Vigiles (OSB) du lundi 19 mars 2018 - ST JOSEPH, EPOUX DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Hebdomada V Quadragesimae Vème semaine de Carême
Feria II Lundi
S. IOSEPH, SPONSI B. M. V. ST JOSEPH, EPOUX DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE
Sollemnitas Solennité
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Libro Númeri Du livre des Nombres
Lectio I Lecture I
In diébus illis: Proféctus est pópulus de Aseroth, fixis tentóriis in desérto Pharan. Ibi locútus est Dóminus ad Móysen dicens: " Mitte viros qui consíderent terram Chánaan quam datúrus sum fíliis Israel, síngulos de síngulis tríbubus ex princípibus. " Fecit Móyses quod Dóminus imperáverat, de desérto Pharan mittens príncipes viros. Misit ergo eos Móyses ad considerándam terram Chánaan et dixit ad eos: " Ascéndite per Nageb. Cumque venéritis ad montes, consideráte terram, qualis sit, et pópulum qui habitátor est eius, utrum fortis sit an infírmus, si pauci número an plures; ipsa terra bona an mala, urbes quales, absque muris an murátæ; humus pinguis an stérilis, nemorósa an absque arbóribus. Confortámini et afférte nobis de frúctibus terræ. " Erat autem tempus quando iam prcoquæ uvæ vesci possunt. En ce temps-là, le peuple partit de Haçérot, et alla camper dans le désert de Parân. Le Seigneur parla à Moïse et dit: " Envoie des hommes, un par tribu, pour reconnaître le pays de Canaan, que je donne aux Israélites. Vous enverrez tous leurs princes. " Sur l'ordre du Seigneur, Moïse les envoya du désert de Parân. Ces hommes étaient tous chefs des Israélites. Moïse les envoya reconnaître le pays de Canaan: " Montez au Négeb, montez ensuite dans la montagne. Voyez ce qu'est le pays; ce qu'est le peuple qui l'habite, fort ou faible, clairsemé ou nombreux; ce qu'est le pays où il habite, bon ou mauvais; ce que sont les villes où il habite, camps ou villes fortifiées; ce qu'est le pays, fertile ou pauvre, boisé ou non. Ayez bon courage. Prenez des produits du pays. " C'était l'époque des premiers raisins.
R/. Qui custodiébant ánimam meam, consílium fecérunt in unum, dicéntes: Deus derelíquit eum; * Persequímini et comprehéndite eum, quia non est qui líberet eum. Deus meus, ne elónges a me; Deus meus, in adiutórium meum inténde. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi; verbum iníquum mandavérunt advérsum me, dicéntes: * Persequímini. R/. Ceux qui en veulent à ma vie se concertent; ils disent: Dieu l'abandonne! * Traquez-le, empoignez-le, il n'a pas de défenseur! Mon Dieu, ne sois pas loin de moi; mon Dieu, viens vite à mon secours! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'a-dressent des paroles maléfiques, ils disent: * Traquez-le.
Lectio II Lecture II
Cumque ascendíssent, exploravérunt terram a desérto Sin usque Rohob in intróitu Emath. Ascenderúntque ad Nageb et venérunt in Hebron ubi erant Ahíman et Sésai et Thólmai fílii Enac. Nam Hebron septem annis ante Tamim urbem Ægýpti cóndita est. Pergentésque usque ad Neheléscol abscidérunt pálmitem cum uva sua, quem portavérunt in vecte duo viri. De malis quoque granátis et de ficis loci illíus tulérunt, qui appellátus est Neheléscol, eo quod botrum portássent inde fílii Israel. Ils montèrent reconnaître le pays, depuis le désert de Cîn jusqu'à Rehob, l'Entrée de Hamat. Ils montèrent par le Négeb et parvinrent à Hébron, où se trouvaient Ahimân, Sheshaï et Talmaï, les Anaqim. (Hébron avait été fondée sept ans avant Tanis d'Egypte.) Ils parvinrent au val d'Eshkol; ils y coupèrent un sarment et une grappe de raisin qu'ils emportèrent à deux, sur une perche, ainsi que des grenades et des figues. On appela ce lieu val d'Eshkol, à cause de la grappe que les Israélites y avaient coupée.
R/. Adiútor et suscéptor meus tu es, Dómine, et in verbum tuum sperávi. * Declináte a me, malígni, et scrutábor mandáta Dei mei. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Declináte. R/. Toi, mon abri, mon bouclier, Seigneur, j'espère en ta parole. * Écartez-vous de moi, méchants: j'observerai les commandements de mon Dieu. V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi. * Écartez-vous.
Lectio III Lecture III
Reversíque exploratóres terræ post quadragínta dies, omni regióne circúita, venérunt ad Móysen et Aaron et ad omnem cœtum filiórum Israel in desértum Pharan quod est in Cades. Locutíque eis et omni congregatióni ostendérunt fructus terræ et narravérunt dicéntes: " Venímus in terram ad quam misísti nos, quæ re vera fluit lacte et melle, ut ex his frúctibus cognósci potest. Sed cultóres fortíssimos habet et urbes grandes atque murátas. Stirpem Enac vídimus ibi; Amalec hábitat in Nageb, Hettæus et Iebusus et Amorræus in montánis, Chananæus vero morátur iuxta mare et circa fluénta Iordánis. " Inter hæc Chaleb compéscens murmur pópuli, qui oriebátur contra Móysen, ait: " Ascendámus et possideámus terram, quóniam potérimus obtinére eam. " Au bout de quarante jours, ils revinrent de cette reconnaissance du pays. Ils allèrent trouver Moïse, Aaron, et toute la communauté d'Israël, dans le désert de Parân, à Cadès. Ils leur firent leur rapport, ainsi qu'à toute la communauté, et leur montrèrent les produits du pays. Ils leur firent ce récit: " Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés. En vérité, il ruisselle de lait et de miel; en voici les produits. Toutefois, le peuple qui l'habite est puissant; les villes sont fortifiées, très grandes; nous y avons même vu des descendants d'Anaq. Les Amalécites occupent la région du Négeb; les Hittites, les Amorites et les Jébuséens, la montagne; les Cananéens, le bord de la mer et les rives du Jourdain. " Caleb harangua le peuple assemblé près de Moïse: " Il faut marcher, disait-il, et conquérir ce pays: nous en sommes capables. "
R/. Deus meus es tu, ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Tu es mon Dieu! Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * L'angoisse. V/. Gloire au Père. * L'angoisse.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Cæsárii Arelaténsis epíscopi (Sermo 198, 1-2: CCL 104, 799-800) Sermon de Césaire d'Arles
Lectio I Lecture I
Dies sanctæ quadragésimæ, fratres caríssimi, si diligénter attendámus, vitam sæculi præséntis signíficant, sicut dies paschæ ætérnam beatitúdinem præfigúrant. Et quómodo in quadragésima quasi tristítiam habémus, ut in pascha legítimo órdine gaudeámus, sic et in hoc sæculo, quámdiu vívimus, pæniténtiam ágere debémus, ut in futúro possímus peccatórum indulgéntiam accípere et ad ætérnum gáudium perveníre . Si nous y faisons bien attention, frères très chers, les jours de la sainte quarantaine représentent la vie qu'il nous faut mener ici-bas, tandis que les jours du temps pascal préfigurent le bonheur du ciel; ainsi, tandis que nous avons l'air triste en Carême de façon à pouvoir légitimement nous réjouir à Pâques, de même devons-nous faire pénitence, toute notre vie durant, en ce monde de manière à recevoir plus tard le pardon de nos péchés et de pouvoir obtenir le bonheur éternel.
R/. Pacífice loquebántur mihi inimíci mei, et in ira molésti erant mihi. * Vidísti, Dómine, ne síleas, ne díscedas a me. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi, verbum iníquum mandavérunt advérsum me. * Vidísti. R/. Mes ennemis ont des paroles de paix, mais dans leur fureur ils me maltraitent. * Tu as vu, Seigneur, sors de ton silence! Seigneur, ne sois pas loin de moi! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques. * Tu as vu.
Lectio II Lecture II
Et ut hæc obtinére possímus, si nos álio témpore impediménta mundi détinent obligándos, vel in diébus sanctæ quadragésimæ in lege Dómini, sicut scriptum est, die noctúque meditémur et ita cor nostrum divínæ legis dulcédine repleámus, ut in nobis nullum locum virtútibus vácuum, quem obtinére possint vítia, relinquámus. Sicut enim témpore méssium vel vindemiárum, fratres caríssimi, unde caro nostra possit sustentári, collígitur, ita in diébus quadragésimæ quasi spiritálium vindemiárum vel méssium témpore, unde ánima nostra in ætérnum possit vívere, congregétur, quia, sicut néglegens quisque témpore vindemiárum vel méssium nihil cólligens per totum anni spátium fame torquébitur, ita, qui in hoc témpore spiritále tríticum et cæléste mustum ieiunándo, legéndo, orándo, in hórreis ánimæ suæ providére et congregáre negléxerit, in ætérnum duríssimam sitim et crudélem inópiam sustinébit. Pour y parvenir, si nous étions jadis attachés et retenus par ce monde, que dès lors les saints jours du Carême nous trouvent occupés jour et nuit à la méditation de la loi du Seigneur, ainsi qu'il est écrit: comblé de la douceur de la loi de Dieu, notre cœur n'offrira plus de recoin qui soit dépourvu de vertu et dont les vices pourraient s'emparer. Pendant le temps de la moisson ou des vendanges, frères très chers, on amasse ce qui doit restaurer notre corps; de même, les jours du Carême sont comme un temps de vendanges et de moisson spirituelles: on y recueille ce qui permettra à notre âme de vivre éternellement. Celui qui se montre négligent et n'amasse rien au moment des vendanges et de la moisson sera torturé par la faim tout au long de l'année; de même, celui qui ici-bas aura négligé de pourvoir et de remplir les greniers de son âme de froment spirituel et de vin céleste grâce au jeûne, à la lecture et à la prière, souffrira d'une soif très ardente et d'une cruelle disette pendant l'éternité.
R/. In próximo est tribulátio mea, Dómine, et non est qui ádiuvet, ut fódiant manus meas et pedes meos. * Líbera me de ore leónis, ut narrem nomen tuum frátribus meis. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Líbera. R/. L'angoisse est proche, Seigneur, et je n'ai personne pour m'aider; ils me percent les mains et les pieds. * Sauve-moi de la gueule du lion, que je proclame ton nom devant mes frères. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * Sauve-moi.
Lectio III Lecture III
Certíssime scitóte, fratres caríssimi, quia, qualis est caro, quæ post multos dies pércipit cibum, talis est ánima, quæ non assídue páscitur Dei verbo. Et quómodo caro per famen et inópiam ténuis et sicca velut quoddam simulácrum effícitur, ita et ánima, si verbi Dei cibo non páscitur, árida et inútilis et ad nullum opus bonum cóngrua invenítur. Consideráte, fratres caríssimi, si et hórreum et cánabam et cellárium annis síngulis præparámus, unde uno anno cibum hábeat caro nostra: putátis, quantum debémus recóndere, unde in ætérnum sustentétur ánima nostra? Soyez-en bien persuadés, frères très chers, l'âme qui ne se nourrit pas de façon assidue de la parole de Dieu ressemble au corps qui laisse passer de nombreux jours sans manger. La faim et le dénuement rendent le corps mince et sec comme peut l'être une statue; ainsi en va-t-il de l'âme qui ne se rassasie pas de la parole de Dieu: elle finit par être aride, incapable et impropre à toute bonne œuvre. Pensez-y, frères très chers, chaque année nous préparons grenier, cave et cellier pour que notre corps ait de quoi manger pour une année; ne voyez-vous pas tout ce qu'il nous faut emmagasiner pour que notre âme puisse subsister éternellement?
R/. In te iactátus sum ex útero, de ventre matris meæ Deus meus es tu; ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Erue a frámea, Deus, ánimam meam, et de manu canis únicam meam. * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. À toi je fus confié dès ma naissance; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu. Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Préserve ma vie de l'épée, arrache-moi aux griffes du chien! * L'angoisse. V/. Gloire au Père. * L'angoisse.