Vigiles (OSB) du lundi 30 juillet 2018 - de la férie

Hebdomada XVII per annum XVIIème semaine dans l'année
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Iob Du livre de Job
Addidit Iob assúmens parábolam suam et dixit: Quis mihi tríbuat ut sim iuxta menses prístinos, secúndum dies quibus Deus custodiébat me? Quando splendébat lucérna eius super caput meum, et ad lumen eius ambulábam in ténebris. Sicut fui in diébus adulescéntiæ meæ, quando familiáris Deus erat in tabernáculo meo, quando erat Omnípotens mecum, et in circúitu meo púeri mei, quando lavábam pedes meos lacte, et petra fundébat mihi rivos ólei. Quando procedébam ad portam civitátis et in platéa parábam cáthedram mihi, vidébant me iúvenes et abscondebántur, et senes assurgéntes stabant. Príncipes cessábant loqui et dígitum superponébant ori suo. Vocem suam cohibébant duces, et lingua eórum paláto suo adhærébat. Job continua de s'exprimer en sentences et dit: Qui me fera revivre les mois d'antan, ces jours où Dieu veillait sur moi, où sa lampe brillait sur ma tête et sa lumière me guidait dans les ténèbres! Puissé-je revoir les jours de mon automne, quand Dieu protégeait ma tente, que Shaddaï demeurait avec moi et que mes garçons m'entouraient; quand mes pieds baignaient dans le laitage, et du rocher coulaient des ruisseaux d'huile! Si je sortais vers la porte de la ville, si j'installais mon siège sur la place, à ma vue, les jeunes gens se retiraient, les vieillards se mettaient debout. Les notables arrêtaient leurs discours et mettaient la main sur leur bouche. La voix des chefs s'étouffait et leur langue se collait au palais.
Nunc autem derídent me iunióres témpore, quorum non dignábar patres pónere cum cánibus gregis mei. Nunc in eórum cánticum versus sum et factus sum eis in provérbium. Abominántur me et longe fúgiunt a me et fáciem meam conspúere non veréntur. Pháretram enim suam apéruit et afflíxit me et frenum in os meum immísit. Ad déxteram progénies surrexérunt; pedes meos subvertérunt et complanavérunt contra me sémitas ruínæ. Dissipavérunt itínera mea, insidiáti sunt mihi et prævaluérunt, et non fuit qui ferret auxílium. Et maintenant, je suis la risée de gens qui sont plus jeunes que moi, et dont les pères étaient trop vils à mes yeux pour les mêler aux chiens de mon troupeau. Et maintenant, voilà qu'ils me chansonnent. Qu'ils font de moi leur fable! Saisis d'horreur, ils se tiennent à distance, devant moi, ils crachent sans retenue. Et parce qu'il a détendu mon arc et m'a terrassé, ils rejettent la bride en ma présence. Leur engeance surgit à ma droite, épie si je suis tranquille et fraie vers moi ses chemins sinistres. Ils me ferment toute issue, en profitent pour me perdre et nul ne les arrête.
Quasi rupto muro et apérto irruérunt super me et sub ruínis devolúti sunt. Versi sunt contra me in terróres, perséquitur quasi ventus principátum meum, et velut nubes pertránsiit salus mea. Nunc autem in memetípso effúnditur ánima mea; et póssident me dies afflictiónis. Nocte os meum perforátur dolóribus, et qui me cómedunt non dórmiunt. In multitúdine róboris tenent vestiméntum meum et quasi capítio túnicæ succinxérunt me. Proiécit me in lutum, et assimilátus sum favíllæ et cíneri. Ils pénètrent comme par une large brèche et je suis roulé sous les décombres. Les terreurs se tournent contre moi, mon assurance est chassée comme par le vent, mon espoir de salut disparaît comme un nuage. Et maintenant, la vie en moi s'écoule, les jours de peine m'ont saisi. La nuit, le mal perce mes os et mes rongeurs ne dorment pas. Avec violence il m'a pris par le vêtement, serré au col de ma tunique. Il m'a jeté dans la boue, je suis comme poussière et cendre.
Clamo ad te, et non exáudis me; sto, et non réspicis me. Mutátus es mihi in crudélem et in durítia manus tuæ adversáris mihi. Elevásti me et quasi super ventum ponens dissolvísti me. Scio quia morti trades me, ubi constitúta est domus omni vivénti. Je crie vers Toi et tu ne réponds pas; je me présente sans que tu me remarques. Tu es devenu cruel à mon égard, ta main vigoureuse sur moi s'acharne. Tu m'emportes à cheval sur le vent et tu me dissous dans une tempête. Oui, je sais que tu me fais retourner vers la mort, vers le rendez-vous de tout vivant.
R/. Nocte os meum perforátur dolóribus, et qui me cómedunt non dórmiunt; a multitúdine eórum consúmitur vestiméntum meum; * Comparátus sum luto, et assimilátus sum favíllæ et cíneri. V/. O custos hóminum, quare me posuísti contrárium tibi, et factus sum mihimetípsi gravis? Parce mihi, Dómine, nihil enim sunt dies mei. * Comparátus sum. V/. Glória Patri. * Comparátus sum. R/. La nuit, j'ai les os transpercés de douleurs, et ceux qui me dévorent ne dorment pas; ils sont si nombreux que mon vêtement est entièrement usé; * Je suis pareil à de la boue, rien que poussière et cendre! V/. Ô surveillant des hommes, pourquoi me prendre pour cible, alors que je suis devenu à charge à moi-même? Épargne-moi, Seigneur, car mes jours ne comptent pas. * Je suis pareil. V/. Gloire au Père. * Je suis pareil.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex libris Morálium sancti Gregórii Magni papæ (Præfatio, 1. 2: SC 32, 124-127) Morales de saint Grégoire le Grand
Inter multos sæpe quritur quis libri beáti Iob scriptor habeátur. Et álii quidem Móysen, álii unum quémlibet ex prophétis scriptórem huius óperis fuísse suspicántur. Sed quis hæc scrípserit, valde supervácue quæritur, cum tamen auctor libri Spíritus Sanctus fidéliter credátur. Ipse hæc scripsit, qui scribénda dictávit. Ipse scripsit, qui et in illíus ópere inspirátor éxstitit, et per scribéntis vocem imitánda ad nos eius facta transmísit. Si magni cuiúsdam viri suscéptis epístulis legerémus verba, sed quo cálamo fuíssent scripta quærerémus, ridículum profécto esset, epistulárum auctórem scire sensúmque cognóscere, sed quali cálamo eárum verba impréssa fúerint, indagáre. Cum ergo rem cognóscimus, eiúsque rei Spíritum Sanctum auctórem tenémus, quia scriptórem qurimus, quid áliud ágimus, nisi legéntes lítteras, de cálamo percontámur? On se demande souvent qui a écrit le livre du bienheureux Job. Les uns pensent que ce fut Moïse, les autres l'un quelconque des prophètes. En fait, il est tout à fait oiseux de chercher à identifier l'écrivain, puisque nous savons par la foi que le Saint-Esprit est l'auteur du livre. Car l'auteur est bien celui qui a dicté ce qu'il fallait écrire. L'auteur est bien celui qui fut l'inspirateur de cet ouvrage et qui, par le truchement de l'écrivain, nous a donné ce récit en exemple. Si ayant reçu la lettre d'un homme célèbre, nous la lisions, mais en nous demandant quelle plume l'écrivit, il serait certes ridicule de connaître l'auteur de la lettre, d'en savoir la teneur, et de rechercher en même temps quelle plume en a tracé les mots. Or, ici nous connaissons l'ouvrage, nous professons que le Saint-Esprit en est l'auteur; chercher qui l'a écrit, est-ce faire autre chose que lire une lettre en s'informant de la plume?
Omnis homo eo ipso quo homo est, suum intellégere debet auctórem; cuius voluntáti magis sérviat, quanto se quia de se ipso nihil sit pensat; ecce autem cónditi Deum consideráre negléximus. Adhíbita sunt præcépta, præcéptis quoque obtemperáre nolúimus. Adiungúntur exémpla, ipsa quoque imitári exémpla declinámus, quæ edidísse nobis pósitos sub lege conspícimus. Tout homme, du fait même qu'il est homme, doit reconnaître son Créateur. Il se soumettra à sa volonté d'autant plus complètement qu'il aura mieux évalué son propre néant. Malheureusement, toutes créatures que nous soyons, nous avons négligé de penser à Dieu. Alors, des commandements nous ont été donnés, nous avons refusé d'y obéir; des exemples y sont joints, que des hommes soumis à la Loi ont accomplis pour notre édification, nous ne voulons pas les suivre.
Quia enim Deus apérte quibúsdam sub Lege pósitis locútus est, quasi aliénos nos ab eísdem præcéptis aspícimus, quibus hæc speciáliter locútus non est. Unde ad confutándam impudéntiam nostram, gentílis homo ad exémplum dedúcitur; ut quia obœdíre homo Legi sub Lege pósitus déspicit, eius saltem comparatióne evígilet, qui sine Lege legáliter vixit. Erránti ígitur hómini data est Lex; erránti vero étiam sub Lege addúcitur testimónium eórum qui extra Legem sunt, ut quia conditiónis nostræ órdinem serváre nolúimus, præcéptis admonerémur; et quia præcéptis obœdíre contémpsimus, exémplis confunderémur; nec, ut dictum est, eórum exémplis quos Lex astríngeret, sed quos Lex a peccáto nulla cohibéret. Sous prétexte que c'est à des hommes placés sous la Loi que Dieu a parlé de façon manifeste, nous ne nous jugeons pas intéressés par des préceptes qui ne nous ont pas été adressés à titre personnel. Alors, pour confondre notre impudence, c'est l'exemple d'un païen qui nous est offert. Que l'homme soumis à la Loi, dédaigneux d'obéir à cette Loi, ouvre au moins les yeux à l'exemple de celui qui, sans la Loi, vécut selon la Loi. C'est à l'homme tombé que la Loi fut donnée. C'est à l'homme tombé et soumis à la Loi qu'est apporté le témoignage de ceux qui sont en dehors de la Loi. Parce que nous n'avons pas voulu respecter les exigences de notre condition, des commandements nous sont donnés; parce que nous avons méprisé ces commandements, des exemples nous confondent; des exemples, dis-je, venant non de ceux que la Loi astreignait, mais de ceux qu'aucune Loi ne retenait de pécher.
R/. Scio, Dómine, quia morti me traditúrus es, ubi constitúta est omnis domus vivéntium; spero in te, Dómine, quia non ad consumptiónem meam emíttis manum tuam; et si in profúndum ínferni demérsus fúero, * Inde me liberábis. V/. Si ascéndero in cælum tu illic es, et si descéndero ad ínfernum ades. * Inde. V/. Glória Patri. * Inde. R/. Je le sais, tu me mènes à la mort, Seigneur, là où s'établit la demeure de tous les vivants; mais j'ai mon espérance en toi, Seigneur, car ce n'est pas pour me perdre que tu étends la main; même si je dois être englouti dans l'abîme du shéol, * De ce lieu tu me délivreras! V/. Si je gravis les cieux: tu es là; si je descends chez les morts: te voici. * De ce lieu. V/. Gloire au Père. * De ce lieu.