Vigiles (OSB) du jeudi 24 mai 2018 -

Hebdomada VII per annum VIIème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Epístula secúnda beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Non nosmetípsos prædicámus sed Iesum Christum Dóminum; nos autem servos vestros per Iesum. Quóniam Deus qui dixit: " De ténebris lux splendéscat ", ipse illúxit in córdibus nostris ad illuminatiónem sciéntiæ claritátis Dei in fácie Iesu Christi. Ce n'est pas nous que nous prêchons, mais le Christ Jésus, Seigneur; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. En effet le Dieu qui a dit: " Que des ténèbres resplendisse la lumière ", est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ.
R/. Confitébimur tibi, Deus; confitébimur tibi, * Et invocábimus nomen tuum. V/. Narrábo ómnia mirabília tua. Dum accépero tempus, ego iustítiam iudicábo. * Et invocábimus. R/. À toi, Dieu, nous rendons grâce; nous rendons grâce, * Et ton nom est proche. V/. Je proclamerai tes merveilles! Oui, au moment que j'ai fixé, moi, je jugerai avec droiture. * Et ton nom.
Lectio II Lecture II
Habémus autem thesáurum istum in vasis fictílibus, ut sublímitas sit virtútis Dei, et non ex nobis. In ómnibus tribulatiónem pátimur, sed non angustiámur; aporiámur, sed non destitúimur; persecutiónem pátimur, sed non derelínquimur; deícimur, sed non perímus; semper mortificatiónem Iesu in córpore circumferéntes, ut et vita Iesu in córpore nostro manifestétur. Semper enim nos, qui vívimus, in mortem trádimur propter Iesum, ut et vita Iesu manifestétur in carne nostra mortáli. Ergo mors in nobis operátur, vita autem in vobis. Mais ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés. Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. Quoique vivants en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle. Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous.
R/. Cogitávi dies antíquos, et annos ætérnos in mente hábui; et meditátus sum nocte cum corde meo, * Et dixi: Miserére, Deus. V/. Illuxérunt coruscatiónes tuæ orbi terræ, vidit et commóta est terra. * Et dixi. R/. Je repense aux jours d'autrefois, aux années inoubliables de jadis; la nuit, je médite en mon cœur, * Et je dis: Pitié, mon Dieu! V/. Tes éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s'affola. * Et je dis.
Lectio III Lecture III
Habéntes autem eúndem spíritum fídei, sicut scriptum est: Crédidi, propter quod locútus sum, et nos crédimus, propter quod et lóquimur, sciéntes quóniam, qui suscitávit Dóminum Iesum, et nos cum Iesu suscitábit et constítuet vobíscum. Omnia enim propter vos, ut grátia abúndans per multos gratiárum actiónem abundáre fáciat in glóriam Dei. Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit: J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons, sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l'action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu.
Non defícimus, sed licet is, qui foris est, noster homo corrúmpitur, tamen is, qui intus est, noster renovátur de die in diem. Id enim, quod in præsénti est, leve tribulatiónis nostræ supra modum in sublimitátem ætérnum glóriæ pondus operátur nobis, non contemplántibus nobis, quæ vidéntur, sed quæ non vidéntur; quæ enim vidéntur, temporália sunt, quæ autem non vidéntur, ætérna sunt. Nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s'en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire, à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles.
R/. Dómine Deus, propítius esto pópulo tuo, * Et convérte tribulatiónem nostram in gáudium. V/. Adiuva nos, Deus salutáris noster; propter glóriam nóminis tui, Dómine, líbera nos. * Et convérte. V/. Glória Patri. * Et convérte. R/. Seigneur notre Dieu, sois favorable à ton peuple, * Transforme en joie notre épreuve. V/. Aide-nous, Dieu notre Sauveur; délivre-nous, Seigneur, pour la gloire de ton nom! * Transforme. V/. Gloire au Père. * Transforme.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Epístula Guillélmi abbátis monastérii Sancti Theodoríci ad Fratres de Monte Dei (Nn. 81-84: SC 223, 206-208) Lettre de Guillaume de Saint-Thierry aux Frères du Mont-Dieu
Lectio I Lecture I
Omnium et tentatiónum et cogitatiónum malárum et inutílium sentína, ótium est. Summa enim mentis malítia est ótium iners. Numquam otiósus sit servus Dei, quamvis ad Deum feriátus sit. Nomen quippe tam suspéctum, et vanum, et molle, rei tam certæ, tam sanctæ, tam sevéræ imponéndum non est. Otiósum est vacáre Deo? Immo negótium negotiórum hoc est. Quod quicúmque in cella non agit fidéliter et fervénter, quodcúmque agat, quod propter hoc non agit, otiátur. De toutes les tentations, de toutes les pensées mauvaises et inutiles, la sentine c'est l'oisiveté. Le mal suprême de l'intelligence, c'est le repos stérile. Que le serviteur de Dieu ne reste donc jamais oisif, quoiqu'il soit en repos pour Dieu. Gardons-nous d'imposer un nom aussi suspect, frivole et efféminé, à une réalité si sûre, si sainte, si sérieuse. Oisiveté, vaquer à Dieu? Allons donc! C'est l'occupation des occupations. Quiconque ne s'y adonne pas en cellule, fidèlement et avec amour, a beau faire: comme son action ne tend pas à cette fin, c'est un oisif!
R/. Devastávit víneam tuam aper de silva, et singuláris ferus depástus est eam; vide, Dómine, et éxcita poténtiam tuam, * Ne péreat quod plantávit déxtera tua. V/. Dómine, Deus virtútum, convértere; réspice de cælo et vide, et vísita víneam istam. * Ne péreat. R/. Le sanglier des forêts ravage ta vigne, et les bêtes des champs la broutent. Regarde, Seigneur, réveille ta puissance: * Que ne soit pas détruit le cep que ta main a planté! V/. Seigneur, Dieu de l'univers, reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, * Que.
Lectio II Lecture II
Ubi pro vitándo ótio, otiósa sectári, ridículum est. Otiósum autem est, quod vel nullam habet utilitátem, vel utilitátis intentiónem. Non autem hoc tantúmmodo agéndum est, ut cum áliqua delectatióne, vel sine grandi náusea ótii dies transigátur; sed ut étiam de perácta diéta ad proféctum mentis semper áliquid in consciéntia resídeat, áliquid quotídie in thesáurum cordis congerátur. Nec ea die bonus cellíta se vixísse debet æstimáre, in qua nil se eórum egísse récolit, propter quæ in cella vívitur. À ce propos, courir après des occupations oiseuses pour éviter l'oisiveté, c'est ridicule. Or est oiseuse toute occupation qui ne présente aucune utilité ou ne vise aucune fin utile. Il ne s'agit pas seulement de passer le temps avec un certain plaisir ou le minimum d'ennui; mais aussi bien d'extraire de toute journée finie, pour l'avancement de l'âme, quelque bon résidu dans la conscience, quelque apport quotidien au trésor du cœur. Le bon solitaire doit décompter de sa vie le jour où il a souvenance de n'avoir rien accompli de ce pourquoi l'on vit en cellule.
R/. Mane exáudies vocem meam, Dómine; * Mane astábo tibi et vidébo te, Deus. V/. Neque habitábit iuxta te malígnus, neque permanébunt iniústi ante óculos tuos. * Mane. R/. Au matin, tu écoutes ma voix, Seigneur; * Au matin, je me tiens devant toi et je te contemple, mon Dieu. V/. Chez toi, le méchant n'est pas reçu; non, l'orgueilleux ne tient pas devant ton regard. * Au matin.
Lectio III Lecture III
Quæris quid agas, in quo te óccupes? Primum extra cotidiánum oratiónum sacrifícium, vel lectiónis stúdium, cotidiánæ consciéntiæ discussióni, emendatióni, compositióni, pars sua diéi negánda non est. Deínde operándum est étiam mánibus áliquid quod iniúngitur, non tam quod ánimum delectándo ad horam detíneat, quam quod spiritálibus stúdiis delectatiónem consérvet et nútriat; in quo remittátur ad horam ánimus, non resolvátur; unde se fácile mox ut sibi ad seípsum redeúndum esse visum fúerit, expédiat, absque controvérsia inhæréntis voluntátis, absque contágio contráctæ delectatiónis vel memóriæ imaginántis. Que faire, dis-tu, à quoi m'occuper? D'abord, sans parler du temps réservé au sacrifice quotidien de la prière ou à l'exercice de la lecture, il ne faut pas refuser à l'examen, à l'amendement, à la mise en ordre de la conscience, la part du jour qui leur revient. Ensuite, il faut s'adonner au travail qui est prescrit, fût-il manuel, moins à cause de l'agréable détente qu'un moment il apporte à l'esprit, qu'en raison de l'agrément qu'il conserve et qu'il entretient pour les exercices spirituels. En s'y livrant, l'âme, un moment, se délasse sans se relâcher: sitôt qu'il lui paraît bon de revenir à elle-même, elle s'en dégage aisément, sans contestation de la part d'une volonté trop engagée, et sans risque d'être souillée par le plaisir éprouvé ou les images du souvenir.
R/. Rogámus te, Dómine Deus, quia peccávimus tibi; véniam pétimus quam non merémur. Si exspéctas non corrípimur, et si víndicas non durámus. * Manum tuam pórrige lapsis, qui latróni confiténti paradísi iánuas aperuísti. V/. Vita nostra in dolóre suspírat, et in ópere non eméndat. * Manum tuam. V/. Glória Patri. * Manum tuam. R/. Nous te prions, Seigneur notre Dieu: nous avons péché contre toi; accorde-nous le pardon que nous n'avons pas mérité. Si tu patientes, nous ne sommes pas touchés; si tu punis, nous ne le supportons pas. * Tends la main à ceux qui tombent, car tu as ouvert les portes du paradis au larron qui te reconnaissait. V/. Notre vie s'écoule dans les soupirs de l'affliction, mais ne fait pas l'effort de s'amender. * Tends la main. V/. Gloire au Père. * Tends la main.