Vigiles (OSB) du mercredi 30 mai 2018 -

Hebdomada VIII per annum VIIIème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Epístula secúnda beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Ipse ego Paulus óbsecro vos per mansuetúdinem et modéstiam Christi, qui in fácie quidem húmilis inter vos, absens autem confído in vobis; rogo autem, ne præsens áudeam per eam confidéntiam, quæ exístimo audére in quosdam, qui arbitrántur nos tamquam secúndum carnem ambulémus. In carne enim ambulántes, non secúndum carnem militámus - nam arma milítiæ nostræ non carnália sed poténtia Deo ad destructiónem munitiónum - consília destruéntes et omnem altitúdinem extolléntem se advérsus sciéntiam Dei, et in captivitátem redigéntes omnem intelléctum in obséquium Christi, et in promptu habéntes ulcísci omnem inobœdiéntiam, cum impléta fúerit vestra obœdiéntia. Quæ secúndum fáciem sunt, vidéte. Si quis confídit sibi Christi se esse, hoc cógitet íterum apud se, quia sicut ipse Christi est, ita et nos. Nam et si ámplius áliquid gloriátus fúero de potestáte nostra, quam dedit Dóminus in ædificatiónem et non in destructiónem vestram, non erubéscam, ut non exístimer tamquam terrére vos per epístulas; quóniam quidem " Epístulæ - ínquiunt - graves sunt et fortes, præséntia autem córporis infírma et sermo contemptíbilis. " Hoc cógitet, qui eiúsmodi est, quia quales sumus verbo per epístulas abséntes, tales et præséntes in facto. C'est moi, Paul en personne, qui vous en prie, par la douceur et l'indulgence du Christ, moi si humble avec vous face à face, mais, absent, si hardi à votre égard. Je vous en prie: que je n'aie pas, une fois chez vous, à user hardiment de cette assurance dont j'entends avoir l'audace contre certaines gens qui pensent que notre conduite s'inspire de la chair. Nous vivons dans la chair, évidemment, mais nous ne combattons pas selon la chair. Non, les armes de notre combat ne sont point charnelles, mais elles ont, au service de Dieu, la puissance de renverser les forteresses. Nous renversons les sophismes et toute puissance altière qui se dresse contre la connaissance de Dieu, et nous faisons toute pensée captive pour l'amener à obéir au Christ. Et nous sommes prêts à châtier toute désobéissance, dès que votre obéissance sera parfaite. Rendez-vous à l'évidence. Si quelqu'un se flatte d'être au Christ, qu'il se le dise une bonne fois: de même qu'il est au Christ, nous le sommes aussi. Et dussé-je me glorifier un peu trop de notre pouvoir, que le Seigneur nous a donné pour votre édification et non pour votre ruine, je n'en rougirais pas. Car je ne veux pas paraître vouloir vous effrayer par mes lettres. " Les lettres, dit-on, sont énergiques et sévères; mais, quand il est là, c'est un corps chétif, et sa parole est nulle. " Qu'il se le dise bien, celui-là: tel nous sommes en paroles dans nos lettres quand nous sommes absent, tel aussi, une fois présent, nous serons dans nos actes.
R/. Exáudi, Deus, deprecatiónem meam, inténde oratióni meæ; * A fínibus terræ ad te clamávi, Dómine. V/. Dum anxiarétur cor meum, in petra exaltásti me; deduxísti me, quia factus es adiútor meus. * A fínibus terrae. R/. Dieu, entends ma plainte, exauce ma prière; * Des terres lointaines je t'appelle, Seigneur. V/. Quand le cœur me manque, tu m'élèves sur le roc; tu me conduis, car tu es pour moi un refuge. * Des.
Lectio II Lecture II
Non enim audémus insérere aut comparáre nos quibúsdam qui seípsos comméndant; sed ipsi se in semetípsis metiéntes et comparántes semetípsos sibi, non intéllegunt. Nos autem non ultra mensúram gloriábimur, sed secúndum mensúram régulæ, quæ impertítus est nobis Deus, mensúram pertingéndi usque ad vos. Non enim quasi non pertingéntes ad vos superexténdimus nosmetípsos, usque ad vos enim pervénimus in evangélio Christi; non ultra mensúram gloriántes in aliénis labóribus, spem autem habéntes, crescénte fide vestra, in vobis magnificári secúndum régulam nostram in abundántiam, ad evangelizándum in iis quæ ultra vos sunt, et non in aliéna régula gloriári in his quæ præparáta sunt. Certes, nous n'avons pas l'audace de nous égaler ni de nous comparer à de certaines gens qui se recommandent eux-mêmes. En se mesurant eux-mêmes à leur mesure et en se comparant à eux-mêmes, ils manquent d'intelligence. Pour nous, nous n'irons pas nous glorifier hors de mesure, mais nous prendrons comme mesure la règle même que Dieu nous a assignée pour mesure: celle d'être arrivés jusqu'à vous. Car nous ne nous étendons pas indûment, comme ce serait le cas si nous n'étions pas arrivés jusqu'à vous; nous sommes bel et bien parvenus jusqu'à vous avec l'Évangile du Christ. Nous ne nous glorifions pas hors de mesure, au moyen des labeurs d'autrui; et nous avons l'espoir, avec les progrès en vous de votre foi, de nous agrandir de plus en plus selon notre règle à nous, en portant l'Évangile au-delà de chez vous, au lieu d'empiéter sur le domaine d'autrui et de nous glorifier de travaux tout préparés.
R/. Deo subiécta esto, ánima mea, quóniam ab ipso patiéntia mea; * Quia ipse Deus meus. V/. In Deo salutáre meum et glória mea; Deus auxílii mei, et spes mea in Deo est. * Quia. R/. Je veux m'abandonner au Seigneur; oui, mon espoir vient de lui; * Lui seul est mon Dieu. V/. Mon salut et ma gloire se trouvent près de Dieu; chez Dieu, mon refuge, mon espérance! * Lui seul.
Lectio III Lecture III
Qui gloriátur, in Dómino gloriétur; non enim qui seípsum comméndat, ille probátus est, sed quem Dóminus comméndat. Utinam sustinerétis módicum quid insipiéntiæ meæ; sed et supportáte me ! Æmulor enim vos Dei æmulatióne; despóndi enim vos uni viro vírginem castam exhibére Christo. Tímeo autem, ne, sicut serpens Evam sedúxit astútia sua, ita corrumpántur sensus vestri a simplicitáte et castitáte, quæ est in Christum. Celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur. Ce n'est pas celui qui se recommande lui-même qui est un homme éprouvé; c'est celui que le Seigneur recommande. Oh! si vous pouviez supporter que je fasse un peu l'insensé! Mais, bien sûr, vous me supportez. J'éprouve à votre égard en effet une jalousie divine; car je vous ai fiancés à un époux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ. Mais j'ai bien peur qu'à l'exemple d'Ève, que le serpent a dupée par son astuce, vos pensées ne se corrompent en s'écartant de la simplicité envers le Christ.
Nam si is qui venit, álium Christum prædicat, quem non prædicávimus, aut álium Spíritum accípitis, quem non accepístis, aut áliud evangélium, quod non recepístis, recte paterémini. Exístimo enim nihil me minus fecísse magnis apóstolis; nam etsi imperítus sermóne, sed non sciéntia, in omni autem manifestántes in ómnibus ad vos. Si le premier venu en effet prêche un autre Jésus que celui que nous avons prêché, s'il s'agit de recevoir un Esprit différent de celui que vous avez reçu, ou un Évangile différent de celui que vous avez accueilli, vous le supportez fort bien. J'estime pourtant ne le céder en rien à ces " archiapôtres. " Si je ne suis qu'un profane pour la parole, pour la science, c'est autre chose; en tout et devant tous, nous vous l'avons montré.
R/. Deus, in te sperávi, Dómine, non confúndar in ætérnum. * In tua iustítia líbera me et éripe me. V/. Esto mihi in Deum protectórem et in locum munítum, ut salvum me fácias. * In tua iustítia. V/. Glória Patri. * In tua iustítia. R/. En toi, Seigneur, j'ai mon refuge: garde-moi d'être humilié pour toujours. * Dans ta justice, défends-moi, libère-moi. V/. Sois le rocher qui m'abrite, la citadelle qui me sauve. * Dans ta justice. V/. Gloire au Père. * Dans ta justice.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Tractátibus sancti Hilárii epíscopi in psalmos (Ps. 41, 13: PL 9, 908) Commentaire de saint Hilaire sur le psaume 41
Lectio I Lecture I
Dicam Deo: " Suscéptor meus es, quare oblítus es? " Dat vidélicet doctrínam et consolatiónem ómnibus iustis, ut si ex multis tentatiónum flúctibus opérti, perturbatiónem sensus patiúntur, quæ ténebræ oculórum nox vocátur; memínerint quia semper in hanc noctem manifestátur misericórdia Dei potens, nisi sit tempus causa miserándi. Sed cum in perículum venérimus, et perturbátio ex desperatióne vitæ quamdam cordi nostro fécerit noctem, tunc si potuérimus dícere: Apud me orátio Deo meo; dicam: " Suscéptor meus es, quare me dereliquísti? " Hoc ergo in nocte retinéndum est; et cum céteri sensus perturbántur, hoc tamen defícere non debet quod clamémus ad Dóminum: Quare me dereliquísti? Quia etsi causa iudiciórum Dei non intellegámus, quare nos in alíquibus tentatiónibus relínquat, defícere tamen nos non opórtet, quin ab ipso misericórdiam deprecémur. Je dirai à Dieu: " Tu es mon défenseur, pourquoi m'as-tu oublié? " Le psalmiste donne ici à tous les justes cet enseignement et cette consolation que si, submergés par les flots pressés des tentations, ils souffrent ce trouble du sens qu'on appelle nuit, à l'instar des ténèbres des yeux, ils doivent se souvenir que toujours la miséricorde de Dieu se manifeste, puissante; et peut-être ce temps de la nuit est-il la cause même de la miséricorde. Mais quand nous serons en face du danger et que le trouble, au point de désespérer de vivre, aura pour ainsi dire fait la nuit dans notre cœur, alors, puissions-nous supplier: Ma prière à mon Dieu est en moi. Je dirai: " Tu es mon défenseur, pourquoi m'as-tu abandonné? " Donc, c'est cela qu'il faut retenir, dans la nuit. Et quand tous les autres sens sont troublés, cela du moins ne doit pas manquer: crions vers Dieu: Pourquoi m'as-tu abandonné? En effet, même si, par les jugements de Dieu, nous ne comprenons pas pourquoi il nous délaisse dans certaines tentations, nous ne devons cependant pas manquer d'implorer de lui sa miséricorde.
R/. Repleátur os meum laude ut hymnum dicam glóriæ tuæ, tota die magnificéntiæ tuæ. Noli me proícere in témpore senectútis; * Cum defécerit virtus mea, Deus, ne derelínquas me. V/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, et ánima mea, quam redemísti. * Cum. R/. Je n'aurai que ta louange à la bouche, pour célébrer tout le jour ta splendeur, chanter une hymne à ta gloire. Ne me rejette pas maintenant que j'ai vieilli; * Alors que décline ma vigueur, mon Dieu, ne m'abandonne pas. V/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée! * Alors que.
Lectio II Lecture II
Quare, inquit, tristis incédo, dum afflígit me inimícus, et confríngit ossa mea? Hæc ergo semper étiam in nocte apud iustum erit orátio eius. Quod autem ait: Confríngit ossa mea: non útique, próxima mors, subintellegéndum est; sed quia hic in tribulatióne frangebátur patiéntia eius, quæ est stabiliméntum et fortitúdo mentis nostræ, sicut ossa sunt córporis; ossa patiéntiam vocávit, quæ cum assíduis tribulatiónibus confringétur: Dum confríngit ossa mea, improperábant tribulántes me, cum dícerent cotídie: Ubi est Deus tuus? Pourquoi faut-il que j'aille désolé, tandis que m'afflige l'adversaire et qu'il brise mes os? Cette prière du juste sera donc toujours en lui, même de nuit. Quant aux paroles: Il brise mes os, elles ne signifient pas que la mort soit prochaine, mais plutôt qu'arrivé à ce point de la tribulation, la patience du psalmiste se brisait, patience qui est l'aplomb et la force de notre esprit, comme les os sont l'aplomb et la force du corps. Il appelle os ou ossature la patience, qui se brise sous les tribulations incessantes: Tandis qu'il brise mes os, dit-il, mes ennemis m'outrageaient en disant: Où est ton Dieu?
R/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, * Et ánima mea, quam redemísti, Dómine. V/. Sed et lingua mea meditábitur iustítiam tuam, tota die laudem tuam. * Et ánima mea. R/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, * Et dans mon âme que tu as rachetée, Seigneur! V/. Alors ma langue redira ta justice, tout le jour, ta louange. * Et dans mon âme.
Lectio III Lecture III
Sed licet hanc gravem manum séntiat iustus, quid tamen fíeri necésse sit, et quod remédium obtinéndum sit in persecutiónibus, docet dicens: Ut quid tristis es, ánima mea, ut quid contúrbas me? Spera in Deum, quia confitébor illi, salutáre vultus mei et Deus meus. Quo nobis propósito exémplo, si qua vexátio, si qua pressúra, si quod impropérium nóminis Dei vénerit super nos, si tristis erit ánima nostra, si perturbábitur, nos dicámus: Spera in Deum, quia confitébor illi, protegénte Iesu Christo Dómino nostro, cui est glória in sæcula sæculórum. Amen. Mais, bien que le juste sente cette lourde main peser sur lui, il enseigne ce qu'on doit faire et quel remède on doit garder près de soi au milieu des persécutions. Voilà ce qu'il dit: Pourquoi es-tu triste, mon âme, pourquoi me troubles-tu? Espère en Dieu, car je le louerai: il est le salut de ma face, il est mon Dieu. Cet exemple nous étant proposé, si quelque choc, si quelque contrainte, si quelque outrage du nom de Dieu nous est jeté, si notre âme est triste, si elle est troublée, disons: Espère en Dieu, car je le louerai, avec la protection de Jésus-Christ, notre Seigneur. À lui, la gloire dans les siècles des siècles. Amen.
R/. Mihi autem adhærére Deo bonum est, * Pónere in Dómino Deo spem meam. V/. Ut annúntiem omnes laudatiónes tuas in portis fíliæ Sion, * Pónere. V/. Glória Patri. * Pónere. R/. Pour moi, il est bon d'être intime avec Dieu; * J'ai pris refuge auprès de mon Dieu. V/. Pour annoncer les merveilles du Seigneur aux portes de Sion, * J'ai pris refuge. V/. Gloire au Père. * J'ai pris refuge.