Vigiles (OSB) du mardi 27 mars 2018 - Mardi de la semaine sainte

Hebdomada Sancta Semaine sainte
Feria III Mardi
Feria III hebdomadae sanctae Mardi de la semaine sainte
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Ieremíæ prophétæ Du livre de Jérémie
Lectio I Lecture I
Congregans congregábo eos, ait Dóminus; non est uva in vítibus et non sunt ficus in ficúlnea, fólium deflúxit, et dabo eis gradiéntes super eos. - "Quare sedémus? Conveníte et ingrediámur civitátes munítas et pereámus ibi, quia Dóminus Deus noster trádidit nos in intéritum et potum dedit nobis aquam fellis; peccávimus enim Dómino. Exspectávimus pacem, et non est bonum, tempus medélæ, et ecce formído." A Dan audítus est frémitus equórum eius, a voce hinnítuum fórtium equórum eius commóta est omnis terra; et vénient et devorábunt terram et plenitúdinem eius, urbem et habitatóres eius. Quia ecce ego mittam vobis serpéntes régulos quibus non est incantátio, et mordébunt vos ", ait Dóminus. Je vais les supprimer - oracle du Seigneur - plus de raisins à la vigne, plus de figues au figuier, même le feuillage se flétrit: je leur ai fourni des gens qui les piétinent! - "Pourquoi restons-nous tranquilles? Rassemblement! Gagnons nos villes fortifiées pour y être réduits au silence, puisque le Seigneur notre Dieu nous réduit au silence et nous abreuve d'eau empoisonnée, parce que nous avons péché contre lui. Nous espérions la paix: rien de bon! le temps de la guérison: voici l'épouvante! Depuis Dan on perçoit le hennissement de ses chevaux; au cri retentissant de ses étalons toute la terre est ébranlée: ils viennent dévorer le pays et ses biens, la ville et ses habitants" - Oui, voici que j'envoie contre vous des serpents venimeux, contre lesquels il n'existe pas de charme, et ils vous mordront, " oracle du Seigneur.
R/. Viri ímpii dixérunt: Opprimámus virum iustum iniúste et deglutiámus eum tamquam inférnus vivum. Auferámus memóriam illíus de terra, et de spóliis eius sortem mittámus inter nos. Ipsi enim homicídæ thesaurizavérunt sibi mala, insipiéntes et malígni odérunt sapiéntiam, * Et rei facti sunt in cogitatiónibus suis. V/. Dixérunt ímpii apud se, non recte cogitántes: Circumveniámus iustum, quóniam contrárius est opéribus nostris. * Et rei. R/. Les impies déclarent: Opprimons injustement le juste; comme le shéol, engloutissons-le tout vivant. Effaçons de la terre sa mémoire, et tirons au sort entre nous ses vêtements. C'est contre eux-mêmes que ces meurtriers accumulent les actions mauvaises: folie et méchanceté leur font haïr la sagesse. * Ils sont coupables de faux raisonnements. V/. Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes: Attirons le juste dans un piège, car il s'oppose à notre conduite. * Ils sont.
Lectio II Lecture II
Hiláritas mea facta est dolor in me, cor meum mærens. Ecce vox clamóris fíliæ pópuli mei de terra longínqua: " Numquid Dóminus non est in Sion? Aut rex eius non est in ea? " " Quare ergo me ad iracúndiam concitavérunt in sculptílibus suis et in vanitátibus aliénis? " " Tránsiit messis, finíta est æstas, et nos salváti non sumus. " Super contritióne fíliæ pópuli mei contrítus sum et contristátus; stupor obtínuit me. Numquid resína non est in Gálaad? Aut médicus non est ibi? Quare enim non est obdúcta cicátrix fíliæ pópuli mei? Quis dabit cápiti meo aquam et óculis meis fontem lacrimárum, et plorábo die ac nocte interféctos fíliæ pópuli mei? Sans remède, la peine m'envahit, le cœur me manque. Voici l'appel au secours de la fille de mon peuple, depuis une terre aux vastes étendues. " Le Seigneur n'est donc plus en Sion? Son Roi n'y est-il plus? (Pourquoi m'ont-ils irrité par leurs idoles, par ces vanités venues de l'étranger? ) La moisson est passée, l'été est fini, et nous ne sommes pas sauvés! " De la blessure de la fille de mon peuple je suis blessé, je reste accablé, l'épouvante me tient. N'y a-t-il plus de baume en Galaad? N'y a-t-il là aucun médecin? Oui, pourquoi ne fait-elle aucun progrès, la guérison de la fille de mon peuple? Qui changera ma tête en fontaine et mes yeux en source de larmes, que je pleure jour et nuit les tués de la fille de mon peuple!
R/. Salvum me fac, Deus, quóniam intravérunt aquæ usque ad ánimam meam. Ne avértas fáciem tuam a me; * Quóniam tríbulor exáudi me, Deus meus. V/. Inténde ánimæ meæ et líbera eam; propter inimícos meos éripe me. * Quóniam tríbulor. R/. Sauve-moi, Seigneur, les eaux montent jusqu'à ma gorge! Ne détourne pas de moi ta face: * Je suffoque, vite, réponds-moi! V/. Sois proche de moi, rachète-moi, sauve-moi de l'emprise des ennemis! * Je suffoque.
Lectio III Lecture III
Quis dabit mihi in solitúdine deversórium viatórum, et derelínquam pópulum meum et recédam ab eis? Quia omnes adúlteri sunt, cœtus prævaricatórum. " Et tendérunt linguam suam quasi arcum; mendácium, et non véritas, inváluit in terra, quia de malo ad malum egréssi sunt et me non cognovérunt, dicit Dóminus. Unusquísque se a próximo suo custódiat et in omni fratre suo non hábeat fidúciam, quia omnis frater supplántat, et omnis amícus fraudulénter incédit, et vir fratrem suum décipit, et veritátem non loquúntur; docuérunt enim linguam suam loqui mendácium, iníque egérunt, noluérunt convérti. Iniúria super iniúriam, dolus super dolum. Renuérunt scire me ", dicit Dóminus. Proptérea hæc dicit Dóminus exercítuum: " Ecce ego conflábo et probábo eos; quid enim áliud fáciam fíliæ pópuli mei? Sagítta vúlnerans lingua eórum; dolum locúta est in ore suo: pacem cum amíco suo lóquitur et occúlte ponit ei insídias. Numquid super his non visitábo eos, dicit Dóminus, aut in gente huiúsmodi non ulciscétur ánima mea? " Qui me fournira au désert un gîte de voyageurs, que je puisse quitter mon peuple et loin d'eux m'en aller? Car tous ils sont des adultères, un ramassis de traîtres. Ils bandent leur langue comme un arc; c'est le mensonge et non la vérité qui prévaut en ce pays. Oui, ils vont de crime en crime, mais moi, ils ne me connaissent pas, oracle du Seigneur! Que chacun soit en garde contre son ami, méfiez-vous de tout frère; car tout frère ne pense qu'à supplanter, tout ami répand la calomnie. Chacun dupe son ami, ils ne disent pas la vérité, ils ont habitué leur langue à mentir, ils se fatiguent à mal agir. Tu habites au milieu de la mauvaise foi! C'est par mauvaise foi qu'ils refusent de me connaître, oracle du Seigneur! C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur des armées: Voici, je vais les épurer et les éprouver, rien d'autre à faire pour la fille de mon peuple! Leur langue est une flèche meurtrière, leurs paroles sont de mauvaise foi; de bouche, on souhaite à son prochain la paix, mais de cœur on lui prépare un piège. Et pour ces actions je ne les châtierais pas? - oracle du Seigneur - D'une pareille nation je ne tirerais pas vengeance?
R/. Contumélias et terróres passus sum ab eis qui erant pacífici mei, et custodiéntes latus meum, * Dicéntes: Decipiámus eum et prævaleámus illi! Sed tu, Dómine, mecum es tamquam bellátor fortis. Cadent in oppróbrium sempitérnum. Et vídeam vindíctam in eis, quia tibi revelávi causam meam. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi, verbum iníquuum mandavérunt advérsum me. * Dicéntes. V/. Glória Patri. * Dicéntes. R/. J'endure les menaces et les outrages de ceux qui étaient en paix avec moi: mes amis guettent mes faux-pas, * Ils disent: S'il se laisse abuser, nous aurons le dessus! Mais, Seigneur, tu es avec moi comme un guerrier redoutable. Ils connaîtront une honte éternelle; et je verrai la revanche que tu prendras sur eux, car c'est à toi que j'ai confié ma cause. V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques. * Ils disent. V/. Gloire au Père. * Ils disent.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Tractátu sancti Cypriáni epíscopi et mártyris De bono patiéntiæ (Nn. 6-7: SC 291, 194-200) Traité de saint Cyprien sur la patience
Lectio I Lecture I
Iesus Christus Dóminus et Deus noster, qui ad hoc descendísse se díxerat ut voluntátem Patris fáceret, inter cétera mirabília virtútum quibus indícia divínæ maiestátis expréssit patérnam quoque patiéntiam tolerántiæ tenóre servávit. Omnis dénique actus eius ab ipso statim advéntu patiéntia cómite signátur, quod primum de illa sublimitáte cælésti ad terréna descéndens non aspernátur Dei Fílius carnem hóminis indúere et cum peccátor ipse non esset aliéna peccáta portáre; immortalitáte ínterim pósita fíeri se mortálem pátitur ut ínnocens pro nocéntium salúte perimátur. Dóminus baptizátur a servo et remíssam peccatórum datúrus ipse non dedignátur lavácro regeneratiónis corpus ablúere. Diébus quadragínta ieiúnat per quem céteri saginántur; ésurit et famem sentit ut qui in fame sermónis et grátiæ fúerant cælésti pane saturéntur. Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu, qui avait déclaré être descendu pour faire la volonté du Père, parmi toutes les vertus admirables grâce auxquelles il a fourni la preuve de sa divine majesté, a également conservé la patience de son Père par sa ténacité à tout endurer. C'est ainsi que tous ses actes, dès son avènement même, sont marqués du sceau de la patience, sa compagne: d'abord, descendant de la haute situation du ciel vers celle de la terre, il ne répugne pas, Fils de Dieu, à revêtir la chair de l'homme et, alors qu'il n'était pas pécheur lui-même, à assumer les péchés des autres; quittant pour un temps l'immortalité, il endure de se faire mortel pour être mis à mort, lui non coupable, pour le salut des coupables. Tout Maître qu'il est, un serviteur le baptise et, bien que destiné à accorder le pardon des péchés, il ne dédaigne pas personnellement de laver son corps dans le bain de la régénération. Quarante jours il jeûne, celui qui nourrit les autres: il éprouve l'envie de manger et ressent la faim pour que ceux qui avaient faim de la parole et de la grâce soient rassasiés du pain du ciel.
R/. Dixérunt ímpii apud se, non recte cogitántes: Circumveniámus iustum, quóniam contrárius est opéribus nostris. Promíttit se sciéntiam Dei habére, Fílium Dei se nóminat et gloriátur Patrem se habére Deum. * Videámus si sermónes illíus veri sint; et si est verus Fílius Dei, líberet illum de mánibus nostris; morte turpíssima condemnémus eum. V/. Viri ímpii dixérunt: Opprimámus virum iustum iniúste, et de spóliis eius sortem mittámus. * Videámus. R/. Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes: Attirons le juste dans un piège, car il s'oppose à notre conduite, il prétend posséder la connaissance de Dieu, il s'intitule Fils de Dieu, il se vante d'avoir Dieu pour Père. * Voyons si ses paroles sont vraies; et, s'il est vraiment Fils de Dieu, Dieu le délivrera de nos mains; condamnons-le à une mort infâme. V/. Les impies déclarent: Opprimons injustement le juste, et tirons au sort entre nous ses vêtements. * Voyons.
Lectio II Lecture II
Cum diábolo tentánte congréditur et inimícum tantum vicísse conténtus nihil ultra verba conátur. Discípulis non ut servis domínica potestáte prfuit, sed benígnus et mitis fratérna eos caritáte diléxit, dignátus étiam pedes apostolórum laváre, ut dum circa servos talis est Dóminus exémplo suo docéret qualis circa cómpares et æquáles débeat esse consérvus. Nec mirándum quod circa obœdiéntes talis exstíterit qui Iudam pótuit usque ad extrémum longa patiéntia sustinére, cibum cum inimíco cápere, hostem domésticum scire nec palam osténdere, traditóris ósculum non recusáre. In Iudæis vero tolerándis æquanímitas quanta et quanta patiéntia! Incrédulos ad fidem suadéndo fléctere, obséquio ingrátos fovére, contradicéntibus respondére léniter, supérbos sustinére cleménter, humíliter persequéntibus cédere, prophetárum interfectóres et advérsus Deum semper rebélles, usque ad crucis et passiónis horam velle collígere! Il entre en lutte avec le diable qui le tente, et satisfait d'avoir seulement vaincu l'ennemi, il n'essaie rien de plus que des paroles. Quant à ses disciples, il ne les a pas commandés comme des serviteurs avec l'autorité d'un maître, mais, dans sa bienveillance et sa bonté, il les a aimés d'une affection fraternelle; il daigna même laver les pieds des apôtres pour enseigner par son exemple, le maître se comportant ainsi avec ses serviteurs, quel doit être avec ses pareils et ses égaux un compagnon de service. Et il n'est pas étonnant qu'il ait eu un tel comportement avec ceux qui lui obéissaient, lui qui put supporter Judas jusqu'à la fin avec une longue patience, prendre sa nourriture avec un ennemi, savoir qu'il avait chez lui quelqu'un d'hostile sans le révéler ouverte-ment, ne pas refuser le baiser du traître. Et pour endurer les Juifs, quelle grande égalité d'âme et quelle grande patience! Il amenait les incrédules à la foi par la persuasion, entourait les ingrats de prévenances, répondait aux contradicteurs avec courtoisie, tolérait les orgueilleux avec indulgence, s'inclinait humblement devant les persécuteurs; voulait jusqu'à la dernière heure de la croix et de la passion rassembler les meurtriers des prophètes et les éternels révoltés contre Dieu.
R/. Agnus Dei Christus immolátus est pro salúte mundi. Nam de paréntis protoplásti fraude factor cóndolens, quando pomi noxiális morte morsu córruit; * Ipse lignum tunc notávit, damna ligni ut sólveret. V/. Christus factus est pro nobis obdiens usque ad mortem, mortem autem crucis. * Ipse lignum. R/. L'Agneau de Dieu, le Christ, s'est laissé immoler pour le salut du monde; car il était ému de compassion envers l'égarement d'Adam, le premier modelé, qui s'était précipité dans la mort, en mordant au fruit nuisible. * Le Rédempteur a lui-même choisi l'arbre, pour annuler la condamnation issue de l'arbre. V/. Pour nous, le Christ s'est fait obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. * Le Rédempteur.
Lectio III Lecture III
Sub ipsa autem passióne et cruce, priúsquam ad crudelitátem necis et effusiónem sánguinis venirétur, quæ conviciórum probra patiénter audíta, quæ contumeliárum toleráta ludíbria, ut insultántium sputámina excíperet, qui sputo suo cæci óculos paulo ante formásset et cuius nómine a servis nunc eius diábolus cum ángelis suis flagellátur flagélla ipse paterétur, coronarétur spinis qui mártyres flóribus corónat ætérnis, palmis in fáciem verberarétur qui palmas veras vincéntibus tríbuit, spoliarétur veste terréna qui induménto immortalitátis céteros vestit, cibarétur felle qui cibum cæléstem dedit, acéto potarétur qui salutári póculo propinávit. Ille ínnocens, ille iustus, immo innocéntia ipse et ipse iustítia inter facinorósos deputátur et testimóniis falsis véritas prémitur, iudicátur iudicatúrus et Dei sermo ad víctimam tacens dúcitur. D'ailleurs, à l'heure même de la passion et de la croix, avant que l'on en vienne à la cruauté de la mort et à l'effusion du sang, que de sarcasmes outrageants entendus avec patience, que de moqueries injurieuses endurées, au point de recevoir les crachats de ceux qui l'insultaient, lui qui de sa propre salive avait rectifié peu auparavant les yeux de l'aveugle; de subir le fouet, lui au nom de qui ses serviteurs fouettent aujourd'hui le diable et ses anges; de se voir couronné d'épines, lui qui couronne les martyrs de fleurs éternelles; frappé au visage avec la paume des mains, lui qui décerne les palmes véritables aux vainqueurs; dépouillé de son vêtement terrestre, lui qui revêt les autres de l'habit de l'immortalité; nourri de fiel, lui qui a donné une nourriture céleste; abreuvé de vinaigre, lui qui a fait boire à la coupe du salut. Lui, l'innocent, lui, le juste, ou plutôt, lui, l'Innocence et la Justice mêmes, est mis au rang des criminels; de faux témoignages écrasent la Vérité; on juge celui qui doit juger et la Parole de Dieu est conduite au sacrifice en se taisant.
R/. Dóminus mecum est tamquam bellátor fortis; proptérea persecúti sunt me, et intellégere non potuérunt. * Dómine, probans renes et corda, tibi revelávi causam meam. V/. Et vim faciébant qui quærébant ánimam meam, et qui inquirébant mala mihi locúti sunt vanitátes. * Dómine. V/. Glória Patri. * Dómine. R/. Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable: mes persécuteurs s'écrouleront, impuissants. * Seigneur de l'univers, toi qui scrutes les reins et les cœurs, c'est à toi que j'ai confié ma cause. V/. Ceux qui veulent ma perte me talonnent, ces gens qui cherchent mon malheur prononcent des paroles maléfiques. * Seigneur. V/. Gloire au Père. * Seigneur.