Vigiles (OSB) du vendredi 25 mai 2018 - de la férie

Hebdomada VII per annum VIIème semaine dans l'année
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Epístula secúnda beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Scimus quóniam si terréstris domus nostra huius tabernáculi dissolvátur, ædificatiónem ex Deo habémus domum non manufáctam, ætérnam in cælis. Nam et in hoc ingemíscimus, habitatiónem nostram, quæ de cælo est, superíndui cupiéntes, si tamen et exspoliáti, non nudi inveniámur. Nam et, qui sumus in tabernáculo, ingemíscimus graváti, eo quod nólumus exspoliári sed supervestíri, ut absorbeátur, quod mortále est, a vita. Qui autem effécit nos in hoc ipsum, Deus, qui dedit nobis arrabónem Spíritus. Audéntes ígitur semper et sciéntes quóniam, dum præséntes sumus in córpore, peregrinámur a Dómino; per fidem enim ambulámus et non per spéciem. Audémus autem et bonam voluntátem habémus magis peregrinári a córpore et præséntes esse ad Dóminum. Et ídeo conténdimus sive præséntes sive abséntes placére illi. Omnes enim nos manifestári opórtet ante tribúnal Christi, ut réferat unusquísque pro eis, quæ per corpus gessit, sive bonum sive malum. Nous savons que si cette tente - notre maison terrestre - vient à être détruite, nous avons un édifice qui est l'œuvre de Dieu, une maison éternelle qui n'est pas faite de main d'homme, dans les cieux. Aussi gémissons-nous dans cet état, ardemment désireux de revêtir par-dessus l'autre notre habitation céleste, si toutefois nous devons être trouvés vêtus, et non pas nus. Oui, nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés; nous ne voudrions pas en effet nous dévêtir, mais nous revêtir par-dessus, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Et Celui qui nous a faits pour cela même, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. Ainsi donc, toujours pleins de hardiesse, et sachant que demeurer dans ce corps, c'est vivre en exil loin du Seigneur, car nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision... Nous sommes donc pleins de hardiesse et préférons quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur. Aussi bien, que nous demeurions en ce corps ou que nous le quittions, avons-nous à cœur de lui plaire. Car il faut que tous nous soyons mis à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun recouvre ce qu'il aura fait pendant qu'il était dans son corps, soit en bien, soit en mal.
R/. Confitébor tibi, Dómine Deus, in toto corde meo, et honorificábo nomen tuum in ætérnum, * Quia misericórdia tua, Dómine, magna est super me. V/. Et eripuísti ánimam meam ex inférno inferióri, * Quia. R/. Je te rends grâce de tout mon cœur, Seigneur mon Dieu, toujours je rendrai gloire à ton nom; * Il est grand, Seigneur, ton amour pour moi! V/. Tu m'as tiré de l'abîme des morts: * Il est grand.
Lectio II Lecture II
Sciéntes ergo timórem Dómini homínibus suadémus, Deo autem manifésti sumus; spero autem et in consciéntiis vestris maniféstos nos esse. Non íterum nos commendámus vobis, sed occasiónem damus vobis gloriándi pro nobis, ut habeátis ad eos, qui in fácie gloriántur et non in corde. Sive enim mente excédimus, Deo; sive sóbrii sumus, vobis. Connaissant donc la crainte du Seigneur, nous cherchons à persuader les hommes. Quant à Dieu, nous sommes à découvert devant lui, et j'espère que, dans vos consciences aussi, nous sommes à découvert. Nous ne recommençons pas à nous recommander nous-mêmes devant vous; nous vous donnons seulement occasion de vous glorifier à notre sujet, pour que vous puissiez répondre à ceux qui se glorifient de ce qui se voit et non de ce qui est dans le cœur. En effet, si nous avons été hors de sens, c'était pour Dieu; si nous sommes raisonnables, c'est pour vous.
R/. Misericórdia tua, Dómine, magna est super me, * Et liberásti ánimam meam ex inférno inferióri. V/. Deus, iníqui insurrexérunt in me, et fortes quæsiérunt ánimam meam. * Et liberásti. R/. Il est grand, Seigneur, ton amour pour moi: * Tu m'as délivré de l'abîme des morts! V/. Mon Dieu, des orgueilleux se lèvent contre moi, des puissants cherchent ma perte. * Tu m'as délivré.
Lectio III Lecture III
Caritas Christi urget nos, æstimántes hoc quóniam, si unus pro ómnibus mórtuus est, ergo omnes mórtui sunt; et pro ómnibus mórtuus est, ut et, qui vivunt, iam non sibi vivant, sed ei, qui pro ipsis mórtuus est et resurréxit. Itaque nos ex hoc néminem nóvimus secúndum carnem; et si cognóvimus secúndum carnem Christum, sed nunc iam non nóvimus. Si quis ergo in Christo, nova creatúra; vétera transiérunt, ecce, facta sunt nova. L'amour du Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts. Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n'est plus ainsi que nous le connaissons. Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle: l'être ancien a disparu, un être nouveau est là.
Omnia autem ex Deo, qui reconciliávit nos sibi per Christum et dedit nobis ministérium reconciliatiónis, quóniam quidem Deus erat in Christo mundum reconcílians sibi, non réputans illis delícta ipsórum, et pósuit in nobis verbum reconciliatiónis. Pro Christo ergo legatióne fúngimur tamquam Deo exhortánte per nos: obsecrámus pro Christo, reconciliámini Deo. Eum, qui non nóverat peccátum, pro nobis peccátum fecit, ut nos efficerémur iustítia Dei in ipso. Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car c'était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc en ambassade pour le Christ; c'est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ: laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n'avait pas connu le péché, il l'a fait péché pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu.
R/. Miserére mei, Dómine, quóniam ad te clamábo tota die. Lætífica ánimam servi tui, quóniam ad te, Dómine, ánimam meam levávi. * Quóniam tu, Dómine, suávis ac mitis es ómnibus invocántibus te. V/. Non est símilis tui in diis, Dómine, et non est secúndum ópera tua; * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Prends pitié de moi, Seigneur, toi que j'appelle tout le jour. Seigneur, réjouis ton serviteur: vers toi, j'élève mon âme! * Toi qui es doux et bienveillant, plein d'amour pour tous ceux qui t'invoquent. V/. Aucun parmi les dieux n'est comme toi, Seigneur, et rien n'égale tes œuvres; * Toi. V/. Gloire au Père. * Toi.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Expositióne sancti Brunónis presbýteri in Epístulam secúndam ad Corínthios (Cap. 5: PL 153, 239-240) Commentaire de saint Bruno sur la seconde Lettre aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Diceret áliquis: " De æternitáte invisibílium, quid scitur nisi ostendántur? " Utique ait Paulus. Quámdiu in terréna habitatióne tenémur, vidére non póssumus; sed dissolúti statim accipiémus. Et causam ponit, quare vidére non póssumus, id est quia in mortalitáte adhuc tenémur; et tempus notat, quando hæc habitúri sumus, solum post dissolutiónem, dicens: Vere quæ non vidéntur ætérna sunt. Quelqu'un pourrait dire: " Quant à l'éternité des choses invisibles, que savons-nous, tant qu'on ne nous les montre pas? " Parfaitement, répond saint Paul. Aussi longtemps que nous sommes retenus dans cette habitation de terre, nous ne pouvons les voir; mais aussitôt que nous serons retournés en poussière, cette vision nous sera donnée. Et il expose la cause pour laquelle nous ne pouvons pas voir les réalités invisibles: à savoir que nous sommes encore retenus dans la condition mortelle. Et il note le temps où nous posséderons ces connaissances: seulement après que nous serons retournés en poussière. Vraiment, dit-il, les choses qui ne se voient pas sont éternelles.
R/. Quis est homo qui vivit et non vidébit mortem? * Aut quis éruet ánimam suam de manu ínferi? V/. Quis novit potestátem iræ tuæ aut præ timóre tuo iram tuam dinumeráre? * Aut. R/. Qui donc peut vivre et ne pas voir la mort? * Qui s'arracherait à l'emprise des enfers? V/. Qui comprendra la force de ta colère? Qui peut t'adorer dans tes fureurs? * Qui s'arracherait.
Lectio II Lecture II
Nam nos quibus credi opórtet, scimus quóniam, id est quod si terréstris domus nostra, id est corpus nostrum, matéria et loco habitatiónis terrénum: quia et de terra est et in terra hábitat. Domus ídeo quia ánima in eo hábitat velut áliquis in domo. Si, inquam, domus nostra huius tam brevis et tam míseræ habitatiónis dissolvátur, prædíctis tribulatiónibus pro Christo passis; hoc, inquam, scimus, quia sic dissolvétur: et quando dissolvétur quod habémus præparátam ædificatiónem ex Deo, id est corpus immortále, nobis ædificátum a Deo: non quod Deus mortále corpus non fécerit: sed quia illud per ministérium másculi et féminæ concréscere iussit. Immortále autem corpus sine minístro, et ipse idem in eo fáciet immortalitátem. Nous savons, en effet, ce que nous devons croire: c'est que si notre maison de terre, c'est-à-dire notre corps de terre, par sa matière et par le lieu de son habitation - car il est fait de terre et habite sur la terre (et saint Paul dit maison parce que l'âme habite dans le corps comme quelqu'un habite dans une maison) - si, dis-je, notre maison, celle de ce séjour bref et misérable, se dissout, après avoir souffert les tribulations annoncées par le Christ, nous savons, dis-je, qu'elle se dissoudra ainsi, et que, lorsqu'elle se dissoudra, nous aurons une construction édifiée d'auprès de Dieu, c'est-à-dire un corps immortel édifié pour nous par Dieu. Ce n'est pas que Dieu n'ait pas fait notre corps mortel, mais il a ordonné que celui-ci se forme par le ministère de l'homme et de la femme; tandis que le corps immortel, Dieu le crée lui-même sans ministres, et il lui donne l'immortalité.
R/. Factus est mihi Dóminus in refúgium, * Et Deus meus in auxílium spei meæ. V/. Deus ultiónum Dóminus, Deus ultiónum líbere egit. * Et. R/. Le Seigneur est mon refuge, * Mon Dieu, l'espoir de mon salut. V/. Le Dieu qui fait justice, le Seigneur, le Dieu qui fait justice agit librement. * Mon Dieu.
Lectio III Lecture III
Habémus útique ædificatiónem, scílicet, domum, non manu, id est non per ministérium altérius factam, sed ætérnam in cælis et permanéntem. Per domum et per ædificatiónem, corpus immortále signíficat. Vere habébimus domum ætérnam in cælis, nam nos ingemíscimus non propter ea quæ pátimur, non quod de habénda immortalitáte timeámus; sed ingemiscéndo desiderámus in hoc, id est in hanc immortalitátem veníre. Immortálitas enim nobis reservátur in cælis. Nous avons, oui, une construction, c'est-à-dire une maison non faite de main d'homme, c'est-à-dire par le ministère d'un autre, mais éternelle dans les cieux et permanente. Par cette maison et cette construction, c'est le corps immortel que l'Apôtre désigne. Vraiment, nous aurons une maison éternelle dans les cieux. Car si nous gémissons, ce n'est pas à cause de ce que nous souffrons, ni que nous ayons peur de posséder l'immortalité: quand nous gémissons, c'est que nous désirons précisément parvenir à cela même, je veux dire à cette immortalité. Car l'immortalité nous est réservée dans les cieux.
R/. Misericórdiam et iudícium cantábo tibi, Dómine; psallam et intélligam * In via immaculáta, quando vénies ad me. V/. Perambulábam in innocéntia cordis mei, in médio domus meæ, * In via. V/. Glória Patri. * In via. R/. À toi, Seigneur, je chanterai justice et bonté; je chanterai mes hymnes et j'irai avec intelligence * Sur le chemin de la perfection, lorsque tu viendras jusqu'à moi. V/. Je marcherai dans l'innocence de mon cœur avec ceux de ma maison, * Sur. V/. Gloire au Père. Sur.