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Vigiles (OSB) du jeudi 2 août 2018 - de la férie

Hebdomada XVII per annum XVIIème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Iob Du livre de Job
Respóndens Dóminus Iob de túrbine dixit: Quis est iste obscúrans consílium sermónibus imperítis? Accínge sicut vir lumbos tuos; interrogábo te, et édoce me. Ubi eras quando ponébam fundaménta terræ? Indica mihi, si habes intellegéntiam. Quis pósuit mensúras eius, si nosti? Vel quis teténdit super eam líneam? Super quo bases illíus solidátæ sunt? Aut quis demísit lápidem angulárem eius, cum clamárent simul astra matutína et iubilárent omnes fílii Dei? Le Seigneur répondit à Job du sein de la tempête et dit: Quel est celui-là qui obscurcit mes plans par des propos dénués de sens? Ceins tes reins comme un brave: je vais t'interroger et tu m'instruiras. Où étais-tu quand je fondai la terre? Parle, si ton savoir est éclairé. Qui en fixa les mesures, le saurais-tu, ou qui tendit sur elle le cordeau? Sur quel appui s'enfoncent ses socles? Qui posa sa pierre angulaire, parmi le concert joyeux des étoiles du matin et les acclamations unanimes des Fils de Dieu?
Quis conclúsit óstiis mare, quando erumpébat quasi de viscéribus procédens, cum pónerem nubem vestiméntum eius et calígine illud quasi fáscia obvólverem? Definívi illud términis meis et pósui vectem et óstia et dixi: "Usque huc vénies et non procédes ámplius et hic confrínges tuméntes fluctus tuos." Numquid in diébus tuis præcepísti dilúculo et assignásti auróræ locum suum, et, cum extréma terræ tenéres, excússi sunt ímpii ex ea? Vertétur in lutum signátum et stabit sicut vestiméntum. Cohibétur ab ímpiis lux sua, et bráchium excélsum confringétur. Qui enferma la mer à deux battants, quand elle sortit du sein, bondissante; quand je mis sur elle une nuée pour vêtement et fis des nuages sombres ses langes; quand je découpai pour elle sa limite et plaçai portes et verrou? " Tu n'iras pas plus loin, lui dis-je, ici se brisera l'orgueil de tes flots! " As-tu, une fois dans ta vie, commandé au matin? Assigné l'aurore à son poste, pour qu'elle saisisse la terre par les bords et en secoue les méchants? Alors elle la change en argile de sceau et la teint comme un vêtement; elle ôte aux méchants leur lumière, brise le bras qui se levait.
Numquid ingréssus es scaturígines maris et in novíssimis abýssi deambulásti? Numquid apértæ sunt tibi portæ mortis, et óstia tenebrósa vidísti? Numquid considerásti latitúdinem terræ? Indica mihi, si nosti ómnia: In qua via lux hábitet, et tenebrárum quis locus sit; ut ducas unumquódque ad términos suos et intéllegas sémitas domus eius? Novísti, nam tunc natus eras, et númerus diérum tuórum multus! Numquid ingréssus es thesáuros nivis aut thesáuros grándinis aspexísti, quæ præparávi in tempus angústiæ, in diem pugnæ et belli? As-tu pénétré jusqu'aux sources marines, circulé au fond de l'Abîme? Les portes de la Mort te furent-elles montrées, as-tu vu les portiers du pays de l'Ombre? As-tu quelque idée des étendues terrestres? Raconte, si tu sais tout cela. De quel côté habite la lumière, et les ténèbres, où résident-elles, pour que tu puisses les conduire dans leur domaine, les acheminer vers leur demeure? Si tu le sais, c'est qu'alors tu étais né, et tu comptes des jours bien nombreux! Es-tu parvenu jusqu'aux dépôts de neige? As-tu vu les réserves de grêle, que je ménage pour les temps de détresse, pour les jours de bataille et de guerre?
Per quam viam spárgitur lux, diffúnditur ventus urens super terram? Quis dedit vehementíssimo imbri cursum et viam fúlmini tonánti, ut plúeret super terram absque hómine, in desérto, ubi nullus mortálium commorátur, ut impléret ínviam et desolátam et prodúceret herbas in terra árida? Quis est plúviæ pater, vel quis génuit stillas roris? De cuius sinu egréssa est glácies, et pruínam de cælo quis génuit? In similitúdinem lápidis aquæ durántur, et superfícies abýssi constríngitur? De quel côté se divise l'éclair, où se répand sur terre le vent d'est? Qui perce un canal pour l'averse, fraie la route aux roulements du tonnerre, pour faire pleuvoir sur une terre sans hommes, sur un désert que nul n'habite, pour abreuver les solitudes désolées, faire germer l'herbe sur la steppe? La pluie a-t-elle un père, ou qui engendre les gouttes de rosée? De quel ventre sort la glace, et le givre des cieux, qui l'enfante, quand les eaux se durcissent comme pierre et que devient compacte la surface de l'abîme?
R/. Meménto mei, Deus, quia ventus est vita mea; * Nec aspíciet me visus hóminis. V/. De profúndis clamávi ad te, Dómine; Dómine exáudi vocem meam. * Nec aspíciet. V/. Glória Patri. * Nec aspíciet. R/. Souviens-toi de moi, Seigneur, car ma vie n'est qu'un souffle; * Même le regard de l'homme ne pourra plus m'atteindre! V/. Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur; Seigneur, écoute mon appel! * Même. V/. Gloire au Père. * Même.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex libris Morálium sancti Gregórii Magni papæ (Lib. 10, 29: PL 75, 947) Morales de saint Grégoire le Grand
Huius mundi sapiéntia est cor machinatiónibus tégere, sensum verbis veláre, quæ falsa sunt vera osténdere, quæ vera sunt fallácia demonstráre. Hæc nimírum prudéntia usu a iuvénibus scitur, hæc a púeris prétio díscitur, hanc qui sciunt céteros despiciéndo supérbiunt; hanc qui nésciunt, subiécti et tímidi in áliis mirántur, quia ab eis hæc eádem duplícitas iniquitátis, nómine palliáta, dilígitur, dum mentis pervérsitas urbánitas vocátur. Hæc sibi obsequéntibus præcipit honórum cúlmina quærere, adépta temporális glóriæ vanitáte gaudére, irrogáta ab áliis mala multiplícius réddere, cum vires súppetunt nullis resisténtibus cédere, cum virtútis possibílitas deest, quidquid explére per malítiam non valet, hoc in pacífica bonitáte simuláre. La sagesse de ce monde consiste à cacher avec astuce le fond de sa pensée, à déguiser ses sentiments sous des mots, à persuader que les choses fausses sont vraies, et à démontrer que les vraies sont fausses! L'usage de cette prudence commence à l'âge le plus tendre; on l'enseigne même aux enfants! Ceux qui l'ont apprise, du haut de leur orgueil n'ont que dédain pour ceux qui l'ignorent, et ceux-ci, subjugués et craintifs, tombent d'admiration devant les autres: car on apprécie cette affreuse duplicité voilée sous un faux nom, puisqu'on appelle savoir-vivre cette perversité mentale. Ce savoir-vivre apprend à ceux qui l'adoptent à rechercher le sommet des honneurs; à profiter avec joie du faste de la gloire mondaine qu'on s'est acquise; à rendre aux autres - et à quel taux de change! - le mal qu'ils auront fait; à ne jamais céder, quand on en a les moyens, à quiconque voudrait vous résister et, lorsque toute possibilité vertueuse fait défaut, à camoufler sous le masque d'une lénifiante bonté tout ce que la malice est impuissante à réaliser.
At contra, sapiéntia iustórum est nihil per ostensiónem fíngere, sensum verbis aperíre, vera ut sunt dilígere, falsa devitáre, bona gratis exhibére, mala libéntius toleráre quam fácere; nullam iniúriæ ultiónem qurere, pro veritáte contuméliam lucrum putáre. La sagesse des saints, au contraire, consiste à ne jamais rien dissimuler; à découvrir ses sentiments dans ses paroles; à aimer la vérité comme elle est; à fuir toutes les faussetés; à faire le bien gratuitement; à supporter le mal plutôt que de le provoquer; à ne pas chercher vengeance pour l'injure qu'on reçoit et à considérer comme un énorme profit les opprobres que nous vaut la vérité.
Sed hæc iustórum simplícitas deridétur, quia ab huius mundi sapiéntibus puritátis virtus, fatúitas créditur. Omne enim quod innocénter ágitur, ab eis procul dúbio stultum putátur; et quidquid in ópere véritas ápprobat, carnáli sapiéntiæ fátuum sonat. Quid namque stúltius vidétur mundo quam mentem verbis osténdere, nil cállida machinatióne simuláre, nullas iniúriis contumélias réddere, pro maledicéntibus oráre, paupertátem quærere, posséssa relínquere, rapiénti non resístere, percutiénti álteram maxíllam præbére? Seulement, on se moque de cette simplicité des justes, car aux yeux des sages de ce monde, l'innocence est taxée de sottise; ils appellent stupidité tout ce qui est fait avec sincérité, et tout ce que la vérité approuve dans un comportement humain est tenu pour ridicule par cette sagesse charnelle. Y a-t-il donc rien de plus sot aux yeux du monde que de dévoiler dans ce qu'on dit ce qu'on a au fond du cœur, de ne rien déguiser avec artifice, de ne pas rendre injure pour injure, de prier pour ceux qui nous maudissent, de rechercher la pauvreté, d'abandonner ce que l'on possède, de ne même pas résister à celui qui nous le prend et de tendre l'autre joue à celui qui nous soufflette?
R/. Versa est in luctum cíthara mea, et órganum meum in vocem fléntium; * Parce mihi, Dómine, nihil enim sunt dies mei. V/. O custos hóminum, quare me posuísti contrárium tibi, et factus sum mihimetípsi gravis? * Parce mihi. V/. Glória Patri. * Parce mihi. R/. Ma cithare ne résonne plus que d'accords lugubres; ma flûte, que de tristes mélopées; * Épargne-moi, Seigneur, mes jours ne comptent pas. V/. Ô surveillant des hommes, pourquoi me prendre pour cible, alors que je suis devenu à charge à moi-même? * Épargne-moi. V/. Gloire au Père. * Épargne-moi.