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Vigiles (OSB) du mardi 24 juillet 2018 - de la férie

Hebdomada XVI per annum XVIème semaine dans l'année
Feria III Mardi
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Iob Du livre de Job
Respóndens Iob amícis suis ait: Tacéte paulísper, ut loquar ipse, et tránseat super me quodcúmque. Quare sumam carnes meas déntibus meis et ánimam meam ponam in mánibus meis? Etiámsi occíderit me, in ipso sperábo; verúmtamen vias meas in conspéctu eius árguam. Et hoc erit salus mea: non enim véniet in conspéctu eius omnis ímpius. Audíte sermónem meum et explicatiónem meam percípite áuribus vestris. Ecce iudícium parávi; scio quod iustus invéniar. Quis est qui conténdat mecum? Tunc enim tacébo et consummábor. Duo tantum ne fácias mihi, et tunc a fácie tua non abscóndar: manum tuam longe fac a me, et formído tua non me térreat. Voca me, et ego respondébo tibi; aut ipse loquar, et tu respondébis mihi. Job dit à ses amis: Faites silence! C'est moi qui vais parler, quoi qu'il m'advienne. Je prends ma chair entre mes dents, je place ma vie dans mes mains, il peut me tuer: je n'ai d'autre espoir que de défendre devant lui ma conduite. Et cela même me sauvera, car un impie n'oserait comparaître en sa présence. Écoutez, écoutez mes paroles, prêtez l'oreille à mes déclarations. Voici: je vais procéder en justice, conscient d'être dans mon droit. Qui veut plaider contre moi? D'avance, j'accepte d'être réduit au silence et de périr! Fais-moi seulement deux concessions, alors je ne me cacherai pas loin de ta face: Écarte ta main qui pèse sur moi et ne m'épouvante plus par ta terreur. Puis engage le débat et je répondrai; ou plutôt je parlerai et tu me répliqueras.
Quantas hábeo iniquitátes et peccáta? Scélera mea et delícta osténde mihi. Cur fáciem tuam abscóndis et arbitráris me inimícum tuum? Contra fólium, quod vento rápitur, dure agis et stípulam siccam perséqueris. Scribis enim contra me amaritúdines et occupátum me vis peccátis adulescéntiæ meæ. Posuísti in nervo pedem meum et observásti omnes sémitas meas et vestígia pedum meórum considerásti. Qui quasi uter consuméndus sum, et quasi vestiméntum quod coméditur a tínea. Combien de fautes et de péchés ai-je commis? Dis-moi quelle a été ma transgression, mon péché? Pourquoi caches-tu ta face et me considères-tu comme ton ennemi? Veux-tu effrayer une feuille chassée par le vent, poursuivre une paille sèche? Toi qui rédiges contre moi d'amères sentences et m'imputes mes fautes de jeunesse, qui as mis mes pieds dans les ceps, observes tous mes sentiers et prends l'empreinte de mes pas! Et lui s'effrite comme un bois vermoulu, ou comme un vêtement dévoré par la teigne.
Homo natus de mulíere, brevi vivens témpore, commotióne satiátur. Qui quasi flos egréditur et aréscit et fugit velut umbra et non pérmanet. Et dignum ducis super huiuscémodi aperíre óculos tuos et addúcere eum tecum in iudícium? Quis potest fácere mundum de immúndo? Ne unus quidem! Si statúti dies hóminis sunt, et númerus ménsium eius apud te est, et constitúti sunt términi eius quos non præteríbit, avérte óculos tuos ab eo, ut quiéscat, donec solvat, sicut mercennárius, dies suos. L'homme, né de la femme, a la vie courte, mais des tourments à satiété. Pareil à la fleur, il éclôt puis se fane, il fuit comme l'ombre sans arrêt. Et sur cet être tu gardes les yeux ouverts, tu l'amènes en jugement devant toi! Mais qui donc extraira le pur de l'impur? Personne! Puisque ses jours sont comptés, que le nombre de ses mois dépend de toi, que tu lui fixes un terme infranchissable, détourne de lui tes yeux et laisse-le, tel un mercenaire, finir sa journée.
R/. Ne abscóndas me, Dómine, a fácie tua; manum tuam longe fac a me, * Et formído tua non me térreat. V/. Voca me et respondébo tibi, aut certe loquar et tu respónde mihi. * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. Fais que je ne me cache pas, Seigneur, devant ta face; éloigne de moi ta main, * Et que la crainte que tu m'inspires ne m'épouvante pas! V/. Appelle-moi, et je te répondrai; ou plutôt, que je parle, et toi, tu répondras! * Et. V/. Gloire au Père. * Et.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex libris Morálium sancti Gregórii Magni papæ (Lib. 11, 56-57. 60: SC 212, 119-121.125) Morales de saint Grégoire le Grand
Voca me et respondébo tibi, aut certe loquar et tu respónde mihi. Qui dum humánis óculis per assúmptam carnem appáruit, sua homínibus peccáta apéruit quæ et perpetrábant et nesciébant. Unde súbditur: Quantas hábeo iniquitátes et peccáta, scélera mea et delícta osténde mihi. Quamvis vocáre ac respondére intéllegi et áliter possit. Vocáre enim Dei est nos amándo et eligéndo respícere. Respondére autem nostrum est amóri illíus bonis opéribus parére. Ubi apte ádditur: Aut certe loquar et tu respónde mihi. Lóquimur namque cum eius fáciem per desidérium postulámus. Respóndet vero Deus loquéntibus cum nobis se amántibus appáret. Appelle-moi et je te répondrai; ou peut-être je te parlerai, et toi, réponds-moi. Or quand Dieu est apparu aux yeux des hommes par l'incarnation, il leur a découvert leurs péchés, qu'ils commettaient sans les connaître. De là ces paroles encore: Toutes mes iniquités et mes péchés, tous mes crimes et mes manquements, montre-les moi. Pourtant appeler et répondre pourraient aussi être interprétés autrement. Pour Dieu, en effet, appeler, c'est tourner vers nous le regard de son amour et de son élection. Et, pour nous, répondre c'est obéir à son amour par la sagesse de nos œuvres. De là ces justes paroles: Ou du moins que je te parle, et toi, réponds-moi. Nous lui parlons, en effet, quand nous désirons, quand nous demandons son visage. Et Dieu répond à notre voix quand il apparaît à notre amour.
Sed quia quisquis æternitátis desidério anhélat, semetípsum subtíliter reprehéndens, facta sua díscutit et ne quid in illo sit in quo auctóris sui fáciem offéndat quærit, recte subiúngit: Quantas hábeo iniquitátes et peccáta, scélera mea et delícta osténde mihi. Iste in hac vita iustórum labor est ut semetípsos invéniant et invéniéntes flendo atque corrigéndo ad mélióra perdúcant. Mais qu'un homme halète du désir de l'éternité, alors, par une pénétrante autocritique il passe au crible chacun de ses actes, il cherche s'il n'est rien en lui qui puisse offenser le regard de son Créateur; et Job est en droit d'ajouter: Toutes mes iniquités et mes péchés, tous mes crimes et mes manquements, montre-les moi. Tel est en cette vie le lourd labeur du juste, se découvrir lui-même et en se découvrant pleurer, se corriger pour devenir meilleur.
Contra fólium quod vento rápitur osténdis poténtiam tuam et stípulam siccam perséqueris? Quid est enim homo nisi fólium, qui vidélicet in paradíso ab árbore cécidit? Quid est nisi fólium, qui tentatiónis vento rápitur et desideriórum flátibus levátur? Mens quippe humána quot tentatiónes pátitur, quasi tot flátibus movétur. C'est contre un feuille emportée par le vent que tu veux manifester ta puissance? veux-tu t'en prendre à une paille sèche? Qu'est-ce que l'homme, en effet, sinon une feuille, lui qui, au paradis, est tombé, détaché de l'arbre (de vie)? Qu'est-il d'autre qu'une feuille, lui, la proie du vent de la tentation et le jouet des souffles des désirs? Telle est bien l'âme humaine, autant de tentations subies, autant de souffles qui l'agitent.
R/. Quis mihi tríbuat, ut in ínferno prótegas me et abscóndas me, donec pertránseat furor tuus, Dómine, * Nisi tu qui solus es Deus? Et constítuas tempus in quo recordéris mei. V/. Numquid sicut dies hóminis dies tui, ut quæras iniquitátem meam, cum sit nemo qui de manu tua possit erúere, * Nisi tu. V/. Glória Patri. * Nisi tu. R/. Ah! Seigneur, si du moins tu me cachais dans le shéol, si tu m'abritais tant que passe ta colère! Qui m'accordera cela? * Sinon toi-même, qui seul es Dieu! Ah! Si seulement tu me fixais un terme où tu te souviennes de moi! V/. Tes jours sont-ils comme ceux d'un mortel pour que tu recherches ma faute, alors que nul ne pourrait m'arracher de ta main? * Sinon toi-même. V/. Gloire au Père. * Sinon toi-même.