Vigiles (OSB) du lundi 2 juillet 2018 -

Hebdomada XIII per annum XIIIème semaine dans l'année
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Nehemíæ Du livre de Néhémie
In diébus illis: Factus est clamor pópuli et uxórum eius magnus advérsus fratres suos Iudæos. Et erant qui dícerent: "Fílios nostros et fílias nostras pignorávimus, ut acciperémus fruméntum et comederémus et viverémus!" Et erant qui dícerent: "Agros nostros et víneas et domos nostras opposúimus, ut acciperémus fruméntum in fame!" Et álii dicébant: "Mútuo súmpsimus pecúnias in tribúta regis pro agris nostris et víneis nostris. Et nunc sicut caro fratrum nostrórum sic caro nostra est, et sicut fílii eórum ita et fílii nostri; ecce nos subiugámus fílios nostros et fílias nostras in servitútem, et de filiábus nostris quædam iam in servitúte subiugátæ sunt, nec habémus unde possint rédimi, quia agros nostros et víneas nostras álii póssident." Une grande plainte s'éleva parmi les gens du peuple et leurs femmes contre leurs frères juifs. Les uns disaient: " Nous devons donner en gage nos fils et nos filles pour recevoir du blé, manger et vivre. " D'autres disaient: " Nous devons engager nos champs, nos vignes et nos maisons pour recevoir du blé pendant la famine. " D'autres encore disaient: " Pour acquitter l'impôt du roi, nous avons dû emprunter de l'argent sur nos champs et nos vignes; et alors que nous avons la même chair que nos frères, que nos enfants valent les leurs, nous devons livrer en esclavage nos fils et nos filles; il en est, parmi nos filles, qui sont asservies! Nous n'y pouvons rien, puisque nos champs et nos vignes sont déjà à d'autres. "
Et irátus sum nimis, cum audíssem clamórem eórum secúndum verba hæc. Cogitavíque in corde meo et increpávi optimátes et magistrátus et dixi eis: "Usúras sínguli a frátribus vestris exígitis!" Et congregávi advérsum eos contiónem magnam et dixi eis: "Nos, ut scitis, redémimus fratres nostros Iudos, qui vénditi fúerant géntibus, secúndum possibilitátem nostram; quin pótius et vos vendétis fratres vestros, ut vendéntur nobis?" Et siluérunt nec invenérunt quid respónderent. Dixíque ad eos: "Non est bona res quam fácitis." Je me mis fort en colère quand j'entendis leur plainte et ces paroles. Ayant délibéré en moi-même, je tançai les grands et les magistrats en ces termes: " Quel fardeau chacun de vous impose à son frère! " Et convoquant contre eux une grande assemblée, je leur dis: " Nous avons, dans la mesure de nos moyens, racheté nos frères juifs qui s'étaient vendus aux nations. Et c'est vous maintenant qui vendez vos frères pour que nous les rachetions! " Ils gardèrent le silence et ne trouvèrent rien à répliquer. Je poursuivis: " Ce que vous faites là n'est pas bien. "
"Quare non in timóre Dei nostri ambulátis, ne exprobrétur nobis a géntibus inimícis nostris? Et ego et fratres mei et púeri mei commodávimus plúrimis pecúniam et fruméntum; non repetámus usúras istas. Réddite eis hódie agros suos et víneas suas et olivéta sua et domos suas et centésimam pecúniæ fruménti, vini et ólei, quam exígere solétis ab eis." "Ne voulez-vous pas marcher dans la crainte de notre Dieu, pour éviter les insultes des nations, nos ennemies? Moi aussi, mes frères et mes gens, nous leur avons prêté de l'argent et du blé. Eh bien! faisons abandon de cette dette. Restituez-leur sans délai leurs champs, leurs vignes, leurs oliviers et leurs maisons, et remettez-leur la dette de l'argent, du blé, du vin et de l'huile que vous leur avez prêtés. "
Et dixérunt: "Reddémus et ab eis nihil quærémus; sicque faciémus, ut lóqueris." Et vocávi sacerdótes et feci eos iuráre ut fácerent sicut dictum erat. Insuper excússi sinum meum et dixi: "Sic excútiat Deus omnem virum, qui non compléverit verbum istud, de domo sua et de labóribus suis; sic excutiátur et vácuus fiat!" Et dixit univérsa multitúdo: "Amen!" Et laudavérunt Deum. Fecit ergo pópulus sicut erat dictum. Ils répondirent: " Nous restituerons; nous n'exigerons plus rien d'eux; nous agirons comme tu l'as dit. " J'appelai alors les prêtres et leur fis jurer d'agir suivant cette promesse. Puis je secouai le pli de mon vêtement en disant: " Que Dieu secoue de la sorte, hors de sa maison et de son bien, tout homme qui ne tiendra pas cette parole: qu'il soit ainsi secoué et vidé! " Et toute l'assemblée répondit: " Amen! " et loua le Seigneur. Et le peuple agit suivant cet engagement.
R/. Vir iste in pópulo suo mitíssimus appáruit, sanctitáte autem et grátia plenus; iste est qui assídue orat * Pro pópulo et pro civitáte ista. V/. Hic est fratrum amátor et pópuli sui, hic est qui multum orat * Pro pópulo. V/. Glória Patri. * Pro pópulo. R/. Cet homme s'est montré le plus doux de son peuple, plein de grâce et de sainteté; l'homme qui prie avec instance * Pour le peuple et pour cette cité. V/. Celui qui a de l'amour envers ses frères, envers son peuple, qui intercède sans relâche * Pour. V/. Gloire au Père. * Pour.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Apologético Tertulliáni presbýteri (Cap. 39, 1-8: CSEL 69, 91) De l'Apologétique de Tertullien
Corpus sumus de consciéntia religiónis et disciplínæ unitáte et spei fœdere. Coímus in cœtum et congregatiónem, ut ad Deum quasi manu facta precatiónibus ambiámus orántes. Hæc vis Deo grata est. Orámus étiam pro imperatóribus, pro ministériis eórum et potestátibus, pro statu sæculi, pro rerum quiéte, pro mora finis. Coímus ad litterárum divinárum commemoratiónem, si quid præséntium témporum quálitas aut præmonére cogit aut recognóscere. Certe fidem sanctis vócibus páscimus, spem erígimus, fidúciam fígimus, disciplínam præceptórum nihilóminus inculcatiónibus densámus. Ibídem étiam exhortatiónes, castigatiónes et censúra divína. Nam et iudicátur magno cum póndere, ut apud certos de Dei conspéctu, summúmque futúri iudícii præiudícium est, si quis ita delíquerit, ut a communicatióne oratiónis et convéntus et omnis sancti commércii relegétur. Nous formons un corps par la conscience commune d'avoir une même religion, par l'unité de la discipline, par le lien d'une même espérance. Nous nous réunissons en assemblée et en communauté pour assiéger Dieu de nos prières, comme un bataillon serré. Cette violence plaît à Dieu. Nous prions aussi pour les empereurs, pour leurs ministres et leurs magistrats, pour la situation actuelle du monde, pour la paix des événements, pour l'ajournement de la fin des temps. Nous nous assemblons pour faire mémoire des saintes Écritures, si le cours du temps présent nous oblige à y chercher soit des avertissements pour l'avenir, soit des explications du passé. Assurément, par ces saintes paroles, nous nourrissons notre foi, nous relevons notre espérance, nous affermissons notre confiance et nous resserrons aussi notre discipline, du moins en inculquant les préceptes. Dans ces réunions se font aussi les exhortations, les corrections, les censures au nom de Dieu. En effet, on y rend aussi des jugements, qui ont un grand poids, puisque nous sommes certains d'être en présence de Dieu, et c'est un terrible précédent pour le jugement futur, si quelqu'un d'entre nous a commis une faute telle, qu'il soit exclu de la communion des prières, des assemblées et de tout commerce avec les choses saintes.
Præsident probáti quique senióres, honórem istum non prétio, sed testimónio adépti, neque enim prétio ulla res Dei constat. Etiam, si quod arcæ genus est, non de honorária summa quasi redémptæ religiónis congregátur. Módicam unusquísque stipem ménstrua die vel cum velit, et si modo velit et si modo possit, appónit. Nam nemo compéllitur, sed sponte confert. Hæc quasi depósita pietátis sunt. Nam inde non épulis nec potáculis nec ingrátis voratrínis dispensátur, sed egénis aléndis humandísque et púeris ac puéllis re ac paréntibus destitútis, iamque domésticis sénibus, item náufragis, et si qui in metállis et si qui in ínsulis vel in custódiis, dumtáxat ex causa Dei sectæ, alúmni confessiónis suæ fiunt. Ce sont les anciens expérimentés qui président; ils obtiennent cet honneur non à prix d'argent, mais sur témoignage, aucune chose de Dieu, en effet, ne s'apprécie à prix d'argent. Et même s'il existe chez nous une sorte de caisse commune, elle n'est pas constituée par une somme honoraire, comme si la religion était mise aux enchères. Chacun paie une cotisation modique, à une date fixée du mois ou quand il veut bien, et si toutefois il le veut et le peut. Car personne n'est forcé; mais on verse librement sa contribution. C'est là comme un dépôt de la piété. En effet, on n'y puise pas pour des banquets ni des beuveries, ni pour de misérables réunions de cabarets, mais pour nourrir et inhumer les indigents, pour secourir les enfants, garçons et filles, privés de fortune et de parents, et aussi les serviteurs devenus âgés, ainsi que les naufragés; et, si certains souffrent dans les mines, dans les îles, dans les prisons, uniquement à cause de leur fidélité à Dieu, ils deviennent les nourrissons de la religion qu'ils ont confessée.
Sed eiúsmodi vel máxime dilectiónis operátio notam nobis ínurit penes quosdam. "Vide, ínquiunt, ut ínvicem se díligant", ipsi enim ínvicem odérunt, "et ut pro altérutro mori sint paráti", ipsi enim ad occidéndum altérutrum paratióres. Sed et quod fratrum appellatióne censémur, non álias, opínor, insániunt, quam quod apud ipsos omne sánguinis nomen de affectióne simulátum est. Fratres autem étiam vestri sumus iure natúræ matris uníus. Mais c'est surtout cette pratique de la charité qui, aux yeux de certains, nous marque comme au fer rouge. " Voyez, disent-ils, comme ils s'aiment les uns les autres ", car eux se détestent les uns les autres; " et comme ils sont prêts à mourir les uns pour les autres ", car eux sont plutôt prêts à se tuer les uns les autres. Quant au nom de "frères" par lequel nous sommes désignés, il ne les fait déraisonner, je crois, que parce que, chez eux, tous les noms de parenté ne sont que des simulacres d'affection. Or, nous sommes aussi vos frères par le droit de la nature, notre mère commune.
R/. Meménto mei, Deus, in bono, et ne déleas miseratiónes meas quas feci * In domo Dei mei et in cærimóniis eius. V/. Meménto verbi tui servo tuo, in quo mihi spem dedísti; * In domo. V/. Glória Patri. * In domo. R/. Souviens-toi de moi, mon Dieu, dans ta bienveillance; n'efface pas les actes de piété que j'ai accomplis * Pour la maison de mon Dieu et pour son culte. V/. Rappelle-toi ta parole à ton serviteur, celle dont tu fis mon espoir; * Pour. V/. Gloire au Père. * Pour.