Vigiles (OSB) du dimanche 22 juillet 2018 - XVIème dimanche dans l'année

Hebdomada XVI per annum XVIème semaine dans l'année
Dominica Dimanche
Dominica XVI per annum XVIème dimanche dans l'année
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Iob Du livre de Job
Lectio I Lecture I
Respóndens Sophar Naamathítes dixit: Numquid illi, qui multa lóquitur, non et respondétur? Aut vir verbósus iustificábitur? Vanilóquium tuum viros tacére fáciet et, cum céteros irríseris, a nullo confutáberis? Dixísti enim: "Purus est sermo meus, et mundus sum in conspéctu tuo." Atque útinam Deus ipse loquerétur tecum et aperíret lábia sua tibi, ut osténderet tibi secréta sapiéntiæ et arcána consília eius, et intellégeres quod multo minóra quærat a te, quam merétur iníquitas tua. Çophar de Naamat prit la parole et dit: Le bavard restera-t-il sans réponse? Suffit-il d'être loquace pour avoir raison? Ton verbiage rendra-t-il muets les autres, te moqueras-tu sans qu'on te confonde? Tu as dit: " Ma conduite est pure, je suis irréprochable à tes yeux. " Mais si Dieu voulait parler, ouvrir les lèvres pour te répondre, s'il te dévoilait les secrets de la Sagesse, qui déconcertent toute sagacité, tu saurais que Dieu te demande compte de ta faute.
R/. Quare detraxístis sermónibus veritátis? Ad increpándum verba compónitis, et subvértere nitímini amícum vestrum; * Verúmtamen quæ cogitástis, expléte. V/. Milítia est vita hóminis super terram, et sicut dies mercenárii dies eius. * Verúmtamen. R/. Pourquoi rabaisser des paroles de vérité? C'est seulement pour blâmer que vous faites des phrases, vous voulez donc abattre votre ami? * Eh bien! Ce dont vous avez formé le dessein, achevez-le! V/. La vie de l'homme, sur la terre, n'est qu'une corvée; et ses jours, des journées de mercenaire! * Eh bien.
Lectio II Lecture II
Forsitan vestígia Dei comprehéndes et usque ad perféctum Omnipoténtem repéries? Excélsior cælo est, et quid fácies? Profúndior inférno, et quid cognósces? Lóngior terra mensúra eius et látior mari. Si subvérterit vel conclúserit et coarctáverit, quis contradícet ei? Ipse enim novit hóminum vanitátem; et videns iniquitátem nonne consíderat? Sed et vir vácuus cordátus fit, et homo tamquam pullum ónagri náscitur. Prétends-tu sonder la profondeur de Dieu, atteindre la limite de Shaddaï? Elle est plus haute que les cieux: que feras-tu? Plus profonde que le shéol: que sauras-tu? Elle serait plus longue que la terre à mesurer et plus large que la mer. S'il intervient pour enfermer et convoquer l'assemblée, qui l'en empêchera? Car lui connaît la fausseté chez l'homme; il voit le crime et y prête attention. Aussi l'écervelé doit-il s'assagir, et l'homme aux mœurs d'onagre se laisser domestiquer.
R/. Indúta est caro mea putrédine, et sórdibus púlveris cutis mea áruit et contrácta est. * Meménto mei, Dómine, quia ventus est vita mea. V/. Dies mei sicut umbra declinavérunt, et ego sicut fenum árui. * Meménto mei. R/. Ma chair s'est couverte de plaies putrides, et ma peau, parsemée de croûtes terreuses, est devenue sèche et parcheminée. * Souviens-toi de moi, Seigneur, car ma vie n'est qu'un souffle! V/. L'ombre gagne sur mes jours, et moi, je me fane comme l'herbe! * Souviens-toi.
Lectio III Lecture III
Tu autem, si cor tuum firmáveris et expánderis ad eum manus tuas, si iniquitátem quæ est in manu tua, abstúleris a te, et non mánserit in tabernáculo tuo iniustítia, tunc leváre póteris fáciem tuam absque mácula et eris stábilis et non timébis. Misériæ quoque obliviscéris et quasi aquárum, quæ præteriérunt, recordáberis. Et quasi meridiánus fulgor consúrget tibi ad vésperam, et, cum te calígine tectum putáveris, oriéris ut lúcifer. Allons, redresse tes pensées, tends tes paumes vers lui! Si tu répudies le mal dont tu serais responsable et ne laisses pas l'injustice habiter sous tes tentes, tu lèveras un front pur, tu seras ferme et sans crainte. Ton malheur, tu n'y songeras plus, il laissera le souvenir des eaux qui passent. Alors débutera une existence plus radieuse que le midi et l'obscurité même sera comme le matin.
R/. Páucitas diérum meórum finítur brevi; dimítte me, Dómine, sine plangam páululum dolórem meum, * Antequam vadam ad terram tenebrósam, et opértam mortis calígine. V/. Ecce in púlvere sédeo et in púlvere dórmio, et si mane me quæsíeris non subsístam. * Antequam. R/. Le peu de jours que j'ai reçus à vivre touche à sa fin; laisse-moi aller, Seigneur; souffre que je déplore un peu ma douleur, * Avant que je parte, pour ne plus revenir, au ténébreux pays des ombres de la mort. V/. Je me tiens dans la poussière, je vais m'endormir dans la poussière, et, au matin, si tu me cherches, je ne suis plus! * Avant.
Lectio IV Lecture IV
Et habébis fidúciam, propósita tibi spe, et defóssus secúrus dórmies. Requiésces, et non erit qui te extérreat; et deprecabúntur fáciem tuam plúrimi. Oculi autem impiórum defícient, et effúgium períbit ab eis; et spes illórum exhalátio ánimæ. Confiant car il y a de l'espoir, même après la confusion, tu te coucheras en sécurité. Lorsque tu reposeras, nul ne te troublera, et bien des gens rechercheront ta faveur. Les méchants, eux, tournent des yeux éteints, tout refuge leur fait défaut; leur espoir, c'est le dernier soupir.
R/. Numquid Dóminus supplántat iudícium, aut Omnípotens subvértit quod iustum est? Líbera me, Dómine, et pone me iuxta te * Et cuiúsvis manus pugnet contra me. V/. Apprehénde arma et scutum et exsúrge in adiutórium mihi. * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. Dieu ferait-il fléchir le droit, le Tout-Puissant fausserait-il la justice? Délivre-moi, Seigneur, place-moi près de toi, * Et ensuite, que le poing du premier venu essaye de me frapper! V/. Prends une armure, un bouclier, lève-toi pour me défendre. * Et ensuite. V/. Gloire au Père. * Et ensuite.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex libris Morálium sancti Gregórii Magni papæ (Lib.10, 7.10: PL 75, 922.925-926) Morales de saint Grégoire le Grand
Lectio I Lecture I
Quid hoc loco Dei lex áccipi nisi cáritas debet, per quam semper in mente légitur præcépta vitæ quáliter in actióne teneántur? De hac étenim lege Veritátis voce dícitur: Hoc est præcéptum meum, ut diligátis ínvicem. De hac Paulus ait: Plenitúdo legis diléctio. De hac íterum dicit: Invicem ónera vestra portáte, et sic adimplébitis legem Christi. Lex étenim Christi quid congruéntius intéllegi quam cáritas potest, quam tunc vere perfícimus cum fratérna ónera ex amóre tolerámus. Comment doit-on entendre ici la loi de Dieu, sinon comme étant la charité? Car c'est toujours elle qui nous fait comprendre comment nous devons observer dans notre conduite les préceptes de vie. De cette loi, la parole de la Vérité nous dit: Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. Saint Paul dit à ce sujet: L'accomplissement parfait de la loi, c'est l'amour. Et il dit encore: Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ. En effet, rien ne traduira plus exactement la loi du Christ, sinon la charité que nous accomplissons vraiment lorsque nous portons par amour les fardeaux de nos frères.
R/. Inclinans fáciem meam ingemísco, commovébor ómnibus membris meis; scio enim, Dómine, quia impunítum me non dimíttis; * Et si sum ímpius, quare non sum mórtuus sed labóro? V/. Quæ est enim fortitúdo mea ut sustíneam, aut quis finis meus ut patiénter agam? * Et. R/. Le visage incliné, je soupire, je tremble de tous mes os; je sais bien, Seigneur, que tu ne me laisseras pas aller sans châtiment; * Mais si je suis impie, pourquoi, au lieu d'être mort, suis-je en train de peiner? V/. Quelle est donc ma résistance pour que je tienne bon? Et quelle fin m'attend pour que je garde patience? * Mais.
Lectio II Lecture II
Sed hæc éadem lex múltiplex dícitur, quia studiósa sollicitúdine cáritas ad cuncta virtútum facta dilatátur. Quæ a duóbus quidem præcéptis íncipit, sed se ad innúmera exténdit. Cuius nimírum legis multiplicitátem bene Paulus enúmerat, dicens: Cáritas pátiens est, benígna est; non æmulátur, non inflátur, non agit pérperam, non gaudet super iniquitáte, congáudet autem veritáti. Mais on dit aussi que cette même loi est multiple, parce que la charité, avec empressement, s'étend à tous les actes des différentes vertus. Elle commence par deux préceptes, puis s'étend à des préceptes innombrables. Saint Paul expose bien cette multiplicité de la loi, lorsqu'il dit: L'amour prend patience, l'amour est serviable; il ne jalouse pas, ne se gonfle pas d'orgueil; il ne fait rien de malhonnête; il ne se réjouit pas de ce qui est mauvais, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai.
R/. Abscóndi tamquam aurum peccáta mea, et celávi in sinu meo iniquitátem meam. * Miserére mei, Deus, secúndum magnam misericórdiam tuam. V/. Quóniam iniquitátem meam ego agnósco, et delíctum meum coram me est semper; tibi soli peccávi. * Miserére. R/. J'ai dissimulé mes fautes comme on cache de l'or, j'ai enfoui mon iniquité dans mon sein. * Pitié pour moi, mon Dieu, selon ta grande miséricorde. V/. Oui, je reconnais mon péché, ma faute est toujours devant moi; contre toi seul, j'ai péché. * Pitié.
Lectio III Lecture III
Patiens quippe est cáritas, quia illáta mala æquanímiter tólerat. Benígna vero est, quia pro malis bona lárgiter minístrat. Non æmulátur, quia per hoc quod in præsénti mundo nil áppetit, invidére terrénis succéssibus nescit. Non inflátur, quia cum præmium intérnæ retributiónis ánxie desíderat, de bonis se exterióribus non exáltat. L'amour prend patience, parce qu'il supporte avec calme le mal qu'on lui fait. Il est serviable, parce qu'il distribue généreusement le bien, en échange du mal. Il ne jalouse pas, parce que, ne désirant rien dans le monde présent, il ignore la jalousie à l'égard des réussites terrestres. Il ne se gonfle pas d'orgueil, parce que désirant ardemment la récompense intérieure, il ne s'enorgueillit pas des biens extérieurs.
R/. Ne abscóndas me, Dómine, a fácie tua; manum tuam longe fac a me, * Et formído tua non me térreat. V/. Voca me et respondébo tibi, aut certe loquar et tu respónde mihi. * Et. R/. Fais que je ne me cache pas, Seigneur, devant ta face; éloigne de moi ta main, * Et que la crainte que tu m'inspires ne m'épouvante pas! V/. Appelle-moi, et je te répondrai; ou plutôt, que je parle, et toi, tu répondras! * Et.
Lectio IV Lecture IV
Non agit pérperam, quia quo se in solum Dei ac próximi amórem dilátat, quidquid rectitúdine díscrepat ignórat. Non gaudet super iniquitáte, quia quo sola dilectióne erga omnes ínhiat, nec de perditióne adversántium exsúltat. Congáudet autem veritáti, quia ut se céteros díligens, per hoc quod rectum in áliis cónspicit, quasi de augménto próprii provéctus hilaréscit. Múltiplex ergo ista lex Dei est. Il ne fait rien de malhonnête, parce que, du fait qu'il s'épanouit seulement dans l'amour de Dieu et du prochain, il ignore tout ce qui s'écarte de la rectitude. Il ne se réjouit pas de ce qui est mauvais, parce que, ne cherchant qu'à aimer tout le monde, il ne trouve aucune joie dans la perte de ses adversaires. Il trouve sa joie dans ce qui est vrai, parce que, aimant les autres comme soi-même, lorsqu'il découvre en autrui quelque chose de droit, il s'en réjouit comme contribuant à son progrès personnel. Cette loi de Dieu est donc multiple.
R/. Quis mihi tríbuat, ut in ínferno prótegas me et abscóndas me, donec pertránseat furor tuus, Dómine, * Nisi tu qui solus es Deus? Et constítuas tempus in quo recordéris mei. V/. Numquid sicut dies hóminis dies tui, ut quæras iniquitátem meam, cum sit nemo qui de manu tua possit erúere, * Nisi tu. V/. Glória Patri. * Nisi tu. R/. Ah! Seigneur, si du moins tu me cachais dans le shéol, si tu m'abritais tant que passe ta colère! Qui m'accordera cela? * Sinon toi-même, qui seul es Dieu! Ah! Si seulement tu me fixais un terme où tu te souviennes de moi! V/. Tes jours sont-ils comme ceux d'un mortel pour que tu recherches ma faute, alors que nul ne pourrait m'arracher de ta main? * Sinon toi-même. V/. Gloire au Père. * Sinon toi-même.
In tertio nocturno, anno B Troisième nocturne, année B
Léctio sancti Evangélii secúndum Marcum Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc
In illo témpore: Conveniéntes apóstoli ad Iesum, renuntiavérunt illi ómnia quæ égerant et docúerant. Et réliqua. Après leur première mission, les apôtres se réunissent auprès de Jésus et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné. Et la suite.
Ex Collatiónibus Ioánnis Cassiáni abbátis (Coll. 10, 6: SC 54, 79-81) Conférence de Cassien
Lectio I Lecture I
Secúndum mensúram puritátis suæ unaquque mens in oratióne sua vel erígitur vel formátur, tantum scílicet a terrenárum ac materiálium rerum contemplatióne discédens, quantum eam status suæ provéxerit puritátis fecerítque Iesum vel húmilem adhuc et cárneum, vel glorificátum et in maiestátis suæ glória veniéntem intérnis obtútibus ánimæ pervidéri. C’est le degré de sa pureté qui détermine pour une âme l'éveil et le dessin de sa prière. Elle perd de vue plus ou moins les choses terrestres et matérielles, selon que sa pureté l'a fait monter plus ou moins. De là vient aussi qu'elle ne voit Jésus que dans l'humilité de sa chair ou déjà le contemple intérieurement dans sa gloire et venant parmi l'éclat de sa majesté.
R/. Exsúrge, Dómine Deus meus, et exaltétur manus tua, * Ne obliviscáris páuperum in finem. V/. Tibi enim derelíctus est pauper. * Ne obliviscáris. R/. Lève-toi, Seigneur mon Dieu! Étends la main! * Que le pauvre ne soit pas oublié pour toujours! V/. Oui, sur toi repose le faible: * Que le pauvre.
Lectio II Lecture II
Illi soli puríssimis óculis divinitátem ipsíus speculántur, qui de humílibus ac terrénis opéribus et cogitatiónibus ascendéntes cum illo secédunt in excélso solitúdinis monte, qui liber ab ómnium terrenárum cogitatiónum ac perturbatiónum tumúltu et a cunctórum vitiórum permixtióne secrétus, fide puríssima ac virtútum eminéntia sublimátus, glóriam vultus eius et claritátis revélat imáginem his qui meréntur eum mundis ánimæ obtútibus intuéri. Ceux-là seuls contemplent d'un regard très pur sa divinité, qui s'élèvent au-dessus des œuvres et des pensées terre à terre, pour se retirer avec lui sur la haute montagne de la solitude. Libre du tumulte des pensées et des passions de la terre, éloignée de la mêlée confuse de tous les vices, dans les hauteurs sublimes d'une foi très pure et des plus éminentes vertus, elle révèle la gloire de la face du Christ et la vue de sa splendeur à ceux qui sont dignes de le contempler du pur regard de l'âme.
R/. Iustus Dóminus, et iustítias diléxit: * Æquitátem vidit vultus eius. V/. In Dómino confído; quómodo dícitis ánimæ meæ: Transmígra in montem sicut passer! * Æquitátem. R/. Le Seigneur est juste, il aime toute justice: * La face du Seigneur considère l'équité. V/. Auprès du Seigneur j'ai mon refuge; comment pouvez-vous me dire: Fuis dans la montagne, comme un passereau! * La face du Seigneur.
Lectio III Lecture III
Ceterum vidétur Iesus étiam ab his qui in civitátibus et castéllis ac vículis commorántur, id est qui in actuáli conversatióne sunt atque opéribus constitúti, sed non in illa claritáte qua illis appáruit, qui cum ipso possunt in prædícto virtútum monte conscéndere. Jésus ne laisse pas de se montrer aussi aux habitants des cités, des bourgs et des villages, c'est-à-dire à ceux qui s'adonnent aux œuvres de la vie active, mais non pas dans le même éclat de gloire avec lequel il apparaît aux âmes assez fortes pour gravir avec lui la montagne des vertus.
R/. A dextris est mihi Dóminus ne commóvear; * Propter hoc dilatátum est cor meum, et exsultávit lingua mea. V/. Consérva me, Dómine, quóniam in te sperávi. Dixi Dómino: Deus meus es tu. * Propter hoc. R/. Le Seigneur est à ma droite: je suis inébranlable; * C'est pourquoi j'ai le cœur au large, la joie sur les lèvres. V/. Garde-moi, Seigneur, j'ai fait de toi mon refuge. J'ai dit au Seigneur: Tu es mon Dieu! * C'est pourquoi.
Lectio IV Lecture IV
Quod volens noster Dóminus confirmáre ac perféctæ nobis relínquere puritátis exémpla, et quidem cum ipse fons inviolábilis sanctitátis ad obtinéndam eam secessiónis adiutório ac solitúdinis benefício extrínsecus non egéret (non enim póterat ullis turbárum sórdibus puritátis plenitúdo maculári nec contaminári humáno consórtio qui univérsa pollúta emúndat atque sanctíficat), secéssit tamen in monte solus oráre, per hoc scílicet nos ínstruens suæ secessiónis exémplo, ut si interpelláre nos quoque voluérimus Deum puro et íntegro cordis afféctu, ab omni inquietúdine et confusióne turbárum simíliter secedámus, ut in hoc córpore commorántes ad similitúdinem quandam illíus beatitúdinis, quæ in futúro repromíttitur sanctis, vel ex parte áliqua nos aptáre possímus, sitque nobis ómnia in ómnibus Deus. Notre Seigneur a voulu confirmer cette doctrine et nous laisser l'exemple d'une pureté parfaite. Source inviolable de la sainteté, il n'avait nul besoin, pour s'y établir, du secours extérieur qui nous vient de l'éloignement des hommes et de la solitude. Plénitude de la pureté, il ne se pouvait pas que le contact impur des foules fît tache sur lui; et le commerce des hommes était impuissant à contaminer Celui qui purifie et sanctifie tout ce qui est souillé. Il se retire cependant sur la montagne, afin d'y prier solitaire. Son exemple est une leçon. Si nous voulons, nous aussi, prier Dieu d'un cœur pur et vierge, fuyons comme lui la fièvre et la confusion des foules, afin de reproduire dès cette vie quelque image du moins de l'état bienheureux promis aux saints dans l'éternité, et que pour nous se réalise la parole de l'Apôtre: Dieu tout en tous.
R/. Notas mihi fecísti, Dómine, vias vitæ; adimplébis me lætítia cum vultu tuo, * Delectatiónes in déxtera tua usque in finem. V/. Consérva me, Dómine, quoniam in te sperávi. Dixi Dómino: Deus meus es tu. * Delectatiónes. V/. Glória Patri. * Delectatiónes. R/. Tu m'apprends, Seigneur, le chemin de la vie: devant ta face, débordement de joie! * À ta droite, éternité de délices! V/. Garde-moi, Seigneur, j'ai fait de toi mon refuge. J'ai dit au Seigneur: Tu es mon Dieu! * À ta droite. V/. Gloire au Père. * À ta droite.