Vigiles (OSB) du lundi 25 juin 2018 -

Hebdomada XII per annum XIIème semaine dans l'année
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Zacharíæ prophétæ Du livre de Zacharie
Factum est verbum Dómini exercítuum dicens: Hæc dicit Dóminus exercítuum: Zelátus sum Sion zelo magno et ardóre magno zelátus sum eam. Hæc dicit Dóminus: Revérsus sum ad Sion et habitábo in médio Ierúsalem; et vocábitur Ierúsalem cívitas Veritátis, et mons Dómini exercítuum mons Sanctitátis. Hæc dicit Dóminus exercítuum: Adhuc sedébunt senes et anus in platéis Ierúsalem et unusquísque cum báculo suo in manu sua præ multitúdine diérum; et platéæ civitátis complebúntur púeris et puéllis ludéntibus in platéis eius. Hæc dicit Dóminus exercítuum: Si vidébitur diffícile in óculis reliquiárum pópuli huius in diébus illis, numquid étiam in óculis meis diffícile erit? dicit Dóminus exercítuum. La parole du Seigneur de l'univers arriva en ces termes: Ainsi parle le Seigneur de l'univers. J'éprouve pour Sion une ardente jalousie et en sa faveur une grande colère. Ainsi parle le Seigneur. Je reviens à Sion et veux habiter au milieu de Jérusalem. Jérusalem sera appelée Ville-de-Fidélité, et la montagne du Seigneur de l'univers, Montagne-sainte. Ainsi parle le Seigneur de l'univers. Des vieux et des vieilles s'assiéront encore sur les places de Jérusalem: chacun aura son bâton à la main, à cause du nombre de ses jours. Et les places de la ville seront remplies de petits garçons et de petites filles qui joueront sur les places. Ainsi parle le Seigneur de l'univers. Si c'est un miracle aux yeux du reste de ce peuple (en ces jours-là), en serait-ce un à mes yeux? Oracle du Seigneur de l'univers.
Hæc dicit Dóminus exercítuum: Ecce ego salvábo pópulum meum de terra oriéntis et de terra occásus solis: et addúcam eos, et habitábunt in médio Ierúsalem; et erunt mihi in pópulum, et ego ero eis in Deum in veritáte et iustítia. Ainsi parle le Seigneur de l'univers. Voici que je sauve mon peuple des pays d'orient et des pays du soleil couchant. Je les ramènerai pour qu'ils habitent au milieu de Jérusalem. Ils seront mon peuple et moi je serai leur Dieu, dans la fidélité et la justice.
Hæc dicit Dóminus exercítuum: Conforténtur manus vestræ, qui audítis in his diébus sermónes istos per os prophetárum in die qua fundáta est domus Dómini exercítuum, ut templum ædificarétur. Síquidem ante dies istos merces hóminis non erat, nec merces iuménti erat, neque introeúnti neque exeúnti erat pax præ tribulatióne; et dimísi omnes hómines, unumquémque contra próximum suum. Nunc autem non iuxta dies prióres ego sum relíquiis pópuli huius, dicit Dóminus exercítuum; sed semen pacis erit: vínea dabit fructum suum, et terra dabit provéntum suum, et possidére fáciam relíquias pópuli huius univérsa hæc. Ainsi parle le Seigneur de l'univers. Que vos mains se fortifient, vous qui entendez en ces jours ces paroles de la bouche des prophètes, qui prophétisent depuis le jour où furent jetées les fondations du Temple du Seigneur de l'univers pour la reconstruction du Sanctuaire. Car, avant ces jours, le salaire des hommes n'était pas payé et le salaire des bêtes était nul; pour qui se livrait à ses occupations, aucune tranquillité, à cause de l'ennemi; j'avais lâché tous les hommes les uns contre les autres. Mais maintenant, à l'égard du reste de ce peuple, je ne suis pas comme aux jours passés, oracle du Seigneur de l'univers. Car sa semence sera en paix: la vigne donnera son fruit, la terre donnera ses produits et le ciel donnera sa rosée. J'accorderai tout cela au reste de ce peuple.
Et erit: sicut erátis maledíctio in géntibus, domus Iudæ et domus Israel, sic salvábo vos, et éritis benedíctio. Nolíte timére; conforténtur manus vestræ. Quia hæc dicit Dóminus exercítuum: Sicut cogitávi ut afflígerem vos, cum ad iracúndiam provocássent patres vestri me, dicit Dóminus exercítuum, et non sum misértus, sic convérsus cogitávi in diébus istis, ut benefáciam Ierúsalem et dómui Iudæ; nolíte timére. De même que vous étiez une malédiction parmi les nations, maison de Juda et maison d'Israël, de même je vous sauverai pour que vous deveniez une bénédiction. Ne craignez point: que vos mains se fortifient! Car ainsi parle le Seigneur de l'univers. De même que j'avais résolu de vous faire du mal, lorsque vos pères m'avaient irrité - dit le Seigneur de l'univers - et que je n'ai pas fléchi, de même, me ravisant, je me propose, en ces jours, de faire du bien à Jérusalem et à la maison de Juda. Ne craignez point!
R/. Exsúlta satis, fília Sion; iúbila, fília Ierúsalem. Ecce rex tuus véniet tibi iustus et salvátor; * Et loquétur pacem géntibus. V/. Potéstas eius a mari usque ad mare, et a flumínibus usque ad fines terræ. * Et loquétur. V/. Glória Patri. * Et loquétur. R/. Exulte de toutes tes forces, fille de Sion! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem! Voici ton roi qui vient vers toi, il est juste et victorieux; * Il proclamera la paix aux nations. V/. Sa domination s'étendra d'une mer à l'autre, et des fleuves jusqu'aux confins de la terre. * Il proclamera. V/. Gloire au Père. * Il proclamera.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Tractátibus sancti Augustíni epíscopi in Ioánnem (Tract. 26, 4-5: CCL 36, 261-262) Traité de saint Augustin sur l'Évangile de Jean
Nemo venit ad me, nisi quem Pater attráxerit. Noli te cogitáre invítum trahi; tráhitur ánimus et amóre. Nec timére debémus ne ab homínibus qui verba perpéndunt, et a rebus máxime divínis intellegéndis longe remóti sunt, in hoc Scripturárum sanctárum evangélico verbo fórsitan reprehendámur, et dicátur nobis: "Quómodo voluntáte credo, si trahor?" Ego dico: "Parum est voluntáte, étiam voluptáte tráheris." Quid est trahi voluptáte? Delectáre in Dómino et dabit tibi petitiónes cordis tui. Est quædam volúptas cordis, cui panis dulcis est ille cæléstis. Personne ne vient à moi, si mon Père ne l'attire. Ne t'imagine pas que tu es attiré malgré toi: c'est par l'amour que l'âme est attirée. Et nous ne devons pas craindre les hommes qui soupèsent les mots mais qui sont très éloignés des choses, surtout des choses divines; ne craignons pas qu'ils nous objectent cette parole évangélique des saintes Écritures et nous disent: " Comment puis-je croire de façon volontaire, si je suis attiré? " Moi, je dis: " C'est un peu par la volonté, mais c'est aussi par le plaisir que tu es attiré. " Etre attiré par le plaisir, qu'est-ce que c'est? Mets ta joie dans le Seigneur, il comblera les désirs de ton cœur. Il y a un certain plaisir du cœur, lorsqu'il trouve délicieux le pain céleste.
Porro si poétæ dícere lícuit: "Trahit sua quemque volúptas", non necéssitas, sed volúptas, non obligátio, sed delectátio, quanto fórtius nos dícere debémus trahi hóminem ad Christum, qui delectátur veritáte, delectátur beatitúdine, delectátur iustítia, delectátur sempitérna vita, quod totum Christus est? An vero habent córporis sensus voluptátes suas, et ánimus deséritur a voluptátibus suis? Si ánimus non habet voluptátes suas, unde dícitur: Fílii autem hóminum sub tégmine alárum tuárum sperábunt, inebriabúntur ab ubertáte domus tuæ et torrénte voluptátis tuæ potábis eos, quóniam apud te est fons vitæ, et in lúmine tuo vidébimus lumen? Si le poète a pu dire: " Chacun est attiré par son plaisir ", non pas la nécessité mais le plaisir, non pas l'obligation mais la délectation, à combien plus forte raison nous-mêmes devons-nous dire que l'homme est attiré vers le Christ: l'homme qui prend sa joie dans la vérité, sa joie dans la béatitude, sa joie dans la justice, sa joie dans la vie éternelle. Or, le Christ est tout cela! Si les sens du corps ont leurs plaisirs, est-ce que l'âme ignore les plaisirs? Si l'âme n'a pas ses plaisirs à elle, pourquoi est-il écrit: Les fils des hommes s'abriteront à l'ombre de tes ailes, ils seront enivrés aux festins de ta maison, tu les abreuveras du torrent de tes plaisirs, car en toi est la source de la vie, et dans ta lumière nous verrons la lumière?
Da amántem et sentit quod dico. Da desiderántem, da esuriéntem, da in ista solitúdine peregrinántem atque sitiéntem, et fontem ætérnæ pátriæ suspirántem, da talem, et scit quid dicam. Si autem frígido loquor, nescit quid loquor. Ramum víridem osténdis ovi, et trahis illam. Nuces púero demonstrántur, et tráhitur: et quo currit, tráhitur, amándo tráhitur. Trahit sua quemque volúptas, non trahit revelátus Christus a Patre? Quid enim fórtius desíderat ánima quam veritátem? Quo ávidas fauces habére debet, unde optáre ut sanum sit intus palátum vera iudicándi, nisi ut mandúcet et bibat sapiéntiam, iustítiam, veritátem, æternitátem? Donne-moi quelqu'un qui aime, et il comprend ce que je dis. Donne-moi quelqu'un qui désire, qui a faim, donne-moi un homme qui voyage dans ce désert, qui a soif, qui soupire après la source de l'éternelle patrie, donne-moi un tel homme, et il comprend ce que je dis. Si je parle à un homme insensible, il ne sait pas de quoi je parle. Montre un rameau vert à une brebis et tu l'attires; présente des noix à un enfant, et il est attiré. Et il court là où il est attiré, il est attiré parce qu'il aime. Chacun est attiré par son plaisir. Et le Christ, révélé par le Père, n'attire pas? Qu'est-ce que l'âme désire plus fortement que la vérité? C'est pourquoi elle doit avoir une bouche avide et désirer que son palais intérieur soit parfaitement sain, uniquement pour discerner ce qui est vrai, parce qu'elle veut manger et boire la sagesse, la justice, la vérité, l'éternité.
R/. Læténtur cæli et exúltet terra, iubiláte, montes, laudem; quia Dóminus noster véniet, * Et páuperum suórum miserébitur. V/. Oriétur in diébus eius iustítia et abundántia pacis. * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. Joie au ciel! Exulte la terre! Montagnes, faites jaillir la louange: voici notre Seigneur qui vient! * Il aura pitié de ses pauvres. V/. En ces jours-là, fleurira la justice, naîtra une grande paix. * Il aura pitié. V/. Gloire au Père. * Il aura pitié.