Vigiles (OSB) du lundi 11 juin 2018 - St Barnabé, apôtre.

Hebdomada X per annum Xème semaine dans l'année
Feria II Lundi
S. Barnabae, apostoli St Barnabé, apôtre.
Memoria Mémoire
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Philippénses De la lettre de saint Paul aux Philippiens
Quidam quidem et propter invídiam et contentiónem, quidam autem et propter bonam voluntátem Christum prædicant; hi quidem ex caritáte sciéntes quóniam in defensiónem evangélii pósitus sum, illi autem ex contentióne Christum annúntiant, non sincére, existimántes pressúram se suscitáre vínculis meis. Certains, il est vrai, annoncent le Christ par envie, en esprit de rivalité, mais pour les autres, c'est vraiment dans de bons sentiments qu'ils prêchent le Christ. Ces derniers agissent par charité, sachant bien que je suis voué à défendre ainsi l'Évangile; quant aux premiers, c'est par esprit d'intrigue qu'ils annoncent le Christ; leurs intentions ne sont pas pures: ils s'imaginent ainsi aggraver le poids de mes chaînes.
Quid enim? Dum omni modo, sive sub obténtu sive in veritáte, Christus annuntiétur, et in hoc gáudeo; sed et gaudébo, scio enim quia hoc mihi provéniet in salútem per vestram oratiónem et subministratiónem Spíritus Iesu Christi, secúndum exspectatiónem et spem meam quia in nullo confúndar, sed in omni fidúcia sicut semper et nunc magnificábitur Christus in córpore meo, sive per vitam sive per mortem. Mais qu'importe? Après tout, d'une manière comme de l'autre, hypocrite ou sincère, le Christ est annoncé, et je m'en réjouis. Je persisterai même à m'en réjouir, car je sais que cela servira à mon salut, grâce à vos prières et au secours de l'Esprit de Jésus-Christ qui me sera fourni; telle est l'attente de mon ardent espoir: rien ne me confondra, je garderai au contraire toute mon assurance et, cette fois-ci comme toujours, le Christ sera glorifié dans mon corps, soit que je vive soit que je meure.
Mihi vívere Christus est et mori lucrum. Quod si vívere in carne, hic mihi fructus óperis est, et quid éligam ignóro. Coártor autem ex his duóbus: desidérium habens dissólvi et cum Christo esse, multo magis mélius; permanére autem in carne magis necessárium est propter vos. Et hoc confídens scio quia manébo et permanébo ómnibus vobis ad proféctum vestrum et gáudium fídei, ut gloriátio vestra abúndet in Christo Iesu in me per meum advéntum íterum ad vos. Pour moi, certes, la Vie c'est le Christ et mourir représente un gain. Cependant, si la vie dans cette chair doit me permettre encore un fructueux travail, j'hésite à faire un choix... Je me sens pris dans cette alternative: d'une part, j'ai le désir de m'en aller et d'être avec le Christ, ce qui serait, et de beaucoup, bien préférable; mais de l'autre, demeurer dans la chair est plus urgent pour votre bien. Au fait, ceci me persuade: je sais que je vais rester et demeurer près de vous tous pour votre avancement et la joie de votre foi, afin que mon retour et ma présence parmi vous soient pour vous un nouveau sujet de fierté dans le Christ Jésus.
R/. Benedícam Dómino in omni témpore, * Semper laus eius in ore meo. V/. In Dómino laudábitur ánima mea, áudiant mansuéti et læténtur. * Semper. V/. Glória Patri. * Semper. R/. Je bénirai le Seigneur en tout temps, * Sa louange sans cesse à mes lèvres. V/. Je me glorifierai dans le Seigneur: que les pauvres m'entendent et soient en fête! * Sa louange. V/. Gloire au Père. * Sa louange.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Epístula ad Diognétum (Cap.7, 1-6: Funk, 1, 403-405) Lettre à Diognète
Non terrénum invéntum hoc christiánis tráditum est, neque mortálem cogitatiónem tam accuráte custodiéndam sibi censent, neque humanórum mysteriórum œconómia illis commíssa est. Sed ipse vere ómnium regnátor et ómnium cónditor et invisíbilis Deus, ipse e cælis Veritátem et Verbum sanctum et incomprehensíbile inter hómines locávit et córdibus eórum infíxit. La tradition des chrétiens n'a pas une origine terrestre, ce qu'ils professent conserver avec tant de soin n'est pas l'invention d'un mortel, ni ce qui est confié à leur foi une dispensation de mystères humains. Mais c'est en vérité le Tout-puissant lui-même, le Créateur de toutes choses, l'Invisible, Dieu lui-même qui l'envoyant du haut des cieux, a établi chez les hommes la Vérité, le Verbe saint et incompréhensible et l'a affermi dans leurs cœurs.
Non quemádmodum áliquis conícere possit, homínibus minístrum áliquem mittens aut ángelum aut príncipem aut áliquem eórum qui terréna gubérnant, aut áliquem eórum quibus commíssa est cura rerum in cælis administrandárum, sed ipsum opíficem et creatórem ómnium, per quem cælos cóndidit, per quem mare suis términis inclúsit, cuius mystéria fidéliter ómnia obsérvant sídera, a quo mensúras diurnórum cúrsuum áccepit sol observándas, cui obtémperat luna iubénti eam lucére nocti, cui obtémperant stellæ lunæ cursum sequéntes; a quo ómnia dispósita sunt et limítibus circumscrípta eíque súbdita: cæli et quæ in cælis, terra et quæ in terra, mare et quæ in mari, ignis, áer, abyssus, quæ in altitúdine, quæ in profúndis, quæ in médio sunt: hunc ad eos misit. Non, comme certains pourraient l'imaginer, qu'il ait envoyé aux hommes quelque subordonné, ange ou archonte, un des esprits chargés des affaires terrestres, ou de ceux à qui est confié le gouvernement du ciel, mais bien l'Artisan et l'Organisateur de l'univers: c'est par lui que Dieu a créé les cieux, par lui qu'il a enfermé la mer dans ses limites; c'est lui dont tous les éléments cosmiques observent fidèlement les lois mystérieuses; lui de qui le soleil a reçu la règle qu'il doit observer dans ses courses journalières; lui à qui obéit la lune, brillant pendant la nuit; lui à qui obéissent les astres qui accompagnent la lune dans son cours; c'est de lui que toutes choses ont reçu disposition, limites et hiérarchie: les cieux et tout ce qui est dans les cieux; la terre et tout ce qui est sur la terre; la mer et tout ce qui est dans la mer; le feu, l'air, l'abîme, le monde d'en haut, celui d'en bas, les régions intermédiaires: c'est lui que Dieu a envoyé aux hommes.
An, ut hóminum áliquis cogitáre possit, tyránnidis exercéndæ et terróris incutiéndi causa? Mínime vero; sed in cleméntia et lenitáte ut rex mittens fílium regem misit eum, ut Deum misit, ut hóminem ad hómines misit, ut servans misit, ut persuádens, non violéntiam ádhibens; violéntia enim non inest Deo. Misit ut vocans, non pérsequens; misit ut amans, non iúdicans. Mittet enim eum iudicántem: et quis eius advéntum sustinébit? Non certes, comme une intelligence humaine pourrait le penser, pour la tyrannie, la terreur et l'épouvante; nullement, mais en toute clémence et douceur, comme un roi envoie son fils comme roi, il l'a envoyé comme le Dieu qu'il était, il l'a envoyé comme il convenait qu'il le fût pour les hommes, pour les sauver, par la persuasion, non par la violence: il n'y a pas de violence en Dieu. Il l'a envoyé pour nous appeler à lui, non pour nous accuser; il l'a envoyé parce qu'il nous aimait, non pour nous juger. Un jour viendra où il l'enverra pour juger, et qui alors soutiendra son avènement?
R/. Delectáre in Dómino, * Et dabit tibi petitiónes cordis tui. V/. Revéla Dómino viam tuam et spera in eum, et ipse faciet. * Et dabit. V/. Glória Patri. * Et dabit. R/. Mets ta joie dans le Seigneur: * Il comblera les désirs de ton cœur. V/. Découvre au Seigneur tes voies, fais-lui confiance, et lui, il agira. * Il comblera. V/. Gloire au Père. * Il comblera.