Vigiles (OSB) du samedi 17 février 2018 -

Dies post Cineres Jours après les Cendres
Sabbato Samedi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Exodi Du livre de l'Exode
Lectio I Lecture I
In diébus illis: Pascébat Móyses oves Iethro sóceri sui sacerdótis Mádian; cumque minásset gregem ultra desértum, venit ad montem Dei Horeb. Apparuítque ei ángelus Dómini in flamma ignis de médio rubi; et vidébat quod rubus ardéret et non comburerétur. Dixit ergo Móyses: " Vadam et vidébo visiónem hanc magnam, quare non comburátur rubus. " Cernens autem Dóminus quod pérgeret ad vidéndum, vocávit eum Deus de médio rubi et ait: " Móyses, Móyses. " Qui respóndit: " Adsum. " At ille: " Ne apprópies, inquit, huc; solve calceaméntum de pédibus tuis; locus enim, in quo stas, terra sancta est. " Et ait: " Ego sum Deus patris tui, Deus Abraham, Deus Isaac et Deus Iacob. " Abscóndit Móyses fáciem suam; non enim audébat aspícere contra Deum. En ce temps-là, Moïse faisait paître le petit bétail de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madiân; il l'emmena par-delà le désert et parvint à la montagne de Dieu, l'Horeb. L'Ange du Seigneur lui apparut, dans une flamme de feu, du milieu d'un buisson. Moïse regarda: le buisson était embrasé mais le buisson ne se consumait pas. Moïse dit: " Je vais faire un détour pour voir cet étrange spectacle, et pourquoi le buisson ne se consume pas. " Le Seigneur vit qu'il faisait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson. " Moïse, Moïse ", dit-il, et il répondit: " Me voici. " Il dit: " N'approche pas d'ici, retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. " Et il dit: " Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. " Alors Moïse se voila la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu.
R/. Móyses, fámulus Dómini, ieiunávit quadragínta diébus et quadragínta nóctibus, * Ut legem Dómini mererétur accípere. V/. Ascéndit Móyses in montem Sínai. * Ut legem. R/. Moïse, le familier du Seigneur, jeûna pendant quarante jours et quarante nuits, * Pour être digne de recevoir la loi du Seigneur. V/. Moïse gravit la montagne du Sinaï, * Pour être digne.
Lectio II Lecture II
Cui ait Dóminus: " Vidi afflictiónem pópuli mei in Ægýpto et clamórem eius audívi propter durítiam exactórum eórum. Et sciens dolórem eius descéndi ut líberem eum de mánibus Ægyptiórum et edúcam de terra illa in terram bonam et spatiósam, in terram quæ fluit lacte et melle ad loca Chananæi et Hetthi et Amorræi et Pherezi et Hevæi et Iebusi. Clamor ergo filiórum Israel venit ad me, vidíque afflictiónem eórum, qua ab Ægýptiis opprimúntur; sed veni, mittam te ad pharaónem ut edúcas pópulum meum, fílios Israel, de Ægýpto. " Le Seigneur dit: " J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J'ai entendu son cri devant ses oppresseurs; oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste, vers une terre qui ruisselle de lait et de miel, vers la demeure des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizzites, des Hivvites et des Jébuséens. Maintenant, le cri des Israélites est venu jusqu'à moi, et j'ai vu l'oppression que font peser sur eux les Égyptiens. Maintenant va, je t'envoie auprès de Pharaon, fais sortir d'Égypte mon peuple, les Israélites. "
R/. Spléndida facta est fácies Móysi, dum respíceret in eum Dóminus. * Vidéntes senióres claritátem vultus eius, admirántes timuérunt valde. V/. Descéndit Móyses de monte, portans duas tábulas lapídeas in mánibus suis, scriptas utrásque dígito Dei. * Vidéntes. R/. Le visage de Moïse rayonnait de lumière, depuis que le Seigneur avait posé sur lui son regard. * Les anciens du peuple, voyant la gloire de son visage, furent tout saisis de crainte et d'admiration. V/. Moïse redescendit de la montagne, ayant en mains deux tables de pierre, gravée chacune par le doigt de Dieu. * Les anciens.
Lectio III Lecture III
Dixítque Móyses ad Deum: " Quis sum ego ut vadam ad pharaónem et edúcam fílios Israel de Ægýpto? " Qui dixit ei: " Ego ero tecum; et hoc habébis signum quod míserim te: cum edúxeris pópulum de Ægýpto, serviétis Deo super montem istum. " Ait Móyses ad Deum: " Ecce ego vadam ad fílios Israel et dicam eis: "Deus patrum vestrórum misit me ad vos". Si díxerint mihi: "Quod est nomen eius?" , quid dicam eis? " Dixit Deus ad Móysen: " Ego sum qui sum. " Ait: " Sic dices fíliis Israel: Qui sum misit me ad vos. " Dixítque íterum Deus ad Móysen: " Hæc dices fíliis Israel: Dóminus, Deus patrum vestrórum, Deus Abraham, Deus Isaac et Deus Iacob, misit me ad vos; hoc nomen mihi est in ætérnum, et hoc memoriále meum in generatiónem et generatiónem. " Moïse dit à Dieu: " Qui suis-je pour aller trouver Pharaon et faire sortir d'Égypte les Israélites? " Dieu dit: " Je serai avec toi, et voici le signe qui te montrera que c'est moi qui t'ai envoyé. Quand tu feras sortir le peuple d'Égypte, vous servirez Dieu sur cette montagne. " Moïse dit à Dieu: " Voici, je vais trouver les Israélites et je leur dis: "Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous." Mais s'ils me disent: "Quel est son nom?" , que leur dirai-je? " Dieu dit à Moïse: " Je suis celui qui est. " Et il dit: " Voici ce que tu diras aux Israélites: Je suis m'a envoyé vers vous. " Dieu dit encore à Moïse: " Tu parleras ainsi aux Israélites: Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob m'a envoyé vers vous. C'est mon nom pour toujours, c'est ainsi que l'on m'invoquera de génération en génération. "
R/. Atténdite, pópule meus, legem meam, * Inclináte aurem vestram in verba oris mei. V/. Apériam in parábolis os meum; loquar propositiónes ab inítio sæculi. * Inclináte. V/. Glória Patri. * Inclináte. R/. Écoute ma loi, ô mon peuple, * Tends l'oreille aux paroles de ma bouche. V/. J'ouvrirai la bouche pour une parabole, je publierai ce qui fut caché dès l'origine. * Tends l'oreille. V/. Gloire au Père.* Tends l'oreille.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex sermónibus sancti Theodori Studitæ (Sermo catecheticus 59 : PG 99, 587) Sermon de saint Théodore Studite
Lectio I Lecture I
Fratres Patrésque, præstans ieiúnium est, insígnibus suis præditum: ea sunt pax, mansuetúdo, serénitas, humílitas, obœdiéntia, mútuum stúdium, et quæ alia génera sunt virtútis; at ieiunántibus diábolus contrária sátagit obtrúdere, ac præfidéntes, iracúndos, stomachósos, túrgidos præstáre, quo emoluménto damnum áfferat maius. Nobis quidem faciéndum non est ut Impúri consília nescíre videámur, placidéque, léniter, mansuéte ac compósite obeúndum, benévole ínvicem feréndis, qui id Deo accéptum non ignorémus; étenim, nec si collum ut manúbrium repándes, et saccum instérnas, cinerémque, sine his ei perpláceas. Frères et Pères, c'est chose excellente que le jeûne accompagné de ses notes caractéristiques qui sont: la paix, la douceur, le calme, la modestie, la docilité, le dévouement mutuel et les autres sortes de vertus. Mais le diable se donne bien du mal pour faire avaler tout le contraire à ceux qui jeûnent, et pour obtenir qu'ils soient présomptueux, emportés, mécontents, enflés de suffisance, afin de leur procurer par là un dommage plus grand que le gain du jeûne. Pour nous, certes, nous n'avons pas à paraître ignorer les desseins de cet Impur, et il nous faut aller de l'avant avec calme, modération, douceur et bonne méthode - en nous supportant mutuellement avec bienveillance, car nous savons que cela est agréé de Dieu. En effet, tu peux bien tendre le cou comme un manche d'outil, tu peux bien te couvrir du sac et de la cendre, sans ces vertus, tu ne lui plairas guère.
R/. In ieiúnio et fletu orábant sacerdótes, dicéntes: * Parce, Dómine, parce pópulo tuo, et ne des hereditátem tuam in perditiónem. V/. Inter vestíbulum et altáre plorábant sacerdótes, dicéntes: * Parce. R/. Les prêtres du Seigneur suppliaient dans le jeûne et les larmes: * Pitié, Seigneur, épargne ton peuple, ne livre pas ton héritage à la ruine! V/. Entre le portail et l'autel, les prêtres se lamentaient, disant: * Pitié.
Lectio II Lecture II
Sane cum ieiúnio reprímitur arescítque corpus, tum ánimus dilatátur, ac reflóret: nam quantum is qui foris est noster homo corrúmpitur, ait ille, tantum is qui intus est renovátur de die in diem; rursúmque: Id quod in præsénti est momentáneum, et leve tribulatiónis nostræ, supra modum in sublimitáte ætérnæ glóriæ pondus operátur in nobis. Itaque præmium spectántes æquánimi virtútis labóres patiámur: Deo et Patri grátias agéntes, qui dignos nos fecit in partem sortis sanctórum in lúmine, qui erípuit nos de potestáte tenebrárum, et tránstulit in regnum fílii dilectiónis suæ. Assurément, lorsque par le jeûne le corps est réprimé et se dessèche, l'âme de son côté se dilate et refleurit: car, dit l'Apôtre, autant notre homme extérieur se détériore, autant notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour; et encore: Notre épreuve légère et d'un moment dans le temps présent opère en nous, par de-delà toute mesure, un poids d'éternelle gloire dans les hauteurs. Ainsi donc, ayant en vue la récompense, endurons d'une âme égale les labeurs inhérents à la vertu, rendant grâce au Dieu et Père qui nous a rendus dignes de partager le sort des Saints dans la lumière, qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé.
R/. In ómnibus exhibeámus nos sicut Dei minístros, in multa patiéntia, * Ut non vituperétur ministérium nostrum. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem, * Ut non vituperétur. R/. Présentons-nous, en toute circonstance, comme de vrais ministres de Dieu, faisant preuve d'endurance, * Afin que notre ministère ne soit pas décrié. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio III Lecture III
Scílicet non eius sine mácula corpus atque sánguinem in dies percípimus; quo quid suávius? Quid delicátius? Síquidem vescéntibus cum pura consciéntia perénnis vita quæritur. Non cotídie cum Davíde, aliísque sanctis Pátribus consuéscimus, tractándis monuméntis? Quæ hac ánimo maior consolátio? Et nous recevons, n'est-ce pas, chaque jour son Corps sans tache et son Sang: quoi de plus doux, quoi de plus attrayant, puisque ceux qui s'en nourrissent avec une conscience pure cherchent à obtenir la vie qui dure à jamais. Ne fréquentons-nous pas chaque jour David et les autres saints Pères, en travaillant aux écrits qu'ils nous ont laissés? Quelle plus grande consolation y-a-t-il pour l'âme?
R/. Paradísi portas apéruit nobis ieiúnii tempus. Suscipiámus illud orántes et deprecántes, * Ut in die resurrectiónis cum Dómino gloriémur. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem. * Ut in die. V/. Glória Patri. * Ut in die. R/. Les portes du paradis nous ont été ouvertes par un temps de jeûne. Accueillons donc ce temps, dans la prière et la supplication, * Afin qu'au jour de la résurrection, nous soyons glorifiés avec le Seigneur. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin. V/. Gloire au Père.* Afin.