Vigiles (OSB) du lundi 12 mars 2018 -

Hebdomada IV Quadragesimae IVème semaine de Carême
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Levítici Du livre du Lévitique
Lectio I Lecture I
In diébus illis: Præcépit Dóminus Móysi dicens: " Lóquere ad Aaron fratrem tuum, ne omni témpore ingrediátur sanctuárium quod est intra velum coram propitiatório quo tégitur arca, ut non moriátur, quia in nube apparébo super propitiatórium; sed hoc modo ingrediátur: vítulum ófferet pro peccáto et aríetem in holocáustum; subúcula línea sancta vestiétur, feminálibus líneis verecúnda celábit, accingétur zona línea, cídarim líneam impónet cápiti: hæc enim vestiménta sunt sancta quibus cunctis, cum lotus fúerit, induétur. " En ce temps-là, le Seigneur dit à Moïse: " Parle à Aaron ton frère: qu'il n'entre pas à n'importe quel moment dans le sanctuaire derrière le voile, en face du propitiatoire qui se trouve sur l'arche. Il pourrait mourir, car j'apparais au-dessus du propitiatoire dans une nuée. Voici comment il pénétrera dans le sanctuaire: avec un taureau destiné à un sacrifice pour le péché et un bélier pour un holocauste. Il revêtira une tunique de lin consacrée, il portera à même le corps un caleçon de lin, il se ceindra d'une ceinture de lin, il s'enroulera sur la tête un turban de lin. Ce sont des vêtements sacrés qu'il revêtira après s'être lavé à l'eau. "
R/. In ieiúnio et fletu orábant sacerdótes, dicéntes: * Parce, Dómine, parce pópulo tuo, et ne des hereditátem tuam in perditiónem. V/. Inter vestíbulum et altáre plorábant sacerdótes, dicéntes: * Parce. R/. Les prêtres du Seigneur suppliaient dans le jeûne et les larmes: * Pitié, Seigneur, épargne ton peuple, ne livre pas ton héritage à la ruine! V/. Entre le portail et l'autel, les prêtres se lamentaient, disant: * Pitié.
Lectio II Lecture II
Afferet ergo Aaron vítulum pro peccáto et éxpians se et domum suam immolábit eum; assumptóque turíbulo quod de prunis altáris coram Dómino impléverit, et háuriens manu compósitum thymiáma in incénsum ultra velum intrábit in sancta, ut, pósitis super ignem aromátibus coram Dómino, nébula eórum et vapor opériat propitiatórium quod est super testimónium, et non moriátur. Tollet quoque de sánguine vítuli et aspérget dígito sépties contra frontem propitiatórii. Cumque mactáverit hircum pro peccáto pópuli, ínferet sánguinem eius intra velum, sicut præcéptum est de sánguine vítuli, ut aspérgat e regióne propitiatórii et éxpiet sanctuárium ab immundítiis filiórum Israel et a prævaricatiónibus eórum cunctísque peccátis. " Aaron offrira le taureau du sacrifice pour son propre péché, puis il fera le rite d'expiation pour lui et pour sa maison et immolera ce taureau. Il remplira alors un encensoir avec des charbons ardents pris sur l'autel, de devant le Seigneur, et il prendra deux pleines poignées d'encens fin aromatique. Il portera le tout derrière le rideau, et déposera l'encens sur le feu devant le Seigneur; il recouvrira d'un nuage d'encens le propitiatoire qui est sur le Témoignage, et ne mourra pas. Puis il prendra du sang du taureau et en aspergera avec le doigt le côté oriental du propitiatoire; devant le propitiatoire il fera de ce sang sept aspersions avec le doigt. Il immolera alors le bouc destiné au sacrifice pour le péché du peuple et il en portera le sang derrière le rideau. Il procédera avec ce sang comme avec celui du taureau, en faisant des aspersions sur le propitiatoire et devant celui-ci. Il fera ainsi le rite d'expiation sur le sanctuaire pour les impuretés des Israélites, pour leurs transgressions et pour tous leurs péchés. "
R/. In ómnibus exhibeámus nos sicut Dei minístros, in multa patiéntia, * Ut non vituperétur ministérium nostrum. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem, * Ut non vituperétur. R/. Présentons-nous, en toute circonstance, comme de vrais ministres de Dieu, faisant preuve d'endurance, * Afin que notre ministère ne soit pas décrié. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio III Lecture III
Iuxta hunc ritum fáciet tabernáculo convéntus quod fixum est inter eos in médio sórdium habitatiónis eórum. Nullus hóminum sit in tabernáculo convéntus, quando póntifex ingréditur sanctuárium, ut éxpiet se et domum suam et univérsam congregatiónem Israel, donec egrediátur. Cum autem exíerit ad altáre quod coram Dómino est, expiábit illud et sumptum sánguinem vítuli atque hirci fundet super córnua eius per gyrum; aspergénsque de sánguine dígito sépties mundábit sanctificabítque illud ab immundítiis filiórum Israel. Et postquam compléverit expiatiónem sanctuárii et tabernáculi convéntus et altáris, tunc áfferat hircum vivéntem; et, pósita utráque manu super caput eius, confiteátur Aaron super eum omnes iniquitátes filiórum Israel et univérsa delícta atque peccáta eórum; quæ ponens super caput eius emíttet illum per hóminem parátum in desértum." Ainsi procédera-t-il pour la Tente du Rendez-vous qui demeure avec eux au milieu de leurs impuretés. Que personne ne se trouve dans la Tente du Rendez-vous depuis l'instant où il entrera pour faire l'expiation dans le sanctuaire jusqu'à ce qu'il en sorte! Quand il aura fait l'expiation pour lui, pour sa maison et pour toute la communauté d'Israël, il sortira, ira à l'autel qui est devant le Seigneur et fera sur l'autel le rite d'expiation. Il prendra du sang du taureau et du sang du bouc et il en mettra sur les cornes au pourtour de l'autel. De ce sang il fera sept aspersions sur l'autel avec son doigt. Ainsi le purifiera-t-il et le séparera-t-il des impuretés des enfants d'Israël. Une fois achevée l'expiation du sanctuaire, de la Tente du Rendez-vous et de l'autel, il fera approcher le bouc encore vivant. Aaron lui posera les deux mains sur la tête et confessera à sa charge toutes les fautes des Israélites, toutes leurs transgressions et tous leurs péchés. Après en avoir ainsi chargé la tête du bouc, il l'enverra au désert sous la conduite d'un homme qui se tiendra prêt. "
R/. Abscóndite eleemósynam in sinu páuperis, et ipsa orat pro vobis ad Dóminum, * Quia sicut aqua exstínguit ignem, ita eleemósyna exstínguit peccátum. V/. Honóra Dóminum de tua substántia, et de primítiis frugum tuárum da paupéribus. * Quia sicut. V/. Glória Patri. * Quia sicut. R/. Cache ton aumône dans le sein du pauvre, et elle intercédera pour toi devant Dieu: * De même que l'eau éteint les flammes, l'aumône éteint la dette du péché. V/. Honore de tes biens le Seigneur, et donne aux pauvres les prémices de tes récoltes: * De même que. V/. Gloire au Père. * De même que.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Homilíis sancti Ioánnis Chrysóstomi epíscopi in Evangélium Ioánnis (Hom. 35, 2.3: PG 59, 201.202-203) Homélie de saint Jean Chrysostome sur l'Évangile de Jean
Lectio I Lecture I
Erat autem quidam régulus cuius fílius infirmabátur Caphárnaum. Hic cum audísset quia Iesus adveníret a Iudæa in Galilam, venit ad eum et rogábat eum ut descénderet et sanáret fílium eius. Cum Iesus dixísset: Vade, fílius tuus vivit, crédidit sermóni eius et ibat. Quid ergo sibi vult hic? Vel hoc Samaritános qui sine signis credidérunt, admírans dixit, vel eam quæ sua videbátur esse civitátem, Caphárnaum nempe, perstríngit. Síquidem cum álius apud Lucam díceret: Credo, Dómine, ádiuva incredulitátem meam, iísdem usus est verbis. Itaque licet hic credíderit, non tamen plene et íntegre: quod declárat cum sciscitátur, qua hora relíquit eum febris. IL y avait un officier royal dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver pour lui demander de descendre guérir son fils. Jésus dit: Va, ton fils est vivant. Il crut à sa parole et il partit. Quelle est donc ici l'intention de Jésus? Fait-il l'éloge des Samaritains qui ont cru sans miracles, ou inflige-t-il un blâme à Capharnaüm, cette ville qui passait pour sa patrie? Car chez Luc, un autre ayant dit: Je crois, Seigneur, viens en aide à mon manque de foi, Jésus tient le même langage. Celui-ci donc croyait, mais sa foi n'était pas entière et parfaite: la preuve en est dans sa question touchant l'heure à laquelle la fièvre avait quitté son fils.
R/. Qui cognóscis ómnium occúlta, a delícto meo munda me; * Tempus mihi concéde ut repænitens clamem: Peccávi, miserére mei, Deus. V/. Avérte fáciem tuam a peccátis meis, et omnes iniquitátes meas dele. * Tempus. R/. Toi qui connais les secrets des cœurs, purifie-moi de mon péché. * Accorde-moi un temps de repentir et de supplication: Oui, j'ai péché, pitié pour moi, mon Dieu! V/. Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. * Accorde-moi.
Lectio II Lecture II
Volébat enim dícere, num sponte sua, num ex Christi præcépto febris abscessísset. Ut vero cognóvit quia heri hora séptima, crédidit ipse et domus eius tota. Viden' illum credidísse, servis nuntiántibus, non Christo loquénte? Mentem ergo eius, qua vénerat, árguit: ita enim magis illum ad fidem inducébat: ante signum enim non ádmodum credébat. Consíderes velim, vel ipsa verba quantam demónstrent viri infirmitátem. Descénde priúsquam moriátur fílius meus, quasi non posset mórtuum suscitáre et quasi non nosset quo statu puer esset. Ideo illum coárguit et consciéntiam perstríngit, osténdens signa ánimæ causa máxime edi. Hic enim non minus patrem ánimo laborántem curat, quam fílium; ut nobis suádeat non tam signis quam doctrínæ eius attendéndum esse. En effet, il voulait dire: Est-ce d'elle-même ou bien en vertu du commandement du Christ que la fièvre s'est retirée? Dès qu'il sut qu'elle avait disparu la veille, à la septième heure, il crut, lui et toute sa maison. N'est-il pas évident qu'il a cru non sur la parole du Christ, mais sur la déclaration de ses serviteurs? Le Seigneur dénonça donc les dispositions dans lesquelles il était venu; de cette manière, il l'engageait à croire davantage; avant le miracle, en effet, il ne croyait pas encore tout à fait. Considère, je te prie, combien les paroles mêmes de cet homme le montrent peu assuré: Descends, dit-il, avant que ne meure mon fils. Comme si Jésus était dans l'impuissance de le rappeler à la vie et comme s'il ne connaissait pas l'état de l'enfant! C'est pourquoi Jésus le reprend et critique ses pensées intimes, lui donnant à entendre qu'il opère des miracles principalement en vue des âmes. Ici, en effet, Jésus s'occupe à guérir autant la maladie dont souffre le père en son âme, que celle dont souffre le fils. Il nous enseigne par là qu'il faut porter notre attention moins sur les miracles que sur sa doctrine.
R/. Frange esuriénti panem tuum, et egénos vagósque induc in domum tuam; * Tunc erúmpet quasi mane lumen tuum, et anteíbit fáciem tuam iustítia tua. V/. Cum víderis nudum, óperi eum, et carnem tuam ne despéxeris. * Tunc erúmpet. R/. Partage ton pain avec l'homme affamé, recueille chez toi le malheureux sans abri; * Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, ta justice marchera devant toi. V/. Couvre celui que tu verras sans vêtement, et ne te dérobe pas à ton semblable; * Alors.
Lectio III Lecture III
Quid ergo per hæc docémur? Ne mirácula exspectémus, neve divínæ poténtiæ pígnora quærámus. Hic namque multos vídeo qui cum, vel fílio vel uxóre ægrotánte, áliquid solátii accepére, maiórem erga Deum pietátem exhibuérunt. Etiámsi vero non exaudiámur, in gratiárum actióne et laude perseveráre par est. Hoc quippe fidélium servórum est, hoc diligéntium et Dóminum ut par est amántium, ut non modo in tranquillitáte, sed étiam in ærúmnis ad illum accúrrant. Qui autem illum in tranquillitáte solum colit, non tanti amóris signa éxhibet, neque pure Christum amat. En définitive, que nous apprend ceci? Qu'il ne faut pas attendre des miracles, ni exiger des preuves de la puissance divine. En effet, je connais actuellement beaucoup de gens qui ont manifesté une plus grande piété envers Dieu après avoir obtenu quelque soulagement en faveur de leur fils ou de leur épouse malades. Or même si nous ne sommes pas exaucés, il est juste de persévérer dans l'action de grâces et la louange. C'est, en effet, le propre des serviteurs fidèles, c'est le propre de ceux qui préfèrent et aiment le Seigneur, d'accourir vers lui dans les épreuves comme dans la prospérité. Quiconque ne sert le Seigneur que dans la prospérité ne donne pas la preuve d'un grand amour et il n'aime pas le Christ sans réserve.
R/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis. Commendémus nosmetípsos in multa patiéntia, in ieiúniis multis, * Per arma iustítiæ virtútis Dei. V/. In ómnibus exhibeámus nosmetípsos sicut Dei minístros, ut non vituperétur ministérium nostrum. * Per arma. V/. Glória Patri. * Per arma. R/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut. Méritons le respect par notre endurance, par nos jeûnes prolongés, * Par les armes de justice de la puissance de Dieu. V/. Pour que notre ministère ne soit pas décrié, présentons-nous en toute circonstance comme de vrais ministres de Dieu. * Par les armes. V/. Gloire au Père. * Par les armes.