Vigiles (OSB) du jeudi 22 mars 2018 -

Hebdomada V Quadragesimae Vème semaine de Carême
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Libro Númeri Du livre des Nombres
Lectio I Lecture I
In diébus illis: Venérunt fílii Israel et omnis congregátio in desértum Sin mense primo, et mansit pópulus in Cades. Mortuáque est ibi María et sepúlta in eódem loco. Cumque indigéret aqua pópulus, convenérunt advérsum Móysen et Aaron et versi in seditiónem dixérunt: " Utinam perissémus inter fratres nostros coram Dómino! Cur eduxístis ecclésiam Dómini in solitúdinem, ut et nos et nostra iuménta moriámur? Quare nos fecístis ascéndere de Ægýpto et adduxístis in locum istum péssimum qui seri non potest, qui nec ficum gignit nec víneas nec malogranáta, ínsuper et aquam non habet ad bibéndum? " En ce temps-là, les Israélites, toute la communauté, arrivèrent le premier mois au désert de Cîn. Le peuple s'établit à Cadès. C'est là que Miryam mourut et qu'elle fut enterrée. Il n'y avait pas d'eau pour la communauté; alors ils s'ameutèrent contre Moïse et Aaron. Le peuple s'en prit à Moïse: " Que n'avons-nous péri, disaient-ils, comme nos frères ont péri devant le Seigneur! Pourquoi avez-vous conduit l'assemblée du Seigneur en ce désert, pour que nous y mourions, nous et nos bêtes? Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte pour nous conduire en ce sinistre lieu? C'est un lieu impropre aux semailles, sans figuiers, ni vignes, ni grenadiers, sans même d'eau à boire! "
R/. In próximo est tribulátio mea, Dómine, et non est qui ádiuvet, ut fódiant manus meas et pedes meos. * Líbera me de ore leónis, ut narrem nomen tuum frátribus meis. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Líbera. R/. L'angoisse est proche, Seigneur, et je n'ai personne pour m'aider; ils me percent les mains et les pieds. * Sauve-moi de la gueule du lion, que je proclame ton nom devant mes frères. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * Sauve-moi.
Lectio II Lecture II
Venítque Móyses et Aaron, relícta congregatióne, ad intróitum tabernáculi convéntus corruerúntque proni in terram, et appáruit glória Dómini super eos. Locutúsque est Dóminus ad Móysen dicens: " Tolle virgam et cóngrega pópulum tu et Aaron frater tuus; et loquímini ad petram coram eis, et illa dabit aquas. Cumque edúxeris aquam de petra, potábis congregatiónem et iuménta eius. " Tulit ígitur Móyses virgam quæ erat in conspéctu Dómini, sicut præcéperat ei. Et congregavérunt Móyses et Aaron pópulum ante petram, dixítque eis: " Audíte, rebélles; num de petra hac vobis aquam potérimus eícere? " Cumque elevásset Móyses manum percútiens virga bis sílicem, egréssæ sunt aquæ largíssimæ, ita ut pópulus bíberet et iuménta. Quittant l'assemblée, Moïse et Aaron vinrent à l'entrée de la Tente du Rendez-vous. Ils tombèrent face contre terre, et la gloire du Seigneur leur apparut. Le Seigneur parla à Moïse et dit: " Prends le rameau et rassemble la communauté, toi et ton frère Aaron. Puis, sous leurs yeux, dites à ce rocher qu'il donne ses eaux. Tu feras jaillir pour eux de l'eau de ce rocher et tu feras boire la communauté et son bétail. " Moïse prit le rameau de devant le Seigneur, comme il le lui avait commandé. Moïse et Aaron convoquèrent l'assemblée devant le rocher, puis il leur dit: " Ecoutez donc, rebelles. Ferons-nous jaillir pour vous de l'eau de ce rocher? " Moïse leva la main et, avec le rameau, frappa le rocher par deux fois: l'eau jaillit en abondance, la communauté et son bétail purent boire.
R/. In te iactátus sum ex útero, de ventre matris meæ Deus meus es tu; ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Erue a frámea, Deus, ánimam meam, et de manu canis únicam meam. * Quóniam. R/. À toi je fus confié dès ma naissance; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu. Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Préserve ma vie de l'épée, arrache-moi aux griffes du chien! * L'angoisse.
Lectio III Lecture III
Profécti sunt autem et de monte Hor per viam quæ ducit ad mare Rubrum, ut circumírent terram Edom. Et tædére cœpit pópulus itíneris. Locutúsque contra Deum et Móysen ait: " Cur eduxísti nos de Ægýpto, ut morerémur in solitúdine? Deest panis, non sunt aquæ; ánima nostra iam náuseat super cibo isto levíssimo. " Quam ob rem misit Dóminus in pópulum ignítos serpéntes qui mordébant pópulum et mórtuus est pópulus multus ex Israel. Et venérunt ad Móysen atque dixérunt: " Peccávimus, quia locúti sumus contra Dóminum et te; ora ut tollat a nobis serpéntes. " Oravítque Móyses pro pópulo. Et locútus est Dóminus ad eum: " Fac serpéntem ignítum et pone eum pro signo: qui percússus aspéxerit eum, vivet. " Fecit ergo Móyses serpéntem æneum et pósuit eum pro signo; quem cum percússi aspícerent, sanabántur. Ils partirent de Hor-la-Montagne par la route de la mer de Suph, pour contourner le pays d'Édom. En chemin, le peuple perdit patience. Il parla contre Dieu et contre Moïse: " Pourquoi nous avez-vous fait monter d'Égypte pour mourir en ce désert? Car il n'y a ni pain ni eau; nous sommes excédés de cette nourriture de famine. " Dieu envoya alors contre le peuple les serpents brûlants, dont la morsure fit périr beaucoup de monde en Israël. Le peuple vint dire à Moïse: " Nous avons péché en parlant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous ces serpents. " Moïse intercéda pour le peuple et le Seigneur lui répondit: " Façonne-toi un Brûlant que tu placeras sur un étendard. Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie. " Moïse façonna donc un serpent d'airain qu'il plaça sur l'étendard, et si un homme était mordu par quelque serpent, il regardait le serpent d'airain et restait en vie.
R/. Pacífice loquebántur mihi inimíci mei, et in ira molésti erant mihi. * Vidísti, Dómine, ne síleas, ne díscedas a me. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi, verbum iníquum mandavérunt advérsum me. * Vidísti. V/. Glória Patri. * Vidísti. R/. Mes ennemis ont des paroles de paix, mais dans leur fureur ils me maltraitent. * Tu as vu, Seigneur, sors de ton silence! Seigneur, ne sois pas loin de moi! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques. * Tu as vu. V/. Gloire au Père. * Tu as vu.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Catechésibus sancti Cyrílli Hierosolymitáni epíscopi (Cat. 13, 20-22: PG 33, 798-799) Catéchèse de saint Cyrille de Jérusalem
Lectio I Lecture I
Crucis figúram adumbrávit Móyses crucifígens serpéntem, ut qui a vivo serpénte morsus erat, æneum serpéntem intúitus salútem consequerétur cum credidísset. Iam vero neus serpens crucifíxus salútem dat; incarnátus vero Dei Fílius cruci affíxus salútem non déderit? Semper per lignum salus. Noe enim tempóribus per arcam lígneam vitæ facta est conservátio. Mare sub Móyse cum figúram virgæ conspexísset, feriénti se ex reveréntia concéssit. Ergóne Móysis virga tantum pótuit, et Salvatóris crux inéfficax erit? Lignum Móysis témpore dulcem effécit aquam; et de látere Christi aqua efflúxit in ligno. Moïse esquissa la figure de la croix, lorsqu'il crucifia le serpent pour que celui qui avait été mordu par le serpent vivant et qui regarderait le serpent d'airain fût sauvé par sa foi. Alors, un serpent d'airain crucifié sauve, mais le Fils de Dieu incarné, crucifié, ne sauve pas? Toujours par le bois vient la vie. Du temps de Noé, en effet, les vies furent sauvées par une arche de bois; et du temps de Moïse, la mer, à la vue du bâton, s'intimida devant celui qui la frappait. Alors, le bâton de Moïse possède la puissance, et la croix du Sauveur est impuissante? Le bois, au temps de Moïse, adoucit l'eau, et du côté de Jésus, l'eau a coulé sur le bois.
R/. Deus meus es tu, ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Quóniam. R/. Tu es mon Dieu! Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * L'angoisse.
Lectio II Lecture II
Primum signórum Móysis aqua et sanguis; eadémque res ómnium Iesu signórum postrémum fuit. Primo loco Móyses flúvium in sánguinem transmutávit; et in fine Iesus aquam ex látere emísit cum sánguine. Reddidérunt explanatóres Patres nostri eius rei causam. Cum enim duplex quædam sit in evangéliis salutíferi baptísmatis vis: una quidem per aquam iis qui illuminántur concéssa; áltera vero, quæ persecutiónum témpore sanctis martýribus per próprium sánguinem datur; exiére e Salvatóris látere sanguis et aqua; quæ confessiónis, cum in illuminatióne seu baptísmo, tum in tempóribus martýrii factæ pro Christo, confírmant grátiam. Le premier des signes arrivés au temps de Moïse est l'eau devenue sang, et le dernier de tous les miracles de Jésus est le même. D'abord, Moïse changea le fleuve en sang; et Jésus, à la fin, laissa couler de son côté de l'eau mêlée de sang. L'exégèse des Pères a livré une cause de la chose. Car, étant donné que dans les évangiles, double est l'efficacité du baptême qui sauve: l'une, celle qui est donnée par l'eau aux illuminés; la seconde, celle qui, en temps de persécution, est donnée aux saints martyrs par leur propre sang; du côté du Sauveur sont sortis du sang et de l'eau pour fortifier la grâce de la confession pour le Christ: dans l'illumination, au baptême, et au temps du martyre.
R/. Multiplicáti sunt qui tríbulant me, et dicunt: Non est salus illi in Deo eius. * Exsúrge, Dómine, salvum me fac, Deus meus. V/. Nequándo dicat inimícus meus: Præválui advérsus eum. * Exsúrge. R/. Qu'ils sont nombreux mes adversaires, nombreux à déclarer à mon sujet: Pour lui, pas de salut auprès de Dieu! * Lève-toi, Seigneur; sauve-moi, mon Dieu! V/. Pour que l'ennemi ne crie pas: Victoire! * Lève-toi.
Lectio III Lecture III
Arma pro ipsa cruce contra adversários sume: fidem crucis pro tropæo advérsus contradicéntes státue. Quando enim de cruce Christi contra infidéles disceptatiónem institutúrus eris, prius manu signum crucis emítte, et obmutéscet qui contra nítitur. Ne púdeat crucem confitéri: de hac namque gloriántur ángeli aiéntes: Nóvimus quem quærátis, Iesum crucifíxum. Crux enim coróna est, non ignomínia. Prends les armes pour la croix elle-même, contre ses adversaires; établis la foi en la croix comme un trophée contre ses contradicteurs. Car, lorsque tu auras à discuter avec les incrédules sur la croix du Christ, commence par te signer, le contradicteur sera réduit au silence. N'aie pas honte de confesser la croix, car les anges la glorifient lorsqu'ils disent: Nous savons qui vous cherchez, Jésus le crucifié. La croix est, en effet, une gloire, non un déshonneur.
R/. Adiútor et suscéptor meus tu es, Dómine, et in verbum tuum sperávi. * Declináte a me, malígni, et scrutábor mandáta Dei mei. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Declináte. V/. Glória Patri. * Declináte. R/. Toi, mon abri, mon bouclier, Seigneur, j'espère en ta parole. * Écartez-vous de moi, méchants: j'observerai les commandements de mon Dieu. V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi. * Écartez-vous. V/. Gloire au Père. * Écartez-vous.