Vigiles (OSB) du jeudi 7 juin 2018 -

Hebdomada IX per annum IXème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Gálatas De la lettre de saint Paul aux Galates
Sed tunc quidem ignorántes Deum, his, qui natúra non sunt dii, servístis; nunc autem, cum cognovéritis Deum, immo cógniti sitis a Deo, quómodo convertímini íterum ad infírma et egéna eleménta, quibus rursus ut ántea servíre vultis? Dies observátis et menses et témpora et annos! Tímeo vos, ne forte sine causa laboráverim in vobis. Estóte sicut ego, quia et ego sicut vos, fratres, óbsecro vos. Nihil me læsístis; scitis autem quia per infirmitátem carnis pridem vobis evangelizávi, et tentatiónem vestram in carne mea non sprevístis neque respuístis, sed sicut ángelum Dei excepístis me, sicut Christum Iesum. Jadis, dans votre ignorance de Dieu, vous fûtes asservis à des dieux qui au vrai n'en sont pas; mais maintenant que vous avez connu Dieu ou plutôt qu'il vous a connus, comment retourner encore à ces éléments sans force ni valeur, auxquels à nouveau, comme jadis, vous voulez vous asservir? Observer des jours, des mois, des saisons, des années! Vous me faites craindre de m'être inutilement fatigué pour vous. Devenez semblables à moi, puisque je me suis fait semblable à vous, frères, je vous en supplie. Vous ne m'avez nullement offensé. Mais vous le savez, ce fut une maladie qui me donna l'occasion de vous évangéliser la première fois, et, malgré l'épreuve que vous était ce corps infirme, vous n'avez marqué ni mépris ni dégoût; mais vous m'avez accueilli comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus.
Ubi est ergo beatitúdo vestra? Testimónium enim perhíbeo vobis, quia, si fíeri posset, óculos vestros eruissétis et dedissétis mihi. Ergo inimícus vobis factus sum, verum dicens vobis? Æmulántur vos non bene, sed exclúdere vos volunt, ut illos æmulémini. Bonum est autem æmulári in bono semper, et non tantum cum præsens sum apud vos, filíoli mei, quos íterum partúrio, donec formétur Christus in vobis! Vellem autem esse apud vos modo et mutáre vocem meam, quóniam incértus sum in vobis. Dícite mihi, qui sub lege vultis esse: Legem non audítis? Scriptum est enim quóniam Abraham duos fílios hábuit, unum de ancílla et unum de líbera. Sed qui de ancílla, secúndum carnem natus est, qui autem de líbera, per promissiónem. Quæ sunt per allegóriam dicta; ipsæ enim sunt duo Testaménta, unum quidem a monte Sínai, in servitútem génerans, quod est Agar. Illud vero Agar mons est Sínai in Arábia, respóndet autem Ierúsalem, quæ nunc est; servit enim cum fíliis suis. Illa autem, quæ sursum est Ierúsalem, líbera est, quæ est mater nostra; scriptum est enim: Lætáre, stérilis, quæ non paris, erúmpe et excláma, quæ non párturis, quia multi fílii desértæ magis quam eius, quæ habet virum. Que sont donc devenues les félicitations que vous vous adressiez? Car je vous rends ce témoignage: s'il avait été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. Alors, suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vérité? Leur attachement pour vous n'est pas bon; ils veulent vous séparer de moi, pour vous attacher à eux. Il est bien de s'attacher les autres pour le bien, pour toujours, et non pas seulement quand je suis près de vous, mes petits enfants, vous que j'enfante à nouveau dans la douleur jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous. Que ne suis-je près de vous en cet instant pour adapter mon langage, car je ne sais comment m'y prendre avec vous. Dites-moi, vous qui voulez vous soumettre à la Loi, n'entendez-vous pas la Loi? Il est écrit en effet qu'Abraham eut deux fils, l'un de la servante, l'autre de la femme libre; mais celui de la servante est né selon la chair, celui de la femme libre en vertu de la promesse. Il y a là une allégorie: ces femmes représentent deux alliances; la première se rattache au Sinaï et enfante pour la servitude: c'est Agar (car le Sinaï est en Arabie) et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui de fait est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d'en haut est libre, et elle est notre mère; car il est écrit: Réjouis-toi, stérile qui n'enfantais pas, éclate en cris de joie, toi qui n'as pas connu les douleurs; car nombreux sont les enfants de l'abandonnée, plus que les fils de l'épouse.
Vos, fratres, secúndum Isaac promissiónis fílii estis. Sed quómodo tunc, qui secúndum carnem natus fúerat, persequebátur eum, qui secúndum spíritum, ita et nunc. Sed quid dicit Scriptúra? Eice ancíllam et fílium eius; non enim heres erit fílius ancíllæ cum fílio líberæ. Itaque, fratres, non sumus ancíllæ fílii sed líberæ. Vous, mes frères, à la manière d'Isaac, vous êtes enfants de la promesse. Mais, comme alors l'enfant de la chair persécutait l'enfant de l'esprit, il en est encore ainsi maintenant. Eh bien, que dit l'Écriture: Chasse la servante et son fils, car il ne faut pas que le fils de la servante hérite avec le fils de la femme libre. Aussi, mes frères, ne sommes-nous pas enfants d'une servante mais de la femme libre.
R/. Cogitávi dies antíquos, et annos ætérnos in mente hábui; et meditátus sum nocte cum corde meo, * Et dixi: Miserére, Deus. V/. Illuxérunt coruscatiónes tuæ orbi terræ, vidit et commóta est terra. * Et dixi. V/. Glória Patri. * Et dixi. R/. Je repense aux jours d'autrefois, aux années inoubliables de jadis; la nuit, je médite en mon cœur, * Et je dis: Pitié, mon Dieu! V/. Tes éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s'affola. * Et je dis. V/. Gloire au Père. * Et je dis.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Expositióne sancti Augustíni epíscopi in Epístulam ad Gálatas (Nn. 37. 38: PL 35, 2131-2132) Commentaire de saint Augustin sur la Lettre aux Galates
Dicit Apóstolus: Estóte sicut et ego, qui útique cum Iudæus natus sim, iam carnália spiritáli diiudicatióne contémno. Quóniam et ego sicut vos, id est, homo sum. Deínde opportúne ac decénter facit eos recólere caritátem suam, ne tamquam inimícum illum députent. Dicit enim: Fratres, precor vos, nihil me læsístis; tamquam si díceret: " Ne ergo putétis quod ego lædere vos cúpiam. " Ad hoc dicit étiam: Filióli mei, ut tamquam paréntem útique imiténtur. Quos íterum, inquit, partúrio donec Christus formétur in vobis. Magis hoc ex persóna matris Ecclésiæ locútus est. L’Apôtre dit: Soyez comme moi, car tout Juif que je suis de naissance, le discernement spirituel m'a conduit à mépriser les observances charnelles. Mais aussi je suis comme vous, c'est-à-dire un homme. Il saisit ensuite l'occasion de leur rappeler avec réserve sa charité envers eux, pour les empêcher de le regarder comme un ennemi. Mes frères, leur dit-il, je vous en prie, vous ne m'avez offensé en rien, comme s'il leur disait: " Ne vous figurez donc pas que je veuille vous nuire. " Il dit encore: Mes petits enfants, pour les engager à l'imiter comme leur père, mes petits-enfants, que j'enfante de nouveau jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous. Il s'exprime ainsi au nom de l'Église notre mère.
Formátur autem Christus in credénte per fidem in interióre hómine, vocáto in libertátem grátiæ, miti et húmili corde, non se iactánte de óperum méritis, quæ nulla sunt; sed ab ipsa grátia méritum áliquod inchoánte, quem possit dícere mínimum suum, id est seípsum, ille qui ait: Cum enim fecístis uni ex mínimis meis, mihi fecístis. Formátur enim Christus in eo qui formam áccipit Christi: formam autem áccipit Christi, qui adhæret Christo dilectióne spiritáli. C'est par la foi du croyant que le Christ est formé dans l'homme intérieur, appelé à la liberté de la grâce, l'homme doux et humble de cœur, qui ne se vante pas du mérite de ses œuvres inutiles, mais qui commence à avoir quelque mérite, l'homme que le Christ peut appeler un des petits qui lui appartiennent: Lorsque vous le faites à l'un de ces petits qui sont à moi, c'est à moi que vous le faites. Le Christ est formé, en effet, en celui qui reçoit la forme du Christ; or, on reçoit la forme du Christ, lorsqu'on lui est uni par un amour spirituel.
Ex hoc enim fit ut huius imitatióne sit quod ille, quantum gradu suo sínitur. Qui enim dicit se in Christo manére, ait Ioánnes, debet quómodo ille ambulávit, et ipse ambuláre. Sed cum hómines a mátribus concipiántur ut forméntur, iam formáti autem parturiántur ut nascántur, potest movére quod dictum est: Quos íterum partúrio donec Christus formétur in vobis. Nisi parturitiónem hanc pro curárum angóribus pósitam intellegámus, quibus eos parturívit ut nasceréntur in Christo; et íterum párturit propter perícula seductiónis, quibus eos conturbári videt. En l'imitant ainsi, on devient ce qu'il est, mais à sa place. Saint Jean dit en effet: Celui qui prétend être dans le Christ, doit se conduire comme lui-même s'est conduit. Mais, lorsqu'une mère conçoit un enfant pour le former, elle ressent les douleurs de l'enfantement pour le mettre au monde déjà formé. Saint Paul ne peut dire: Je ressens pour vous de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous, qu'à la condition que nous entendions cela des angoisses et des soucis par lesquels il les enfante pour qu'ils naissent dans le Christ; et s'il souffre de nouveau, c'est à cause des dangers de séduction auxquels il les voit affrontés.
R/. Devastávit víneam tuam aper de silva, et singuláris ferus depástus est eam; vide, Dómine, et éxcita poténtiam tuam, * Ne péreat quod plantávit déxtera tua. V/. Dómine, Deus virtútum, convértere; réspice de cælo et vide, et vísita víneam istam. * Ne péreat. V/. Glória Patri. * Ne péreat. R/. Le sanglier des forêts ravage ta vigne, et les bêtes des champs la broutent. Regarde, Seigneur, réveille ta puissance: * Que ne soit pas détruit le cep que ta main a planté! V/. Seigneur, Dieu de l'univers, reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, * Que ne soit pas détruit. V/. Gloire au Père. * Que ne soit pas détruit.