Vigiles (OSB) du mardi 10 juillet 2018 -

Hebdomada XIV per annum XIVème semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Proverbiórum Du livre des Proverbes
Numquid non sapiéntia clámitat, et prudéntia dat vocem suam? In summis vertícibus supra viam in médiis sémitis stans, iuxta portas ad intróitum civitátis, in ipsis fóribus conclámat: "O viri, ad vos clámito, et vox mea ad fílios hóminum. Intellégite, párvuli, astútiam, et, insipiéntes, animadvértite. Mélior est enim sapiéntia gemmis, et omne desiderábile ei non potest comparári." La Sagesse n'appelle-t-elle pas? L'Intelligence n'élève-t-elle pas la voix? Au sommet des hauteurs qui dominent la route, au croisement des chemins, elle se poste; près des portes, à l'entrée de la cité, sur les voies d'accès, elle s'écrie: " Humains! C'est vous que j'appelle, ma voix s'adresse aux enfants des hommes. Simples! apprenez le savoir-faire; sots, devenez raisonnables. La sagesse vaut mieux que les perles, nul objet n'est aussi désirable. "
"Ego sapiéntia hábito cum prudéntia et artem excogitándi invénio. Timor Dómini odísse malum; arrogántiam et supérbiam et viam pravam et os bilíngue detéstor. Meum est consílium et prudéntia, mea est intellegéntia, mea est fortitúdo. Per me reges regnant, et príncipes iusta decérnunt; per me duces ímperant, et poténtes decérnunt iustítiam. Ego diligéntes me díligo; et, qui mane vígilant ad me, invénient me. Mecum sunt divítiæ et glória, opes supérbæ et iustítia. Mélior est enim fructus meus auro et obrýzo, et genímina mea argénto elécto. In viis iustítiæ ámbulo, in médio semitárum iudícii, ut ditem diligéntes me et thesáuros eórum répleam. Dóminus possédit me in inítio viárum suárum, ántequam quidquam fáceret a princípio; ab ætérno ordináta sum et ex antíquis, ántequam terra fíeret." " Moi, la Sagesse, j'habite avec le savoir-faire, je possède la science de la réflexion. (La crainte du Seigneur est la haine du mal). Je hais l'orgueil et l'arrogance, la mauvaise conduite et la bouche torse. À moi appartiennent le conseil et la prudence, je suis l'entendement, à moi la puissance! Par moi règnent les rois et les nobles décrètent le droit; par moi gouvernent les princes et les grands, les juges légitimes. J'aime ceux qui m'aiment; qui me cherche avec empressement me trouve. Chez moi sont la richesse et la gloire, les biens stables et la justice. Mon fruit est meilleur que l'or, que l'or fin, mes produits meilleurs que le pur argent. Je marche dans le chemin de la justice, dans le sentier du droit, pour procurer des biens à ceux qui m'aiment, et remplir leurs trésors. Le Seigneur m'a créée, prémices de son œuvre, avant ses œuvres les plus anciennes. Dès l'éternité je fus établie, dès le principe, avant l'origine de la terre. "
"Nondum erant abýssi, et ego iam concépta eram, necdum fontes graves aquis, priúsquam montes demergeréntur, ante colles ego parturiébar. Adhuc terram non fécerat et campos et inítium glebæ orbis terræ. Quando præparábat cælos, áderam, quando certa lege et gyro vallábat abýssos, quando nubes firmábat sursum, et prævaluérunt fontes abýssi, quando circúmdabat mari términum suum et aquis, ne transírent fines suos, quando iecit fundaménta terræ, cum eo eram ut ártifex: delectátio eius per síngulos dies ludens coram eo omni témpore, ludens in orbe terrárum, et delíciæ meæ esse cum fíliis hóminum." " Quand les abîmes n'étaient pas, je fus enfantée, quand n'étaient pas les sources aux eaux abondantes. Avant que fussent implantées les montagnes, avant les collines, je fus enfantée; avant qu'il eût fait la terre et la campagne et les premiers éléments du monde. Quand il affermit les cieux, j'étais là, quand il traça un cercle à la surface de l'abîme, quand il condensa les nuées d'en haut, quand se gonflèrent les sources de l'abîme, quand il assigna son terme à la mer, - et les eaux n'en franchiront pas le bord - quand il traça les fondements de la terre, j'étais à ses côtés comme le maître d'œuvre, je faisais ses délices, jour après jour, m'ébattant tout le temps en sa présence, m'ébattant sur la surface de sa terre et trouvant mes délices parmi les enfants des hommes. "
"Fílii, audíte me: beáti, qui custódiunt vias meas; audíte disciplínam et estóte sapiéntes et nolíte abícere eam. Beátus homo, qui audit me et qui vígilat ad fores meas cotídie et obsérvat ad postes óstii mei. Qui me invénerit, invéniet vitam et háuriet delícias a Dómino. Qui autem in me peccáverit, lædet ánimam suam: omnes qui me odérunt, díligunt mortem." " Mes fils, écoutez-moi: heureux ceux qui gardent mes voies! Ecoutez l'instruction et devenez sages, ne la méprisez pas. Heureux l'homme qui m'écoute, qui veille jour après jour à mes portes pour en garder les montants! Car qui me trouve trouve la vie, il obtient la faveur du Seigneur; mais qui pèche contre moi blesse son âme, quiconque me hait chérit la mort. "
R/. In princípio Deus, ántequam terram fáceret, priúsquam abýssos constitúeret, priúsquam prodúceret fontes aquárum, ántequam montes collocaréntur, * Ante omnes colles generávit me Dóminus. V/. Ego in altíssimis hábito, et thronus meus in colúmna nubis. * Ante. V/. Glória Patri. * Ante. R/. Au commencement, Dieu, avant même de créer la terre, avant de fonder les abîmes, de faire jaillir les sources des eaux et d'asseoir les montagnes, * Avant toutes les collines, le Seigneur m'a engendrée. V/. Moi, la Sagesse, j'habite les hauteurs, mon trône est dans la colonne de nuée. * Avant. V/. Gloire au Père. * Avant.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Oratiónibus sancti Athanásii epíscopi Contra Ariános (Orat. 2, 78: PG 26, 311-314) Discours de saint Athanase contre les Ariens
Unigénita ipsáque Dei Sapiéntia, ómnium creátrix est et efféctrix. Omnia enim, inquit, in sapiéntia fecísti, et: Impléta est terra creatióne tua. Ut autem res factæ non tantum exsísterent, sed étiam bene exsísterent, plácuit Deo ut sua Sapiéntia se ad res creátas accommodáret, ut formam speciémque áliquam ipsíus imáginis cum in ómnibus simul tum in síngulis imprímeret, quo nimírum perspícuum fíeret et sapiéntia ornátas esse res factas, et digna Deo esse ópera. La propre Sagesse de Dieu, son unique engendrée, est créatrice et ouvrière de tout ce qui existe. Selon cette parole: Tu as tout fait par ta sagesse; et aussi: La terre est emplie des œuvres de ta création. Mais pour que la création non seulement soit, mais soit belle et bonne, Dieu a voulu que sa propre Sagesse se proportionnât aux créatures; si bien qu'il a déposé, en leur ensemble comme en chacune d'elles, une certaine empreinte et ressemblance de l'image de cette Sagesse, par quoi il deviendrait tout-à-fait évident, et que les créatures ont été revêtues de sagesse, et qu'elles sont des œuvres dignes de Dieu.
Ut enim nostrum verbum, Verbi, qui Dei est Fílius, est imágo: ita sapiéntia in nobis facta eiúsdem Verbi, quæ ipsa est Sapiéntia, imágo quoque est, in qua cum vim sciéndi et intellegéndi habeámus, idónei effícimur, qui creatrícem Sapiéntiam recipiámus, eiusdémque Patrem per ipsam póssumus cognóscere. Nam qui habet Fílium, inquit, habet et Patrem, et: Qui me récipit, récipit eum qui misit me. Talis ergo Sapiéntiæ forma creáta in nobis et in ómnibus est, non immérito vera et ópifex Sapiéntia ea quæ suæ formæ própria sunt sibi ipsi ascíscens ait: Dóminus creávit me in ópera sua. Quippe ea quæ sapiéntia, quæ in nobis est, lóquitur, hæc ipse Dóminus tamquam própria usúrpat. De même en effet que notre parole, notre verbe, est image du Verbe, qui est le Fils de Dieu, de même en nous la sagesse créée est aussi une image de ce même Verbe, que la Sagesse incréée est elle-même; par notre sagesse créée, dès lors que nous avons la faculté de savoir et de comprendre, nous devenons aptes à recevoir la Sagesse créatrice, et, par elle, nous pouvons connaître son Père. Car celui qui reconnaît le Fils, dit celui-ci, trouve en même temps le Père; et il dit encore: Qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. Puisqu'en effet une telle empreinte créée de la Sagesse est en nous comme en toutes choses, ce n'est pas sans fondement que la Sagesse véritable, artisan de la création, s'attribuant à elle-même ce qui est propre à son empreinte, affirme: Le Seigneur m'a créée pour que j'existe en ses œuvres. Assurément, les paroles que dit la sagesse qui est en nous, le Seigneur lui-même se les approprie comme siennes.
Et non ille creátur qui creátor est, sed propter suam imáginem in ipsis opéribus creátam, ista velut de se ipse ait. Hinc quemádmodum ipse Dóminus dixit: Qui vos récipit, me récipit, eo quod eius forma in nobis est: sic etiámsi inter res creátas non annumerétur, tamen quia eius forma et imágo in opéribus creátur, quasi ipse esset, ait: Dóminus creávit me inítium viárum suárum in ópera sua. Porro idcírco Sapiéntiæ forma in opéribus facta est, ut mundus in ipsa Verbum, suum opíficem, et Patrem per Verbum agnósceret. Car il n'est pas créé, celui qui est Créateur, mais à cause de son image créée dans ses œuvres mêmes, il dit cela comme à son propre sujet. Et puisque le Seigneur lui-même a dit, du fait que son empreinte est en nous: Qui vous accueille m'accueille, de même, bien qu'il ne figure pas au nombre des créatures, néanmoins, parce que son empreinte et image est créée en ses œuvres, il dit comme s'il s'agissait de lui-même, Sagesse incréée: Le Seigneur m'a créée, commencement de ses voies, pour que j'existe en ses œuvres. Dès lors, si l'empreinte de la Sagesse a été marquée dans ses œuvres, c'est pour que le monde y reconnaisse le Verbe, son artisan, et par le Verbe, le Père.
R/. Præbe, fili, cor tuum mihi, et óculi tui vias meas custódiant, * Ut addátur grátia cápiti tuo. V/. Atténde, fili mi, sapiéntiam meam, et ad elóquium meum inclína aurem tuam, * Ut addátur. V/. Glória Patri. * Ut addátur. R/. Fils, donne-moi ton cœur; que tes yeux observent mes voies: * Ce sera pour ta tête une couronne de grâce. V/. Sois attentif, mon fils, à ma sagesse, et tends l'oreille à ma parole, * Ce sera. V/. Gloire au Père. * Ce sera.