Vigiles (OSB) du mercredi 6 juin 2018 - de la férie

Hebdomada IX per annum IXème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Gálatas De la lettre de saint Paul aux Galates
Fratres, secúndum hóminem dico, tamen hóminis confirmátum testaméntum nemo írritum facit aut superórdinat. Abrahæ autem dictæ sunt promissiónes et sémini eius. Non dicit: " Et semínibus " quasi in multis, sed quasi in uno: Et sémini tuo, qui est Christus. Hoc autem dico: Testaméntum confirmátum a Deo, quæ post quadringéntos et trigínta annos facta est lex, non írritum facit, ad evacuándam promissiónem. Nam si ex lege heréditas, iam non ex promissióne; Abrahæ autem per promissiónem donávit Deus. Quid ígitur lex? Propter transgressiónes appósita est, donec veníret semen, cui promíssum est, ordináta per ángelos in manu mediatóris. Mediátor autem uníus non est, Deus autem unus est. Lex ergo advérsus promíssa Dei? Absit. Si enim data esset lex, quæ posset vivificáre, vere ex lege esset iustítia. Sed conclúsit Scriptúra ómnia sub peccáto, ut promíssio ex fide Iesu Christi darétur credéntibus. Frères, partons du plan humain: un testament, dûment ratifié, qui n'est pourtant que de l'homme, ne s'annule pas ni ne reçoit de modifications. Or c'est à Abraham que les promesses furent adressées et à sa descendance. L'Écriture ne dit pas: " et aux descendants ", comme s'il s'agissait de plusieurs; elle n'en désigne qu'un: et à ta descendance, c'est-à-dire le Christ. Or voici ma pensée: un testament déjà établi par Dieu en bonne et due forme, la Loi venue après quatre cent trente ans ne va pas l'infirmer, et ainsi rendre vaine la promesse. Car si on hérite en vertu de la Loi, ce n'est plus en vertu de la promesse: or c'est par une promesse que Dieu accorda sa faveur à Abraham. Alors pourquoi la Loi? Elle fut ajoutée en vue des transgressions, jusqu'à la venue de la descendance à qui était destinée la promesse, édictée par le ministère des anges et l'entremise d'un médiateur. Or il n'y a pas de médiateur, quand on est seul, et Dieu est seul. La Loi s'opposerait donc aux promesses de Dieu? Certes non! En effet, si nous avait été donnée une loi capable de communiquer la vie, alors vraiment la justice procéderait de la loi. Mais en fait l'Écriture a tout enfermé sous le péché, afin que la promesse, par la foi en Jésus-Christ, fût accordée à ceux qui croient.
Prius autem quam veníret fides, sub lege custodiebámur conclúsi in eam fidem, quæ revelánda erat. Itaque lex pædagógus noster fuit in Christum, ut ex fide iustificémur; at ubi venit fides, iam non sumus sub pædagógo. Avant la venue de la foi, nous étions enfermés sous la garde de la Loi, réservés à la foi qui devait se révéler. Ainsi la Loi nous servit-elle de pédagogue jusqu'au Christ, pour que nous obtenions de la foi notre justification. Mais la foi venue, nous ne sommes plus sous un pédagogue.
Omnes fílii Dei estis per fidem in Christo Iesu. Quicúmque enim in Christum baptizáti estis, Christum induístis: non est Iudæus neque Græcus, non est servus neque liber, non est másculus et fémina; omnes enim vos unus estis in Christo Iesu. Si autem vos Christi, ergo Abrahæ semen estis, secúndum promissiónem herédes. Vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans le Christ Jésus. Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ: il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus. Mais si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d'Abraham, héritiers selon la promesse.
Dico autem: Quanto témpore heres párvulus est, nihil differt a servo, cum sit dóminus ómnium, sed sub tutóribus est et actóribus usque ad præfinítum tempus a patre. Ita et nos, cum essémus párvuli, sub eleméntis mundi erámus serviéntes; at ubi venit plenitúdo témporis, misit Deus Fílium suum, factum ex mulíere, factum sub lege, ut eos, qui sub lege erant, redímeret, ut adoptiónem filiórum reciperémus. Quóniam autem estis fílii, misit Deus Spíritum Fílii sui in corda nostra clamántem: " Abba, Pater! " Itaque iam non es servus sed fílius; quod si fílius, et heres per Deum. Or je dis: aussi longtemps qu'il est un enfant, l'héritier, quoique propriétaire de tous les biens, ne diffère en rien d'un esclave. Il est sous le régime des tuteurs et des intendants jusqu'à la date fixée par son père. Nous aussi, durant notre enfance, nous étions asservis aux éléments du monde. Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l'adoption filiale. Et la preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie: Abba, Père! Aussi n'es-tu plus esclave mais fils; fils, et donc héritier de par Dieu.
R/. Deo subiécta esto, ánima mea, quóniam ab ipso patiéntia mea; * Quia ipse Deus meus. V/. In Deo salutáre meum et glória mea; Deus auxílii mei, et spes mea in Deo est. * Quia. V/. Glória Patri. * Quia. R/. Je veux m'abandonner au Seigneur; oui, mon espoir vient de lui; * Lui seul est mon Dieu. V/. Mon salut et ma gloire se trouvent près de Dieu; chez Dieu, mon refuge, mon espérance! * Lui seul. V/. Gloire au Père. * Lui seul.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Homilíis Orígenis presbýteri in Génesim (Hom. 8, 6.8.9: SC 7bis, 222-224.228.230) Homélie d'Origène sur la Genèse
Accépit Abraham ligna ad holocáustum et superpósuit ea Isaac fílio suo. Quod ipse sibi ligna ad holocáustum portat Isaac, illa figúra est quod et Christus ipse sibi baiulávit crucem, et tamen portáre ligna ad holocáustum sacerdótis offícium est. Fit ergo ipse hóstia et sacérdos. Sed et quod ádditur: Et abiérunt ambo simul, ad hoc refértur. Cum enim Abraham velut sacrificatúrus ignem portáret et cultrum, Isaac non vadit post ipsum, sed cum ipso, ut ostendátur cum ipso páriter fungi sacerdótio. Abraham prit du bois pour l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac. Qu'Isaac porte lui-même le bois pour l'holocauste, c'est la figure du Christ qui porta lui-même sa croix. Et pourtant porter le bois pour l'holocauste est l'office du prêtre. Lui-même devient donc à la fois la victime et le prêtre. Le mot qui suit: Et ils s'en allèrent tous deux ensemble, se rapporte à ce mystère. En effet, tandis qu'Abraham, comme pour sacrifier, porte le feu et le couteau, Isaac ne marche pas derrière lui, mais avec lui, montrant par là qu'il s'acquitte avec lui, pareillement, de la fonction sacerdotale.
Quid post hæc? Dixit, inquit, Isaac ad Abraham patrem suum: " Pater. " Et hæc in témpore a fílio proláta tentatiónis est vox. Quómodo enim putas immolándus fílius per hanc vocem víscera patérna concússit? Et quamvis Abraham rigídior esset pro fide, reddit tamen étiam ipse affectiónis vocem et respóndit: " Quid est, fili? " At ille: " Ecce, inquit, ignis et ligna, ubi ovis ad holocáustum? " Ad hæc respóndit Abraham: " Deus providébit ipse sibi ovem ad holocáustum, fili. " Movet me Abrahæ satis díligens et cauta respónsio. Néscio quid vidébat in spíritu, quia non de præsénti, sed de futúro dicit: Deus providébit ipse sibi ovem; futúra respóndit fílio de præséntibus requirénti. Ipse namque sibi Dóminus ovem providébit in Christo. Et ensuite? Isaac dit à son père Abraham: " Père. " Voilà bien, à ce moment, dans les paroles du fils, la voix de la tentation. Imagines-tu à quel point cette voix du fils à immoler peut bouleverser les entrailles paternelles? Aussi, malgré l'inflexibilité de sa foi, Abraham rend à son tour un mot d'affection et répond: " Qu'y a-t-il, mon fils? " Et Isaac de dire: " Voici le feu et le bois, mais où est la brebis pour l'holocauste? " À quoi Abraham répondit: " La brebis pour l'holocauste, Dieu s'en chargera, mon fils. " Cette réponse d'Abraham, suffisamment exacte et prudente, me frappe. Je ne sais ce qu'il voyait en esprit, car il ne parle pas du présent, mais de l'avenir, en disant: Dieu se chargera de la brebis. À son fils qui s'enquiert du présent, il répond par l'avenir. C'est que le Seigneur lui-même devait se charger de la brebis dans la personne du Christ.
Vide Deum magnífica cum homínibus liberalitáte certántem: Abraham mortálem fílium non moritúrum óbtulit Deo, Deus immortálem Fílium pro ómnibus trádidit morti. Pátitur ergo Christus, sed in carne; et pértulit mortem, sed caro, cuius hic áries forma est: sicut et Ioánnes dicébat: Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccátum mundi. Verbum vero in incorruptióne permánsit, quod est secúndum spíritum Christus, cuius imágo est Isaac. Ideo ipse et hóstia est et póntifex. Secúndum spíritum namque offert hóstiam Patri, secúndum carnem ipse in altári crucis offértur. Vois comme Dieu rivalise magnifiquement de générosité avec les hommes: Abraham a offert à Dieu un fils mortel sans qu'il meure; Dieu, pour les hommes, a livré à la mort un Fils immortel. Donc, le Christ souffre, mais c'est dans la chair; il a subi la mort, mais c'est dans la chair qu'il l'a subie, dont le bélier est ici la figure. Jean aussi disait de même: Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. Le Verbe, au contraire, qui est le Christ selon l'esprit, dont Isaac est l'image, est demeuré dans l'incorruptibilité. C'est pourquoi il est à la fois victime et grand prêtre. Selon l'esprit, en effet, il offre la victime à son Père; selon la chair, lui-même est offert sur l'autel de la croix.
R/. Repleátur os meum laude ut hymnum dicam glóriæ tuæ, tota die magnificéntiæ tuæ. Noli me proícere in témpore senectútis; * Cum defécerit virtus mea, Deus, ne derelínquas me. V/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, et ánima mea, quam redemísti. * Cum. V/. Glória Patri. * Cum. R/. Je n'aurai que ta louange à la bouche, pour célébrer tout le jour ta splendeur, chanter une hymne à ta gloire. Ne me rejette pas maintenant que j'ai vieilli; * Alors que décline ma vigueur, mon Dieu, ne m'abandonne pas.
V. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée! * Alors que. V. Gloire au Père. * Alors que.