítque nomen eius Móysen dicens: " Quia de aqua tuli eum. " Or la fille de Pharaon descendit au Fleuve pour s'y baigner, tandis que ses servantes se promenaient sur la rive du Fleuve. Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux et envoya sa servante la prendre. Elle l'ouvrit et vit l'enfant: c'était un garçon qui pleurait. Touchée de compassion pour lui, elle dit: " C'est un des petits Hébreux. " La sœur de l'enfant dit alors à la fille de Pharaon: " Veux-tu que j'aille te chercher, parmi les femmes des Hébreux, une nourrice qui te nourrira cet enfant? - Va " , lui répondit la fille de Pharaon. La jeune fille alla donc chercher la mère de l'enfant. La fille de Pharaon lui dit: " Emmène cet enfant et nourris-le moi, je te donnerai moi-même ton salaire. " Alors la femme emporta l'enfant et le nourrit. Quand l'enfant eut grandi, elle le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme un fils et lui donna le nom de Moïse, car, disait-elle, " Je l'ai tiré des eaux. "
R/. In mari via tua, et sémitæ tuæ in aquis multis. * Deduxísti sicut oves pópulum tuum in manu Móysi et Aaron. V/. Illuxérunt coruscatiónes tuæ orbi terræ; commóta est et contrémuit terra. * Deduxísti. R/. Par la mer passait ton chemin; tes sentiers, par les eaux profondes. * Tu as conduit comme un troupeau ton peuple, par la main de Moïse et d'Aaron. V/. Tes éclairs illuminèrent le monde; la terre s'agita et frémit. * Tu as conduit.
Lectio III Lecture III
In diébus illis, postquam créverat, Móyses egréssus est ad fratres suos; vidítque afflictiónem eórum et virum Ægýptium percutiéntem quemdam de Hebris frátribus suis. Cumque circumspexísset huc atque illuc et nullum adésse vidísset, percússum Ægýptium abscóndit sábulo. Et egréssus die áltero conspéxit duos Hebræos rixántes dixítque ei qui faciébat iniúriam: " Quare pércutis próximum tuum? " Qui respóndit: " Quis te constítuit príncipem et iúdicem super nos? Num occídere me tu vis, sicut occidísti Ægýptium? " Tímuit Móyses et ait: " Quómodo palam factum est verbum istud? " Audivítque phárao sermónem hunc et quærébat occídere Móysen. Qui fúgiens de conspéctu eius morátus est in terra Mádian; venit ergo in terram Mádian et sedit iuxta púteum. Il advint, en ces jours-là, que Moïse, qui avait grandi, alla voir ses frères. Il vit les corvées auxquelles ils étaient astreints; il vit aussi un Égyptien qui frappait un Hébreu, un de ses frères. Il se tourna de-ci de-là, et voyant qu'il n'y avait personne, il tua l'Égyptien et le cacha dans le sable. Le jour suivant, il revint alors que deux Hébreux se battaient. " Pourquoi frappes-tu ton compagnon? " dit-il à l'agresseur. Celui-ci répondit: " Qui t'a constitué notre chef et notre juge? Veux-tu me tuer comme tu as tué l'Égyptien? " Moïse effrayé se dit: " Certainement l'affaire se sait. " Pharaon entendit parler de cette affaire et chercha à tuer Moïse. Moïse s'enfuit loin de Pharaon; il se rendit au pays de Madiân et s'assit auprès d'un puits.
R/. Qui persequebántur pópulum tuum, Dómine, demersísti eos in profúndum. * Et in colúmna nubis ductor eórum fuísti, Dómine. V/. Exclamavérunt fílii Israel in angústia sua ad Dóminum, et misit eis salvatórem. * Et in colúmna. V/. Glória Patri. *Et in colúmna . R/. Ceux qui étaient lancés à la poursuite de ton peuple, Seigneur, tu les as engloutis dans les abîmes de la mer; * Et tu guidais toi-même les tribus d'Israël, Seigneur, par une colonne de nuée. V/. Dans leur angoisse, les enfants d'Israël ont crié vers le Seigneur, et il leur a envoyé un sauveur. * Et tu guidais. V/. Gloire au Père.* Et tu guidais.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Homilíis Ioánni Chrysóstomo epíscopo attribútis (Hom. 6 de precatione: PG 64, 462-463.466) Homélie attribuée à saint Jean Chrysostome
Lectio I Lecture I
Summum bonum est precátio et collóquium cum Deo; nam est consociátio et únio cum Deo; et sícuti córporis óculi lucem vidéntes illustrántur, sic étiam ánimus in Deum inténtus ineffábili eius lúmine illustrátur. Precatiónem, inquam, quæ non sit in hábitu, sed fiat ex ánimo; quæ non certis tempóribus horarúmve discrimínibus circumscribátur, sed noctu diúque contínuo perficiátur. Le bien suprême, c'est la prière, l'entretien familier avec Dieu. Elle est communication avec Dieu et union avec lui. De même que les yeux du corps sont éclairés quand ils voient la lumière, ainsi l'âme tendue vers Dieu est illuminée par son inexprimable lumière. La prière n'est donc pas l'effet d'une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne se limite pas à des heures ou à des moments déterminés, mais elle déploie son activité sans relâche, nuit et jour.
R/. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum, et miserébitur eius; * Quia benígnus et miséricors est, præstábilis super malítiam Dóminus Deus noster. V/. Non vult Dóminus mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat. * Quia benígnus. R/. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées! Qu'il revienne vers le Seigneur, qui aura pitié de lui; * Car il est tendre et compatissant, le Seigneur notre Dieu, il renonce au châtiment. V/. Le Seigneur ne désire pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. * Car.
Lectio II Lecture II
Etenim non solum tunc opórtet ánimum repénte in Deum inténdere, cum precatiónem meditétur, sed opórtet étiam tunc, cum offíciis quibúsdam occupátus sit, vel cura circa egénos, vel curis áliis, vel útilibus munificéntiæ opéribus, desidérium et memóriam Dei commiscére, ut, ceu sale, Dei amóre condíta, cibus dulcíssimus Dómino univérsi fiant. Sed licet nobis emoluménto inde redundánte frui per totam perpétuo vitam, si plúrimum témporis ei tribúimus. Precátio lumen est ánimi, vera Dei cognítio, Dei et hóminum mediátrix. Animus, per eam sursum elátus in cælos, ampléctitur Dóminum compléxibus ineffabílibus, sícuti infans ad suam matrem lácrimans clamat, divínum lac áppetens; éxpetit vero própria vota, et áccipit dona melióra omni visíbili natúra. En effet, il ne convient pas seulement que la pensée se porte rapidement vers Dieu lorsqu'elle s'applique à la prière; il faut aussi, même lorsqu'elle est absorbée par d'autres occupations, - comme le soin des pauvres, ou d'autres soucis de bienfaisance, - y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin que tout demeure comme une nourriture très savoureuse, assaisonnée par l'amour de Dieu, à offrir au Seigneur de l'univers. Et nous pouvons en retirer un grand avantage, tout au long de notre vie, si nous y consacrons une bonne part de notre temps. La prière est la lumière de l'âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l'âme s'élève vers le ciel et embrasse Dieu dans une étreinte inexprimable; assoiffée du lait divin, comme un nourrisson, elle crie avec larmes vers sa mère. Elle exprime ses volontés profondes et elle reçoit des présents qui dépassent toute la nature visible.
R/. Frange esuriénti panem tuum, et egénos vagósque induc in domum tuam; * Tunc erúmpet quasi mane lumen tuum, et anteíbit fáciem tuam iustítia tua. V/. Cum víderis nudum, óperi eum, et carnem tuam ne despéxeris. * Tunc erúmpet. R/. Partage ton pain avec l'homme affamé, recueille chez toi le malheureux sans abri; * Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, ta justice marchera devant toi. V/. Couvre celui que tu verras sans vêtement, et ne te dérobe pas à ton semblable; * Alors.
Lectio III Lecture III
Nam internúntia venerábilis coram Deo adest precátio, exhílarat ánimum, tranquíllat eius afféctum. Precatiónem síquidem dico, ne putes verba esse. Desidérium est Dei, píetas ineffábilis, non ab homínibus præstita, sed a divína grátia effécta, de qua étiam Apóstolus dicit: Quid enim orémus ut fíeri debet, nescímus; sed ipse Spíritus intercédit pro nobis gemítibus ineffabílibus. Talem supplicatiónem si cui largiátur Dóminus, opuléntia est non auferénda, et cibus cæléstis, sáturans ánimum: qui eum gustávit, Dómini incénditur desidério ætérno, tamquam igne ardentíssimo, eius ánimum inflammánte. Car la prière se présente comme une puissante ambassadrice, elle réjouit, elle apaise l'âme. Lorsque je parle de prière, ne t'imagine pas qu'il s'agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes mais de la grâce de Dieu, et dont l'Apôtre parle ainsi: Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Une telle prière, si Dieu en fait la grâce à quelqu'un, est pour lui une richesse inaliénable, un aliment céleste qui rassasie l'âme. Celui qui l'a goûté, est saisi pour le Seigneur d'un désir éternel, comme d'un feu dévorant qui embrase son cœur.
R/. Qui cognóscis ómnium occúlta, a delícto meo munda me; * Tempus mihi concéde ut reæpnitens clamem: Peccávi, miserére mei, Deus. V/. Avérte fáciem tuam a peccátis meis, et omnes iniquitátes meas dele. * Tempus. V/. Glória Patri. * Tempus. R/. Toi qui connais les secrets des cœurs, purifie-moi de mon péché. * Accorde-moi un temps de repentir et de supplication: Oui, j'ai péché, pitié pour moi, mon Dieu! V/. Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. * Accorde-moi. V/. Gloire au Père.* Accorde-moi.