Vigiles (OSB) du lundi 13 août 2018 - de la férie

Hebdomada XIX per annum XIXème semaine dans l'année
Feria II Lundi
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Ionæ prophétæ Du livre de Jonas
Et factum est verbum Dómini ad Ionam secúndo dicens: "Surge, vade in Ninéven civitátem magnam et prdica in ea prædicatiónem quam ego loquor ad te." Et surréxit Ionas et ábiit in Ninéven iuxta verbum Dómini. Et Ninéve erat cívitas magna coram Deo, itínere trium diérum. La parole du Seigneur fut adressée pour la seconde fois à Jonas: " Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur ce que je te dirai. " Jonas se leva et alla à Ninive selon la parole du Seigneur. Or Ninive était une ville divinement grande: il fallait trois jours pour la traverser.
Cœpit Ionas introíre in civitátem Ninéven itínere diéi uníus; et clamávit et dixit: "Adhuc quadragínta dies, et Ninéve subvertétur." Et credidérunt viri Ninevítæ in Deo , et prædicavérunt ieiúnium et vestíti sunt saccis a maióre usque ad minórem. Et pervénit verbum ad regem Ninéve; et surréxit de sólio suo et abiécit pállium suum a se et indútus est sacco et sedit in cínere. Jonas pénétra dans Ninive; il y fit une journée de marche. Il prêcha en ces termes: " Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. " Les gens de Ninive crurent en Dieu; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu'au plus petit. La nouvelle parvint au roi de Ninive; il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre.
Et clamávit et dixit in Ninéve decréto regis et príncipum eius dicens: "Hómines et iuménta et boves et pécora non gustent quidquam, nec pascántur et aquam non bibant; et operiántur saccis hómines et iuménta et clament ad Deum in fortitúdine, et convertátur vir a via sua mala et a violéntia quæ est in mánibus eórum. Quis scit si convertátur et ignóscat Deus et revertátur a furóre iræ suæ, et non períbimus?" Et vidit Deus ópera eórum, quia convérsi sunt de via sua mala; et misértus est Deus super malum quod locútus fúerat ut fáceret eis, et non fecit. Et afflíctus est Ionas afflictióne magna et irátus est; et orávit ad Dóminum et dixit: "Obsecro, Dómine, numquid non hoc est verbum meum, cum adhuc essem in terra mea? Propter hoc præoccupávi ut fúgerem in Tharsis. Sciébam enim quia tu Deus clemens et miséricors es, longánimis et multæ miseratiónis et ignóscens super malítia. Et nunc, Dómine, tolle, quæso, ánimam meam a me, quia mélior est mihi mors quam vita." Et dixit Dóminus: "Putásne bene irásceris tu?" Puis l'on cria dans Ninive, et l'on fit, par décret du roi et des grands, cette proclamation: " Hommes et bêtes, gros et petit bétail ne goûteront rien, ne mangeront pas et ne boiront pas d'eau. On se couvrira de sacs, on criera vers Dieu avec force, et chacun se détournera de sa mauvaise conduite et de l'iniquité que commettent ses mains. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s'il ne reviendra pas de l'ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point? " Dieu vit ce qu'ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas. Jonas en eut un grand dépit, et il se fâcha. Il fit une prière au Seigneur: " Ah! Seigneur, dit-il, n'est-ce point là ce que je disais lorsque j'étais encore dans mon pays? C'est pourquoi je m'étais d'abord enfui à Tarsis; je savais en effet que tu es un Dieu de pitié et de tendresse, lent à la colère, riche en grâce et te repentant du mal. Maintenant, Seigneur, prends donc ma vie, car mieux vaut pour moi mourir que vivre. " Le Seigneur répondit: " As-tu raison de te fâcher? "
R/. Páucitas diérum meórum finítur brevi; dimítte me, Dómine, sine plangam páululum dolórem meum, * Antequam vadam ad terram tenebrósam, et opértam mortis calígine. V/. Ecce in púlvere sédeo et in púlvere dórmio, et si mane me quæsíeris non subsístam. * Antequam. V/. Glória Patri. * Antequam. R/. Le peu de jours que j'ai reçus à vivre touche à sa fin; laisse-moi aller, Seigneur; souffre que je déplore un peu ma douleur, * Avant que je m'en aille, pour ne plus revenir, au ténébreux pays des ombres de la mort. V/. Je me tiens dans la poussière, je vais m'endormir dans la poussière, et, au matin, si tu me cherches, je ne suis plus! * Avant. V/. Gloire au Père. * Avant.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Commentário sancti Hierónymi presbýteri in Ionam prophétam (Ion. 3, 10. 4, 2-3: SC 323, 282-284.288-290) Commentaire de saint Jérôme sur le prophète Jonas
Si mundi pópuli convérsi fúerint, Deus quoque vertit senténtiam suam et pópuli conversióne mutátur. Quod Ieremías et Ezéchiel maniféstius éxplicant, nec bona vidélicet implére Deum quæ promíserit si boni vertántur ad vítia, nec mala quæ péssimis comminátur si illi revérsi fúerint ad salútem. Ita ígitur et nunc vidit Deus ópera eórum quia convérsi sunt a via sua péssima; non verba audívit quæ solébat Israel sæpe promíttere: Omnia quæcúmque díxerit Dóminus, faciémus, sed ópera conspéxit et, quia mavult pæniténtiam peccatóris quam mortem, libénter mutávit senténtiam quia vidit ópera commutáta. Quin pótius Deus perseverávit in propósito suo, miseréri volens ab inítio. Nemo enim puníre desíderans quod factúrus est comminátur. Si les peuples du monde changent leur conduite, Dieu aussi changera sa sentence: c'est le changement du peuple qui la modifie. C'est ce que Jérémie et Ézéchiel expliquent plus clairement: Dieu n'accomplit ni le bien qu'il a promis si les bons se tournent vers le vice, ni le mal dont il menace les méchants si ces derniers se tournent vers le salut. Ainsi donc Dieu vit alors leurs œuvres, et qu'ils s'étaient détournés de leur conduite détestable. Il n'entendit pas de ces fréquentes paroles de promesse dont Israël avait l'habitude: Tout ce que le Seigneur dira, nous le ferons, mais il contempla leurs actes et, comme il préfère la pénitence du pécheur à sa mort, il modifia avec plaisir sa sentence en voyant la modification de leurs actes. Ou plutôt, Dieu a persévéré dans sa résolution; car il voulait avoir pitié dès le début. Personne, en effet, s'il veut punir, n'annonce, en menaçant, ce qu'il va faire.
Quia Ionæ orátio, dum se dicit iuste fúgere voluísse, quodámmodo iniustítiæ árguit Deum, querélas suas obsecratiónis exórdio témperat. "Numquid, ait, non hoc est verbum meum, cum adhuc essem in terra mea? Scivi te hoc esse factúrum. Non ignorábam misericórdem, proptérea sevérum et truculéntum nuntiáre nolébam. Ideo vólui fúgere in Tharsis, vacáre contemplatióni rerum et in mari istíus sæculi quiéte pótius et ótio pérfrui." Dimísi domum meam, relíqui hereditátem meam", egréssus sum de sinu tuo, et veni. Si misericórdem dícerem atque cleméntem et ignoscéntem malítiæ, nullus ágeret pæniténtiam; si crudélem et tantum iúdicem nuntiárem, sciébam hoc tuæ non esse natúræ. In hoc ergo ambíguo pósitus, málui fúgere pótius quam aut pæniténtes lenitáte decípere, aut de te prædicáre quod non eras " Comme la prière de Jonas, lorsqu'il dit qu'il a eu de justes raisons de vouloir fuir, accuse en quelque sorte Dieu d'injustice, il tempère ses reproches par un début suppliant: " Est-ce que ce ne sont pas là, dit-il, mes propos, lorsque j'étais encore dans mon pays? Je savais que tu allais faire cela. Je n'ignorais pas que tu es miséricordieux; aussi ne voulais-je pas annoncer que tu es sévère et brutal. C'est pourquoi j'ai voulu fuir à Tarsis, vaquer à la contemplation du monde et, sur la mer de ce siècle, préféré jouir de la tranquillité et du repos. "J'ai abandonné ma demeure, j'ai laissé mon héritage", je suis sorti de ton sein et je suis venu. Si j'avais dit que tu es miséricordieux et clément, que tu pardonnes le mal, personne n'aurait fait pénitence. Si j'avais annoncé que tu es cruel et seulement un juge, je savais que telle n'est pas ta nature. Placé devant cette alternative, j'ai donc préféré fuir, plutôt que, soit tromper par l'indulgence ceux qui se repentaient, soit annoncer de toi ce que tu n'étais pas. "
"Tolle ígitur, Dómine, ánimam meam, quia mélior mihi est mors quam vita.Tolle ánimam meam, quæ "tristis" fuit "usque ad mortem". Tolle ánimam meam: "In manus enim tuas comméndo spíritum meum". Mélior quippe mihi est mors quam vita: vivens, unam Israel gentem salváre non pótui; móriar, et mundus salvábitur. "História manifésta est et super persóna prophétæ sic potest intéllegi, ut crebro iam díximus, quod proptérea contristétur et mori velit ne, convérsa multitúdine géntium, in ætérnum péreat Israel. " Prends donc, Seigneur, mon âme, car pour moi la mort est meilleure que la vie. Prends mon âme, qui a été "triste à en mourir". Prends mon âme: "Entre tes mains, en effet, je remets mon esprit". Car pour moi, la mort est meilleure que la vie: en vivant, je n'ai pu sauver la seule nation d'Israël; je mourrai et le monde sera sauvé. " L'histoire est manifeste et peut s'entendre du prophète qui, comme nous l'avons maintes fois dit, s'attriste et veut mourir, pour que la conversion de la multitude des nations n'entraîne pas la perte définitive d'Israël.
R/. Fluctus tui super me transiérunt, et ego dixi: Expúlsus sum ab óculis tuis; * Putas vidébo templum sanctum tuum? V/. Abýssus vallábit me, et pelágus coopéruit caput meum. * Putas vidébo. V/. Glória Patri. * Putas vidébo. R/. La masse de tes flots a passé sur moi, et j'ai dit: je suis rejeté loin de tes yeux; * Me laisseras-tu revoir ton temple saint? V/. L'abîme fait cercle autour de moi, la mer se referme au-dessus de ma tête. * Me laisseras-tu. V/. Gloire au Père. * Me laisseras-tu.