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Vigiles (OSB) du lundi 20 août 2018 - St Bernard, abbé et docteur de l'Église

Hebdomada XX per annum XXème semaine dans l'année
Feria II Lundi
S. Bernardi, abbatis et Ecclesiae doctoris St Bernard, abbé et docteur de l'Église
Memoria Mémoire
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Qóhelet Du livre de Qohélet
Dixi ego in corde meo: "Veni, tentábo te gáudio: frúere bonis"; et ecce hoc quoque vánitas. De risu dixi: "Insánia" et de gáudio: "Quid prodest?" Tractávi in corde meo detinére in vino carnem meam, cum cor meum ducerétur in sapiéntia, et amplécti stultítiam, donec vidérem quid esset útile fíliis hóminum, ut fáciant sub sole paucis diébus vitæ suæ. J Jeme suis dit en moi-même: Viens donc que je te fasse éprouver la joie, fais connaissance du bonheur! Eh bien, cela aussi est vanité. Du rire j'ai dit: " sottise ", et de la joie: " à quoi sert-elle? " J'ai décidé en moi-même de livrer mon corps à la boisson tout en menant mon cœur dans la sagesse, de m'attacher à la folie pour voir ce qu'il convient aux hommes de faire sous le ciel, tous les jours de leur vie.
Verti me ad contemplándam sapiéntiam et insipiéntiam et stultítiam: "Quid fáciet, inquam, homo qui véniet post regem? Id quod ántea fecérunt." Et vidi quod tantum præcéderet sapiéntia stultítiam, quantum lux præcédit ténebras. "Sapiéntis óculi in cápite eius, stultus in ténebris ámbulat"; et dídici quod unus utriúsque esset intéritus. Et dixi in corde meo: "Si unus et stulti et meus occásus erit, quid mihi prodest quod maiórem sapiéntiæ dedi óperam?" Locutúsque cum mente mea, animadvérti quod hoc quoque esset vánitas. Non enim erit memória sapiéntis simíliter ut stulti in perpétuum; síquidem futúra témpora oblivióne cuncta páriter opérient: móritur doctus simíliter ut indóctus. Puis je me mis à réfléchir sur la sagesse, la sottise et la folie: Voyons, que fera le successeur du roi? Ce qu'on a déjà fait. J'ai vu qu'il y avait avantage de la sagesse sur la folie comme du jour sur l'obscurité. Le sage a les yeux ouverts, mais l'insensé marche dans les ténèbres. Et je sais, moi aussi, qu'ils auront tous deux le même sort. Alors je me dis en moi-même: " Le sort de l'insensé sera aussi le mien, pourquoi donc avoir été sage? " Je me dis que cela aussi est vanité. Il n'y a pas de souvenir durable du sage ni de l'insensé, et dans les jours suivants, tous deux sont oubliés: le sage meurt bel et bien avec l'insensé.
Et idcírco tæduit me vitæ meæ, quia malum mihi est, quod sub sole fit; cuncta enim vánitas et afflíctio spíritus. Rursus detestátus sum omnem labórem meum, quo sub sole laborávi, quem relictúrus sum hómini qui erit post me; et quis scit utrum sápiens an stultus futúrus sit? Et dominábitur in labóribus meis, quibus desudávi et sollícitus fui sub sole. Hoc quoque vánitas. Verti me exásperans cor meum de omni labóre, quo laborávi sub sole. Nam est qui labórat in sapiéntia et doctrína et sollicitúdine, et hómini qui non laboráverit dabit portiónem suam; et hoc ergo vánitas et magnum malum. Je déteste la vie, car ce qui se fait sous le soleil me déplaît: tout est vanité et poursuite de vent. Je déteste le travail pour lequel j'ai pris de la peine sous le soleil, et que je laisse à mon successeur: qui sait s'il sera sage ou fou? Pourtant il sera maître de tout mon travail pour lequel j'ai pris de la peine et me suis comporté avec sagesse sous le soleil; cela aussi est vanité. Mon cœur en est venu à se décourager pour toute la peine que j'ai prise sous le soleil. Car voici un homme qui a travaillé avec sagesse, savoir et succès, et il donne sa part à celui qui n'a pas travaillé: cela aussi est vanité, et c'est un tort grave.
Quid enim próderit hómini de univérso labóre suo et afflictióne cordis, qua sub sole laborávit? Cuncti dies eius dolóres sunt, et ærúmnæ occupátio eius, nec per noctem cor eius requiéscit; et hoc quoque vánitas est. Nihil mélius est hómini quam comédere et bíbere et osténdere ánimæ suæ bona de labóribus suis. Et hoc vidi de manu Dei esse. Quis enim cómedet et delíciis áffluet sine eo? Quia hómini bono in conspéctu suo dedit sapiéntiam et sciéntiam et lætítiam; peccatóri autem dedit afflictiónem colligéndi et congregándi, ut tradat ei, qui plácuit Deo; sed et hoc vánitas est et afflíctio spíritus. Que reste-t-il à l'homme de toute sa peine et de tout l'effort pour lequel son cœur a peiné sous le soleil? Oui, tous ses jours sont douloureux et sa tâche est pénible; même la nuit il ne peut se reposer, cela aussi est vanité! Il n'y a de bonheur pour l'homme que dans le manger et le boire et dans le bonheur qu'il trouve dans son travail, et je vois que cela aussi vient de la main de Dieu, car qui mangera et qui boira si cela ne vient de lui? À qui lui plaît, il donne sagesse, savoir et joie, et au pécheur il donne comme tâche de recueillir et d'amasser pour celui qui plaît à Dieu. Cela aussi est vanité et poursuite de vent.
R/. Inítium sapiéntiæ timor Dómini, intelléctus bonus ómnibus faciéntibus eum; * Laudátio eius manet in sæculum sæculi. V/. Dispérsit, dedit paupéribus; iustítia eius manet in sæculum sæculi. * Laudátio. V/. Glória Patri. * Laudátio. R/. La sagesse commence avec la crainte du Seigneur: quiconque la met en œuvre en a l'intelligence éclairée; * À jamais se maintiendra sa louange. V/. À pleines mains, il donne au pauvre; à jamais se maintiendra sa justice. * À jamais. V/. Gloire au Père. * À jamais.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis super Cántica canticórum (Sermo 83, 4.5-6: EC 2, 300) Sermon de saint Bernard sur le Cantique des cantiques
Amor per se súfficit, is per se placet, et propter se. Ipse méritum, ipse præmium est sibi. Amor præter se non requírit causam, non fructum: fructus eius, usus eius. Amo, quia amo; amo, ut amem. Magna res amor, si tamen ad suum recúrrat princípium, si suæ orígini rédditus, si refúsus suo fonti, semper ex eo sumat unde iúgiter fluat. Solus est amor ex ómnibus ánimæ mótibus, sénsibus atque afféctibus, in quo potest creatúra, etsi non ex æquo, respondére Auctóri, vel de símili mútuam repéndere vicem. Nam cum amat Deus, non áliud vult quam amári; quippe non ad áliud amat, nisi ut amétur, sciens ipso amóre beátos, qui se amáverint. L'amour se suffit à lui-même, il plaît par lui-même et pour lui-même, il est à lui-même son mérite, il est à lui-même sa récompense. L'amour ne cherche hors de lui-même ni sa raison d'être ni son fruit: son fruit, c'est l'amour même. J'aime, parce que j'aime; j'aime, pour aimer. Quelle grande chose que l'amour, si du moins il remonte à son principe, s'il retourne à son origine, s'il reflue vers sa source pour y puiser un perpétuel jaillissement. De tous les mouvements de l'âme, de ses sentiments et de ses affections, l'amour est le seul qui permette à la créature de répondre à son Créateur, sinon d'égal à égal, du moins dans une réciprocité de semblable à semblable. Car lorsque Dieu aime, il ne veut rien d'autre que d'être aimé; il n'aime en effet que pour qu'on l'aime, sachant que ceux qui l'aimeront trouveront dans cet amour même leur béatitude.
Sponsi amor, immo Sponsus amor, solam amóris vicem requírit et fidem. Líceat proínde redamáre diléctam. Quidni amet sponsa, et sponsa Amóris? Quidni amétur Amor? Mérito cunctis renúntians affectiónibus áliis, soli et tota incúmbit amóri, quæ ipsi respondére amóri habet in reddéndo amórem. Nam et cum se totam effúderit in amórem, quantum est hoc ad illíus fontis perénne proflúvium? Non plane pari ubertáte fluunt amans et Amor, ánima et Verbum, sponsa et Sponsus, Creátor et creatúra, non magis quam sítiens et fons. L'amour de l'Époux, ou plutôt l'amour qu'est l'Époux, n'attend qu'un amour réciproque et la fidélité. Qu'il soit donc permis à celle qu'il chérit de l'aimer en retour. Comment l'épouse, et qui plus est, l'épouse de l'Amour, pourrait-elle ne pas aimer? Comment l'Amour ne serait-il pas aimé? Elle a donc raison de renoncer à toutes ses autres inclinations pour s'adonner tout entière au seul amour, puisqu'il lui est permis de répondre à l'Amour même par un amour de réciprocité. Quand bien même, en effet, elle se répandrait tout entière en amour, qu'est cela en regard du torrent éternel d'amour qui jaillit de la source même? Sans aucun doute le flot ne s'écoule pas avec la même profusion, de l'amante et de l'Amour, de l'âme et du Verbe, de l'épouse et de l'Époux, du Créateur et de la créature: la différence n'est pas moins grande qu'entre l'être assoiffé et la source.
Quid ergo? Períbit propter hoc, et ex toto evacuábitur nuptúræ votum, desidérium suspirántis, amántis ardor, præsuméntis fidúcia, quia non valet ex æquo cúrrere cum gigánte, dulcédine cum melle conténdere, lenitáte cum agno, candóre cum lílio, claritáte cum sole, caritáte cum eo qui cáritas est? Non. Nam etsi minus díligit creatúra, quóniam minor est, tamen si ex tota se díligit, nihil deest ubi totum est. Proptérea sic amáre, nupsísse est, quóniam non potest sic dilígere, et parum dilécta esse, ut in consénsu duórum íntegrum stet perfectúmque connúbium. Nisi quis dúbitet, ánimam a Verbo et prius amári et plus. Mais alors? Faudra-t-il pour autant que périssent et disparaissent complètement, chez l'épouse, le souhait de voir s'accomplir ses noces, le désir qu'expriment ses soupirs, la ferveur de son amour, sa confiance assurée; simplement parce qu'elle ne peut égaler à la course le géant, rivaliser de douceur avec le miel, de tendresse avec l'agneau, de blancheur avec le lis, de clarté avec le soleil, d'amour avec celui qui est l'Amour? Non. Car, même si la créature aime moins, parce qu'elle est moindre, si cependant elle aime de tout son être, rien ne manque là où il y a le tout. C'est pourquoi, aimer de la sorte équivaut à l'accomplissement des noces; car il n'est pas possible d'aimer si tendrement, et de n'être aimé qu'avec peu de tendresse, alors que l'accord réciproque des deux constitue l'entière perfection du mariage. - À moins qu'on n'aille mettre en doute que l'amour du Verbe précède et dépasse celui de l'âme.
R/. Magnificávit eum Dóminus in conspéctu regum * Et dedit illi corónam glóriæ. V/. Iustum dedúxit Dóminus per vias rectas et osténdit illi regnum Dei. * Et dedit. V/. Glória Patri. * Et dedit. R/. Le Seigneur l'a honoré devant les rois * Et l'a couronné de gloire. V/. Le Seigneur a guidé le juste par de droits sentiers, il lui a montré la royauté de Dieu, * Et l'a couronné. V/. Gloire au Père. * Et l'a couronné.