Vigiles (OSB) du vendredi 20 juillet 2018 - de la férie

Hebdomada XV per annum XVème semaine dans l'année
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Iob Du livre de Job
Respóndens Iob dixit: Utinam appenderétur ægritúdo mea, et calamitátem meam assúmerent in statéra! Nunc vero aréna maris hæc grávior appáret, inde verbis meis hæsito. Quia sagíttæ Omnipoténtis in me sunt, quarum venénum ebíbit spíritus meus; et terróres Dei mílitant contra me. Numquid rúgiet ónager, cum habúerit herbam? Aut múgiet bos, cum ante præsépe plenum stéterit? Aut póterit cómedi insúlsum, quod non est sale condítum? Aut póterit gustári herba insúlsa? Quæ prius nolébat tángere ánima mea, nunc præ angústia cibi mei sunt. Quis det, ut véniat petítio mea et, quod exspécto, tríbuat mihi Deus? Utinam Deus me cónterat; solvat manum suam et succídat me! Et hæc mihi sit consolátio, et exsultábo vel in pavóre, qui non parcat, nec celábo sermónes Sancti. Job prit la parole et dit: Oh! Si l'on pouvait peser mon affliction, mettre sur une balance tous mes maux ensemble! Mais c'est plus lourd que le sable des mers: aussi mes propos sont-ils irréfléchis. Les flèches de Shaddaï en moi sont plantées, mon humeur boit leur venin et les terreurs de Dieu sont en ligne contre moi. Voit-on braire l'onagre auprès de l'herbe tendre, le bœuf mugir à portée du fourrage? Un aliment fade se mange-t-il sans sel, le blanc de l'œuf a-t-il quelque saveur? Or ce que mon appétit se refuse à toucher, c'est là ma nourriture de malade. Oh! que se réalise donc ma prière, que Dieu réponde à mon attente! Que Lui consente à m'écraser, qu'il dégage sa main et me supprime! J'aurai du moins cette consolation, ce sursaut de joie en de cruelles souffrances, de n'avoir pas renié les décrets du Saint.
Quæ est enim fortitúdo mea, ut sustíneam? Aut quis finis meus, ut patiénter agam? Num fortitúdo lápidum, fortitúdo mea? Num caro mea ænea est? An non est auxílium mihi in me, et virtus quoque remóta est a me? Qui tollit ab amíco suo misericórdiam, timórem Omnipoténtis derelínquit. Fratres mei mentíti sunt me sicut álveus torréntium, qui evanéscunt nigrescéntes glácie, cum íngruit super eos nix. Témpore, quo díffluunt, aréscunt et, ut incalúerit, solvúntur de loco suo. Ai-je donc assez de force pour attendre? Voué à une telle fin, à quoi bon patienter? Ma force est-elle celle du roc, ma chair est-elle de bronze? Aurai-je pour appui le néant et tout secours n'a-t-il pas fui loin de moi? Refuser la pitié à son prochain, c'est rejeter la crainte de Shaddaï. Mes frères ont été décevants comme un torrent, comme le cours des torrents passagers. La glace assombrit leurs eaux, au-dessus d'eux fond la neige, mais, dès la saison brûlante, ils tarissent, ils s'évanouissent sous l'ardeur du soleil.
Defléctunt viatórum turmæ de viis suis, ascendéntes per desértum péreunt. Commeátus Thema consideravérunt, viatóres Saba speravérunt in eis. Confúsi sunt, quia speravérunt; venérunt eo usque, et pudóre coopérti sunt. Ita nunc vos facti estis mihi; vidéntes plagam meam, timétis. Numquid dixi: "Afférte mihi, et de substántia vestra donáte mihi? vel: Liberáte me de manu hostis et de manu robustórum erúite me?" Pour eux, les caravanes quittent les pistes, s'enfoncent dans le désert et s'y perdent. Les caravanes de Téma les fixent des yeux, en eux espèrent les convois de Saba. Leur confiance se voit déçue; arrivés près d'eux, ils restent confondus. Tels vous êtes pour moi à cette heure: à ma vue, saisis d'effroi, vous prenez peur. Vous ai-je donc dit: " Faites-moi tel don, offrez tel présent pour moi sur vos biens; arrachez-moi à l'étreinte d'un oppresseur, délivrez-moi des mains d'un violent? "
Docéte me, et ego tacébo, et, si quid forte ignorávi, instrúite me. Quare detraxístis sermónibus veritátis, cum e vobis nullus sit, qui possit argúere me? Ad increpándum tantum elóquia concinnátis, sed in ventum verba desperáti. Super pupíllum irrúitis et subvértere nitímini amícum vestrum. Nunc, quæso, convertímini ad me, et in fáciem vestram non méntiar. Revértite! Nulla erit impróbitas. Revértite! Adhuc præsens adest iustítia mea. Estne in lingua mea impróbitas? An palátum meum non discérnit nequítiam? Instruisez-moi, alors je me tairai; montrez-moi en quoi j'ai pu errer. On supporte sans peine des discours équitables, mais vos critiques, que visent-elles? Prétendez-vous censurer des paroles, propos de désespoir qu'emporte le vent? Vous iriez jusqu'à tirer au sort un orphelin, à faire bon marché de votre ami! Allons, je vous en prie, regardez-moi! En face, je ne mentirai point. Revenez, pas d'injustice; revenez, car je reste dans mon droit. Y a-t-il du mal sur mes lèvres? Mon palais ne sait-il plus discerner l'infortune?
R/. Utinam appenderéntur peccáta mea quibus iram mérui, * Et calámitas quam pátior, in statéra! V/. Quasi aréna maris hæc grávior appáret, unde et verba mea dolóre sunt plena. * Et calámitas. V/. Glória Patri. * Et calámitas. R/. Ah! Si l'on pouvait mettre en balance mes péchés, qui ont pu provoquer une juste colère, * Avec l'affliction que je supporte! V/. Oui, elle se montre plus pesante que le sable des mers, voilà pourquoi mes propos sont empreints de douleur, * Avec. V/. Gloire au Père. * Avec.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex libris Morálium sancti Gregórii Magni papæ (Præfatio, 6: SC 32, 135-136) Morales de saint Grégoire le Grand
Libet inter mira divínæ dispensatiónis ópera cérnere, quómodo ad illuminándam noctem vitæ præséntis astra quæque suis vícibus in cæli fáciem véniant, quoúsque in finem noctis Redémptor humáni géneris, quasi verus lúcifer, surgat. Noctúrnum namque spátium, dum decedéntium succedentiúmque stellárum cúrsibus illustrátur, magno cæli decóre perágitur. Parmi les œuvres admirables de la divine Providence, il convient de reconnaître comment chaque étoile a paru à son tour sur la face du ciel pour illuminer la nuit de notre vie terrestre, jusqu'à ce que, à la fin de la nuit, le Rédempteur des hommes, véritable étoile du matin, se lève. La nuit, sillonnée par les astres qui montent et descendent sans cesse, reçoit son éclat de la grande beauté du ciel.
Ut ergo noctis nostræ ténebras suo témpore éditus, vicissímque permutátus stellárum rádius tángeret, ad ostendéndam innocéntiam venit Abel; ad docéndam actiónis mundítiam venit Enoch; ad insinuándam longanimitátem spei et óperis venit Noe; ad manifestándam obœdiéntiam venit Abraham; ad demonstrándam coniugális vitæ castimóniam venit Isaac; ad insinuándam labóris tolerántiam venit Iacob; ad rependándam pro malo bonæ retributiónis grátiam venit Ioseph; ad ostendéndam mansuetúdinem venit Móyses; ad informándam contra advérsa fidúciam venit Iósue; ad ostendéndam inter flagélla patiéntiam venit Iob. Pour que la lumière des étoiles, les unes après les autres, et chacune en son temps, perce les ténèbres de notre nuit, Abel est venu faire paraître l'innocence, Énoch révéler la pureté des mœurs, Noé enseigner la persévérance dans l'espoir et dans les actes, Abraham manifester l'obéissance, Isaac montrer la chasteté dans le mariage, Jacob enseigner la constance dans le travail, Joseph rendre le bien pour le mal, Moïse faire paraître la douceur, Josué figurer la confiance dans l'adversité, Job faire paraître la patience au milieu des épreuves.
Ecce quam fulgéntes stellas in cælo cérnimus, ut inoffénso pede óperis, iter nostræ noctis ambulémus. Nam cognitióni hóminum divína dispensátio quot iustos exhíbuit, quasi tot astra super peccántium ténebras cælum misit, quoúsque verus lúcifer súrgeret, qui ætérnum nobis mane núntians, stellis céteris clárius ex divinitáte radiáret. Quem elécti omnes dum bene vivéndo preunt, et rebus et vócibus prophetándo promisérunt. Nullus étenim iustus fuit, qui non eius per figúram núntius exstíterit. Voilà les étoiles brillantes que nous apercevons dans notre ciel pour parcourir du pas assuré de nos œuvres le sentier de notre nuit. La Providence divine a mis sous les yeux des hommes la vie des justes, comme autant d'astres que le ciel fait briller sur les ténèbres des pécheurs, jusqu'à ce que, nous annonçant une éternelle aurore, la véritable étoile du matin se lève, qui brillera par sa divinité, plus éblouissante que les autres étoiles. Les élus qui ont saintement vécu avant le rédempteur, l'ont tous promis et prophétisé par leurs actes et par leurs paroles. Pas un juste qui ne l'ait annoncé en figure.
R/. Quare detraxístis sermónibus veritátis? Ad increpándum verba compónitis, et subvértere nitímini amícum vestrum; * Verúmtamen quæ cogitástis, expléte. V/. Milítia est vita hóminis super terram, et sicut dies mercenárii dies eius. * Verúmtamen. V/. Glória Patri. * Verúmtamen. R/. Pourquoi rabaisser des paroles de vérité? C'est seulement pour blâmer que vous faites des phrases, vous voulez donc abattre votre ami? * Eh bien! Ce dont vous avez formé le dessein, achevez-le! V/. La vie de l'homme, sur la terre, n'est qu'une corvée; et ses jours, des journées de mercenaire! * Eh bien. V/. Gloire au Père. * Eh bien.