Vigiles (OSB) du dimanche 12 août 2018 - XIXème dimanche dans l'année

Hebdomada XIX per annum XIXème semaine dans l'année
Dominica Dimanche
Dominica XIX per annum XIXème dimanche dans l'année
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Incipit liber Ionæ prophétæ Du livre de Jonas
Lectio I Lecture I
Et factum est verbum Dómini ad Ionam fílium Amáthi dicens: "Surge et vade in Ninéven civitátem grandem et prædica in ea, quia ascéndit malítia eius coram me." Et surréxit Ionas, ut fúgeret in Tharsis a fácie Dómini; et descéndit Ioppen et invénit navem eúntem in Tharsis et dedit naulum eius et descéndit in eam, ut iret cum eis in Tharsis a fácie Dómini. Dóminus autem misit ventum magnum in mare, et facta est tempéstas magna in mari, et navis periclitabátur cónteri. La parole du Seigneur fut adressée à Jonas, fils d'Amittaï: " Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur que leur méchanceté est montée jusqu'à moi. " Jonas se mit en route pour fuir à Tarsis, loin du Seigneur. Il descendit à Joppé et trouva un vaisseau à destination de Tarsis, il paya son passage et s'embarqua pour se rendre avec eux à Tarsis, loin du Seigneur. Mais le Seigneur lança sur la mer un vent violent, et il y eut grande tempête sur la mer, au point que le vaisseau menaçait de se briser.
R/. Peccávi, Dómine, nimis; excitáta est ira tua contra me. * Quid fáciam, Domine? Ubi fúgiam, nisi ad te? Quia magna est misericórdia tua super me. V/. Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit ánima mea. * Quid fáciam. R/. J'ai beaucoup péché, Seigneur, j'ai provoqué ta colère contre moi. * Que faire, Seigneur? Où fuir, sinon vers toi? Car elle est grande envers moi ta miséricorde! V/. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! En toi je cherche refuge. * Que faire.
Lectio II Lecture II
Et timuérunt nautæ et clamavérunt unusquísque ad deum suum et misérunt vasa quæ erant in navi in mare, ut alleviarétur ab eis. Ionas autem descénderat ad interióra navis et, cum recubuísset, dormiébat sopóre gravi. Et accéssit ad eum gubernátor et dixit ei: "Quid? Tu sopóre deprímeris? Surge, ínvoca Deum tuum, si forte recógitet Deus de nobis, et non pereámus." Et dixit unusquísque ad cóllegam suum: "Veníte, et mittámus sortes, ut sciámus quare hoc malum sit nobis." Et misérunt sortes, et cécidit sors super Ionam. Et dixérunt ad eum: "Indica nobis cuius causa malum istud sit nobis. Quod est opus tuum et unde venis? Quæ terra tua et ex quo pópulo es tu?" Et dixit ad eos: "Hebræus ego sum et Dóminum, Deum cæli, ego tímeo, qui fecit mare et áridam." Les matelots prirent peur; ils crièrent chacun vers son dieu, et pour s'alléger, jetèrent à la mer la cargaison. Jonas cependant était descendu au fond du bateau; il s'était couché et dormait profondément. Le chef de l'équipage s'approcha de lui et lui dit: " Qu'as-tu à dormir? Lève-toi, crie vers ton Dieu! Peut-être Dieu songera-t-il à nous et nous ne périrons pas. " Puis ils se dirent les uns aux autres: " Tirons donc au sort, pour savoir de qui nous vient ce mal. " Ils jetèrent les sorts et le sort tomba sur Jonas. Ils lui dirent alors: " Dis-nous donc quelle est ton affaire, d'où tu viens, quel est ton pays et à quel peuple tu appartiens. " Il leur répondit: " Je suis Hébreu, et c'est le Seigneur que j'adore, le Dieu du ciel qui a fait la mer et la terre. "
R/. Quis est homo qui vivit et non vidébit mortem? * Aut quis éruet ánimam suam de manu ínferi? V/. Quis novit potestátem iræ tuæ aut præ timóre tuo iram tuam dinumeráre? * Aut. R/. Qui donc peut vivre et ne pas voir la mort? * Qui s'arracherait à l'emprise des enfers? V/. Qui comprendra la force de ta colère? Qui peut t'adorer dans tes fureurs? * Qui s'arracherait.
Lectio III Lecture III
Et timuérunt viri timóre magno et dixérunt ad eum: "Quid hoc fecísti?" Cognóverant enim viri quod a fácie Dómini fúgeret, quia indicáverat eis. Et dixérunt ad eum: "Quid faciémus tibi, ut conticéscat mare a nobis?" Mare enim magis ac magis intumescébat. Et dixit ad eos: "Tóllite me et míttite in mare, et cessábit mare a vobis; scio enim ego quóniam propter me tempéstas hæc grandis super vos." Les hommes furent saisis d'une grande crainte et ils lui dirent: " Qu'as-tu fait là! " Ils savaient en effet qu'il fuyait loin du Seigneur, car il le leur avait raconté. Ils lui dirent: " Que te ferons-nous pour que la mer s'apaise pour nous? " Car la mer se soulevait de plus en plus. Il leur répondit: " Prenez-moi et jetez-moi à la mer, et la mer s'apaisera pour vous. Car, je le sais, c'est à cause de moi que cette violente tempête vous assaille. "
R/. Fluctus tui super me transiérunt, et ego dixi: Expúlsus sum ab óculis tuis; * Putas vidébo templum sanctum tuum? V/. Abýssus vallábit me, et pelágus coopéruit caput meum. * Putas vidébo. R/. La masse de tes flots a passé sur moi, et j'ai dit: je suis rejeté loin de tes yeux; * Me laisseras-tu revoir ton temple saint? V/. L'abîme fait cercle autour de moi, la mer se referme au-dessus de ma tête. * Me laisseras-tu.
Lectio IV Lecture IV
Et remigábant viri ut reverteréntur ad áridam; et non valébant, quia mare magis intumescébat super eos. Et clamavérunt ad Dóminum et dixérunt: "Quæsumus, Dómine, ne pereámus in ánima viri istíus, et ne des super nos sánguinem innocéntem; quia tu, Dómine, sicut voluísti, fecísti." Et tulérunt Ionam et misérunt in mare; et stetit mare a fervóre suo. Et timuérunt viri timóre magno Dóminum et immolavérunt hóstias Dómino et vovérunt vota. Et præparávit Dóminus piscem grandem, ut deglutíret Ionam; et erat Ionas in ventre piscis tribus diébus et tribus nóctibus. Et dixit Dóminus pisci, et evómuit Ionam in áridam. Les hommes ramèrent pour gagner le rivage, mais en vain, car la mer se soulevait de plus en plus contre eux. Alors ils implorèrent le Seigneur et dirent: " Ah! Seigneur, puissions-nous ne pas périr à cause de la vie de cet homme, et puisses-tu ne pas nous charger d'un sang innocent, car c'est toi, Seigneur, qui as agi selon ton bon plaisir. " Et, s'emparant de Jonas, ils le jetèrent à la mer, et la mer apaisa sa fureur. Les hommes furent saisis d'une grande crainte du Seigneur; ils offrirent un sacrifice au Seigneur et firent des vœux. Le Seigneur fit qu'il y eut un grand poisson pour engloutir Jonas. Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. Le Seigneur commanda au poisson, qui vomit Jonas sur le rivage.
R/. Afflícti pro peccátis nostris, cotídie cum lácrimis exspectámus finem nostrum; dolor cordis nostri ascéndat ad te, Dómine, * Ut éruas nos a malis quæ innovántur in nobis. V/. Dómine Deus Israel, exáudi preces nostras; áuribus pércipe dolórem cordis nostri, * Ut éruas. V/. Glória Patri. * Ut éruas. R/. Plongés dans l'affliction à cause de nos péchés, chaque jour, avec larmes, nous attendons notre jugement; que le gémissement de notre cœur monte jusqu'à toi, Seigneur, * Et délivre-nous du mal qui se renouvelle sans cesse en nous! V/. Seigneur, Dieu d'Israël, exauce nos prières; prête l'oreille au cri de souffrance de notre cœur, * Et délivre-nous. V/. Gloire au Père. * Et délivre-nous.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Petri Chrysólogi epíscopi (Sermo 37, 1. 3-4: CCL 24, 211-212. 213-214) Sermon de saint Pierre Chrysologue
Lectio I Lecture I
Prophétæ Ionæ fuga ipsíus Dómini vértitur in figúram; et quod credebátur ferále naufrágium, hoc sacraméntum domínicæ resurrectiónis exístit. Nam quemádmodum Ionas typum per ómnia tenúerit et impléverit Salvatóris, históriæ, quæ de ipso scripta est, textus osténdit. Fugit, inquit, Ionas a fácie Dei. Nonne Dóminus, ut hóminis fáciem præférret et formam, fáciem formámque própriæ deitátis aufúgit? Apóstolo sic dicénte: Qui cum in forma Dei esset; et post: Formam servi suscépit. Dóminus, ut latéret mundum, ut diábolum præveníret, in hóminem se fugit ipsum. La fuite du prophète Jonas loin de son Seigneur se change en figure prophétique, et ce qui est présenté comme un funeste naufrage devient le signe de la résurrection du Seigneur. Le texte même de l'histoire de Jonas nous montre bien comment celui-ci réalise pleinement le type du Sauveur. Jonas s'enfuit loin de la face de Dieu, est-il écrit. Le Seigneur n'a-t-il pas lui-même, pour prendre la condition et le visage de l'homme, fui la condition et le visage de la divinité? Ainsi le dit l'Apôtre: Lui qui était de condition divine, n'a pas considéré comme une proie d'être l'égal de Dieu, mais il s'anéantit lui-même, prenant la condition de serviteur. Le Seigneur a revêtu la condition de serviteur: pour passer inaperçu dans le monde, pour être victorieux du démon, il s'est fui lui-même dans l'homme.
R/. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum, et miserébitur eius; * Quia benígnus et miséricors est, præstábilis super malítiam Dóminus Deus noster. V/. Non vult Dóminus mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat. * Quia. R/. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées! Qu'il revienne vers le Seigneur, qui aura pitié de lui; * Car il est tendre et compatissant le Seigneur notre Dieu, il renonce au châtiment. V/. Le Seigneur ne désire pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive! * Car.
Lectio II Lecture II
Quod autem Ionas auctor suæ demersiónis exístit, cum dicit: Tóllite me, et míttite me in mare, voluntáriam Dómini índicat passiónem. Nam quare sibi illi sústinent hoc iubéri, qui sibi in perículo tali in sponte póterant subveníre? Quando enim multórum salus petit uníus mortem, mors in intereúntis arbítrio collocátur, quia et moritúrum retardáre potest ad mortem volúntas, et periclitántis moras perículum præveníre. C'est Jonas qui décide lui-même d'être jeté hors du navire: Prenez-moi et jetez-moi à la mer, dit-il, ce qui désigne la passion volontaire du Seigneur. Pourquoi en effet les matelots ont-ils attendu d'en recevoir l'ordre, eux qui auraient pu de leur propre chef parer à un si grave danger? C'est que, lorsque le salut de tous requiert la mort d'un seul, on remet sa mort à la libre décision de celui-ci, parce que la volonté de celui qui doit mourir peut retarder la mort, ou sa mort prévenir le danger.
R/. Audíte verbum Dómini, gentes, et annuntiáte illud in fínibus terræ; * Et in ínsulis, quæ procul sunt, dícite: Salvátor noster advéniet. V/. A solis ortu et occásu, ab aquilóne et mari. * Et. R/. Nations, écoutez la parole du Seigneur, transmettez le message aux limites du monde, * Annoncez dans les îles lointaines: Voici notre Sauveur qui vient! V/. Du nord et du midi, du levant et du couchant, * Annoncez.
Lectio III Lecture
Sed hic ubi totum Dómini géritur in figúra, exspectátur moriéntis auctóritas, ut mori non sit necéssitas, sed potéstas. Audi Dóminum dicéntem: Potestátem hábeo ponéndi ánimam meam, et potestátem hábeo suméndi eam: nemo tollit eam a me. Quómodo? Quia Christus, etsi emísit spíritum, non dimísit, quia qui ómnium in sua manu récipit et tenet ánimas, ipse ánimam suam quemádmodum possit pérdere non vidétur. Ainsi, dans cette histoire où celle du Seigneur est totalement préfigurée, on attend la volonté de celui qui doit mourir, pour que sa mort ne soit pas nécessité subie, mais acte de liberté: J'ai le pouvoir de donner ma vie, et j'ai le pouvoir de la reprendre: personne ne me l'enlève, dit le Seigneur. Car si le Christ a remis l'esprit, il ne l'a pas laissé échapper; celui qui tient en sa main l'âme de tous les hommes ne pouvait pas perdre la sienne.
R/. Magnus es, Dómine Deus noster, quoniam tu castígas et salvas, dedúcis ad ínferos et redúcis; * Et post lacrimatiónem et fletum exsultatiónem indúcis. V/. Benedíctus es, Dómine Deus patrum nostrórum, qui cum irátus fúeris misericórdiam facis. * Et post. R/. Tu es grand, Seigneur notre Dieu! C'est toi qui frappes et qui fais grâce, qui mènes à l'abîme et en ramènes; * Après les gémissements et les larmes, tu fais venir l'exultation! V/. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères: après l'indignation, tu fais preuve de miséricorde. * Après.
Lectio IV Lecture IV
Adest bélua de profúndo totum domínicæ resurrectiónis impletúra et proditúra, immo conceptúra et paritúra mystérium; adest bélua, adest imágo hórrida et crudélis inférni, quæ dum fertur ávidis fáucibus in prophétam, vigórem sui sensit et degustávit auctóris. Incúrrit namque ieiúna devorándo, sed domicílium cordis sui tremens ad supérni hóspitis aptat et præparat mansiónem, ut ipsa quæ fúerat tota causa discríminis, ipsa fíeret necessáriæ navigatiónis inaudíta vectúra, vectórem suum servans et post tríduum réferens ad supérna. Mais voici que surgit un monstre des profondeurs, un grand poisson s'approche, qui doit pleinement accomplir et manifester la résurrection du Seigneur, ou plutôt concevoir et engendrer le mystère; un monstre est là, image terrifiante de l'enfer cruel qui, alors que sa gueule avide le jette sur le prophète, goûte et assimile la vigueur de son créateur, et en le dévorant se voue de fait au jeûne absolu. Le séjour redoutable de ses entrailles prépare la demeure de l'hôte d'en haut: si bien que ce qui avait été la cause du malheur devient l'incroyable embarcation pour la nécessaire traversée, gardant son passager et le rejetant après trois jours sur le rivage.
R/. Aspice in me, Dómine, et miserére mei, quóniam únicus et pauper sum. De necessitátibus meis éripe me; * Et dimítte univérsa delícta mea. V/. Secúndum misericórdiam tuam meménto mei tu, propter bonitátem tuam, Dómine; * Et dimítte. V/. Glória Patri. * Et dimítte. R/. Regarde-moi, Seigneur, et prends pitié de moi, de moi qui suis seul et misérable. Tire-moi de la détresse, * Enlève tous mes péchés. V/. Dans ta miséricorde, souviens-toi de moi, en raison de ta bonté, Seigneur; * Enlève. V/. Gloire au Père. * Enlève.
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In tertio nocturno, anno B Troisième nocturne, année B
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean
In illo témpore: Murmurábant Iudæi de Iesu quia dixísset: "Ego sum panis, qui de cælo descéndi." Et réliqua. Comme Jésus avait dit: " Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel ", les Juifs récriminaient contre lui. Et la suite.
Ex Tractátu Balduíni Cantuariénsis epíscopi De sacraménto altáris (Lib. 2, 3: SC 93, 258-260) Traité de Baudouin de Ford sur le sacrement de l'autel
Lectio I Lecture I
Christus est panis vitæ credéntibus in eum. In Christum crédere hoc est panem vitæ manducáre, hoc est Christum in se habére, hoc est étiam vitam ætérnam habére. Hoc osténdere volens Christus dicit: Qui credit in me, habet vitam ætérnam. Et quid díxerit declárans, addit: Ego sum panis vitæ. Compéndio dici pótuit: "Qui credit in me, habet me; proptérea vitam ætérnam habet." Habet quidem in causa, habet in mérito, habet in spe, habet in pígnore, habet unde hábeat. Le Christ est pain de vie pour ceux qui croient en lui. Croire dans le Christ, c'est manger le pain de vie, c'est posséder en soi le Christ, c'est posséder la vie éternelle. Pour le faire entendre, le Christ dit: Qui croit en moi a la vie éternelle. Et, voulant rendre ses paroles plus claires encore, il ajoute: C'est moi qui suis le pain vivant. Il aurait pu dire en résumé: " Qui croit en moi me possède, et à cause de cela il a la vie éternelle. " Il l'a dans sa cause, il en a le mérite, il l'a en espérance, il en a le gage, il a ce qui la procure.
R/. Unam pétii a Dómino, hanc requíram: ut inhábitem in domo Dómini * Omnibus diébus vitæ meæ. V/. Ut vídeam voluptátem Dómini et prótegar a templo sancto eius; * Omnibus diébus. R/. J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche: habiter la maison du Seigneur * Tous les jours de ma vie. V/. Pour admirer le Seigneur dans sa beauté, me réfugier dans son temple saint; * Tous les jours.
Lectio II Lecture II
Denique qui Christum habet in se, vitam ætérnam habet nondum revelátam in se, sed in Christo abscónditam, quem habet in se. Vita enim nostra abscóndita est cum Christo in Deo. Hæc ergo óptima grátia, quæ nobis in Christo repósita est, iam habétur in Christo, ex eo quod Christus habétur huius grátiæ repromíssor et dator, custósque fidélis, habens eam penes se depósitam, et redditúrus eam in die revelatiónis glóriæ filiórum Dei. Enfin, celui qui possède en soi le Christ, possède la vie éternelle, non encore révélée en sa personne, mais cachée dans le Christ qu'il possède en soi. Car notre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Cette grâce excellente, qui est en nous par le Christ, est donc déjà possédée dans le Christ, du fait que nous possédons le Christ, qui nous a promis cette grâce, qui nous la donne, qui nous la garde fidèlement: elle est comme en dépôt auprès de lui; il la rendra au jour où sera révélée la gloire des fils de Dieu.
R/. Quam magna multitúdo dulcédinis tuæ, Dómine, * Quam abscondísti timéntibus te! V/. Perfecísti eis qui sperant in te, in conspéctu filiórum hóminum. * Quam abscondísti. R/. Qu'elle est grande, Seigneur, l'abondance de tes douceurs! * Tu la réserves à ceux qui te craignent. V/. Tu combles, au regard des hommes, ceux qui ont en toi leur espérance. * Tu la réserves.
Lectio III Lecture III
Ego sum, inquit, panis vitæ. Hoc prius díxerat; et hæc repetítio confirmátio est, vel forte múnerum eius distínctio; ut utriúsque vitæ, et illíus, quæ nunc bona est, et illíus quæ beáta futúra est, unus ipse dator intellegátur et auctor. Patres vestri manducavérunt manna in desérto, et mórtui sunt. Hoc de morte spiritáli intellegéndum est. Quare mórtui sunt? Quia quod vidébant credébant, quod non vidébant non intellegébant. Je suis, dit-il, le pain de vie. Il l'avait déjà dit; cette répétition est une confirmation. Ou, peut-être, introduit-elle une distinction dans les dons et laisse-t-elle entendre qu'un seul et même créateur donne l'une et l'autre vie, la vie présente qui est bonne, la vie future qui est bienheureuse. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Ceci doit s'entendre de la mort spirituelle. Pourquoi sont-ils morts? Parce qu'ils croyaient ce qu'ils voyaient et ne comprenaient pas ce qu'ils ne voyaient pas.
R/. Fiat manus tua ut salvum me fáciat, quia mandáta tua elégi. * Concupívi salutáre tuum, Dómine. V/. Errávi sicut ovis quæ períerat; requíre servum tuum, Dómine, quia mandáta tua non sum oblítus. * Concupívi. R/. Que ta main vienne à mon aide, car j'ai choisi tes préceptes. * J'ai le désir de ton salut, Seigneur! V/. Je m'égare, brebis perdue: viens chercher ton serviteur, je n'oublie pas tes volontés. * J'ai le désir.
Lectio IV Lecture IV
Quantum pértinet ad mortem istam corporálem, et nos mórimur, qui manducámus panem de cælo descendéntem; quantum pértinet ad mortem spiritálem, manducávit manna Móyses, manducávit et Aaron, manducavérunt et multi qui Dómino placuérunt et mórtui non sunt. Quare non sunt mórtui? Quia spiritáliter intellexérunt, spiritáliter esuriérunt, spiritáliter gustavérunt, ut spiritáliter satiaréntur. Pour ce qui est de la mort corporelle, nous aussi nous mourrons, nous qui mangeons le pain descendu du ciel. Pour ce qui est de la mort spirituelle, Moïse a mangé la manne, Aaron l'a mangée, bien d'autres l'ont mangée qui ont plu à Dieu et ne sont pas morts. Pourquoi ne sont-ils pas morts? Parce qu'ils ont compris spirituellement, ont eu faim spirituellement, ont goûté spirituellement, pour être rassasiés spirituellement.
R/. Duo séraphim clamábant alter ad álterum: * Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus Deus Sábaoth; * Plena est omnis terra glória eius. V/. Tres sunt qui testimónium dant in cælo, Pater, Verbum, et Spíritus Sanctus: et hi tres Unum sunt. * Sanctus. V/. Glória Patri. * Plena est. R/. Deux anges flamboyants se criaient l'un à l'autre: * Il est Saint! Il est Saint! Il est Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers! * Toute la terre est remplie de sa gloire. V/. Ils sont trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe, et l'Esprit Saint: et les trois sont Un seul. * Il est Saint. V/. Gloire au Père. * Toute la terre.