Vigiles (OSB) du dimanche 25 mars 2018 - DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR

Hebdomada Sancta Semaine sainte
Dominica Dimanche
DOMINICA IN PALMIS DE PASSIONE DOMINI DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Ieremíæ prophétæ Du livre de Jérémie
Lectio I Lecture I
Hæc dicit Dóminus: " Descénde in domum regis Iudæ et loquéris ibi verbum hoc et dices: Audi verbum Dómini, rex Iudæ qui sedes super sólium David, tu et servi tui et pópulus tuus qui ingredímini per portas istas. Hæc dicit Dóminus: Fácite iudícium et iustítiam et liberáte vi oppréssum de manu expoliántis et ádvenam et pupíllum et víduam nolíte afflígere, neque opprimátis iníque et sánguinem innocéntem ne effundátis in loco isto. Si enim faciéntes fecéritis verbum istud, ingrediéntur per portas domus huius reges, sedéntes de génere David super thronum eius et ascendéntes currus et equos, ipsi et servi et pópulus eórum. Quod si non audiéritis verba hæc, in memetípso iurávi, dicit Dóminus, quia in solitúdinem erit domus hæc. " Ainsi parle le Seigneur: " Descends au palais du roi de Juda; là, tu prononceras cette parole: Écoute la parole du Seigneur, ô roi de Juda qui sièges sur le trône de David, toi, ainsi que tes serviteurs et tes gens qui entrent par ces portes. Ainsi parle le Seigneur: Pratiquez le droit et la justice; tirez l'exploité des mains de l'oppresseur; l'étranger, l'orphelin et la veuve, ne les maltraitez pas, ne les outragez pas; le sang innocent, ne le versez pas en ce lieu. Car si vous vous appliquez à observer cette parole, alors, par les portes de ce palais, des rois siégeant sur le trône de David feront leur entrée, montés sur des chars et des chevaux, eux, leurs serviteurs et leurs gens. Mais si vous n'écoutez pas ces paroles, je le jure par moi-même - oracle du Seigneur - ce palais deviendra une ruine. "
R/. Conclúsit vias meas inimícus, insidiátor factus est mihi sicut leo in abscóndito, replévit et inebriávit me amaritúdine. Deduxérunt in lacum mortis vitam meam et posuérunt lápidem contra me. * Vide, Dómine, iniquitátem illórum, et iúdica causam ánimæ meæ, defénsor vitæ meæ. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi; verbum iníquum mandavérunt advérsum me. * Vide. R/. L'ennemi obstrue mes sentiers, il se cache à l'affût comme un lion dans son fourré; il me sature d'amertume, m'abreuve d'absinthe. Ils mènent ma vie à la fosse, ils abattent une pierre sur moi. * Tu vois, Seigneur, comme on me fait tort: défends ma cause, toi, mon Rédempteur. V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques. * Tu vois.
Lectio II Lecture II
Quia hæc dicit Dóminus super domum regis Iudæ: Gálaad tu mihi, caput Líbani, verúmtamen ponam te solitúdinem, urbes inhabitábiles, et sanctificábo super te interficiéntem virum et arma eius, et succídent eléctas cedros tuas et præcipitábunt in ignem. Et pertransíbunt gentes multæ per civitátem hanc, et dicet unusquísque próximo suo: "Quare fecit Dóminus sic civitáti huic grandi?" Et respondébunt: "Eo quod derelíquerint pactum Dómini Dei sui et adoráverint deos aliénos et servíerint eis". " Oui, ainsi parle le Seigneur au sujet du palais du roi de Juda: Tu es pour moi Galaad et la cime du Liban. Pourtant je vais te réduire en désert, en villes inhabitées. Je voue contre toi des destructeurs, chacun avec ses armes; ils abattront les plus beaux de tes cèdres et les jetteront au feu. Et quand des nations nombreuses passeront près de cette ville, les gens se diront entre eux: "Pourquoi le Seigneur a-t-il traité de la sorte cette grande cité?" On répondra: "C'est qu'ils ont abandonné l'alliance du Seigneur leur Dieu, pour se prosterner devant d'autres dieux et les servir". "
R/. Fratres mei elongavérunt a me, et noti mei * Quasi aliéni recessérunt a me. V/. Amíci mei advérsum me appropinquavérunt et próximi mei. * Quasi aliéni. R/. Mes frères s'éloignent de moi; mes proches, * Comme des étrangers, m'abandonnent. V/. Mes familiers, mes amis, se tournent contre moi; * Comme.
Lectio III Lecture III
Væ pastóribus qui dispérdunt et díssipant gregem páscuæ meæ, dicit Dóminus. Ideo hæc dicit Dóminus, Deus Israel, ad pastóres qui pascunt pópulum meum: Vos dissipástis gregem meum et eiecístis eos et non visitástis eos; ecce ego visitábo super vos malítiam óperum vestrórum, ait Dóminus. Et ego congregábo relíquias gregis mei de ómnibus terris ad quas eiécero eos, et convértam eos ad rura sua et crescent et multiplicabúntur. Et suscitábo super eos pastóres, et pascent eos; non formidábunt ultra et non pavébunt, et nullus quærétur ex número, dicit Dóminus. " Malheur aux pasteurs qui perdent et dispersent les brebis de mon pâturage - oracle du Seigneur! C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël, contre les pasteurs qui ont à paître mon peuple: vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées et ne vous en êtes pas occupés. Eh bien! moi, je vais m'occuper de vous pour vos méfaits, oracle du Seigneur! Je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis de tous les pays où je les aurai dispersées, et je les ramènerai dans leur prairie: elles seront fécondes et se multiplieront. Je susciterai pour elles des pasteurs qui les feront paître; elles n'auront plus crainte ni terreur; aucune ne se perdra, oracle du Seigneur! "
R/. Atténde, Dómine, ad me, et audi voces adversariórum meórum. * Numquid rédditur pro bono malum, quia fodérunt fóveam ánimæ meæ? V/. Homo pacis meæ in quo sperábam ampliávit advérsum me supplantatiónem. * Numquid rédditur. R/. Seigneur, prête-moi l'oreille; écoute ce que disent mes adversaires. * Est-ce ainsi que l'on rend le mal pour le bien? Ils creusent une fosse pour attenter à ma vie. V/. Même l'ami qui avait ma confiance m'a frappé du talon. * Est-ce ainsi.
Lectio IV Lecture IV
Ecce dies véniunt, dicit Dóminus, et suscitábo David germen iustum; et regnábit rex et sápiens erit et fáciet iudícium et iustítiam in terra. In diébus illis salvábitur Iuda, et Israel habitábit confidénter; et hoc est nomen quod vocábunt eum: Dóminus iustítia nostra. Propter hoc ecce dies véniunt, dicit Dóminus, et non dicent ultra: "Vivit Dóminus, qui edúxit fílios Israel de terra Ægýpti" , sed: "Vivit Dóminus, qui edúxit et addúxit semen domus Israel de terra aquilónis et de cunctis terris!" ad quas eiéceram eos; et habitábunt in terra sua. " Voici venir des jours - oracle du Seigneur - où je susciterai à David un germe juste; un roi régnera et sera intelligent, exerçant dans le pays droit et justice. En ses jours, Juda sera sauvé et Israël habitera en sécurité. Voici le nom dont on l'appellera: Le Seigneur-notre-Justice. Aussi voici venir des jours - oracle du Seigneur - où l'on ne dira plus: "Le Seigneur est vivant, qui a fait monter les enfants d'Israël du pays d'Égypte" , mais: "Le Seigneur est vivant, qui a fait monter et rentrer la race de la maison d'Israël du pays du Nord et de tous les pays" où il les avait dispersés, pour qu'ils demeurent sur leur propre sol. "
R/. In die qua invocávi te, Dómine, dixísti: Noli timére. * Iudicásti causam meam, et liberásti me, Deus meus. V/. Deus meus, éripe me de manu peccatóris, et de manu contra legem agéntis et iníqui. * Iudicásti. V/. Glória Patri. * Iudicásti. R/. Le jour où je t'invoque, Seigneur, tu dis: Ne crains pas! * Tu défends ma cause, mon Dieu, et tu me délivres. V/. Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, des prises du fourbe et du violent. * Tu défends. V/. Gloire au Père. * Tu défends.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus Galtéro a Sancto Victóre presbýtero attribútis (Sermo 3, 1-2.4: CC CM 30, 250) Sermon attribué à Gautier de saint Victor
Lectio I Lecture I
Absit mihi gloriári, nisi in cruce Dómini nostri Iesu Christi, per quem mihi mundus crucifíxus est et ego mundo. Domínicæ passiónis sacraméntum magnum est et profúndum, quod sapiéntibus huius mundi visum est stultum. Sed hoc stultum Dei sapiéntius est homínibus quam hómines esse possint vel intellégere. Hoc enim est sacraméntum quod a sapiéntibus et prudéntibus huius sæculi est abscónditum, et revelátum est párvulis. Utinam simus et nos párvuli, non sapiéntia sed malítia, ut dignétur et nobis hoc sacraméntum reveláre et in ipsíus revelatióne possímus et nos cum Apóstolo gloriári et dícere: Absit mihi gloriári, nisi in cruce Dómini. Que je ne me glorifie en rien d'autre que dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ; c'est par là que le monde est crucifié pour moi et que je le suis pour le monde. Le mystère de la passion du Seigneur est grand et profond, alors qu'il semble folie pour les sages de ce monde. Mais ce qui est fou pour Dieu est plus sage que ce que les hommes pourraient être et comprendre. C'est là le mystère caché aux sages et aux savants de ce monde, mais révélé aux petits. Puissions-nous être de ces petits, non pour la sagesse, mais pour la malice, afin qu'il daigne nous révéler ce mystère à nous aussi et que, forts de cette révélation, nous puissions, nous aussi, nous glorifier avec l'Apôtre et dire: Que je ne me glorifie en rien d'autre que dans la croix du Seigneur.
R/. Dóminus mecum est tamquam bellátor fortis; proptérea persecúti sunt me, et intellégere non potuérunt. * Dómine, probans renes et corda, tibi revelávi causam meam. V/. Et vim faciébant qui quærébant ánimam meam, et qui inquirébant mala mihi locúti sunt vanitátes. * Dómine. R/. Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable: mes persécuteurs s'écrouleront, impuissants. * Seigneur de l'univers, toi qui scrutes les reins et les cœurs, c'est à toi que j'ai confié ma cause. V/. Ceux qui veulent ma perte me talonnent, ces gens qui cherchent mon malheur prononcent des paroles maléfiques. * Seigneur.
Lectio II Lecture II
Tria sunt propter quæ gloriándum est in cruce: remédium, exémplum, mystérium. Remédium vocámus ipsíus passiónis et mortis Christi méritum. Ipse enim Christus, immúnis ab omni peccáto, solus inter mórtuos liber, nil débuit morti, sed tamen propter nímiam caritátem qua diléxit nos, mortem sibi indébitam pro nobis mortis debitóribus Patri obœdiéndo sustínuit. Et sic multum méruit, et nobis méritum suum concéssit, ut pro eo nobis fíeret quod sibi si indigéret. Hoc méritum ádeo magnum quod súfficit ad salútem ómnium. Magnitúdo mériti ex magnitúdine dilectiónis ex qua fit solet pensári. Cum ígitur Christi cáritas sit imménsa, et mortis eius méritum est imménsum. Il existe trois motifs de se glorifier dans la croix: elle est remède, exemple et mystère. Nous appelons remède le mérite qui est attaché à la passion et à la mort du Christ. En effet, le Christ est exempt de tout péché, seul libre parmi les morts; il ne devait rien à la mort, mais c'est à cause du grand amour qu'il nous portait qu'il a accepté la mort en obéissant à son Père, mort nullement méritée, mais subie pour nous à qui la mort était due. C'est ainsi que son mérite fut grand et qu'il put nous l'attribuer: son mérite deviendrait nôtre dès lors qu'on viendrait à en manquer. Ce mérite est si grand qu'il suffit au salut de tous. La grandeur du mérite s'évalue habituellement à la grandeur de l'amour qui le dicte. Et, puisque l'amour du Christ est immense, immense est le mérite de sa mort.
R/. Noli esse mihi, Dómine, aliénus. Parce mihi in die mala: confundántur omnes qui me persequúntur, * Et non confúndar ego. V/. Confundántur omnes inimíci mei qui quærunt ánimam meam ut áuferant eam. * Et non confúndar. R/. Ne sois pas pour moi, Seigneur, comme un dieu étranger. Épargne-moi au jour du malheur: Qu'ils soient couverts de honte, mes persécuteurs, * Et non pas moi! V/. Qu'ils reculent, couverts de honte, ceux qui cherchent à m'ôter la vie, * Et non pas.
Lectio III Lecture III
Si omnes sancti, quotquot fuérunt ab inítio mundi et futúri sunt usque in finem sæculi, essent líberi ab omni peccáto et pro iustítia moreréntur, non tamen ómnium mors tantum mererétur quantum sola mors Salvatóris semel facta. Hunc incomparábilem salútis nostræ thesáurum Paulus contémplans ait: Absit mihi gloriári nisi in cruce Dómini nostri Iesu Christi, id est: " Absit ut aliúnde iúdicem me dignum glória et salúte, nisi ex virtúte et efficácia, et mérito domínicæ passiónis. " In hoc enim remédio nobis única spes est, quia non est áliud nomen sub cælo in quo opórteat nos salvos fíeri. Hoc remédium párvulis et his qui non habent tempus operándi súfficit ad salútem. À supposer que tous les saints depuis le début jusqu'à la fin du monde soient exempts de tout péché et viennent à mourir pour la justice, leur mort à tous n'aurait pourtant pas autant de mérite que l'unique mort du Sauveur. La contemplation de ce trésor incomparable de notre salut a poussé Paul à dire: Que je ne me glorifie en rien d'autre que dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, c'est-à-dire: " Rien ne me fera juger digne de gloire et de salut autrement que par la vertu et l'efficacité du mérite de la passion du Seigneur. " Oui, c'est ce remède qui est notre unique espoir, car il n'y a pas d'autre nom sous le ciel qui puisse nous sauver. C'est ce remède qui suffit au salut des petits et de ceux qui n'ont pas le temps de se mettre au travail.
R/. Ingrediénte Dómino in sanctam civitátem, Hebræórum púeri resurrectiónem vitæ pronuntiántes, * Cum ramis palmárum, Hosánna clamábant in excélsis. V/. Ex ore infántium et lactántium perfecísti laudem. * Cum ramis. R/. À l'entrée du Seigneur dans la ville sainte, les enfants des Hébreux annonçaient la résurrection de la vie. * Avec des rameaux et des palmes, ils acclamaient en chantant: Hosanna au plus haut des cieux! V/. Ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits. * Avec des rameaux.
Lectio IV Lecture IV
Sunt ígitur tria propter quæ gloriándum est in cruce: remédium pértinet ad fidem, exémplum ad operatiónem, mystérium ad dilectiónem. Hæc quidem tria: fides, operátio et diléctio, necessária ad salútem exigúntur. De fide dicit Paulus: Sine fide impossíbile est placére Deo; de opéribus Iacóbus scribit quia sine eis fides mórtua est; de caritáte dicit Apóstolus: Si tradídero corpus meum ita ut árdeam, caritátem autem non hábeam, nihil mihi prodest. Il y a donc trois raisons de nous glorifier dans la croix: le remède concerne la foi, l'exemple l'œuvre, le mystère l'amour. Ces trois choses, la foi, l'œuvre, l'amour, sont exigées de nous comme nécessaires au salut. Saint Paul affirme de la foi: Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. À propos des œuvres, saint Jacques écrit que sans elles la foi est morte. Et l'Apôtre dit de la charité: Si je livrais mon corps au feu, mais si je n'avais pas la charité, cela ne me servirait à rien.
R/. Salvum me fac, Deus, quóniam intravérunt aquæ usque ad ánimam meam. Ne avértas fáciem tuam a me; * Quóniam tríbulor exáudi me, Deus meus. V/. Inténde ánimæ meæ et líbera eam; propter inimícos meos éripe me. * Quóniam tríbulor. V/. Glória Patri. * Quóniam tríbulor. R/. Sauve-moi, Seigneur, les eaux montent jusqu'à ma gorge! Ne détourne pas de moi ta face: * Je suffoque, vite, réponds-moi! V/. Sois proche de moi, rachète-moi, sauve-moi de l'emprise des ennemis! * Je suffoque. V/. Gloire au Père. * Je suffoque.
In tertio nocturno, anno B Troisième nocturne, année B
Léctio sancti Evangélii secúndum Marcum Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc
Cum appropinquáret Hierosólymæ, Béthfage et Bethániæ ad montem Olivárum, mittit duos ex discípulis suis et ait illis: " Ite in castéllum quod est contra vos, et statim introeúntes illud inveniétis pullum ligátum super quem nemo adhuc hóminum sedit. " Et réliqua. Quelques jours avant la fête de la Pâque, Jésus et ses disciples approchèrent de Jérusalem, de Bethphagé et de Béthanie, près du mont des Oliviers. Jésus envoie deux de ses disciples: " Allez au village qui est en face de vous. Dès l'entrée, vous y trouverez un petit âne attaché, que personne n'a encore monté. " Et la suite.
Ex Expositióne sancti Ambrósii epíscopi in Lucam (Lib. 9, 9-11: SC 52, 143-144) Commentaire de saint Ambroise sur l'Évangile de Luc
Lectio I Lecture I
Non mundi Dóminum forénsi spécie gestári dorso ásinæ delectávit, sed ut laténte mystério penetrália nostræ mentis instérneret et in secrétis animórum interióre conséssu mýsticus vector insidéret quasi quodam córpore divinitátis infúsus, regens mentis vestígia, lascívias carnis infrénans, ut ductu pietátis assuétum pópuli gentílis edomáret afféctum. Felíces illos, qui talem intérnis rénibus recepére vectórem, felíces plane illos, quorum ora ne multilóquio solveréntur, verbi cæléstis habéna restrínxit! Le Maître du monde n'a pas mis son plaisir à faire porter son corps visible sur l'échine d'une ânesse, mais il voulait, par un mystérieux secret, sceller l'intime de notre âme, s'installer au fond des cœurs, s'y asseoir, cavalier mystique, y prendre place comme corporellement par sa divinité, réglant les pas de l'âme, bridant les soubresauts de la chair, et habituer le peuple des païens à cette aimante direction, afin de discipliner ses sentiments. Heureux ceux qui ont accueilli sur le dos de leur âme un tel cavalier. Heureux vraiment ceux dont la bouche, pour ne pas se répandre en bavardages, a été retenue par la bride du Verbe céleste
R/. Dixérunt ímpii apud se, non recte cogitántes: Circumveniámus iustum, quóniam contrárius est opéribus nostris. Promíttit se sciéntiam Dei habére, Fílium Dei se nóminat et gloriátur Patrem se habére Deum. * Videámus si sermónes illíus veri sint; et si est verus Fílius Dei, líberet illum de mánibus nostris; morte turpíssima condemnémus eum. V/. Viri ímpii dixérunt: Opprimámus virum iustum iniúste, et de spóliis eius sortem mittámus. * Videámus. R/. Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes: Attirons le juste dans un piège, car il s'oppose à notre conduite, il prétend posséder la connaissance de Dieu, il s'intitule Fils de Dieu, il se vante d'avoir Dieu pour Père. * Voyons si ses paroles sont vraies; et, s'il est vraiment Fils de Dieu, Dieu le délivrera de nos mains; condamnons-le à une mort infâme. V/. Les impies déclarent: Opprimons injustement le juste, et tirons au sort entre nous ses vêtements. * Voyons.
Lectio II Lecture II
Quæ est ista habéna, fratres? Quis me dóceat quemádmodum ora hóminum aut restríngat aut solvat? Monstrávit mihi habénam ille qui dixit: Ut detur mihi sermo in apertiónem oris mei. Sermo ergo habéna est, sermo stímulus est, et ídeo durum tibi est advérsus stímulum calcitráre. Dócuit ígitur hic nos aperíre cor, stímulum pérpeti, iugum dúcere. Dóceat et álius linguæ retinácula pati; rárior enim tacéndi virtus est quam loquéndi. Dóceat plane ille qui velut mutus advérsus dolum non apéruit os suum, parátus in flagélla et vérbera non recúsans, ut esset pia séssio Deo. Quelle est cette bride, mes frères Qui m'enseignera comment elle serre ou délie les lèvres des hommes? Il m'a fait voir cette bride, celui qui a dit: Afin que la parole me soit donnée pour ouvrir mes lèvres. La parole est donc bride, la parole est aiguillon aussi il vous est fâcheux de regimber contre l'aiguillon. Il nous a donc appris à ouvrir notre cœur, à endurer l'aiguillon, à porter le joug qu'un autre nous apprenne encore à supporter le frein de la langue car plus rare est la vertu du silence que celle de la parole. Oui, qu'il nous l'apprenne, celui qui, comme muet, n'a pas ouvert la bouche contre l'imposture, prêt pour les fouets et ne refusant pas les coups, pour être une docile monture à Dieu.
R/. Viri ímpii dixérunt: Opprimámus virum iustum iniúste et deglutiámus eum tamquam inférnus vivum. Auferámus memóriam illíus de terra, et de spóliis eius sortem mittámus inter nos. Ipsi enim homicídæ thesaurizavérunt sibi mala, insipiéntes et malígni odérunt sapiéntiam, * Et rei facti sunt in cogitatiónibus suis. V/. Dixérunt ímpii apud se, non recte cogitántes: Circumveniámus iustum, quóniam contrárius est opéribus nostris. * Et rei. R/. Les impies déclarent: Opprimons injustement le juste; comme le shéol, engloutissons-le tout vivant. Effaçons de la terre sa mémoire, et tirons au sort entre nous ses vêtements. C'est contre eux-mêmes que ces meurtriers accumulent les actions mauvaises: folie et méchanceté leur font haïr la sagesse. * Ils sont coupables de faux raisonnements. V/. Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes: Attirons le juste dans un piège, car il s'oppose à notre conduite. * Ils sont.
Lectio III Lecture III
Disce a doméstico Dei gestáre Christum, quóniam prius te ille gestávit, cum pastor errántem redúceret ovem, disce sédula mentis tuæ dorsa substérnere, disce esse sub Christo, ut possis esse supra mundum. Non quicúmque fácile vehit Christum, sed ille qui potest dícere: Incurvátus et humiliátus sum nimis, rugiébam a gémitu cordis mei. Apprends d'un familier de Dieu à porter le Christ, puisque lui t'a porté le premier, quand, pasteur, il ramenait la brebis égarée apprends à prêter de bonne grâce le dos de ton âme apprends à être sous le Christ, afin de pouvoir être au-dessus du monde. Ce n'est pas le premier venu qui porte aisément le Christ, mais celui qui peut dire: Je me suis courbé et abaissé à l'extrême je rugissais sous la plainte de mon cœur.
R/. Oppróbrium factus sum nimis inimícis meis; vidérunt me et movérunt cápita sua. * Adiuva me, Dómine, Deus meus. V/. Pérsequar inimícos meos et comprehéndam illos, et non convértar donec defíciant. * Adiuva me. R/. Mes ennemis me tournent en dérision; ceux qui me voient hochent la tête. * Aide-moi, Seigneur, mon Dieu. V/. Je poursuis mes ennemis, je les rejoins; je ne reviens qu'après leur défaite. * Aide-moi.
Lectio IV Lecture IV
Quod si desíderas non movéri, super illa vestiménta sanctórum elútum fige vestígium. Cave enim ne lutuléntis pédibus incédas, cave transversáriis gréssibus ne perstráta tibi propheticárum viárum itínera derelínquas. Namque ut tútior ventúris géntibus esset incéssus, própriis induméntis usque ad Dei templum qui præíbant Iesum sémitam muniérunt. Ut tu sine offensióne gradiáris, discípuli Dómini amíctu se próprii córporis exuéntes inter advérsa turbárum viam tibi suo stravére martýrio. Et si tu souhaites ne pas trébucher, pose sur les vêtements des saints tes pas purifiés; prends garde, en effet, d'avancer les pieds boueux. Garde-toi de prendre la traverse, abandonnant le chemin jonché pour toi, les voies des prophètes: car, pour ménager aux nations qui viendraient une marche plus assurée, ceux qui précédèrent Jésus ont couvert le chemin de leurs propres vêtements jusqu'au temple de Dieu. Pour te faire avancer sans heurt, les disciples du Seigneur, dépouillant le vêtement de leur corps, t'ont, par leur martyre, frayé la voie à travers les foules hostiles.
R/. Insurrexérunt in me viri iníqui absque misericórdia; quæsiérunt me interfícere et non pepercérunt in fáciem meam spúere. Et lánceis vulneravérunt me; et concússa sunt ómnia ossa mea. * Ego autem æstimábam me tamquam mórtuum super terram. V/. Et dedérunt in escam meam fel, et in siti mea potavérunt me acéto. * Ego. V/. Glória Patri. * Ego. R/. Des impies, des hommes sans affection, se lèvent contre moi; ils cherchent à m'ôter la vie, et n'hésitent pas à me cracher au visage; leurs coups de lance me blessent, je tremble de tous mes os. * Vivant, je me vois déjà mort. V/. À mon pain, ils ont mêlé du poison; quand j'avais soif, ils m'ont donné du vinaigre. * Vivant. V/. Gloire au Père. * Vivant.